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La
corde raide…
Nous devons nous interroger sur les
fondements du principe de précaution. Toute entreprise humaine
est faite de prises de risques. Tout engagement comporte des risques.
Nous prenons des risques pour nous-même, parfois pour nos proches
ou notre entourage. Certaines activités ou certaines décisions
comportent des risques pour la société tout entière,
voire pour l’humanité…
Depuis quelques années se développe le principe de précaution.
Ce principe repose sur le bon sens. C’est aussi une arme de premier
choix, qui peut bloquer nombre de nos activités…
Cette arme a prouvé, il y a peu, son efficacité. Elle a
eu raison du « Régent » et tient dans son collimateur
le « Gaucho », deux insecticides qui pèsent lourd sur
le « Marché ».
Il aura fallu que les abeilles meurent par milliards pour que le monde
scientifique et les autorités s’inquiètent et s’interrogent.
Il suffit d’avoir lu « La vie des abeilles » de Maeterlinck
ou d’assister à l’ouverture d’une ruche pour
aimer les abeilles. Les abeilles nous donnent et nous enseignent beaucoup.
Elles sont un témoin exceptionnel de la santé de notre environnement.
Quand les abeilles vont mal, nous allons mal. Même si nous ne le
savons pas encore… Nous sommes environnés d’espèces,
de petites et ou de grandes « bêtes » qui sont des témoins
merveilleux et remarquables de notre « bien » ou « mal-être
». Il est donc normal que nous leur portions attention. D’autant
plus normal que les industries qui produisent tous ces puissants insecticides
se sont organisées au sein de « l’Union des industries
de la protection des plantes ». Trop beau pour être vrai !
Pour protéger ces « chères » plantes, il faut
tuer des insectes et aussi d’autres plantes… C’est un
cycle infernal. Les enjeux économiques et financiers sont considérables.
Les tenants de l’industrie des produits phytosanitaires reconnaissent
que les produit qu’ils mettent sur le marché sont dangereux.
Ils plaident aussi qu’ils sont utiles. Nous évoluons dans
un monde tissé de cordes raides sur lesquelles nous jouons aux
funambules… Il est légitime de s’inquiéter des
abeilles, des dauphins, des baleines et de mille autres créatures
qui peuplent le ciel, la terre et les eaux.
Il est légitime de brandir le principe de précaution au
profit de tout ce qui nous entoure. Il serait légitime de l’appliquer
à l’égard du « petit de l’Homme »,
des femmes et des hommes eux-mêmes. Certaines législations
qui font la gloire des « Amis des hommes » sont aussi destructrices
que les produits mis sur le marché par les « Amis des plantes
».
Portemont, le lundi
19 avril,
en ce jour de la Saint-Timon, a.d.2004.
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