mercredi 08 février 2012

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La corde raide…

Nous devons nous interroger sur les fondements du principe de précaution. Toute entreprise humaine est faite de prises de risques. Tout engagement comporte des risques. Nous prenons des risques pour nous-même, parfois pour nos proches ou notre entourage. Certaines activités ou certaines décisions comportent des risques pour la société tout entière, voire pour l’humanité…
Depuis quelques années se développe le principe de précaution. Ce principe repose sur le bon sens. C’est aussi une arme de premier choix, qui peut bloquer nombre de nos activités…
Cette arme a prouvé, il y a peu, son efficacité. Elle a eu raison du « Régent » et tient dans son collimateur le « Gaucho », deux insecticides qui pèsent lourd sur le « Marché ».
Il aura fallu que les abeilles meurent par milliards pour que le monde scientifique et les autorités s’inquiètent et s’interrogent. Il suffit d’avoir lu « La vie des abeilles » de Maeterlinck ou d’assister à l’ouverture d’une ruche pour aimer les abeilles. Les abeilles nous donnent et nous enseignent beaucoup. Elles sont un témoin exceptionnel de la santé de notre environnement. Quand les abeilles vont mal, nous allons mal. Même si nous ne le savons pas encore… Nous sommes environnés d’espèces, de petites et ou de grandes « bêtes » qui sont des témoins merveilleux et remarquables de notre « bien » ou « mal-être ». Il est donc normal que nous leur portions attention. D’autant plus normal que les industries qui produisent tous ces puissants insecticides se sont organisées au sein de « l’Union des industries de la protection des plantes ». Trop beau pour être vrai ! Pour protéger ces « chères » plantes, il faut tuer des insectes et aussi d’autres plantes… C’est un cycle infernal. Les enjeux économiques et financiers sont considérables. Les tenants de l’industrie des produits phytosanitaires reconnaissent que les produit qu’ils mettent sur le marché sont dangereux. Ils plaident aussi qu’ils sont utiles. Nous évoluons dans un monde tissé de cordes raides sur lesquelles nous jouons aux funambules… Il est légitime de s’inquiéter des abeilles, des dauphins, des baleines et de mille autres créatures qui peuplent le ciel, la terre et les eaux.
Il est légitime de brandir le principe de précaution au profit de tout ce qui nous entoure. Il serait légitime de l’appliquer à l’égard du « petit de l’Homme », des femmes et des hommes eux-mêmes. Certaines législations qui font la gloire des « Amis des hommes » sont aussi destructrices que les produits mis sur le marché par les « Amis des plantes ».

Portemont, le lundi 19 avril,
en ce jour de la Saint-Timon, a.d.2004.

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