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Un beau débat s’engage…
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Un débat de fond ! Nous ouvrons nos « colonnes » avec grand plaisir, à Monsieur Benjamin Guillemaind de l’Alliance Sociale. Un seul souci : le Bien commun !
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Les Effets du Bon Gouvernement à la Campagne (1337-40), Ambrogio Lorenzetti, Palazzo Pubblico, Sienne
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Tous nos amis connaissent notre sentiment à l’égard de la nation jacobine…
Et tous nos amis connaissent aussi l’amour que nous portons à notre nation !
Alors ? Nation ou pas nation ?
La Nation incarne-t-elle, peut-elle incarner les familles françaises, toutes les familles françaises ?
Le régime des partis qui s’est installé en France peut-il servir le Bien commun ?
Benjamin Guillemaind nous livre une réflexion digne d’intérêt.
Portemont, le 10 janvier 2006
Des Partis aux Etats
« Renoncer au régime des partis implique de remettre en cause notre conception de la nation unitaire, centralisée, jacobine, installée en France depuis la Révolution, cette machine à déraciner qui porte en germe tous les totalitarismes. « Je sublime la nation » affirmait récemment un député souverainiste. La Vendée fut la première à en faire les frais. Toute appartenance à une communauté linguistique, régionale, professionnelle devait disparaître devant la souveraineté nationale idolâtrée.
C’est pourquoi nous avons tant de mal à concevoir une société construite autour des corps intermédiaires naturels qui ont toujours eu beaucoup de mal à se reconstituer. Il fallut attendre 1848 pour que des amorces d’unions professionnelles et syndicales aient à nouveau droit de cité. Le Conseil Economique et Social ne s’est imposé qu’un siècle plus tard. Encore n’est-il qu’un pâle reflet du pays réel, sans pouvoir, et dont le régime parlementaire a toujours peur de voir s’étendre les prérogatives. Quant à la famille démantelée, qui produit une jeunesse sans repère, elle ne joue plus son rôle social, sauf dans quelques familles traditionnelles qui résistent au courant dévastateur.
On parle beaucoup ces temps-ci de participation citoyenne ou de société civile. Mais que recouvrent ces termes ambigus? Est-ce simplement pour remplacer une société d’administrés, dépendant de l’Etat, par une société où des individus déracinés pourront mieux s’affronter sur le marché du travail ou sur le marché des capitaux, s’assurer par exemple auprès de compagnies internationales, échanger plus facilement leurs productions avec l’autre bout du monde, et ainsi accélérer le processus de mondialisation? N’est-on pas en train d’exacerber des luttes d’intérêts ? Qui parle de revitaliser le commerce local ? Qui parle de reconstituer des solidarités primaires au sein des communautés naturelles ? Qui parle de re-souder les intérêts convergents des patrons et des salariés ? Qui parle de se recentrer sur les autonomies locales ? Qui parle d’autogestion des branches et des métiers ?
N’est-ce pas le secrétaire des associations d’immigrés en Europe, Taha Mallouk, qui écrit : « L’être humain du troisième millénaire sera un être humain sans racines, qui n’aura même plus les pieds plongés dans la glèbe. A terme, sa résidence sera un numéro de téléphone ou un annuaire téléphonique. Son rapport avec son lieu d’origine va s’amenuiser, peut-être disparaître. Dans cette perspective, l’avenir sera forgé par des hommes et des femmes qui passeront du Maroc à la France, repartiront vers l’Australie, transiteront par New-York avant de revenir, qui sait, au Maroc... L’avenir appartient aux migrants. »
Le ré-enracinement passe par un renoncement au « nationalisme », qui est en fait un étatisme du pouvoir. Il fausse l’exercice des libertés par les subventions aux syndicats et aux associations à sa discrétion, par l’existence simultanée des Chambres et des syndicats, par le financement public des écoles, par le faux-semblant de la décentralisation.......
Un nouveau parlementarisme doit admettre la diversité des sources du pouvoir.Cela implique la révision de la loi de 1884 et la reconnaissance d’espaces de souveraineté, correspondant aux compétences des états de vie où les sphères familiales aient l’autonomie de gestion de leurs écoles et universités, où les unions professionnelles collégiales d’employeurs et employés (branches et métiers) aient la personnalité juridique pour s’auto-règlementer, disposer d’un patrimoine propre, gérer leurs caisses de solidarité, où les communes et provinces soient vraiment décentralisées, où les associations, agréées comme étant de droit naturel et d’utilité publique, disposent de pouvoirs politiques réels.
Il faudrait remplacer l’art. 4 de la Constitution : « les partis.... concourent à l’expression du suffrage ... et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale... » par: « Les corps intermédiaires naturels concourent à l’expression du suffrage... et doivent respecter les principes de la souveraineté populaire... »
On se rapprocherait ainsi de la conception chrétienne, rappelée par le Compendium : « la société civile ... organisée à travers ses structures intermédiaires (art.356) est un ensemble de relations et de ressources culturelles et associatives relativement autonomes par rapport au milieu politique et économique... ; elle a la prééminence (sur la société politique), car c’est dans la société civile que la société politique trouve sa justification. » (art. 417-418) »
Benjamin Guillemaind |
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Les Effets du Bon Gouvernement à la Ville
(1337-40),Ambrogio Lorenzetti, Palazzo Pubblico, Sienne |
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