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« Il s'agit d'une affaire absolument terrifiante qui
peut tous nous rejoindre à un moment de notre vie. Cette
information donnée par le
« Catholic Herald » du 18 août dernier est
passée inaperçue en France. Les faits sont les suivants :
M. Leslie Burke, 46 ans, citoyen anglais, catholique
convaincu, a mené un dur combat judiciaire de 3 ans contre
le Conseil
Général Médical – l'équivalent
de notre Direction des Affaires sanitaires et
sociales. Il est atteint d'une maladie dégénérative
du nom d' « ataxie de
Friedsreich » qui se traduit par une paralysie progressive.
Il est
actuellement en fauteuil roulant et sent venir la mort. Il demandait
la
chose suivante : Quand il perdra ses moyens de communiquer avec
le monde qui l'entoure, il veut pouvoir continuer à bénéficier
des soins ordinaires que sont l'alimentation par perfusion ainsi
que l'hydratation. Or la Cour d'Appel de Lancaster où il
réside a rejeté sa demande. Elle a écrit dans
ses conclusions qu'il appartenait aux médecins de décider
l'arrêt de tels soins « in the patient best interest »
c'est-à-dire dans l'intérêt du patient.
Sous-entendu, bien sûr que l'intérêt du patient
était effectivement de le
laisser mourir de faim et de soif. Burke s'est alors tourné
vers la Cour
européenne du Justice. Laquelle a rendu sa décision
le mercredi 16 août.
Laquelle confirmait le jugement du tribunal anglais. Estimant que
certes la
vie devait être prolongée le plus longtemps possible
mais qu'il était
impossible de faire appel à la Haute Cour de Justice à
chaque fois que les
médecins auraient à décider de mettre fin à
une vie qu'ils considéraient
comme un fardeau : le mot utilisé est « burdensome »
qui signifie « pénible » ou « pesant ».
La conclusion est donnée par M. Burke lui-même :
« Si je ne suis plus capable d'exprimer mes souhaits,
désormais les médecins si cela leur convient, peuvent
me retirer la nourriture et l'eau sans que personne ne
leur demande. Ils n'ont plus besoin de la permission de quiconque ».
Et des
médecins qu'il ne connaît pas peuvent bien estimer
qu'il est « unworth
living » (dit-il), c'est-à-dire que sa vie est
sans valeur.
Cette affaire est à rapprocher
de celle de Terry Schiavo, cette
handicapée américaine que les juges ont condamnée
à mourir de faim et de
soif.
Ce jugement fera désormais jurisprudence
dans toute l'Europe. Il
ne s'agit plus seulement de légaliser l'euthanasie à
la demande des malades, mais de l'infliger en fonction de l'humeur
ou des dispositions du corps médical. Le pouvoir médical
après avoir acquis le droit de vie ou de mort sur les enfants
non-nés a désormais le droit de laisser mourir les
malades s'il estime que leurs vies est burdensome, c'est-à-dire
« pénible ».
A terme, ce sera le nettoyage par le
vide des hôpitaux surchargés. Or chacun d'entre nous
peut demain être hospitalisé. Et personne n'est à
l'abri de voir estimer, comme Hitler l'avait écrit, que «
certaines vies ne valent plus la peine d'être vécues ».
Dr. Jean-Pierre Dickès,
le 11 octobre 2006
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