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Tout est dit ! Ou les racines du totalitarisme « Rose »…

Et comme toujours, Gérard Leclerc, éditorialiste de « France Catholique », le dit avec une mesure qui est à la hauteur du « sujet »…
Rétablir la vérité est un combat incessant. Notre ami s’y attache sans relâche.

Nous devons être plus vigilant que jamais. Notre Etat de droit porte bien souvent comme étendard une girouette. Il n’est que de se rappeler les conclusions données à l’agression commise sur la personne de Monseigneur Patrick Jacquin, recteur de la cathédrale de Paris…

Portemont, le 5 septembre 2006.

Et vous ne manquerez pas de lire le dernier numéro de « France Catholique » : http://www.france-catholique.fr

Gérard Leclerc

« La polémique qui s’est développée - parce que la majorité de gauche du conseil municipal de Paris a pris la décision d’ajouter le nom de Jean-Paul II à celui du Parvis Notre-Dame - n’aurait qu’un intérêt secondaire si elle n’était caractéristique d’une manipulation de l’Histoire. Cette manipulation est apparue sous un jour encore plus odieux, dimanche 3 septembre, lorsque 200 manifestants ont voulu troubler la cérémonie d’inauguration en scandant des slogans révoltants. Imputer à Jean-Paul II les morts du sida, crier que Bertrand Delanoë “honore un assassin”, ou encore que “25 millions de morts du sida, Delanoë a oublié”, n’offense pas seulement le sens commun. C’est la manifestation d’un processus de type totalitaire qui consiste à imposer aux consciences des contre-vérités afin de déshonorer celui qu’on a choisi pour cible et le transformer en objet de haine.
Les principaux régimes criminels du XXe siècle ont utilisé ces méthodes de diffamation, en recourant aux effets amplificateurs de la propagande. De Goebbels à Mao-Tsé-Toung, des chemises brunes aux gardes rouges, ce sont des procédés identiques, pour humilier et injurier “l’adversaire du peuple”, le désigner au lynchage d’abord moral, puis à l’exécution publique. C’est ainsi qu’on fanatise les jeunes et qu’on en fait les exécutants des pires infamies. Fort heureusement, nous avons la chance, d’être dans un Etat de droit où ces procédés seraient sanctionnés par la loi comme des délits et des crimes. La liberté d’expression des régimes démocratiques interdit les procès publics unilatéraux et il est toujours possible de répondre à la manipulation mentale par une argumentation rationnelle. Les socialistes du conseil municipal n’ont pas accepté la surenchère idéologique des Verts et Bertrand Delanoë, malgré ses engagements et ses convictions, n’a pas craint de braver une partie de sa majorité pour honorer “une figure essentielle de notre temps”, “une sentinelle majeure des temps modernes”. Voilà qui compensait largement les invectives des militants d’Act-up et le laïcisme agressif de quelques-uns de ses adjoints.
Sans doute y a-t-il un motif à la déraison des slogans de dimanche. L’épidémie du sida, qui a fait des millions de morts dans le monde, endeuillé bien des familles, a meurtri les homosexuels de la façon la plus cruelle. La démesure de la souffrance peut expliquer la démesure d’un ressentiment qui recherche son bouc émissaire. On veut des responsables à une telle catastrophe. Certains croient avoir trouvé en Jean-Paul II une cible particulièrement visible, et d’autant plus détestable qu’elle incarne symboliquement l’injonction morale et donc la culpabilisation intolérable aussi bien aux malades qu’à ceux qui se sont dépensés à leur service avec un dévouement - il faut le dire - admirable. Et c’est sans doute parce que Jean-Paul II n’a jamais condamné, qu’il est insupportable. Son silence est encore plus culpabilisant que des condamnations qui eussent parues insoutenables.
Est-il permis de souhaiter qu’on se souvienne de l’homme de compassion qu’était Jean-Paul II, lui qui proclamait, à Lyon, avec les mots de Bernanos, que “les saints ont le génie de l’amour” et que le souci de l’Eglise n’est pas de condamner mais de se porter au secours de ceux qui souffrent en leur proposant le réconfort de l’humaine tendresse à la ressemblance de la charité d’un Dieu vivant. »

Gérard Leclerc

 


Pour mémoire :
La réponse complète de Monsieur Clément,
garde des Sceaux, au député Goasguen

[Question publiée au JO le 21/06/2005, page 6218] “Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, fait connaître à l’honorable parlementaire que l’enquête diligentée sous le contrôle du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris n’a pas permis de caractériser l’existence d’une infraction pénale susceptible d’être poursuivie. En effet, les investigations n’ont pas établi que les manifestants aient, par le désordre occasionné à la fin du service religieux, empêché, retardé ou interrompu l’exercice du culte, et, ainsi, commis la contravention prévue par l’article 32 de la loi du 9 décembre 1905.

“Or au cas d’espèce, seule cette infraction pénale était susceptible d’être applicable aux faits commis. En effet, l’article 225-17 du code pénal réprime la violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, des tombeaux, sépultures ou monuments édifiés à la mémoire des morts. L’infraction est aggravée lorsqu’elle est commise à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, des personnes décédées, à une nation, une race ou une religion déterminée, en application de l’article 225-18 du code pénal. Ces dispositions sanctionnent, de fait, l’atteinte portée au respect dû au mort, et ne protègent pas, en tant que tel, un lieu de culte d’une intrusion inopportune.

“Par ailleurs, si la loi n° 2003-83 du 3 février 2003 a introduit une circonstance aggravante dans les cas d’infractions commises à l’encontre d’un lieu de culte, force est de constater qu’au cas d’espèce, aucune dégradation par exemple n’a été occasionnée à l’édifice religieux.

“Enfin, malgré les diligences accomplies par les fonctionnaires de police, les auteurs des violences commises n’ont pu être identifiés, et la procédure ne pourra, en conséquence, qu’être classée sans suite par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris.

“La décision de classement n’éteint pas toutefois l’action publique, et l’enquête serait reprise si des éléments nouveaux étaient portés à la connaissance des autorités de poursuites.

“Les plaignants peuvent également se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction. En tout état de cause, depuis 2002, en exécution des priorités gouvernementales définies, plusieurs circulaires d’action publique ont invité les magistrats des parquets généraux et des parquets à veiller à la fermeté et la célérité des réponses judiciaires apportées aux infractions motivées notamment par l’appartenance réelle ou supposée de la victime à une nation, une ethnie, une religion déterminée : il va de soi que dans ce cadre tous les cultes sont protégés.”


 

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