vendredi 21 novembre 2008

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Jongleur ? Equilibriste ?

Monsieur le Maire de Paris, Bertrand Delanoë était à la fête ce dimanche 3 septembre 2006.
Monsieur le Maire, en effet, présidait l’inauguration du « Parvis Notre-Dame-Place Jean-Paul II »…

Le « traître » allait monter à la discrète tribune…

Et nous étions là, nombreux, sans arrières pensés pour témoigner de notre joie. Nous retrouvions tant et tant d’amis…

De nombreux Manants avaient répondu "présent".

 

Monseigneur André Vingt-Trois prenait le premier la parole, invitant les plus anciens à se souvenir de la douceur du mois de mai 1980…

Monseigneur André Vingt-Trois

Jean Paul II venait en France, à Paris…

« Quel Parisien, quel Français oubliera ? »

Et malgré une sono bien modeste, raisonnaient sur le parvis les paroles du Saint Père :
« France es tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »

Il nous suffisait de lever la tête et de contempler notre cathédrale, cathédrale avec laquelle nous avons un lien particulier comme le rappelait si bien Monseigneur André Vingt-Trois : « Elle est un élément vivant de notre patrimoine ».

Et de rappeler la forte identité de ces lieux…
Pendant un quart de siècle, tous les hommes de bonne volonté ont pu reconnaître la place à part qu’a occupée Jean-Paul II. L’archevêque de Paris ne rappelait qu’une réalité.
« Il a porté une parole qui révèle l’homme à lui-même… Une parole qui ouvre le cœur »
« Paris a accueilli deux fois Jean-Paul II et à chaque fois l’air de Paris n’était plus le même… »
Et d’insister : « Quel lieu pouvait mieux convenir ? » Paris, et avec Paris, la France devait elle oublier, effacer de sa mémoire, ces moments de grâce ?

Monseigneur Vingt-Trois s’appuyait sur les paroles du pape et dans nos cœurs nous entendions sa voix :

« Paris c’est d’abord des hommes, des femmes… une jeunesse en quête de formation, d’emplois… »

Le Pape Jean-Paul II lors des JMJ à Paris, en 1997

Oui, Paris se devait d’honorer et d’inscrire dans son histoire les passages du Saint Père sur cette vieille terre de France qui trop souvent oublie – Et Jean-Paul II nous l’a rappelé à plusieurs reprises – qu’elle est la fille aînée de l’Eglise !

Monseigneur André Vingt-Trois avait, in fine, toutes les raisons de remercier Monsieur Bertrand Delanoë…

C’était alors le moment tant attendu. Faisons abstraction, un temps fusse-t-il très court, de toute considération politicienne.

Il faut du courage à un maire tel que Monsieur Delanoë pour faire sien, le projet de donner au parvis de Notre-Dame le nom de Jean-Paul II. Qu’il en soit remercié.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë

Le maire de Paris était donc condamné à un jeu délicat d’équilibriste. Faisant preuve de réalisme, il sentait bien que dans son dos se dressait la cathédrale et tout ce dont elle témoignait : « Si notre ville n’oublie pas et ne doit pas oublier sa part chrétienne… elle a toujours honoré des hommes et des femmes… » Dans le brouhaha, nous retiendrons simplement : des hommes et des femmes qui ne partageaient pas cette Foi chrétienne ? Et alors ?

Il fallait bien que Monsieur le maire parle du pape dont le nom allait bientôt être dévoilé…

Et montait au loin le chahut des militants d’Act-up…
« Il s’adressait au monde pour dépasser la fatalité des frontières… »

Bertrand Delanoë s’attachait finement au rapport spécifique de Jean Paul II au monde : « issu d’un peuple qui a connu deux totalitarismes… »

Et très vite, il fallait donner des gages… Sombrer dans tous les anachronismes et mélanger le sens de tous les mots. Ah ! la repentance, tarte à la crème… Croisades, Inquisition, traite des noirs… Et n’oublions pas ce brave Galilée !
Aucune histoire est parfaite. Nous avons tous commis des fautes ? Et nous en commettrons !

Bertrand Delanoë poursuivait, tantôt sous les applaudissements, tantôt sous les « HOU ! HOU ! »

Et par ci par là, quelques perturbateurs de tout poil étaient efficacement « reconduits »…

Les engagements du Saint Père ne pouvaient être passés sous silence : synagogue de Rome, Israël, Maroc… L’athlète du Bon Dieu s’est démené sous tous les fronts.

« Il fut une sentinelle majeure »

« Sa marque dépasse le champ spirituel pour s’imprimer dans un champ plus vaste… »

Source : "Jean-Paul II" par Jean-Paul II aux éditions Mame/plon

Et de reconnaître « La dimension de sa démarche ».

Et le Maire socialiste se devait de rappeler aussi son profond attachement à la laïcité… en mettant courageusement les points sur les « I » : La laïcité n’interdit pas la reconnaissance réciproque…

Mais il fallait donner des gages et rappeler son opposition à toutes les positions du pape dans le domaine des mœurs… Le tout était esquissé sans provocation, sans que les mots ne soient prononcés…

Et de conclure : « L’identité de Paris dépasse nos consciences individuelles… »
« Puisse sa vie, son message, ce qu’il nous a dit de l’amour, maintenir intacte notre vigilance. Puisse le nom de Jean -Paul II renforcer notre capacité à nous enrichir les uns et les autres… »

Et les cloches se mirent à sonner !

 

Cérémonie donc, sous haute surveillance policière…

Grande discrétion de l’Eglise de Paris. Toujours cette pudeur mal placée. Peur de provoquer ?

Alors que « Verts » et « Act-up » avaient appelé à manifester sans retenue, l’Archevêché de Paris était resté discret. Nous avions quelque peu rêvé…

Imaginons un instant : Les fidèles de toutes les Paroisses de Paris se rendant en procession vers le parvis de Notre Dame… Où étaient louveteaux et scouts de nos belles troupes ? Grande discrétion de la part des catholiques parisiens…

Mais ne regrettons pas ce bel après-midi. Qu’il nous fasse prendre conscience que des combats nous attendent… Et en premier lieu la défense de la famille.
Nous avons pu voir la démonstration, grandeur réelle, des foyers de haine qui sont générés par la confusion de l’esprit. Gardons en mémoire le fort rappel que nous lançait l’Abbé de Tanoüarn lors d’une conférence décapante : « A force de dire que Dieu est amour, on finira par dire que tout amour est Dieu. Le sujet ainsi spiritualisé devient infaillible et impose ses pulsions au genre humain… ».

Portemont, le 3 septembre 2006.

Notre-Dame de Paris

Ce ne sont pas des "papamobiles"...

Le dispositif de police est en place.

Seules les images pieuses étaient autorisées dans les sacs.

Notre ami Pierre Gelin, ancien président de l'association Veritatis Splendor devant la caméra de BFM TV.

Monseigneur Jacquin, recteur archiprêtre de Notre-Dame de Paris qui fut agressé et blessé par des militants d'Act-Up le 6 juin 2005.

Ce n'est pas un rassemblement de voyous... jeans et crânes rasés, c'est la police en civil "nouvelle version" qui peut rivaliser avec l'équipe de football des Bleus !

Clergé, édiles et notables.

Monseigneur Jacquin sous les micros.

La Pologne à l'honneur.

Pour comprendre cette journée, prenez connaissance des différents appels qui avaient été lancés :


Appel signé par :

Act-Up Paris, AN NOU ALLE, ARDHIS, la Brigade Activiste des Clowns, DEGEL, Laïcité Ecologie Association, Les Mauves, Les Panthère Roses, Les Putes, Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent de Paname, Les Verts

« En 26 ans de règne, Jean-Paul II a peut-être fait tomber certains murs mais il en a réellement consolidé d’autres :
- sexisme et misogynie ;
- homophobie, lesbophobie, transphobie ;
- non assistance à populations en danger.

Le catholicisme réactionnaire de Jean-Paul II, dogme que son successeur Benoît XVI conforte toujours, n’a pas à être honoré par notre ville et nulle part ailleurs.

Monsieur Delanoë, votre alliance électoraliste « contre-nature » est choquante pour toutes celles et tous ceux qui luttent contre le sida, pour les droits des femmes, pour l’avortement et la contraception et contre toutes les discriminations.

Cet acte incompréhensible et indécent va à l’encontre de la « sacro-sainte » laïcité à laquelle nous tenons toutes et tous.

Monsieur Delanoë, nous vous demandons instamment de revoir votre copie, de corriger cette faute (« faute avouée est à moitié pardonnée » dit-on...) et d’annuler ce projet en le faisant à nouveau voter et cette fois-ci, en respectant vos engagements de 2001 ET en respectant vos propres déclarations, vous qui avez affirmé avoir « toujours été en désaccord avec Jean-Paul II sur les questions de société ».

Nous n’acceptons pas que ce lieu hautement symbolique (parvis en latin signifie paradis) soit entaché par ce personnage synonyme pour nombre d’entre-nous de maladie, de mort, de discrimination, d’inégalité.

Nous n’en voulons pas !!!

Nous nous rassemblerons le 3 septembre à 12H sur le Parvis de Notre-Dame pour celles et ceux qui aiment l’amour. Rejoignez nous.

 


Communiqué de presse des Verts, du 1er septembre 2006

« Jean-Paul II et les tartuffes »
En juillet dernier, sur proposition du groupe UMP, Bertrand Delanoë, maire de la capitale (PS) a proposé au conseil de Paris d’ajouter le nom de Jean-Paul II à celui du Parvis Notre-Dame. Cette proposition a été acceptée et votée par tous les élus de droite, certains élus PS et contre l’avis du reste de la majorité municipale (Verts, PCF, MRC, PRG). Les Verts sont opposés à cette décision.
Si, en 26 ans de pontificat, Jean-Paul II a joué à un rôle de premier plan dans la démocratisation de l’ancien bloc soviétique, il a aussi consolidé des murs pour l’humanité : par ses positions réactionnaires et irresponsables, il a légitimé, dans de nombreux pays, des politiques contre les minorités sexuelles, l’émancipation des femmes et la lutte contre le SIDA.
Les Verts ont toujours combattu la volonté papale, des églises et de tous les dignitaires religieux de dicter nos conduites et d’affirmer leur autorité sur le champ temporel.
Les Verts s’étonnent que les mêmes responsables politiques qui s’affirment bien souvent d’une laïcité de combat face au danger de « l’intégrisme musulman », avec une mauvaise foi sans limites, aient dans un même élan jugé nécessaire qu’une place parisienne porte le nom de Jean-Paul II. La laïcité a bon dos : inflexible, voire même excluante pour certains croyants, arrangeante pour le catholicisme. Les Verts dénoncent les faux laïcs, mais vrais tartuffes.
Les Verts seront le 3 septembre à 12H sur le Parvis de Notre-Dame pour protester


Au sein de la majorité de gauche, les Verts, le PRG, le PCF et le MRC ont voté contre le nouveau nom.
Les élus radicaux de gauche ont proposé qu'au lieu de Jean Paul II, le parvis s'appelle "parvis Notre Dame - Esplanade des religions et de la conscience universelle". Sous la Révolution, le parvis avait pris le nom de "place de la Raison".

 


Quelques rappels quant à l’attachement de Jean-Paul II à la France

« Conscient de la place de la France dans l’histoire de l’Église, Jean-Paul II a exprimé dès le début de son pontificat son intérêt et son estime pour cette nation. Cet attachement s’est manifesté par ses nombreux voyages en France – avec en particulier deux pèlerinages à Lourdes –, mais aussi par le maintien de la présence française à Rome, par des canonisations et béatifications de Français et par l’élévation de Thérèse de L'Enfant Jésus à la dignité de docteur de l’Église. Le dernier voyage du pape Jean-Paul II a d’ailleurs été en France. »


L’attachement de Jean-Paul II à la France
Le 27 mai 1980, trois jours avant son premier voyage pastoral en France, Jean-Paul II s’adressait en ces termes aux Français : "Tout d’abord, la France est la fille aînée de l’Église. Et elle a engendré tant de saints. Je pourrai ajouter qu’il existe sur le sol de France beaucoup de lieux auxquels je me rends souvent en pèlerinage par la prière et par le cœur (…) Comment ne pas évoquer aussi, dans cette perspective, l’œuvre culturelle de votre pays, son apport à la culture générale et dans le domaine proprement catholique ? Que de noms illustres dans votre tradition séculaire. Oui, au cours de ce même siècle, que de figures dont le rayonnement a dépassé vos frontières, et dont beaucoup me sont personnellement très proches (…) Je pense à l’influence que la culture française, dans les domaines de la philosophie, de l’histoire, de la littérature et que la pensée de théologiens français ont exercé et exercent toujours sur tant d’hommes et de sociétés (…) L’Eglise doit au peuple de France, qui a beaucoup reçu et aussi beaucoup donné, quelques unes de ses plus belles pages : des grands ordres religieux, tels que Cîteaux et les Chartreux, aux cathédrales, ou à l’épopée missionnaire commencée au siècle dernier".

Jean-Paul II s’est ainsi exprimé plusieurs fois sur les raisons de son attachement à la France, attachement qui explique que cette nation ait été la plus visitée par le Saint Père, avec celle de Pologne. Dès ses premiers discours, en 1980, Jean-Paul II soulignait son attrait pour ces sanctuaires – Ars, Lisieux, Lourdes, Sainte-Anne d’Auray, etc – qui seront effectivement les étapes de ses voyages en France.

Cet attachement s’expliquait aussi par le parcours de Karol Wojtyla : Deux Français ont participé indirectement à sa formation alors qu’il se destinait au sacerdoce. D’abord saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dont Karol Wojtyla a découvert le Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie. Il lui a emprunté sa devise « Totus tuus » ("Tout à toi"), formule de consécration à la Vierge Marie. Également saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars dont il s’inspirait quand il embrassait le sol d’un pays qu’il visitait pour la première fois. Il a été impressionné par le "ministère héroïque" du Curé d’Ars à son confessionnal. Formé à l’université polonaise, le futur Pape a découvert les penseurs allemands ou slaves, mais son anthropologie héritée de saint Thomas d’Aquin se nourrissait également du personnalisme né en France dans les années Trente autour d’Emmanuel Mounier. »

Au cours de ses études, il avait eu l’occasion de découvrir la France pendant l’été 1947. Il avait été séduit par les cathédrales gothiques, mais aussi par l’expérience naissante des prêtres-ouvriers, qui lui avait inspiré son premier article dans le journal Tygodnik Powszechny. »

 

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