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Jongleur ? Equilibriste ?

Monsieur le Maire de Paris, Bertrand Delanoë était
à la fête ce dimanche 3 septembre 2006.
Monsieur le Maire, en effet, présidait l’inauguration du
« Parvis Notre-Dame-Place Jean-Paul II »…
Le « traître » allait monter à
la discrète tribune…
Et nous étions là, nombreux, sans arrières
pensés pour témoigner de notre joie. Nous retrouvions
tant et tant d’amis…
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De nombreux Manants avaient répondu "présent". |
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Monseigneur André Vingt-Trois prenait le premier la parole,
invitant les plus anciens à se souvenir de la douceur du
mois de mai 1980…
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| Monseigneur
André Vingt-Trois |
Jean Paul II venait en France, à Paris…
« Quel Parisien, quel Français
oubliera ? »
Et malgré une sono bien modeste, raisonnaient sur
le parvis les paroles du Saint Père :
« France es tu fidèle aux promesses
de ton baptême ? »
Il nous suffisait de lever la tête et de contempler
notre cathédrale, cathédrale avec laquelle nous avons un
lien particulier comme le rappelait si bien Monseigneur André Vingt-Trois
: « Elle est un élément
vivant de notre patrimoine ».
Et de rappeler la forte identité de ces lieux…
Pendant un quart de siècle, tous les hommes de bonne volonté
ont pu reconnaître la place à part qu’a occupée
Jean-Paul II. L’archevêque de Paris ne rappelait qu’une
réalité.
« Il a porté une parole qui révèle
l’homme à lui-même… Une parole qui ouvre le cœur
»
« Paris a accueilli deux fois Jean-Paul
II et à chaque fois l’air de Paris n’était plus
le même… »
Et d’insister : « Quel lieu pouvait
mieux convenir ? » Paris, et avec Paris, la France
devait elle oublier, effacer de sa mémoire, ces moments de grâce ?
Monseigneur Vingt-Trois s’appuyait sur les paroles
du pape et dans nos cœurs nous entendions sa voix :
« Paris c’est d’abord
des hommes, des femmes… une jeunesse en quête de formation,
d’emplois… »
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| Le
Pape Jean-Paul II lors des JMJ à Paris, en 1997 |
Oui, Paris se devait d’honorer et d’inscrire
dans son histoire les passages du Saint Père sur cette vieille
terre de France qui trop souvent oublie – Et Jean-Paul II nous l’a
rappelé à plusieurs reprises – qu’elle est la
fille aînée de l’Eglise !
Monseigneur André Vingt-Trois avait, in fine, toutes
les raisons de remercier Monsieur Bertrand Delanoë…
C’était alors le moment tant attendu. Faisons
abstraction, un temps fusse-t-il très court, de toute considération
politicienne.
Il faut du courage à un maire tel que Monsieur Delanoë
pour faire sien, le projet de donner au parvis de Notre-Dame le
nom de Jean-Paul II. Qu’il en soit remercié.
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| Le
maire de Paris, Bertrand Delanoë |
Le maire de Paris était donc condamné à
un jeu délicat d’équilibriste. Faisant preuve de réalisme,
il sentait bien que dans son dos se dressait la cathédrale et tout
ce dont elle témoignait : « Si
notre ville n’oublie pas et ne doit pas oublier sa part chrétienne…
elle a toujours honoré des hommes et des femmes… »
Dans le brouhaha, nous retiendrons simplement : des hommes et des
femmes qui ne partageaient pas cette Foi chrétienne ? Et alors ?
Il fallait bien que Monsieur le maire parle du pape dont
le nom allait bientôt être dévoilé…
Et montait au loin le chahut des militants d’Act-up…
« Il s’adressait au monde pour
dépasser la fatalité des frontières… »
Bertrand Delanoë s’attachait finement au rapport
spécifique de Jean Paul II au monde : « issu
d’un peuple qui a connu deux totalitarismes… »
Et très vite, il fallait donner des gages…
Sombrer dans tous les anachronismes et mélanger le sens de tous
les mots. Ah ! la repentance, tarte à la crème…
Croisades, Inquisition, traite des noirs… Et n’oublions pas
ce brave Galilée !
Aucune histoire est parfaite. Nous avons tous commis des fautes ?
Et nous en commettrons !
Bertrand Delanoë poursuivait, tantôt sous les
applaudissements, tantôt sous les « HOU ! HOU ! »
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Et par ci par là, quelques perturbateurs de tout poil
étaient efficacement « reconduits »…
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Les engagements du Saint Père ne pouvaient être
passés sous silence : synagogue de Rome, Israël, Maroc…
L’athlète du Bon Dieu s’est démené sous
tous les fronts.
« Il fut une sentinelle majeure »
« Sa marque dépasse le champ
spirituel pour s’imprimer dans un champ plus vaste… »
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Source : "Jean-Paul II" par Jean-Paul
II aux éditions Mame/plon
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Et de reconnaître « La dimension de sa démarche
».
Et le Maire socialiste se devait de rappeler aussi son
profond attachement à la laïcité… en mettant
courageusement les points sur les « I » : La
laïcité n’interdit pas la reconnaissance réciproque…
Mais il fallait donner des gages et rappeler son opposition
à toutes les positions du pape dans le domaine des mœurs…
Le tout était esquissé sans provocation, sans que les mots
ne soient prononcés…
Et de conclure : « L’identité
de Paris dépasse nos consciences individuelles… »
« Puisse sa vie, son message, ce qu’il nous a dit de l’amour,
maintenir intacte notre vigilance. Puisse le nom de Jean -Paul II renforcer
notre capacité à nous enrichir les uns et les autres… »
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Et les cloches se mirent à sonner !
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Cérémonie donc, sous haute surveillance policière…
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Grande discrétion de l’Eglise de Paris. Toujours
cette pudeur mal placée. Peur de provoquer ?
Alors que « Verts » et « Act-up »
avaient appelé à manifester sans retenue, l’Archevêché
de Paris était resté discret. Nous avions quelque peu rêvé…
Imaginons un instant : Les fidèles de toutes les
Paroisses de Paris se rendant en procession vers le parvis de Notre Dame…
Où étaient louveteaux et scouts de nos belles troupes ?
Grande discrétion de la part des catholiques parisiens…
Mais ne regrettons pas ce bel après-midi. Qu’il
nous fasse prendre conscience que des combats nous attendent… Et
en premier lieu la défense de la famille.
Nous avons pu voir la démonstration, grandeur réelle, des
foyers de haine qui sont générés par la confusion
de l’esprit. Gardons en mémoire le fort rappel que nous lançait
l’Abbé de Tanoüarn lors d’une conférence
décapante : « A force
de dire que Dieu est amour, on finira par dire que tout amour est Dieu.
Le sujet ainsi spiritualisé devient infaillible et impose ses pulsions
au genre humain… ».
Portemont, le 3 septembre 2006.
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Notre-Dame de Paris
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Ce ne sont pas des "papamobiles"...
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Le dispositif de police est en place.
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Seules les images pieuses étaient autorisées dans
les sacs.
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Notre ami Pierre Gelin, ancien président de l'association
Veritatis Splendor devant la caméra de BFM TV.
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Monseigneur Jacquin, recteur archiprêtre de Notre-Dame
de Paris qui fut agressé et blessé par des militants
d'Act-Up le 6 juin 2005.
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Ce n'est pas un rassemblement de voyous... jeans et crânes
rasés, c'est la police en civil "nouvelle version"
qui peut rivaliser avec l'équipe de football des Bleus !
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Clergé, édiles et notables.
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Monseigneur Jacquin sous les micros.
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La Pologne à l'honneur.
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Pour comprendre cette journée, prenez connaissance
des différents appels qui avaient été lancés
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Appel signé par :
Act-Up Paris, AN NOU ALLE,
ARDHIS, la Brigade Activiste des Clowns, DEGEL, Laïcité
Ecologie Association, Les Mauves, Les Panthère Roses, Les
Putes, Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent
de Paname, Les Verts
« En 26 ans de règne, Jean-Paul
II a peut-être fait tomber certains murs mais il en a réellement
consolidé d’autres :
- sexisme et misogynie ;
- homophobie, lesbophobie, transphobie ;
- non assistance à populations en danger.
Le catholicisme réactionnaire
de Jean-Paul II, dogme que son successeur Benoît XVI conforte
toujours, n’a pas à être honoré par notre
ville et nulle part ailleurs.
Monsieur Delanoë, votre alliance
électoraliste « contre-nature » est choquante
pour toutes celles et tous ceux qui luttent contre le sida, pour
les droits des femmes, pour l’avortement et la contraception
et contre toutes les discriminations.
Cet acte incompréhensible et
indécent va à l’encontre de la « sacro-sainte
» laïcité à laquelle nous tenons toutes
et tous.
Monsieur Delanoë, nous vous demandons
instamment de revoir votre copie, de corriger cette faute («
faute avouée est à moitié pardonnée
» dit-on...) et d’annuler ce projet en le faisant à
nouveau voter et cette fois-ci, en respectant vos engagements de
2001 ET en respectant vos propres déclarations, vous qui
avez affirmé avoir « toujours été en
désaccord avec Jean-Paul II sur les questions de société
».
Nous n’acceptons pas que ce lieu
hautement symbolique (parvis en latin signifie paradis) soit entaché
par ce personnage synonyme pour nombre d’entre-nous de maladie,
de mort, de discrimination, d’inégalité.
Nous n’en voulons pas !!!
Nous nous rassemblerons le 3 septembre
à 12H sur le Parvis de Notre-Dame pour celles et ceux qui
aiment l’amour. Rejoignez nous.
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Communiqué de presse des Verts, du 1er
septembre 2006
« Jean-Paul II et les tartuffes
»
En juillet dernier, sur proposition du groupe UMP, Bertrand Delanoë,
maire de la capitale (PS) a proposé au conseil de Paris d’ajouter
le nom de Jean-Paul II à celui du Parvis Notre-Dame. Cette
proposition a été acceptée et votée
par tous les élus de droite, certains élus PS et contre
l’avis du reste de la majorité municipale (Verts, PCF,
MRC, PRG). Les Verts sont opposés à cette décision.
Si, en 26 ans de pontificat, Jean-Paul II a joué à
un rôle de premier plan dans la démocratisation de
l’ancien bloc soviétique, il a aussi consolidé
des murs pour l’humanité : par ses positions réactionnaires
et irresponsables, il a légitimé, dans de nombreux
pays, des politiques contre les minorités sexuelles, l’émancipation
des femmes et la lutte contre le SIDA.
Les Verts ont toujours combattu la volonté papale, des églises
et de tous les dignitaires religieux de dicter nos conduites et
d’affirmer leur autorité sur le champ temporel.
Les Verts s’étonnent que les mêmes responsables
politiques qui s’affirment bien souvent d’une laïcité
de combat face au danger de « l’intégrisme musulman
», avec une mauvaise foi sans limites, aient dans un même
élan jugé nécessaire qu’une place parisienne
porte le nom de Jean-Paul II. La laïcité a bon dos :
inflexible, voire même excluante pour certains croyants, arrangeante
pour le catholicisme. Les Verts dénoncent les faux laïcs,
mais vrais tartuffes.
Les Verts seront le 3 septembre à 12H sur le Parvis de Notre-Dame
pour protester
Au sein de la majorité de gauche, les Verts, le PRG, le PCF
et le MRC ont voté contre le nouveau nom.
Les élus radicaux de gauche ont proposé qu'au lieu
de Jean Paul II, le parvis s'appelle "parvis Notre Dame - Esplanade
des religions et de la conscience universelle". Sous la Révolution,
le parvis avait pris le nom de "place de la Raison".
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Quelques rappels quant à l’attachement de Jean-Paul
II à la France
« Conscient de la place de la
France dans l’histoire de l’Église, Jean-Paul
II a exprimé dès le début de son pontificat
son intérêt et son estime pour cette nation. Cet attachement
s’est manifesté par ses nombreux voyages en France
– avec en particulier deux pèlerinages à Lourdes
–, mais aussi par le maintien de la présence française
à Rome, par des canonisations et béatifications de
Français et par l’élévation de Thérèse
de L'Enfant Jésus à la dignité de docteur de
l’Église. Le dernier voyage du pape Jean-Paul II a
d’ailleurs été en France. »
L’attachement de Jean-Paul II à la France
Le 27 mai 1980, trois jours avant son premier voyage pastoral en
France, Jean-Paul II s’adressait en ces termes aux Français
: "Tout d’abord, la France est la fille aînée
de l’Église. Et elle a engendré tant de saints.
Je pourrai ajouter qu’il existe sur le sol de France beaucoup
de lieux auxquels je me rends souvent en pèlerinage par la
prière et par le cœur (…) Comment ne pas évoquer
aussi, dans cette perspective, l’œuvre culturelle de
votre pays, son apport à la culture générale
et dans le domaine proprement catholique ? Que de noms illustres
dans votre tradition séculaire. Oui, au cours de ce même
siècle, que de figures dont le rayonnement a dépassé
vos frontières, et dont beaucoup me sont personnellement
très proches (…) Je pense à l’influence
que la culture française, dans les domaines de la philosophie,
de l’histoire, de la littérature et que la pensée
de théologiens français ont exercé et exercent
toujours sur tant d’hommes et de sociétés (…)
L’Eglise doit au peuple de France, qui a beaucoup reçu
et aussi beaucoup donné, quelques unes de ses plus belles
pages : des grands ordres religieux, tels que Cîteaux et les
Chartreux, aux cathédrales, ou à l’épopée
missionnaire commencée au siècle dernier".
Jean-Paul II s’est ainsi exprimé
plusieurs fois sur les raisons de son attachement à la France,
attachement qui explique que cette nation ait été
la plus visitée par le Saint Père, avec celle de Pologne.
Dès ses premiers discours, en 1980, Jean-Paul II soulignait
son attrait pour ces sanctuaires – Ars, Lisieux, Lourdes,
Sainte-Anne d’Auray, etc – qui seront effectivement
les étapes de ses voyages en France. Cet
attachement s’expliquait aussi par le parcours de Karol Wojtyla
: Deux Français ont participé indirectement à
sa formation alors qu’il se destinait au sacerdoce. D’abord
saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dont Karol Wojtyla a découvert
le Traité de la vraie dévotion à la Vierge
Marie. Il lui a emprunté sa devise « Totus tuus »
("Tout à toi"), formule de consécration
à la Vierge Marie. Également saint Jean-Marie Vianney,
le Curé d’Ars dont il s’inspirait quand il embrassait
le sol d’un pays qu’il visitait pour la première
fois. Il a été impressionné par le "ministère
héroïque" du Curé d’Ars à son
confessionnal. Formé à l’université polonaise,
le futur Pape a découvert les penseurs allemands ou slaves,
mais son anthropologie héritée de saint Thomas d’Aquin
se nourrissait également du personnalisme né en France
dans les années Trente autour d’Emmanuel Mounier. »
Au cours de ses études, il avait
eu l’occasion de découvrir la France pendant l’été
1947. Il avait été séduit par les cathédrales
gothiques, mais aussi par l’expérience naissante des
prêtres-ouvriers, qui lui avait inspiré son premier
article dans le journal Tygodnik Powszechny. »
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