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Gageons qu’« elle »
va s‘inviter dans les prochains débats…
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Elle rode autour de notre pays et de plus en plus souvent, « elle »
s’y invite…
Elle se nomme euthanasie… Nous avons peut-être oublié
que la « mort douce » était légale
aux Pays-Bas depuis plus de vingt ans…
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Madame la Mort par Paul Gauguin (1849-1903).
Paris, musée du Louvre. |
Depuis trois ans, la « Faucheuse »
parée de sa fiole de barbituriques, est dépénalisée
en Belgique. Cette mort semble être devenue le privilège
des monarchies plus ou moins nordiques, monarchies mises sous globe, cela
s’entend…
Si l’on s’en tient aux derniers chiffres, depuis
2002, la Belgique peut se targuer de 1017 euthanasies et plus de 80% ont
été recensées en Flandre. La Wallonie est mauvaise
élève…
Afin qu’elle puisse faire meilleure figure, le chef
de file des libéraux au Sénat a proposé en début
d’année, d’alléger les démarches du patient…
patience donc !
Et du coup, revendication pour revendication, certains
souhaitent que la loi soit plus complaisante pour les personnes atteintes
de la maladie d’Alzheimer et les personnes démentes…
Pendant ce temps, la paisible Helvétie coule des
jours heureux. Depuis les années 90, les Suisses se livrent à
des « autodélivrances ». Cela est permis
par la loi, ou pour être plus juste, toléré par la
loi. Depuis peu, un hôpital public de Lausanne ouvre même
ses portes aux candidats. Mais l’honneur médical est sauf :
« Mais en aucun cas nos médecins
ne seront impliqués dans les derniers gestes, ce ne sont pas eux
qui prépareront la potion. Nous avons seulement ouvert les portes
de l’hôpital à Exit. »
« Exit », c’est une association qui a
commencé dans les années 80 par refuser l’acharnement
thérapeutique, voulant lutter contre la « puissance
triomphante des médecins ». Comme quoi l’enfer
peut être pavé de bonnes intentions…
En 2005, « Exit » a dispensé une aide
au suicide à 216 patients atteints d’une maladie incurable.
« Dignitas », une association qui œuvre de même,
annonçait 138 patients accompagnés…dont 12 Français.
Pourtant certains membres du corps médical s’insurgent,
et non des moindres. Marco Vanetti, médecin psychiatre au centre
hospitalier universitaire vaudois, précise : « la
personne qui décide de se donner la mort avec l’accord de
ses proches fait des ravages parmi les survivants. La prise de potion
létale est perçue d’ordinaire par la famille comme
un reproche. »
Et de poursuivre : « La psychologie
du mourant est complexe. En phase terminale, le malade souhaite mourir
tout en s’accrochant désespérément à
la vie… »
A l’occasion du dernier « Festival du
cinéma suisse de Soleure », un documentaire titrée
« Exit, le droit de mourir », a obtenu le premier
prix dans sa catégorie. Fernand Melgar, l’auteur de ce documentaire
est d’une lucidité aiguë : « On
ne veut plus regarder la mort en face. Les médecins et les religieux
sont dans une impasse. (…) Exit comble une lacune en réinventant
un rituel. »
Bien triste constat… à partir
de nos « cartons » de vacances qui contenait « Le
Figaro » des samedi et dimanche 18 et 19 février 2006…
Portemont, le 20 août 2006.
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