mercredi 08 février 2012

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Ce n'est pas gagné…

Il y a souvent de la pertinence dans les critiques formulées sur notre société ou à l'égard de la classe politique qui fait semblant de nous gouverner, dans l'hebdomadaire " Marianne". Le titre nous fait sourire...
Nous nous sommes habitués aux poussées de fièvre de Monsieur Jean-François Khan, vitupérant les "cathos intégristes" et tous les "vieux réac roycos" de notre douce France. Il n' a pas toujours tort de s'élever contre une vieille droite mortifère et collabo, qui se délecte de nos échecs ou de nos insuccès (ceux de la France...), traquant à la loupe l'éternel complot "judéo-maçonnique", "le métèque", le "bolchévique" et j'en passe...
C'est acquis, que entre Monsieur Jean-François Khan et nous, beaucoup nous sépare...
Nous ne poserions pas un postulat tel que:
Monsieur Jean-François Khan n'aime pas la France !
Nous ne le supporterions pas pour nous même, et tout comme lui, avec la sensibilité qui est la nôtre, nous aimons nous aussi la France. D'amour et de passion et non sans raison !
Aussi quand mon regard s'est posé sur le "Marianne" 353, du 26 janvier au 1er février 2004, avec son titre aguicheur : "Le Retour du Pouvoir monarchique", je me suis inquiété. J.F.Khan a-t-il "pété" le thermomètre ?
Point du tout. Jean-François Khan est depuis quelques temps fort occupé par le pacte de Genève, c'est louable, et tente de ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Pardon, je voulais dire le voile...
Après donc "Le Retour du Roi", sur les écrans, nous avions droit au retour du pouvoir monarchique en couverture de "Marianne".
Le Roi... Le mot est plus beau. Passons. La monarchie, c'est un peu l'auberge espagnole.( Sa Majesté Juan Carlos me pardonnera...)
C'est tellement l'auberge espagnole que dans "Marianne", c'est un véritable souk-foutoir...
Nicolas Domenach assisté de Anna Bitton en sont les responsables. Ils confondent les ors et tous les larbins de la République, et la nature d'une vraie monarchie. Ils confondent tout autant le jeu de : "Tu me tiens, je te tiens par les scandalettes..." et l'art de gouverner. La veulerie des prébendiers de Monsieur Chirac, est toute républicaine.
Le président est pieds et poings liés par ses courtisans comme il le sont par lui. Affaire de légitimité...
Mais il faut remercier Nicolas Domenach et Anna Bitton, d'avoir tenté ce "dossier". Il a le mérite de nous faire profiter d'entretiens tout à fait intéressants.
Pour l'historien Michel Winock, la monarchie chiraquienne est vulgaire.
Parlant des Français : "Ce n'est pas un grand peuple de citoyens démocrates : on retrouve toujours les petits propriétaires régicides qui veulent à la fois le roi et la mort du roi. En paraphrasant le " 18 Brumaire" de Marx, je dirais qu'ils sont tellement divisés qu'ils ont besoin d'un arbitre. Le roi en est un." La remarque est fine...
Le problème est que la France est gouvernée par des acheteurs-pilleurs de Biens Nationaux... qui bradent et bradent sans cesse !
Je serai moins bref sur les réflexions de Monsieur Maurice Leroy, député UDF du Loir et Cher. Nous savons tous que Dame Nature est injuste et ne nous gratifie pas tous de manière équitable, en dons de toutes natures. Monsieur Leroy se raccroche au souvenir de Monsieur Raymond Barre lors du passage au vote pour le quinquennat. Toujours docte, Monsieur Barre confiant son pouvoir au député Leroy lui a dit " Je suis sûr que, s'il n'en reste qu'un, ce sera vous..."
Il s'agissait en votant contre le quinquennat de ne pas "aggraver les défauts monarchiques de notre République." Brave Monsieur Leroy prêt, alors, à faire "fort Chabrol" pour défendre sa république. Pendant ce temps Monsieur Barre devait, lui, faire "Chabrot"...
Et le député Leroy de se plaindre d'un parlement ligoté, d'hommes politiques n'ayant pouvoir sur rien. La faute à Chirac ? Monsieur Leroy voudrait nous le faire croire. La ficelle est trop grosse. Europe ! Europe ! Est-il sourd sans sonotone Monsieur Leroy ?
Passons, je voulais être bref. Le mot de la fin dans la bouche d'or du conventionnel Leroy : "A bas la monarchie ! Vive la démocratie"
Encore un qui a tout compris. Monsieur François Bayrou devrait le surveiller !
Pas de débat sur la Monarchie, sans le Monsieur "Youp-la-boum" des Rois et des Reines.
Vous devinez le "Fou du Roi"... Stéphane Bern. Rien à dire ou tout à dire... Il y a bien des Manantes et des Manants du Roi ! Monsieur Bern s'interroge sur Monsieur Chirac qui ne comprend rien à la tradition française. C'est tout autre pour Bernadette Chirac. Le "Fou du roi" a "un faible pour l'épouse du monarque républicain". Monsieur Bern n'est pas un sot. Il sait que, à minima, le roi incarne la nation. Pas Monsieur Chirac, ni aucun président de la République...
Avec Arnaud Montebourg, député socialiste, locomotive du clan des "sixièmistes" (et non pas de Sixte de Bourbon-Parme), c'est une autre affaire. Du républicain pur sucre, attendant la VIème République, celle qui sera la bonne, la vraie. Avec lui, le dialogue sera difficile... Mais sait-on jamais ?
Connaissez-vous Jean-Louis Bourlanges ?
C'est la surprise. Monsieur Bourlanges est député européen U.D.F
Il soulève d'entrée l'ambiguïté du terme monarchique : "Louis XIV ou la reine d'Angleterre, ce n'est pas la même chose"
"Avec le quinquennat, la fonction présidentielle se banalise et se durcit à la fois : le président cesse d'être le monarque républicain au-dessus des partis pour devenir le maître sans partage...
C'est pourquoi je parlerai moins de dérive monarchique que de dérive absolutiste ou, pour rester dans les catégories de Monstesquieu, de dérive despotique."

Monsieur Bourlanges a des lettres. Tant mieux. Si le député européen a du cœur, ce dont je ne doute pas, peut-être pourrait-il aider Monsieur le député Leroy du même parti...
Le député Bourlanges nous explique ensuite les petits malheurs de son parti. C'est bien vrai que c'est la faute à Jospin ! Viré de l'arène par Le Pen… Et hop ! Monsieur Chirac n'a plus eu besoin de l'U.D.F pour régner...
Mais revenant à nos rois, Jean-Louis Bourlanges se fait grave :
" De Gaulle, c'était Louis XIV, Giscard Louis XV, Mitterand Louis XI ou Catherine de Médicis. Chirac, c'est Napoléon III tendance Badinguet. Personnellement, j'attends Henri IV."
Nous sommes sauvés ou presque...
Voilà la surprise. D'abord Chirac n'est pas de la Famille... Ensuite un député européen de la culture de Monsieur Bourlanges, attend Henri IV !
Vite, lui faire savoir, ainsi qu'à tous ses petits camarades (sauf peut-être à M. Leroy) et à tous les Français que nous l'avons notre "Henri IV". Enfin ,nous l'espérons...
Et surtout prévenir avec ménagement Jean-François Khan...
Etrange silence radio dans la presse royaliste, déclarée ou implicite…

Portemont, samedi 14 février 2004,
en ce jour de la Saint-Valentin.

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