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Cour des comptes
Et encore un !

Les rapports de la Cour des comptes sont célèbres. Il faudra qu’un jour, une équipe de chercheurs et d’analystes se penchent sur tous ces beaux rapports…

ANPE Agence Champerret (source anpe.fr)

Dans sa dernière prestation, en plus de 160 pages, le « rapport » précise une trentaine de recommandations relatives à l’assurance chômage, qu’il qualifie d’ « organisation inadaptée ».

Il invite à donner plus de responsabilités à l’Unedic, dans l’accompagnement des chômeurs, laquelle a déjà pourtant vu ses missions étendues… Mais ce n’est pas suffisant. Les résultats n’ont pas été au rendez-vous et il n’y a pas eu d’« … amélioration sensible pour le demandeur d’emploi. »

Même que son « parcours s’est rallongé et complexifié »…
Les hauts magistrats de la Cour préconisent « la prescription des mesures d’accompagnement indifféremment par l’assurance-chômage, l’ANPE ou un prestataire agrée. »

Au royaume des bonnes intentions, une convention tripartite entre l’ANPE, l’Unedic et l’Etat, prévoit une réduction des délais entre l’inscription à l’Unedic et l’entretien à l’ANPE. Un dossier unique devra être mis en place pour le demandeur d’emploi et un système informatique commun devrait voir le jour…
Cela c’est dans le royaume des bonnes intentions.

La réalité ?

Il semblerait que toute réforme soit, de fait, enterrée à six pieds sous terre…
« La fusion est impossible, car, à l’ANPE comme à l’Unedic personne n’a intérêt à ce qu’elle se fasse. » Ces paroles qui ont le son du couperet sont de Bernard Brunhes, consultant et vice-président du groupe BPI.
Et pourquoi donc ?

L’assurance-chômage est une association loi de 1901 fonctionnant dans le cadre de négociations entre les partenaires d’Etat, alors que l’ANPE est un organisme d’Etat.
La présidente de l’Unedic, Annie Thomas est claire sur le sujet : « Notre statut nous confère une véritable indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics. L’ANPE reste un instrument de gouvernement. »

L’Unedic applique en son sein le droit du travail privé et la convention collective du secteur des banques et des compagnies d’assurances. L’ANPE recrute sur concours et ses rémunérations reprennent les grilles de la fonction publique.
L’avantage serait donc au bénéfice du salarié Unedic.
Cerise sur le gâteau, l’employé Unedic aurait le beau rôle, dixit Jean-Claude Quentin responsable de l’emploi chez Force Ouvrière : « L’agent Unedic a le beau rôle : il accueille le chômeur uniquement en début d’inscription pour lui proposer une indemnité…Ensuite, dans 95% des cas tout se fait par Internet. »
Le « sale boulot » serait donc fait par le préposé ANPE qui reçoit mensuellement tout le monde, et qui aurait aussi le rôle d’un père fouettard pouvant appliquer des sanctions…
Nous laisserons le mot de la fin à Jean-Pierre Revoil, directeur général de l’Unedic :
« Deux options sont possibles, soit privatiser l’ANPE, soit nationaliser l’Unedic. Mais là, ça devient un vrai choix politique. »

Nous en sommes convaincus depuis longtemps, tout est politique… !

(Après lecture d’un article de Fanny Guinochet dans « Challenges » de mars 2006.)

Portemont, le 28 avril 2006

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