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La France deviendrait-elle insupportable ?

Le fossé se creuse entre le pays réel et le pays légal.
Le pays réel nous le respirons, nous l’entendons aux quatre coins de notre hexagone qui en compte des milles et des cents…

Le pays réel nous le rencontrons dès poton-minet dans les transports des grandes villes, dans la chaleur des étables de nos campagnes, dans la froidure des champs blanchis par le givre, dans les bureaux des entreprises, tard le soir, et dans les ateliers des usines. Nous l’entendons alors qu’il fait encore nuit noire dans la bouche des jeunes mamans et des moins jeunes, qui courent vers les crèches ou les écoles afin d’y conduirent leurs enfants avant de rejoindre leur travail.

Et des écoles ont brûlé dans un pays bien réel.

Nous l’entendons aussi dans la bouche des jeunes pères et des moins jeunes qui s’interrogent :
« Etre délocalisé ou ne pas être ? ».

Toute une jeunesse exprime aussi ce pays réel, rédigeant et envoyant chaque jour des « curriculum vitae » et des lettres de motivation. Diplômée ou pas, elle contemple avec rage ses boîtes aux lettres vides de réponses mais emplies de prospectus.

Combien d’entreprises répondent à ces courriers ? Les François, Henri, Augustin ou Samir et Mustapha ont le même regard devant leur boîte aux lettres vides…

Notre pays réel défile aussi dans le regard de nos anciens, de nos « vieux » qui quand ils résident dans la France « profonde », voient disparaître leur cadre de vie. Et que dire du regard hébété de nos « vieux » qui vivent dans les banlieues, barricadés à toute heure du jour ?

Ils attendent, résignés, leur fin de vie avec pour seule compagnie le poste de télévision, alors que des François, des Louis, des Augustin ou des Samir et des Mustapha, diplômés comme pas deux, quittent notre pays pour valoriser leurs savoirs et leur soif d’entendre sous d’autres cieux !

Le pays réel de France, c’est tout cela et bien plus encore.

Mais qu’en est-il du pays légal ? Existe-t-il encore ? Et pour quelle fin ?
Le pays légal qui tente de subsister est habillé des oripeaux du pays politicien.
Il est grand temps que la France retrouve ses habits de toujours. Des habits de courage et de générosité. Nos temps sont difficiles et comme le dit si bien le prince Jean de France, « ce sont nos temps ». Il est urgent de réapprendre, comme le dit tout aussi bien, Monseigneur le comte de Paris, chef de la maison de France, à « respirer ensemble ».

C’est un beau défi pour le pays réel.

Nous devons le relever. Les oripeaux du pays légal tomberont par surcroît…

Portemont, le 28 décembre 2005.

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