vendredi 21 novembre 2008

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Scènes de cannibalisme au quotidien…et au futur !

Alors que la France du pays réel regarde, hébétée, la France qui brûle, nos grands cannibales s’en donne à cœur joie !
Nous ne prétendons pas écrire un scénario -fiction tant les réalités demandent réflexion…

Nous n’avons pas aperçu l’ombre de la silhouette furtive cachant sous son imperméable un affriolant « ticheurt » - made in china – imprimé d’un « Vive Villepin » et de son image sortant des eaux tel un sauveur de tsunami… L’ombre de la silhouette a semblé, à certains, craquer une allumette…

D’autres auraient aperçu la Main Invisible du Big Brother pas content de la privatisation d’EDF. Tous les scénarii sont possibles. Mais ne cherchons pas midi à quatorze heures !

Tout se déroule devant nos yeux depuis des lustres et tout arrive jusqu’à nos oreilles.
« Karchériser » à bien été dit. « Racaille » est bien sortie de la bouche de qui vous savez.

Il a été aussi dit : « Nicolas Sarkozy a pris les mesures nécessaires, et je sais que je peux compter sur lui. » C’est du Villepin.

Alors que les soldats du feu se faisaient caillasser tout comme les membres des compagnies républicaines de sécurité et que des « barbus en djellaba » appelaient au calme, il a bien été entendu s’élever des immeubles de nos belles banlieues : « Allah akbar! »

Certains ont même vu et entendu un ange gouvernemental répondant au nom d’Azouz Begag prêcher : « Il ne faut pas dire aux jeunes qu’ils sont de la racaille… Il ne faut pas se laisser déborder par une sémantique guerrière. » C’est bien connu : Quand c’est la guerre, faut pacifier… Et le même de préciser, au cas où nous ne saurerions pas compter : « Nicolas Sarkozy n’est qu’un ministre sur 31. »

Azouz Begag est au moins toujours aussi souriant que Jack Lang. Il a un mérite de plus que Jack : Il a le teint naturellement bronzé. Celui que l’on nommait en 1995 le « Gone du Chabaa » dans la banlieue lyonnaise a fait du chemin. Aujourd’hui le gone est ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances. Sa mission ? Tirer des missiles de toute nature sur la cible Sarko. Ce n’est pas le premier ministre issu de l’émigration. Mon compère Léon, tout prés de moi me rafraîchit la mémoire en gloussant : Ponia ! Il y a eu aussi la génération des « Touches pas à mon pot ! ». Alors que les banlieues brûlent, au sein du gouvernement et dans les partis politiques qui le composent c’est le coup de feu permanent. Vous savez tous pourquoi.

La priorité des priorités, c’est de marquer des points pour le grand pugilat de 2007.

Il en est de même au sein du gouvernement en exil qui s’est réfugié au Mans.
Comment n’êtes-vous pas au courant ? Le Mans n’est plus pour quelques jours la patrie des Rillettes mais celle de la Chair à pâté ! Le Parti socialiste y tient son Congrès. Tous les candidats à la candidature s’embrassent sur la bouche à qui mieux -mieux. Le baiser de Judas.

La France peut brûler en paix.

De tous côtés c’est l’agitation. Il faut sauver son parti, sa candidature, sa candidature à la candidature. Il faut pour les plus « petits » tenir la corde et se parer comme à la bataille de Poitiers.

Tenez, pour le MPF de Monsieur de Villiers, un des gagnants du référendum, et à ce titre nous le saluons, il faut prendre de vitesse le FN de Jean-Marie. Le prendre de vitesse et le déshabiller ! « Tous à l’Assemblée nationale » enfin presque, juste à côté, Place du président Herriot. Pour quoi faire ? Pour la défense de l’unité de la République ! Et pourquoi pas l’Armée avec nous ?
Autour de quel thème ? « la France, tu l’aimes ou tu la quittes »
Nous aimons la France, vous savez combien nous l’aimons. Mais de la à défendre ce qui la ronge et la détruit…

Il suffit de lire notre vieille amie Charlotte qui n’en peut plus d’aiguiser sa plume :

« Chers amis, souverainistes, gaullistes, ou à droite du gaullisme, les événements de ces derniers jours réveillent chez beaucoup d'entre vous le souvenir de la manifestation dite "de la Concorde" qui sonna le retour de l'autorité du Gouvernement en Mai 1968. Souvenir pour les aînés, évocation lyrique pour les plus jeunes. Et les formules sonnantes foisonnent : que de Danton, que d'hymnes à la "patrie en danger" !...
Sachons raison garder. Et sachons aussi retourner les arguments à notre profit.
Je ne suis pas pour la politique du pire, et si cela va sans dire, cela va mieux en le disant.
Mais je ne suis pas non plus disposé à jouer les harkis, au profit d'une classe politique qui a momentanément besoin de se donner des airs d'autorité et de retour à l'ordre.
La politique d'abandon, c'est la leur. Qu'ils en prennent plein la gueule, cela ne peut que me réjouir.
Cette majorité UMP, cette "opposition" hollando-languiste, venus nous rejouer la grande scène de l'intégration, du « nous sommes tous Français » et autres « La France qui accueille et qui donne toutes leurs chances à ses fils d'où qu'ils viennent », ces politiques donc, n'ont cessé depuis vingt ans et singulièrement dans la décennie 90 de gommer la France, de la nier, de la rabaisser, de lui retirer tout moyen d'être fière, intégratrice et exemplaire.
La banlieue multicolore l'a bien compris, prête à entendre tout ce qu'on lui dit : la France c'est fini, on n'est pas ici en France, on est en Europe. Et l'Europe c'est quoi ? on vous expliquera plus tard. C'est que du bonheur, mais ça se passe à Bruxelles, il faut attendre, nous on n'y peut rien.
Avec le recul, on s'apercevra à quel point l'arrivée de l'euro a marqué la fin de la France dans les esprits les plus simples, les plus manipulables. Français, France, de quoi ils viennent nous parler ? On comprenait quand on avait des Francs dans nos poches. Maintenant on n'a plus de Francs, c'est l'euro, c'est l'Europe, c'est autre chose, on ne sait pas quoi. Et comme ce « on ne sait pas quoi » ne se montre jamais, le « mal être » ne peut que s'exacerber.
Il n'y a pas d'intégration possible, pas de dynamique solidaire possible, sans la reconquête de l'indépendance monétaire et de la souveraineté politique. Penser le contraire, c'est vouloir construire une cathédrale, voire une mosquée, sur un sol sismique et sous un bombardement. Commençons par le commencement : l'indépendance d'abord, qui donnera la fierté et l'audace, et la cohésion sociale se fera ensuite, tout naturellement.
Nous n'avons qu'un seul message à faire passer : c'est contre l'Europe et la mondialisation, pas contre la France, que les banlieues se soulèvent. Et si vous estimez que ce n'est pas crédible, apprenez que la politique, c'est de rendre crédible ce qui sert notre combat.
En tout cas, si certains d'entre nous veulent "sauver la France" que ces Messieurs ne nous ressortent que parce qu'ils font dans leur froc, qu'ils le fassent sans moi.
Salut les supplétifs ! »

Vous le saviez déjà, Charlotte fait toujours preuve de tendresse…

Mais il bon et juste de toucher du doigt le cœur du problème. Notre indépendance est la clef de voûte de toutes les solutions possibles. La république est comme une vieille actrice sans cesse repassée dans la main du chirurgien. Prendre le risque de la laisser éternuer un bon coup est peut-être la solution pour tous ceux qui aiment la France.

Nous vous confions tout cela sans angélisme, sans souhaiter le pire pour notre pays, en sachant bien qu’il nous faudra peut-être aussi monter au feu, mais en veillant à ne pas monter sur le radeau des cannibales qui ne rêvent que du pouvoir.

Portemont, le 8 novembre 2005.

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