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Il nous faudrait trop de pages pour énumérer
toutes les trahisons…
Tout ce qui défile devant nos
yeux en est le fruit.
A tout seigneur tout honneur. Les clercs nous ont trahi, il y a déjà
bien longtemps. Pas tous me répondrez-vous avec raison. Nous nous
épargnerons de parler des évêques de France.
Les « politiques » ? Depuis quand la France
est-elle aussi démunie en « politiques » ?
Nous parlons ici des hommes.
A chaque génération des
hommes de qualité se sont élevés pour le service
du bien commun, partant du bas pour la plupart, d’une mairie, d’un
conseil général… Et puis ? Gravissant les échelons,
le souci du Bien commun s’est étiolé.
Mais il en reste quelques-uns me répondrez-vous !
Nous voulons le croire.
Le régime sous lequel nous sommes sensés être gouvernés
broie et écrase les meilleurs. Avec leur consentement, en les rétribuant
de mille délices.
Tout défile devant nos yeux et nous ne savons pas voir.
La France des paraboles. Les banlieues
en sont couvertes. Les télévisions déversent en continue
leurs images. Quelles images ?
Enfants, nous étions nombreux
à rêver aux exploits de Du Guesclin, de Bayard, de Jeanne
La Pucelle ou à la geste de Bouvines. Plus grands nous avons versé
une larme à l’évocation de la charge de Reichshoffen.
Nous pouvions lire dans les greniers de nos familles les illustrés
relatant la Grande Guerre et parfois écouter les récits
des membres de nos familles qui avaient survécu. Nous avions aussi
des héros au cœur gros et grand, comme celui de Savorgnan
de Brazza. Nous pouvions aussi découper les images de nos saints
préférés. Nous gravions au couteau sur les tables
de nos collèges le nom d’Estienne d’Orves.
Parfois d’autres camarades préféraient
y graver le nom d’autre héros revendiqués par le Parti
des «cent mille fusillés ». Certains restaient
sombres et tristes parce que les leurs avaient aimé la France derrière
un vieux maréchal républicain. Les quolibets pouvaient fuser
et au sein des familles parfois soufflait un vent de guerre civile. Toujours
au nom de la France. Et la France nous était charnelle. Nous maudissions,
les mauvais jours, certaines de ses époques, mais nous l’aimions
toujours, comme aujourd’hui nous l’aimons encore et comme
demain nous l’aimerons. Nous étions reliés, enchaînés
d’amour à la France en relisant sous les draps à l’aide
d’une petite lampe électrique, les sacrifices de Français
de toutes origines tombant en Indo ou dans les Aurès.
Tous les enfants perdus qui grandissent
dans ces mouroirs de l’esprit que sont les banlieues, quels sont
leurs héros, leurs saints ou leurs saintes ?
Entre les «dégueulis » de notre société
de sur-consommation, ils écoutent des appels à la guerre
sainte et leurs yeux brillent quand apparaît la barbe de Ben Laden.
Nous ne lui faisons pas porter le chapeau. Nous avons aidé à
lui conférer ce rang de saint pour toute une génération
d’enfants perdus.
Nous avons permis à des pères, venu de l’autre côté
de la Méditerranée pour travailler en France et faire des
travaux que nous jugions indignes, de se faire insulter par leurs propres
enfants grâce au savoir de nouveaux maîtres qui ne s’appelaient
plus Maître, mais Jean-Pierre ou Luc et grâce à la
plus puissante machine de destruction que notre pays n’ait jamais
connu : L’Education nationale !
Nous avons sombré dans la honte
d’être nous-même. Notre héritage nous collait
à la peau comme une tache d’infamie.
Nous, c’est la société que nous avons laissé
se construire et nous en faisons partie, malgré nous.
Nous ne dressons pas une complainte. Nous voulons comprendre pourquoi
et comment nous en sommes arrivés là. C’est à
ce prix que nous pourrons nous ressaisir. Il est urgent de faire ce travail.
Il serait terrible d’être obligé de préférer
commettre des injustices par amour pour notre Mère. Notre Mère
a toujours été débordante d’amour pour ses
enfants. Certes, il faut lui rendre un peu d’amour, mais c’est
à nous à apprendre aux enfants perdus cet amour.
Et surtout ne pas laisser les politiciens galvauder ce mot d’amour
pour la France.
Avant d’aimer il faut connaître
et apprendre. Des sommes astronomiques ont été dépensées
pour faire haïr le patrimoine de la France, pour faire haïr
la France et nous ne comptons plus le nombre de Français qui ont
ainsi appris à se haïr.
Comment allons nous faire pour faire
aimer la France, en priorité aux Français ?
Il faut trouver des vraies solutions. Vite.
Le temps nous est compté.
Portemont, le 8 novembre 2005.
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