jeudi 09 février 2012

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Il nous faudrait trop de pages pour énumérer toutes les trahisons…

Tout ce qui défile devant nos yeux en est le fruit.
A tout seigneur tout honneur. Les clercs nous ont trahi, il y a déjà bien longtemps. Pas tous me répondrez-vous avec raison. Nous nous épargnerons de parler des évêques de France.
Les « politiques » ? Depuis quand la France est-elle aussi démunie en « politiques » ? Nous parlons ici des hommes.

A chaque génération des hommes de qualité se sont élevés pour le service du bien commun, partant du bas pour la plupart, d’une mairie, d’un conseil général… Et puis ? Gravissant les échelons, le souci du Bien commun s’est étiolé.

Mais il en reste quelques-uns me répondrez-vous ! Nous voulons le croire.
Le régime sous lequel nous sommes sensés être gouvernés broie et écrase les meilleurs. Avec leur consentement, en les rétribuant de mille délices.
Tout défile devant nos yeux et nous ne savons pas voir.

La France des paraboles. Les banlieues en sont couvertes. Les télévisions déversent en continue leurs images. Quelles images ?

Enfants, nous étions nombreux à rêver aux exploits de Du Guesclin, de Bayard, de Jeanne La Pucelle ou à la geste de Bouvines. Plus grands nous avons versé une larme à l’évocation de la charge de Reichshoffen. Nous pouvions lire dans les greniers de nos familles les illustrés relatant la Grande Guerre et parfois écouter les récits des membres de nos familles qui avaient survécu. Nous avions aussi des héros au cœur gros et grand, comme celui de Savorgnan de Brazza. Nous pouvions aussi découper les images de nos saints préférés. Nous gravions au couteau sur les tables de nos collèges le nom d’Estienne d’Orves.

Parfois d’autres camarades préféraient y graver le nom d’autre héros revendiqués par le Parti des «cent mille fusillés ». Certains restaient sombres et tristes parce que les leurs avaient aimé la France derrière un vieux maréchal républicain. Les quolibets pouvaient fuser et au sein des familles parfois soufflait un vent de guerre civile. Toujours au nom de la France. Et la France nous était charnelle. Nous maudissions, les mauvais jours, certaines de ses époques, mais nous l’aimions toujours, comme aujourd’hui nous l’aimons encore et comme demain nous l’aimerons. Nous étions reliés, enchaînés d’amour à la France en relisant sous les draps à l’aide d’une petite lampe électrique, les sacrifices de Français de toutes origines tombant en Indo ou dans les Aurès.

Tous les enfants perdus qui grandissent dans ces mouroirs de l’esprit que sont les banlieues, quels sont leurs héros, leurs saints ou leurs saintes ?
Entre les «dégueulis » de notre société de sur-consommation, ils écoutent des appels à la guerre sainte et leurs yeux brillent quand apparaît la barbe de Ben Laden. Nous ne lui faisons pas porter le chapeau. Nous avons aidé à lui conférer ce rang de saint pour toute une génération d’enfants perdus.
Nous avons permis à des pères, venu de l’autre côté de la Méditerranée pour travailler en France et faire des travaux que nous jugions indignes, de se faire insulter par leurs propres enfants grâce au savoir de nouveaux maîtres qui ne s’appelaient plus Maître, mais Jean-Pierre ou Luc et grâce à la plus puissante machine de destruction que notre pays n’ait jamais connu : L’Education nationale !

Nous avons sombré dans la honte d’être nous-même. Notre héritage nous collait à la peau comme une tache d’infamie.
Nous, c’est la société que nous avons laissé se construire et nous en faisons partie, malgré nous.
Nous ne dressons pas une complainte. Nous voulons comprendre pourquoi et comment nous en sommes arrivés là. C’est à ce prix que nous pourrons nous ressaisir. Il est urgent de faire ce travail. Il serait terrible d’être obligé de préférer commettre des injustices par amour pour notre Mère. Notre Mère a toujours été débordante d’amour pour ses enfants. Certes, il faut lui rendre un peu d’amour, mais c’est à nous à apprendre aux enfants perdus cet amour.
Et surtout ne pas laisser les politiciens galvauder ce mot d’amour pour la France.

Avant d’aimer il faut connaître et apprendre. Des sommes astronomiques ont été dépensées pour faire haïr le patrimoine de la France, pour faire haïr la France et nous ne comptons plus le nombre de Français qui ont ainsi appris à se haïr.

Comment allons nous faire pour faire aimer la France, en priorité aux Français ?
Il faut trouver des vraies solutions. Vite.

Le temps nous est compté.

Portemont, le 8 novembre 2005.

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