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Pédophilie et lolitas, complicité passive ?

Avec bonheur, dans le dernier magazine de la Caisse d’allocations familiales (n° d’octobre 2005), je découvre un article intitulé « Tu n’es pas encore ado ! »:

« Votre fille de neuf ans réclame un string comme ses copines»… « Résistez, vous leur rendrez un vrai service » recommande la CAF. Béatrice Copper-Royer (psychologue et psychothérapeute) précise : « Prenez la mode des lolitas. Ces petites filles attirent sur elles les regards des hommes. Elles se trouvent projetées dans un univers sexualisé qui n’est pas de leur âge ». Bernadette Costa-Prades interroge : « Les petites filles n’ont-elles pas toujours chipé les chaussures à talons de leurs mères ? » « Cela restait de l’ordre du déguisement… Cette façon de s’habiller sort du cadre du jeu » répond la psychothérapeute.

Rappelez-vous dans les années 70, David Hamilton faisait un triomphe avec ses photos d’adolescentes lascives. Le marché s’engouffrait dans la brèche et les impératifs économiques pour dénicher de nouvelles clientes sollicitaient les adolescentes de plus en plus jeunes flattant les mères sur la « précocité » de leur enfant ! Au même moment le rôle des pères s’évanouissait devant la libération des femmes. La même libération induisait une détestation de la maternité réduite aux tâches ménagères. Les petites filles de 68, sans véritable éducation, sans modèle, jouent, inconsciemment sans doute, à la poupée, façon poupée Barbie. Mais « la période d’enfance perdue ne se rattrape plus… Si l’on abrège cette grande enfance, on prend ce risque paradoxal : trop vite poussé à grandir, l’enfant aura du mal à se séparer de ses parents, à devenir autonome parce qu’il n’aura pas eu son comptant d’enfance ».

2005 a vu l’explosion des affaires de pédophilie et l’indignation justifiée des medias et de la société française… Curieux tout de même qu’il y ait eu si peu de questions sur les comportements complices sans le savoir. La mode est un vecteur lourd de ces comportements et c’était le moment, me semble - t’il, de nous interroger sur notre passivité devant elle.

Les crimes de Gilles de Retz ne furent-ils pas portés par l’ensemble de la Province qui fit pénitence au moment où l’on exécutait le criminel ?


Hildegarde, le 4 novembre 2005.

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