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Nos bourses se sont aplaties, mais nos
poubelles ont pris de l’embonpoint…
En trente ans, le volume de nos ordures
ménagères a été multiplié par cinq
!
Les plus optimistes y verront un signe d’opulence grandissante…
Les gens raisonnables devraient s’en inquiéter.
Nelly Olin, notre ministre de l’Ecologie, a lancé le lundi
10 octobre, une vaste campagne de « sensibilisation », à
laquelle participe l’Agence de l’environnement et de la maîtrise
de l’énergie (Aderne).
Il va nous falloir réduire nos déchets, sans pour autant
regonfler nos bourses. Mais sait-on jamais ?
C’est une bonne initiative et pour une fois nous oublierons
la directive européenne de 2004 qui nous incite à une meilleure
gestion de nos déchets.
Collecte, tri, récupération, incinération et recyclage
coûtent de plus en plus de sous et je vous rappelle qu’il
s’agit de nos sous…
Dame Nature pâtit de nos débordements qui n’ont
rien d’amoureux !
Aux dires des spécialistes, chaque Français produit 360
kilos d’ordures ménagères par an… Je ne connais
pas les chiffres de nos voisins, mais dans ce domaine, il semblerait que
nous soyons une nation de poids !
Nous ne recyclons que 20% de nos ordures. Les 80% restants
sont brûlés ou mis en terre en décharge. Dans un cas
comme dans l’autre nous « polluons ». À
entendre les spécialistes, les incinérateurs sulfatent le
bon air de fumées toxiques et, enfouis sous terre, nos déchets
font vinaigre dans les nappes phréatiques !
Et nos bourses s’aplatissent : « Le coût de la
gestion des déchets a globalement doublé » en
dix ans. C’est l’Aderne qui le dit.
Mais le « Super spécialiste » de nos bourses est encore
plus catégorique :
Le coût de nos poubelles, payé par le biais de la taxe d’enlèvement
des ordures ménagères (Teom) était de 2,6 milliards
d’euros en 1996. Pour 2005, attendons nous à 4 milliards
d’euros…
Notre gouvernement – enfin le gouvernement qui tente
de nous gouverner - espère ramener nos déchets non-recyclables
à 250 kilos par habitant, en 2010 avec un objectif de 200 kilos
pour 2015.
Dans l’arsenal des incitations à produire moins
de déchets, les 57% de Français qui habitent en pavillon
trouveront leur bonheur : la fabrication de compost individuel !
Cette découverte devrait réduire le poids
annuel de la poubelle des heureux habitant de « pavillons »
de 65 kilos.
Je suis convaincu qu’un spécialiste va se pencher sur les
terrasses et balcons, – je dis « sur » et non pas «
par » -
Votre ami Léon, qui lit par-dessus mon épaule,
voudrait que je vous précise que toutes ces initiatives sont salutaires.
Il a lu dans un savant ouvrage que la baisse de la fertilité masculine
serait due en grande partie à cause de la pollution… Toujours
une histoire de bourses plates.
Vous comprenez mieux ainsi le vieux cri de guerre des détrousseurs
de grands chemins : « La bourse ou la vie ! »
Portemont, le 24 octobre 2005.
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