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Nous insistons ! Ne soyons pas paranoïaques…
Le retour aux pigeons voyageurs, aux
signaux de fumée et aux encres sympathiques nous guettent. Anne
Lys veille et nous transmet des nouvelles qui raviront Manfred.
A lire et à méditer...
Portemont
Sarkozy veut contrôler les ordinateurs des
internautes... et demain leurs pensées ?
Sous prétexte d'une future loi française
sur le terrorisme, Nicolas Sarkozy envisage de s'introduire dans votre
ordinateur et d'étendre ses "radars" à vos connexions
Internet... une aubaine pour les majors du disque qui disposeront du meilleur
outil de chasse aux internautes de tout le monde occidental.
Seules la Chine et l'Iran disposent d'un système équivalent
de contrôle de l'internet.
Au mépris de la culture même de l'internet, espace de liberté
aujourd'hui trucidé par les intérêts mercantiles qui
détruisent les valeurs du réseau mondial, le projet de loi,
présenté par le ministre de l"Intérieur, Nicolas
Sarkozy, dans la droite ligne de l'ignoble LCEN qui ouvre la porte à
toutes les censures, devrait, selon l"AFP, être dévoilé
début octobre en Conseil des ministres pour une adoption rapide
par le Parlement, d"ici à la fin de l’année,
sans débat public bien entendu.
Il devrait fixer à un an la durée de conservation des données
de communication (des discussions au niveau européen partent même
sur une piste de carrément trois ans). Cette mesure s"appliquerait
en premier lieu aux FAI, mais aussi aux cybercafés et aux entreprises
qui mettent à disposition de leurs employés un accès
au Web. Un contrôle des ordinateurs avant celui de la pensée
?
Car effectivement cette nouvelle loi s"avère beaucoup plus
contraignante que ce que la loi impose déjà aujourd'hui
aux acteurs de l'Internet. « La loi sur la sécurité
quotidienne (LSQ) [votée en 2001, NDLR] dit seulement que les FAI
n’ont pas le droit de conserver les données de connexion
plus d"un an, explique Benoît Louvet, avocat et directeur du
département sécurité numérique au cabinet
Alain-Bensoussan. Certains FAI les conservent donc trois mois, d"autres
six mois, d"autres encore, la majorité, un an. » Mais
en plus de cette disposition, la loi pour la confiance dans l"économique
numérique (LCEN, adoptée en 2004) stipule que les FAI et
les hébergeurs ont l’obligation d’identifier leurs
utilisateurs, et c'est là que le bas blesse car il s'agit ni plus
ni moins que d'une véritable intrusion dans la vie privée,
qui n'a plus rien à voir avec la surveillance normale de l'espace
public.
C'est Big Brother qui rentre dans vos maisons, s'insinue dans vos pensées
et d'une certaine manière les contrôle en établissant
une logique d'auto-censure, d'auto-contrôle sous la pression d'un
oeil anonyme de l'état dont vous savez qu'il vous espionne, qu'il
épie chacun des mots échangés dans vos emails, chaque
site où vous vous êtes connecté, et pourquoi pas pour
ensuite l'utiliser contre vous.
Et si les cybercafés sont logiquement concernés, tant ils
sont "espace public" et qu'il apparaît logique qu'un article
du projet de loi sur le terrorisme les obligerait explicitement à
conserver les données de connexion de leurs visiteurs, il devient
en revanche inadmissible une intrusion dans la vie privée qui met
en cause la liberté individuelle d'une manière ou d'une
autre, ne serait-ce que par la suggestion d'un contrôle étatique
qui ne saurait se justifier.
Car de deux choses l'une, où il en va de questions judiciaires
et de lutte contre le terrorisme, et comme pour les écoutes téléphoniques,
"l'écoute" doit relever d'une commission rogatoire et
d'une décision de justice garantissant qu'il ne soit pas procédé
à des écoutes "sauvages" mettant en cause la vie
privée, où il en va d'autres choses et il faut dire la vérité
aux Français, de quoi il s'agit en réalité derrière
le prétexte avancé de la lutte anti-terroriste.
Or la vérité est que cet outil législatif qui permet
le contrôle général des connexions est en vérité
un détournement des services de l'état au profit des majors
qui veulent pouvoir disposer d'un moyen de coercition et de preuve juridique
contre les internautes, devenant tous des suspects en puissance de piratage
informatique.
Car le temps est à la répression des internautes qui téléchargent
des chansons en MP3 et qu'en vérité cette nouvelle loi n'est
qu'au service de cela, d'une affaire ordinaire de gros sous dans la poche
des majors qui veulent établir leur loi sur l'internet mondial
à leurs profits.
Et surtout les libertés individuelles sont clairement menacées,
car l'Internet, dans un monde où les media ne sont au service que
des élites, des pouvoirs politiques et des puissances économiques,
est probablement le dernier espace démocratique et de liberté
qui existe. Et si nous n'y prenons pas garde, il ne faudra pas pleurer
le jour, où comme dans ce clip de Didier
Bourdon, un "flic" surgira sur votre écran pour vous
"avertir"...
Les FAI appelés à filtrer sans demander
l'avis des parents
Par Arnaud Devillard, 01net.
C"est l"association Iris (Imaginons un réseau
Internet solidaire) qui a tiré la sonnette d"alarme dans un
communiqué vendredi 16 septembre. Le débat sur le filtrage
des contenus sur Internet reprendrait de plus belle, et un cran au dessus.
Un amendement en préparation prévoit d"ajouter ces
quelques lignes à la loi pour la confiance dans l"économie
numérique (LCEN) adoptée en 2004 : « Ils [les fournisseurs
d"accès à Internet, NDLR] mettent en œuvre auprès
de tous leurs abonnés, de manière automatique, des dispositifs
techniques performants et activés par défaut qui permettent
de restreindre l’accès aux services de communication au public
en ligne mettant en péril les mineurs. Un décret en Conseil
d"Etat fixe les modalités du présent article. »
Le sujet sensible, cette fois, c"est surtout la notion d"activation
« par défaut », qui va bien au-delà de la fourniture
d"un logiciel de contrôle parental choisi, installé,
configuré par les parents en fonction leurs préoccupations
pour leurs enfants. Il y a toujours la possibilité de revoir a
posteriori les paramétrages, « mais on sait bien que les
choses activées par défaut, peu de gens vont les changer
», affirme Meryem Marzouki, porte-parole d"Iris.
Les fournisseurs d"accès à Internet ont été
mis au courant mercredi, au cours d’une réunion au ministère
de la Famille. Mais n’ont pu voir le texte que lorsque Iris l"a
sorti…« Mais c"est grosso modo ce que l"on nous
avait dit, explique Stéphane Marcovitch, délégué
permanent de l"Association française des fournisseurs d"accès
à Internet. Maintenant, on est assez inquiet. » Car cette
initiative déclenche une cascade d"interrogations.
Pas de solution technique en vue.
D’abord celle des moyens techniques. Soit « chaque FAI vient
chez l"abonné, met le pied dans la porte et installe un logiciel
», ironise Stéphane Marcovitch. Soit on demande aux FAI d"intervenir
sur leurs réseaux, sur les proxy. « Cela pose un problème
de mise en œuvre car, à part chez AOL, il n"y a plus
de proxy chez les FAI. » Ce débat avait déjà
été ouvert par l"affaire d"un site révisionniste,
en mai dernier. Le parquet demandait aux FAI d"en empêcher
l’accès par filtrage des adresses Web.
Ensuite, se profile un problème de fond. Là où la
LCEN instaure une responsabilité des prestataires techniques en
matière de contenus illégaux, ce nouveau texte ne fait pas
de distinguo entre légal et illégal,mais entre ce qu’on
estime que les enfants peuvent voir ou non. « Il faudra bien une
commission, une réunion, qui va décider des filtres techniques,
des mots-clefs, des critères de filtrage », estime Meryem
Marzouki.
Plus généralement, cette approche, selon l"AFA, va
aussi à l"encontre de celle adoptée jusque-là
: un partenariat entre pouvoirs publics, société civile
et entreprises. Avec notamment les campagnes de sensibilisation avec le
Forum des droits sur l"Internet. Ce dernier a d"ailleurs préféré
attendre la conférence sur la famille de la semaine prochaine pour
commenter ces nouvelles dispositions sur le filtrage. Il se peut qu"elles
y soient annoncées officiellement.
En attendant, au moment où le texte dénoncé par Iris
circule, Médiamétrie publie une enquête commandée
par la Délégation aux usages de l"Internet, organisme
dépendant du ministère de l"Education nationale. Par
une belle coïncidence, elle arrive à la conclusion que 83
% des parents n’utilisent pas de logiciel de contrôle des
contenus. Et note que « l"obligation légale faite aux
fournisseurs d"accès en 2000, d"informer les parents
» sur l"existence ce type d’outil ne suffit pas. Heureusement,
la solution est déjà toute trouvée…
http://www.revue-neoconservatrice.com/7,20050916,009.htm
Le 24 octobre 2005.
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