vendredi 21 novembre 2008

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Nous insistons ! Ne soyons pas paranoïaques…

Le retour aux pigeons voyageurs, aux signaux de fumée et aux encres sympathiques nous guettent. Anne Lys veille et nous transmet des nouvelles qui raviront Manfred.
A lire et à méditer...

Portemont

Sarkozy veut contrôler les ordinateurs des internautes... et demain leurs pensées ?

Sous prétexte d'une future loi française sur le terrorisme, Nicolas Sarkozy envisage de s'introduire dans votre ordinateur et d'étendre ses "radars" à vos connexions Internet... une aubaine pour les majors du disque qui disposeront du meilleur outil de chasse aux internautes de tout le monde occidental.
Seules la Chine et l'Iran disposent d'un système équivalent de contrôle de l'internet.
Au mépris de la culture même de l'internet, espace de liberté aujourd'hui trucidé par les intérêts mercantiles qui détruisent les valeurs du réseau mondial, le projet de loi, présenté par le ministre de l"Intérieur, Nicolas Sarkozy, dans la droite ligne de l'ignoble LCEN qui ouvre la porte à toutes les censures, devrait, selon l"AFP, être dévoilé début octobre en Conseil des ministres pour une adoption rapide par le Parlement, d"ici à la fin de l’année, sans débat public bien entendu.
Il devrait fixer à un an la durée de conservation des données de communication (des discussions au niveau européen partent même sur une piste de carrément trois ans). Cette mesure s"appliquerait en premier lieu aux FAI, mais aussi aux cybercafés et aux entreprises qui mettent à disposition de leurs employés un accès au Web. Un contrôle des ordinateurs avant celui de la pensée ?
Car effectivement cette nouvelle loi s"avère beaucoup plus contraignante que ce que la loi impose déjà aujourd'hui aux acteurs de l'Internet. « La loi sur la sécurité quotidienne (LSQ) [votée en 2001, NDLR] dit seulement que les FAI n’ont pas le droit de conserver les données de connexion plus d"un an, explique Benoît Louvet, avocat et directeur du département sécurité numérique au cabinet Alain-Bensoussan. Certains FAI les conservent donc trois mois, d"autres six mois, d"autres encore, la majorité, un an. » Mais en plus de cette disposition, la loi pour la confiance dans l"économique numérique (LCEN, adoptée en 2004) stipule que les FAI et les hébergeurs ont l’obligation d’identifier leurs utilisateurs, et c'est là que le bas blesse car il s'agit ni plus ni moins que d'une véritable intrusion dans la vie privée, qui n'a plus rien à voir avec la surveillance normale de l'espace public.
C'est Big Brother qui rentre dans vos maisons, s'insinue dans vos pensées et d'une certaine manière les contrôle en établissant une logique d'auto-censure, d'auto-contrôle sous la pression d'un oeil anonyme de l'état dont vous savez qu'il vous espionne, qu'il épie chacun des mots échangés dans vos emails, chaque site où vous vous êtes connecté, et pourquoi pas pour ensuite l'utiliser contre vous.
Et si les cybercafés sont logiquement concernés, tant ils sont "espace public" et qu'il apparaît logique qu'un article du projet de loi sur le terrorisme les obligerait explicitement à conserver les données de connexion de leurs visiteurs, il devient en revanche inadmissible une intrusion dans la vie privée qui met en cause la liberté individuelle d'une manière ou d'une autre, ne serait-ce que par la suggestion d'un contrôle étatique qui ne saurait se justifier.
Car de deux choses l'une, où il en va de questions judiciaires et de lutte contre le terrorisme, et comme pour les écoutes téléphoniques, "l'écoute" doit relever d'une commission rogatoire et d'une décision de justice garantissant qu'il ne soit pas procédé à des écoutes "sauvages" mettant en cause la vie privée, où il en va d'autres choses et il faut dire la vérité aux Français, de quoi il s'agit en réalité derrière le prétexte avancé de la lutte anti-terroriste.
Or la vérité est que cet outil législatif qui permet le contrôle général des connexions est en vérité un détournement des services de l'état au profit des majors qui veulent pouvoir disposer d'un moyen de coercition et de preuve juridique contre les internautes, devenant tous des suspects en puissance de piratage informatique.
Car le temps est à la répression des internautes qui téléchargent des chansons en MP3 et qu'en vérité cette nouvelle loi n'est qu'au service de cela, d'une affaire ordinaire de gros sous dans la poche des majors qui veulent établir leur loi sur l'internet mondial à leurs profits.
Et surtout les libertés individuelles sont clairement menacées, car l'Internet, dans un monde où les media ne sont au service que des élites, des pouvoirs politiques et des puissances économiques, est probablement le dernier espace démocratique et de liberté qui existe. Et si nous n'y prenons pas garde, il ne faudra pas pleurer le jour, où comme dans ce clip de Didier
Bourdon, un "flic" surgira sur votre écran pour vous "avertir"...

Les FAI appelés à filtrer sans demander l'avis des parents
Par Arnaud Devillard, 01net.

C"est l"association Iris (Imaginons un réseau Internet solidaire) qui a tiré la sonnette d"alarme dans un communiqué vendredi 16 septembre. Le débat sur le filtrage des contenus sur Internet reprendrait de plus belle, et un cran au dessus. Un amendement en préparation prévoit d"ajouter ces quelques lignes à la loi pour la confiance dans l"économie numérique (LCEN) adoptée en 2004 : « Ils [les fournisseurs d"accès à Internet, NDLR] mettent en œuvre auprès de tous leurs abonnés, de manière automatique, des dispositifs techniques performants et activés par défaut qui permettent de restreindre l’accès aux services de communication au public en ligne mettant en péril les mineurs. Un décret en Conseil d"Etat fixe les modalités du présent article. » Le sujet sensible, cette fois, c"est surtout la notion d"activation « par défaut », qui va bien au-delà de la fourniture d"un logiciel de contrôle parental choisi, installé, configuré par les parents en fonction leurs préoccupations pour leurs enfants. Il y a toujours la possibilité de revoir a posteriori les paramétrages, « mais on sait bien que les choses activées par défaut, peu de gens vont les changer », affirme Meryem Marzouki, porte-parole d"Iris.
Les fournisseurs d"accès à Internet ont été mis au courant mercredi, au cours d’une réunion au ministère de la Famille. Mais n’ont pu voir le texte que lorsque Iris l"a sorti…« Mais c"est grosso modo ce que l"on nous avait dit, explique Stéphane Marcovitch, délégué permanent de l"Association française des fournisseurs d"accès à Internet. Maintenant, on est assez inquiet. » Car cette initiative déclenche une cascade d"interrogations.
Pas de solution technique en vue.
D’abord celle des moyens techniques. Soit « chaque FAI vient chez l"abonné, met le pied dans la porte et installe un logiciel », ironise Stéphane Marcovitch. Soit on demande aux FAI d"intervenir sur leurs réseaux, sur les proxy. « Cela pose un problème de mise en œuvre car, à part chez AOL, il n"y a plus de proxy chez les FAI. » Ce débat avait déjà été ouvert par l"affaire d"un site révisionniste, en mai dernier. Le parquet demandait aux FAI d"en empêcher l’accès par filtrage des adresses Web.
Ensuite, se profile un problème de fond. Là où la LCEN instaure une responsabilité des prestataires techniques en matière de contenus illégaux, ce nouveau texte ne fait pas de distinguo entre légal et illégal,mais entre ce qu’on estime que les enfants peuvent voir ou non. « Il faudra bien une commission, une réunion, qui va décider des filtres techniques, des mots-clefs, des critères de filtrage », estime Meryem Marzouki.
Plus généralement, cette approche, selon l"AFA, va aussi à l"encontre de celle adoptée jusque-là : un partenariat entre pouvoirs publics, société civile et entreprises. Avec notamment les campagnes de sensibilisation avec le Forum des droits sur l"Internet. Ce dernier a d"ailleurs préféré attendre la conférence sur la famille de la semaine prochaine pour commenter ces nouvelles dispositions sur le filtrage. Il se peut qu"elles y soient annoncées officiellement.
En attendant, au moment où le texte dénoncé par Iris circule, Médiamétrie publie une enquête commandée par la Délégation aux usages de l"Internet, organisme dépendant du ministère de l"Education nationale. Par une belle coïncidence, elle arrive à la conclusion que 83 % des parents n’utilisent pas de logiciel de contrôle des contenus. Et note que « l"obligation légale faite aux fournisseurs d"accès en 2000, d"informer les parents » sur l"existence ce type d’outil ne suffit pas. Heureusement, la solution est déjà toute trouvée…

http://www.revue-neoconservatrice.com/7,20050916,009.htm

Le 24 octobre 2005.

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