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De l’homme laid…ou de l’asservissement
de l’homme par la liberté !
Plus que jamais nous devons nous méfier de la Liberté.
Ce mot, à lui tout seul, est devenu l’emballage privilégié
de nos asservissements. La liberté de penser, la liberté
sexuelle, la liberté de tuer les plus faibles et maintenant le
« combat libre ».
L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Notre ami
et frère d’armes David Gattegno tire flêches et sabre
contre ce qui se voudrait une nouvelle « discipline »…
Nos écrans n’en sont pas encore envahis. Mais
soyons prévoyants.
Les combats libres s’inscrivent dans le paysage. Des spectacles
s’organisent sous d’autres cieux : Se battre pour de
l’argent, sans règle, jusqu’au bout… Peu importe
que le champ clos soit parfois une cage. C’est l’ « Ultimate
Fighting ». Le « combat libre » est aux
arts martiaux ce que la « Gay Pride » est à
Carnaval. Et notre « frère » David fait triste
figure… mais il sait qu’il nous reste la Voie !
Portemont
« Sociétépaisse
brute »
“J’ai appris hier…”,
ainsi a débuté l’inouïe “radiophonie”
d’Antonin Artaud, après guerre, dans laquelle, abominablement
effrayé par ce qu’il prévoit, il prophétise
un certain nombre des scélératesses aujourd’hui dominantes…
Eh bien, moi aussi, “j’ai appris hier” — mais
ce fut avant-hier —, et je n’en fus qu’à peine
étonné.
Misère de nous…
Voilà donc que, désormais,
au lieu de tâcher, vaille que vaille, de dompter cette brute que
l’homme abrite parfois, les satanées démocraties de
la planète commencent à entreprendre de lui trouver une
légalité.Cela signifie, pratiquement, que l’on veut
“légaliser” les actes de la brute que j’ai dite
dans le cadre d’un exutoire, le champ clos de celui-ci sera, quelquefois,
une cage…
Cela s’appelle — abjectement,
si je puis dire, et je le dis ainsi: “abjectement” —,
cela répond à une insane appellation qu’il a plu d’employer :
“combat libre”… L’épithète voulant
signifier que la liberté, telle qu’il faut maintenant l’entendre,
implique que les règles sont bafouées; tous les instincts
bestiaux peuvent se défouler: après que la soif de cul des
pornocrates libérés de soixante-huit a fait couler à
flot des litres de pitres excités par tous les bouts, voilà
que la suite aboutit: maintenant, ça va saigner!
Tout est permis, désormais, au
nom des sacres médiatiques de la pourriture mentale et de la libido
rancie, pour l’enfin grand bonheur des fronts bas, des nuques plates
et des mâchoires hypertrophiées.
Au terme du combat (dont j’ai
vu des exemples), au terme du combat — qui n’est pas un combat,
disons-le — au terme du relâchement des ignobles ressorts
que l’on a fait jouer, l’un des protagonistes est tombé
tandis que l’autre se gargarise de sa victoire et profite de ce
que l’adversaire est à terre pour cogner et cogner encore
et le cogner toujours, avec du régal aux coins des badigoinces,
par ce que cela produit du mal et que ça brise le cou et que la
vie suffoque. Les plus odieux instincts sont convoqués, à
cet instant.
Quand on déclare le vainqueur;
alors, c’est l’euphorie, jusque dans les tribunes, où
les spectateurs braillent et se trémoussent, aussi méchamment
contents que des supporters de foutre-balle, en cependant que le paquet
de viande, repu de son triomphe, peut dégorger son plaisir d’abruti
en un rugissement de soiffard… Et ce rugissement, je vous l’assure,
est tout pareil au bruit de siphon des chasses d’eau entraînant
des diarrhées…
Alors je dis que je vomis un monde pareil, et j’ajoute que celui
qui ne le vomit pas en vit, en mange, “EN CROQUE”, comme on
dit…
Je dis encore que pareil monde qui tolère
de pareils avilissements publics et ose en débattre, comme il débat
de la légalisation d’autres poisons exactement équivalents,
pareil monde, dis-je donc, n’a plus qu’une chose à
espérer de la Providence, qu’une chose à espérer
pour tenter de sortir de la mangeoire où il se repaît de
ses vices, une seule chose peut le faire émerger, peut-être,
et cette chose s’appelle la dynamite, la bombinette artisanale,
pour que cette foutue modernité pète et craque partout où
suinte la teigne de sa suffisance.
Maudite soit-elle! l’odieuse,
l’infâme, l’abominable !
Et pensons, en passant, qu’une de ses roulures répugnantes
de muscles contrefaits et de spectacles méchants est aujourd’hui
gouverneur d’un gros État amerlocain… Pensons-y, Nom
de Dieu!
Nom de Dieu! Nom de Dieu! Nom de Dieu! Jurons!
Jurons de par Dieu, de par Notre-Dame et tous les saints que la Terre
a portés, jurons que nous ne souffrirons pas que la brute qui est
en l’homme puisse réussir à trouver une légalité
sociale sans que l’on ne nous entende jurer et en appeler à
la Bonté divine.
David Gattegno de la Triste Figure,
le 25 septembre 2005.
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