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« Le massacre des Innocents »
Prémonitoire. Nous étions
quelques privilégiés à entendre notre ami Fabrice
Hadjadj nous lire, en confidence, son prochain recueil de poésies.
Nous étions bercés par la sérénité
des lieux et portés par la gravité des mots qui s’incrustaient
dans nos cœurs. Dans les « camps » du Groupe
de Liaison Royaliste et des Manants du Roi, gravité, joie et affection
sont souvent mêlées. Mais cette année…
Fabrice nous lisait ses textes que vous
découvrirez sous peu, « Le soldat », « La
mère et sa fille » et d’autres encore regroupés
sous le titre annonciateur : « Le massacre des Innocents ».
Pressentait-il ?
Il s’ est fallu de bien peu de jours pour qu’éclate
le scandale. Mais y a-t-il scandale ?
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351 fœtus et
enfants mort-nés
en stock à la maternité |
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Je cite le titre de l’article
en page dix, rubrique société, du quotidien Libération
du mercredi 3 août 2005.
Le même jour, j’ai acheté Le Figaro. Rien.
La photographie qui illustre l’article
de Libération est édifiante. Une entrée de l’hôpital
Saint-Vincent-de-Paul, et devant les vitraux en rosace : un enfant accueillant,
bras ouverts, entouré d’angelots : L’Enfant Jésus
!
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Faut-il vous rappeler qui était Monsieur Vincent ?
L’article nous raconte que le ministre de la Santé
avait « le regard fixe,
avec la sidération de celui qui a vu « quelque
chose d’insoutenable », selon un proche. »
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Rendons hommage au ministre qui s’est
rendu sur place et a pu, à cœur ouvert, regarder en face ces
petits corps désarticulés… qui ne votent pas.
Tel Hérodote, il a fallu recenser. Et l’article du journal
nous précise : « Un recensement éprouvant qui
a nécessité la mise en place de la désormais inévitable
cellule psychologique. »
Bien sûr, les enquêtes vont aller bon train. Elles auront
pour but de nous dire « s’il
s’agit de « négligence », ou, plus
grave, si la situation a donné lieu à un quelconque trafic. »
Et l’article de conclure : « reste
désormais à « évaluer leur âge pour donner
un statut à ces enfants » et à leur trouver
une sépulture « digne ». Les fœtus ayant
dépassé le seuil des 22 semaines pourront être incinérés
au carré des anges du cimetière de Thiais. « Mais
une fois l’enquête terminée. »
Malheur à celui que la science désignera comme
étant âgé de 20 ou 21 semaines !
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Tous sont des Innocents massacrés… |
Et des quatre coins de France les hôpitaux
communiquent : Chez nous, tout se passe bien, dans les règles !
Tout est conforme à la Loi…
Une chape de plomb s’étend dans tous les medias ou presque.
Surtout ne pas faire le lien.
Le lien. Ce lien qui doit en obséder
plus d’un. Ne pas le faire. Si un hôpital, une maternité,
répondant au saint nom de Saint-Vincent-de-Paul est devenu un charnier
des petits de l’Homme, n’est-ce pas, d’abord, parce
que par ailleurs des maternités d’hôpitaux sont aussi
devenues des avortoirs ? Pardon, je sais qu’il faut parler
le français du criminellement correct et dire : des lieux d’interruption
médicale de grossesse ou d’interruption volontaire
de grossesse. Ne pas omettre surtout d’insister sur le mot
interruption. Comme à la télévision : interruption
momentanée de l’image. Interruption de la lumière.
Patientez… Et hop la lumière est revenue.
Non, la lumière ne reviendra
pas. Notre société s’enfonce chaque jour un peu plus
au plus profond des ténèbres.
Une société qui a légalisé le massacre de
ces Innocents et qui ose proclamer pour se dédouaner que ses cimetières
ont bien des « carré des anges » est entrée
en décomposition.
La question urgente qui se pose à
nous est de savoir si nous devons, même sans entrain, la défendre
ou hâter sa fin.
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Et nous devons avant tout être vigilants sur le sort qui
sera réservé aux 351 Innocents massacrés.
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Portemont, le 15 août 2005.
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