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La mort de l’espérance…

Un homme a mis fin à sa vie. Ce n’est pas un acte facile et cet homme n’était pas un lâche.

Une voix du pays s’élève tristement pour nous parler de Gaston.
« …Et justement, Gaston, il croyait que c’était le Bessan d’avant ».
La petite cité de Bessan dans l’Hérault a une belle histoire. Elle peut se vanter d’avoir été un oppidum ibère, un comptoir grec et dès l’an 1000 était un castrum, village fortifié…

A 7kms des plages du biterrois, baignée par l’Hérault, il y a peu encore Bessan avait une forte réputation de convivialité. Pensez donc que pour éviter la guerre entre les « rouges » et les « blancs », à Bessan on s’était spécialité dans le « rosé »… C’est tout vous dire !
Lentement, la qualité de la vie, pour vous faire un couplet « moderne », s’est dégradée.

A Bessan, comme dans de nombreuses petites villes et cités du Languedoc…
Il serait facile d’incriminer la population d’origine « estrangère ». Et pourtant à Bessan, une forte population d’origine marocaine avait trouvé sa place. Il n’aura fallu que quelques individus, des jeunes – toujours le couplet moderne – pour que la cité soit montrée du doigt.
Gaston, après avoir bien rempli sa vie de cadre chez Schneider, était revenu au pays.

Mais dans le pays, la vie n’était plus la même. Ce n’est pas le Maire de la belle cité, fière de son église romane arborant la plus vieille cloche du département – 1388 – qui nous dira le contraire.
En octobre 2002, Robert Raluy, premier magistrat de la cité – qu’on nommait dans le temps premier Consul – ne voyait pas d’autre solution que d’en appeler à l’autorité du Consul du Maroc pour calmer l’agitation d’une poignée de jeunes…

Il en avait été réduit à cette médiatique démarche face au mutisme des autorités de la République, déclarant alors qu’il n’avait reçu « aucun secours dans l’administration et la gendarmerie ». On avait cru que tout pouvait se régler autour d’un méchoui…
Et Gaston, au dire du Maire « voulait vivre en liberté. Il ne baissait pas les yeux devant eux. Il sortait à vélo à minuit. Et un soir, devant la mairie, il est venu à mon secours. »
Monsieur le Maire était donc parfois harcelé…
Au dire du pays, quatre ou cinq « jeunes » avaient mal tourné… Allez comprendre comment dans un tel pays, quatre ou cinq jeunes pouvaient faire régner la loi de la peur…
Et selon Robert Raluy, en toute impunité, alors qu’il défilait dans le cortège pour le feu d’artifice du 13 juillet 2005, des « jeunes » l’auraient attaqué, lui le Maire !

Le 21 juillet 2005, Gaston a pris son pistolet P 38 et sur la place du village a ouvert le feu. Trois de ces fameux « jeunes » étaient blessés ainsi que trois autres personnes dont une mère de famille qui promenait avec son enfant.

Samedi 23 juillet 2005, Gaston se pendait dans sa cellule…
Nous préciserons qu’encore sur son lit d’hôpital, un des « jeunes » blessés était condamné par le tribunal de Béziers pour des faits antérieurs à ce drame…
Ainsi va la vie dans le Languedoc mais aussi dans de nombreuses régions de France.

Nous pourrions vous rappeler la longue liste de ces faits-divers d’une France qui se meurt, en vous prenant pour exemple le cas du garde champêtre de Tresques qui en 2003 tirait des coups de feu sur la place du village, après des « jeunes » trop bruyant, ou encore le cas d’un retraité de La-Tour-de-France (66) qui blessait un « jeune » Mathieu ne supportant plus « les taquineries » dont il était la victime… Et souvenez vous de Vauvert…
Oui, la France se meurt face à des autorités déliquescentes et ce ne sont pas des coups de « karcher » médiatisés qui la ressusciteront.
La France ne s’aime plus et n’aime plus ses enfants. Elle ne les aimait déjà plus au temps du Bachaga Boualam, quand il nous invitait à un méchoui sur sa terre d’exil en pays d’Arles et que nous retenions nos larmes devant nos couleurs qui s’élevaient dans le bleu du ciel…

Une France tente de se dresser. Elle a tenu à se faire remarquer lors des obsèques de Gaston Malafosse dans Bessan devenu triste.
Une gerbe, au nom des Identitaires, était déposée par des hommes coiffées d’un béret. Image dérisoire et décalée. Dans les vignes, à cette heure d’été, des fils de vieux languedociens et des fils de marocains travaillaient tous unis par un même couvre chef : un vieux chapeau de paille…
N’y voyez pas un quelconque mépris pour le bon vieux béret en bonne laine foulée. Je tiens au mien avec passion, il me suit depuis quelques décades dans les palombières, et dans nos courses après les cèpes les jours de pluie et de brouillard !

Nous sommes dans l’urgence et plus que tout il importe de ne pas nous tromper d’adversaire, de Marignane à Bessan en passant par Lille ou Colmar. Depuis fort longtemps la République ne sait plus unir, ni les morts ni les vivants.

Portemont, le 10 août 2005.

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