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Sommes nous vraiment gagnants ?
La lutte fut longue et âpre.
Nous avions de bons alliés… Un bon allié ce n’est
pas nécessairement un ami. C’est avant tout quelqu’un
qui partage avec vous les mêmes adversaires voire ennemis. Ce n’est
déjà pas si mal…
Avec le soutien de nos alliés,
donc, nous avons obtenu que l’implantation d’ « Iter »
se fasse à Cadarache. Cette nouvelle a de quoi nous faire chaud
au cœur. Le cœur d’ « Iter » va
chauffer à 100 millions de degrés !
Pour avoir ce chaud au cœur, nous
avons mis le prix. Nous avons doublé notre contribution financière.
C’est un beau pari. Si les chercheurs
et les scientifiques ne se trompent pas, le premier prototype du réacteur
à fusion nucléaire pourrait voir le jour vers 2050…
d’ici là, il y aura eu des emplois et des retombées
scientifiques…
Notre « adversaire »
dans cette aventure c’était le Japon. Il est de bon ton depuis
le 28 juin 2005 que nous avons gagné et que le japon a perdu.
Mais à y regarder de près le Japon n’est pas si perdant…
Le Japon ne contribuera au financement, pour ce projet du siècle,
qu’à hauteur de 10%. Il fournira 20% des chercheurs et recevra
20% des commandes publiques engendrées par le projet.
Deux des infrastructures « annexes »,
mais primordiales, pour « Iter », seront implantées
au Japon. Soit un « gros » calculateur, ou un mini-réacteur
à fusion ou encore un centre de recherche… Précisons
qu’une de ses deux infrastructures sera financée pour 50%
par l’Union européenne…
Et aucun ou nous ne prendrions pas la
juste mesure de la « défaite » du Japon, il suffisait
d’écouter le ministre de la Science Nariaki Nakayama :
« Le pays a préservé ses
intérêts nationaux en devenant un « quasi-hôte
» et un lieu important pour la recherche internationale. »
C’est un peu comme en amour, quand
des défaites deviennent des victoires…
Une leçon à méditer.
Portemont, le 9 juillet 2005.
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