lundi 13 octobre 2008

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A-t-on des nouvelles de Lapérouse ? (Ainsi Lapérouse signait-il son nom)

Le roi Louis XVI, roi géographe et curieux de sciences s’inquiétait, en montant à l’échafaud, du sort du comte de La Pérouse.
En août 1785, Lapérouse, natif d’Albi faisait lever les amarres de « L’Astrobale » et de « La Boussole » au port de Brest. Ces deux frégates (en fait des flûtes) récemment armées pour la circonstance, entamaient une expédition qui nous fait rêver encore…
Cette expédition n’avait pas pour but de conquérir des contrées opulentes ou asservir des peuples. Elle était motivée par le goût du savoir. L’Angleterre et la France, alors premières puissances maritimes, se livraient une concurrence acharnée. Le roi avait lu les récits du capitaine Cook et n’entendait pas laisser « la perfide Albion », voguer seule dans les mers du Sud.
Nos belles frégates avaient à leur bord des passagers de choix, tel que Joseph Boissieu de la Martinière, jeune botaniste formé à Montpellier, mais aussi un géographe, des jardiniers, des dessinateurs, un chirurgien, deux naturalistes dont le Père Receveur aumônier, deux astronomes et d’autres encore…
Le jeune La Martinière témoigne de l’esprit qui animait ces hommes, dans une correspondance adressée au ministre de la Marine avant son départ : « Selon moi, le botaniste arrivé dans un pays doit s’occuper d’en examiner toutes les productions (…)juger(…)celles qui pourraient avec avantage se propager en France et rendre un service important à la nation. »
Notre Montpelliérain échappera à la mort aux îles Samoa, en décembre 1787, fuyant à la nage et nageant d’un bras, l’autre tenant un sac de plantes…Fleuriot de Langle, capitaine de « L’Astrolabe » y périra, massacré par des indigènes. Paul-Antoine Fleuriot de Langle était de la famille maternelle de notre « grand marin » Jean de La Varende…
La suite de cette expédition demeure un mystère. Les dernières nouvelles de l’expédition qui parvinrent portaient la date de janvier 1788…
Lapérouse et ses compagnons ne revinrent pas, La Martinière fut des disparus, et il ne put réaliser le souhait qu’il avait émis dans la correspondance précitée : « Je souhaiterais que l’on choisit pour ces expériences d’acclimatation, le terrain des environs de Montferrier, petit village à une lieue de Montpellier. »
Des hommes n’ont pas oublié ces aventures, aussi la dernière expédition sur les traces de La Pérouse est-elle partie en novembre 2003. Au cours de la précédente, en 1999, une fourchette aux armes des Fleuriot de Langle avait été retrouvée.
Le maire de Murviel-les-Montpellier, lui non plus n’a pas oublié. Ancien président d’Agropolis et de l’I.N.R.A, Alfred Conessa et ses « collègues » de Saint-Georges-d’Orques, Montarnaud et Saint-Paul-et-Valmalle, se sont entendu autour d’un merveilleux projet : « le Jardin des découvertes »
Ce projet sera consacré aux aventures des savants, « enfants du pays ». Sur un site de 540 hectares, nommé le Mas Dieu, un grand parc public accueillera les promeneurs, des plantations s’inscriront dans le volet « Nature et Découverte »
Si Dieu le veut, et le nom du Mas devrait plaider en la faveur de ce projet, le parc devrait ouvrir d’ici trois ans…
En attendant, pour prendre un peu d’avance, Alfred Conessa a veillé à ce que bon nombre de rues du nouveau quartier de la « Rouvière Longue » à Murviel-les-Montpellier, portent les noms de Joseph de La Martinière, Lapérouse, ou enclos Michel Isambert.
Je vous entend murmurer timidement : « Mais qui est-t-il ce Michel Isambert ? »
Docteur en médecine à Montpellier, l’Académie royale des Sciences lui confia une mission de la plus haute importance : Introduire dans les Antilles françaises des plants de caféiers.
Il convient de rappeler l’engouement que connu le café en France et en Europe au XVIII ème siècle. A cette époque, le café nous arrivait du Yémen ou d’Indonésie. Le Bourgmestre d’Amsterdam offrit un jour un plan de café au Roi Soleil, en provenance des plantations hollandaises installées en Indonésie. Il fut décidé de tenter l’introduction du caféier dans nos Antilles et cette mission échut au bon docteur Isambert. Il ne connut pas la gloire, hélas !
Sitôt arrivé à bon port notre docteur trépassa de la fièvre jaune et la mission échoua. Les caisses de plants de caféier furent abandonnées par le jardinier d’Isambert et il fallut une autre expédition pour effacer cet échec. Le succès vint grâce à Gabriel de Clieu (Desclieux d’Erchigny). Ce courageux capitaine affronta les difficultés du voyage, qui à cette occasion se matérialisèrent en calme plat, imposant un sévère rationnement de l’eau…Très vite chaque homme n’eut à sa disposition qu’un seul verre d’eau par jour. Notre capitaine partagea le sien avec les trois plants de caféiers qui constituaient le « trésor » de la cargaison…Un seul survécu et grâce à l’obstination du sobre capitaine, devint la « souche » de nos plantations aux Antilles lesquelles essaimeront en Amérique centrale et au Brésil !
Se souvenir du docteur Isambert, nous rappelle que nombre de nos savants et aventuriers sacrifièrent leur vie…
Il faudrait vous parler de Joseph Dombey, de Philibert Commerson qui navigua avec Bougainville, et aussi du mal-aimé: Richer de Belleval
Ce fut lui le « Père » du plus anciens des Jardins des plantes de France, à Montpellier et ce grâce à Henri IV. Notre mémoire collective très attachée au Grand Béarnais, oublie qu’il fut un roi épris de découvertes et qu’il finança de périlleuses expéditions. « L’Hortus regius monspeliensis » vit le jour afin de recevoir les « fruits » de ces expéditions !
Botanique et médecine étaient intimement liées, aussi il allait de soi que tous nos savants médecins soient férus de plantes médicinales.
C’est donc un juste hommage qui sera rendu à tous ces hommes d’aventures et de savoir.
Nous remercions donc tous les maires associés à ce projet et tout particulièrement Monsieur Alfred Conessa qui parlant du futur Parc nous met le vin à la bouche : « Cela ne doit pas être :
« chiantifique ». Il s’agit de créer un ensemble à destination du grand public, pas quelque chose de trop intellectuel. »
Quel bol d’air frais par les temps qui courent !
Et un grand bravo à l’équipe de la « Gazette de Montpellier » pour leurs belles pages dans le numéro 811. C’est eux qui m’ont redonné l’envie de prendre la mer avec Lapérouse et de revivre ces merveilleuses aventures.
Pour « les amoureux » rendez-vous sur le site : www.chez.com/lapérouse
Et http://perso.club-internet.fr:cesarrgd
Surtout n’oubliez pas d’aller visiter les liens…

Simon de Quoisiry, le mardi 16 mars,
en ce jour de la Saint-Cyriaque, a.d. 2004

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