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«Marianne»
évoquée par Jos Youinou
L'épopée
de la République : «Marianne
et ses filles», c'est tout Jos Youinou. Il est intarissable
sur le sujet le professeur d'Histoire et Géo, maintenant retiré
de l'Éducation Nationale. C'est tout récent, car il est
en "quasi-permission libérable" ayant fait, comme beaucoup
de gens cet été, c'est-à-dire pris des vacances.
Jos, tout le monde le connaît par ses activités professionnelles,
certes, mais aussi syndicales et politiques. Apprécié des
uns et des autres, pourquoi ? Un maître mot revient souvent dans
sa bouche : tolérance. Et avant de quitter définitivement
l'enseignement, il a rendu un hommage sympathique à la République
en organisant avec les élèves du Lycée de Cornouaille
une exposition en l'honneur de Marianne.
«Marianne et ses filles».
Déjà en juillet 1989, une exposition de ce genre se tient
au Guilvinec, à l'occasion du bicentenaire de la Révolution.
50 communes prêtèrent des bustes de Marianne, le symbole
de «la République, de l'État,
de la Liberté, de la Patrie en danger».
Cette figure allégorique commence à apparaître dans
les mairies après 1877. Elle remplace les bustes de Napoléon
III. Déjà en 1848 (IIe République), le Ministre de
l'Intérieur avait lancé un concours et deux Marianne avaient
été retenues : «une sage et grave», «une
combative et victorieuse». La plus ancienne serait la Marianne de
Marseillan dans le département de l'Hérault en 1878, suivie
de celle de la Place de la Nation à Paris, par Dalou. Depuis, les
historiens ont beaucoup travaillé sur la symbolique. Jos Youinou
avait réussi, avec le concours des élèves à
réunir 8 bustes, dont celui de la mairie de Penhars et Plozévet
(1889). Il paraît que les bustes des mairies de Tréogat,
Plozévet, et... Versailles sont identiques. Des différences
se remarquent en revanche entre celui de Penhars et Plozévet. Le
premier représente une femme d'âge mûr, presque matrone,
avec une couronne de lauriers, qui rassure. Celui de Plozévet,
c'est une Marianne plus jeune avec un bonnet phrygien.
Née le 22 septembre 1792, à
Paris, avec la Convention Nationale, Marianne devrait son identité
aux prénoms les plus populaires à la fin de l'Ancien Régime
: Marie et Anne. La première mention écrite du nom de Marianne
pour désigner la République est apparue en octobre 1792
à Puylaurens (Tarn) dans la chanson en occitan du chansonnier Guillaume
Lavabre : «La Garison de Marianne»
(la guérison de Marianne). Le patronyme prit du volume lorsque
l'un des membres du Directoire, Barras, lors d'une réception à
Colmar chez Madame Reubell, née Marie-Anne Monhat, dit du prénom
de son hôtesse : «Parfait, il
est simple, il est bref et sied à la République, autant
qu'il sied à vous-même». En fin de la Convention
Nationale, cette déclaration : «La
Liberté comme la République, comme la France et donc comme
Marianne, s'énonce au féminin en latin et en français.
Le genre grammatical entraîne naturellement le sexe de l'allégorie»…
Jean-François REUBELL,
l'Homme d'Etat
Jean-François REUBELL est le Colmarien qui a connu la plus grande
destinée nationale et le seul Alsacien ayant eu rang de chef de
l'Etat. Parce qu'il a été avocat au Conseil souverain d'Alsace
et bâtonnier de l'ordre, une plaque souvenir se trouve depuis 1926
sur la façade sud du tribunal, grand-rue, dans le square PFEFFEL.
Une autre plaque est apposée sur la maison qui fut sa dernière
demeure 5, rue Saint Nicolas.
Né en le 6 octobre 1747, REUBELL fut à deux reprises président
de l'assemblée nationale, de 1791 à 1792 et de 1794 à
1795.
Membre du Comité de salut public, en faisant fonction de ministre
des Affaires étrangères, il est l'un des pères fondateurs
de la République française malgré certaines prises
de position très critiquées. De 1795 à 1799, il fut
le premier des cinq membres du directoire exécutif avec la présidence
du gouvernement. C'est à cette époque que son épouse
Marie-Anne MOUHAT serait devenue fortuitement la « Marraine »
de la Marianne personnifiant la République. Buste de Marianne.
Figure allégorique de la République (femme coiffée
d'un bonnet phrygien). Origine : la Ire mention écrite du nom de
Marianne pour désigner la République est apparue en octobre
1792, à Puylaurens (Tarn), dans la chanson en occitan du chansonnier
Guillaume Lavabre, la Garisou de Marianno (la Guérison de Marianne).
En 1797, ayant réprimé le coup d'État du 18 fructidor,
le Directoire voulut trouver un nom plaisant pour la République.
Lors d'une réception chez Mme Reubell née Marie-Anne Mouhat
(Colmar 2-1-1759/Sigolsheim, Alsace 8-2-1813), Barras s'enquit de son
prénom. " Parfait, dit-il, il
est simple, il est bref et sied à la République, autant
qu'il sied à vous-même. " Dans sa correspondance
secrète avec les généraux hostiles à son ennemi
Carnot, il désigna toujours son groupe sous le nom conventionnel
de Marie-Anne. En 1811, Napoléon accorda à Marie-Anne Reubell
une pension à vie de 6000 livres. Ce surnom fut repris par une
société secrète républicaine fondée
sous la Restauration et réformé sous le IIe Empire. En 1848,
le ministère de l'Intérieur lança un concours et
2 Marianne furent retenues : une sage et grave, une combative et victorieuse.
Elle commence à apparaître dans les mairies après
1877, remplaçant les bustes de Napoléon III. La «
doyenne », dressée en plein air, serait la Marianne de Marseillan
(Hérault) en 1878. Le modèle sera, après 1881, la
statue monumentale du Triomphe de la République, place de la Nation
à Paris, par Jules Dalou (1838-1902). Puis, il y eut de nombreux
types réalisés ; exemples : par Jean-Antoine Injalbert (1933),
Pierre Poisson, Georges Saupique (sous la IVe), Aslan (1969, Brigitte
Bardot ; le 14-10-1985, Catherine Deneuve).
Figures célèbres
Entre autres, Jacob Amman, le fondateur du mouvement amish, une minorité
religieuse puritaine ; Hans Arp, l’un un plus grand sculpteur du
XXe siècle, c’était aussi un poète qui trouva
dans les Vosges l'inspiration de ses derniers instants. Bartholdi, le
Colmarien Frédéric-Auguste Bartholdi (1834-1904) reste l'Alsacien
le plus célèbre aux États-Unis car il est le créateur
(avec l'ingénieur Gustave Eiffel) de la fameuse statue de la Liberté
; Alfred Dreyfus, patriote francophile, né à Mulhouse, le
capitaine Dreyfus a le tort d'être juif. Accusé d'espionnage,
expédié au bagne et réhabilité huit ans plus
tard ; Erckmann-Chatrian, écrivain ; Edwige Feuillère, actrice
; Pierre Fresnay, acteur ; Goethe, Gutenberg, Jean-Claude Killy ; Marianne,
l'épouse du Colmarien Jean-François Reubell, chef occulte
du Directoire, s'appelait Marie-Anne. Barras choisit son prénom
pour baptiser Madame la République. Rouget de Lisle : en 1792,
Rouget de Lisle passe la nuit à son piano et compose... La Strasbourgeoise.
Repris par les volontaires de Marseille, « Allons-z-enfants »
devient La Marseillaise. Sainte Odile : patronne de l'Alsace. Victor Schoelcher
: né en 1804, promu aux Colonies après la révolution
de 1848, il fait abolir l'esclavage le 18 avril. Il luttera pour l'émancipation
des femmes et l'abolition de la peine de mort. Ses cendres sont au Panthéon.
Albert Schweitzer : prix Nobel de la paix. Tomi Ungerer : dessinateur
colmarien. L’album L'Alsace en torts et de travers, est à
lui seul tout un programme. Louise Weiss : travailla après 1918
avec Aristide Briand et milita dans l'entre-deux-guerres pour le vote
des femmes. Elle fut élue en 1979 au Parlement européen
dont elle devint la doyenne.
Les Alsaciens ont toujours eu un faible pour l'uniforme : Jean-Baptiste
Kléber, un des grands de la Révolution ; François-Joseph
Lefebvre, gouverneur militaire de Paris en 1799 ; John Joseph Pershing,
le général qui, en 1917-1918, commanda les troupes américaines
en France.
De notre correspondant
Dimitrios-Hervé Uilvinec, sur le front de l'Est, en passant par
la Bretagne. (Pour la Lorraine, faire des réclamations...)
Le 12 février
2004,
en ce jour de la fête des Sept Fondateurs des Servites de Marie.
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