mardi 07 octobre 2008

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«Marianne» évoquée par Jos Youinou

L'épopée de la République : «Marianne et ses filles», c'est tout Jos Youinou. Il est intarissable sur le sujet le professeur d'Histoire et Géo, maintenant retiré de l'Éducation Nationale. C'est tout récent, car il est en "quasi-permission libérable" ayant fait, comme beaucoup de gens cet été, c'est-à-dire pris des vacances.
Jos, tout le monde le connaît par ses activités professionnelles, certes, mais aussi syndicales et politiques. Apprécié des uns et des autres, pourquoi ? Un maître mot revient souvent dans sa bouche : tolérance. Et avant de quitter définitivement l'enseignement, il a rendu un hommage sympathique à la République en organisant avec les élèves du Lycée de Cornouaille une exposition en l'honneur de Marianne.
«Marianne et ses filles». Déjà en juillet 1989, une exposition de ce genre se tient au Guilvinec, à l'occasion du bicentenaire de la Révolution. 50 communes prêtèrent des bustes de Marianne, le symbole de «la République, de l'État, de la Liberté, de la Patrie en danger».
Cette figure allégorique commence à apparaître dans les mairies après 1877. Elle remplace les bustes de Napoléon III. Déjà en 1848 (IIe République), le Ministre de l'Intérieur avait lancé un concours et deux Marianne avaient été retenues : «une sage et grave», «une combative et victorieuse». La plus ancienne serait la Marianne de Marseillan dans le département de l'Hérault en 1878, suivie de celle de la Place de la Nation à Paris, par Dalou. Depuis, les historiens ont beaucoup travaillé sur la symbolique. Jos Youinou avait réussi, avec le concours des élèves à réunir 8 bustes, dont celui de la mairie de Penhars et Plozévet (1889). Il paraît que les bustes des mairies de Tréogat, Plozévet, et... Versailles sont identiques. Des différences se remarquent en revanche entre celui de Penhars et Plozévet. Le premier représente une femme d'âge mûr, presque matrone, avec une couronne de lauriers, qui rassure. Celui de Plozévet, c'est une Marianne plus jeune avec un bonnet phrygien.

Née le 22 septembre 1792, à Paris, avec la Convention Nationale, Marianne devrait son identité aux prénoms les plus populaires à la fin de l'Ancien Régime : Marie et Anne. La première mention écrite du nom de Marianne pour désigner la République est apparue en octobre 1792 à Puylaurens (Tarn) dans la chanson en occitan du chansonnier Guillaume Lavabre : «La Garison de Marianne» (la guérison de Marianne). Le patronyme prit du volume lorsque l'un des membres du Directoire, Barras, lors d'une réception à Colmar chez Madame Reubell, née Marie-Anne Monhat, dit du prénom de son hôtesse : «Parfait, il est simple, il est bref et sied à la République, autant qu'il sied à vous-même». En fin de la Convention Nationale, cette déclaration : «La Liberté comme la République, comme la France et donc comme Marianne, s'énonce au féminin en latin et en français. Le genre grammatical entraîne naturellement le sexe de l'allégorie»

Jean-François REUBELL, l'Homme d'Etat
Jean-François REUBELL est le Colmarien qui a connu la plus grande destinée nationale et le seul Alsacien ayant eu rang de chef de l'Etat. Parce qu'il a été avocat au Conseil souverain d'Alsace et bâtonnier de l'ordre, une plaque souvenir se trouve depuis 1926 sur la façade sud du tribunal, grand-rue, dans le square PFEFFEL.
Une autre plaque est apposée sur la maison qui fut sa dernière demeure 5, rue Saint Nicolas.
Né en le 6 octobre 1747, REUBELL fut à deux reprises président de l'assemblée nationale, de 1791 à 1792 et de 1794 à 1795.
Membre du Comité de salut public, en faisant fonction de ministre des Affaires étrangères, il est l'un des pères fondateurs de la République française malgré certaines prises de position très critiquées. De 1795 à 1799, il fut le premier des cinq membres du directoire exécutif avec la présidence du gouvernement. C'est à cette époque que son épouse Marie-Anne MOUHAT serait devenue fortuitement la « Marraine » de la Marianne personnifiant la République. Buste de Marianne. Figure allégorique de la République (femme coiffée d'un bonnet phrygien). Origine : la Ire mention écrite du nom de Marianne pour désigner la République est apparue en octobre 1792, à Puylaurens (Tarn), dans la chanson en occitan du chansonnier Guillaume Lavabre, la Garisou de Marianno (la Guérison de Marianne). En 1797, ayant réprimé le coup d'État du 18 fructidor, le Directoire voulut trouver un nom plaisant pour la République. Lors d'une réception chez Mme Reubell née Marie-Anne Mouhat (Colmar 2-1-1759/Sigolsheim, Alsace 8-2-1813), Barras s'enquit de son prénom. " Parfait, dit-il, il est simple, il est bref et sied à la République, autant qu'il sied à vous-même. " Dans sa correspondance secrète avec les généraux hostiles à son ennemi Carnot, il désigna toujours son groupe sous le nom conventionnel de Marie-Anne. En 1811, Napoléon accorda à Marie-Anne Reubell une pension à vie de 6000 livres. Ce surnom fut repris par une société secrète républicaine fondée sous la Restauration et réformé sous le IIe Empire. En 1848, le ministère de l'Intérieur lança un concours et 2 Marianne furent retenues : une sage et grave, une combative et victorieuse. Elle commence à apparaître dans les mairies après 1877, remplaçant les bustes de Napoléon III. La « doyenne », dressée en plein air, serait la Marianne de Marseillan (Hérault) en 1878. Le modèle sera, après 1881, la statue monumentale du Triomphe de la République, place de la Nation à Paris, par Jules Dalou (1838-1902). Puis, il y eut de nombreux types réalisés ; exemples : par Jean-Antoine Injalbert (1933), Pierre Poisson, Georges Saupique (sous la IVe), Aslan (1969, Brigitte Bardot ; le 14-10-1985, Catherine Deneuve).

Figures célèbres
Entre autres, Jacob Amman, le fondateur du mouvement amish, une minorité religieuse puritaine ; Hans Arp, l’un un plus grand sculpteur du XXe siècle, c’était aussi un poète qui trouva dans les Vosges l'inspiration de ses derniers instants. Bartholdi, le Colmarien Frédéric-Auguste Bartholdi (1834-1904) reste l'Alsacien le plus célèbre aux États-Unis car il est le créateur (avec l'ingénieur Gustave Eiffel) de la fameuse statue de la Liberté ; Alfred Dreyfus, patriote francophile, né à Mulhouse, le capitaine Dreyfus a le tort d'être juif. Accusé d'espionnage, expédié au bagne et réhabilité huit ans plus tard ; Erckmann-Chatrian, écrivain ; Edwige Feuillère, actrice ; Pierre Fresnay, acteur ; Goethe, Gutenberg, Jean-Claude Killy ; Marianne, l'épouse du Colmarien Jean-François Reubell, chef occulte du Directoire, s'appelait Marie-Anne. Barras choisit son prénom pour baptiser Madame la République. Rouget de Lisle : en 1792, Rouget de Lisle passe la nuit à son piano et compose... La Strasbourgeoise. Repris par les volontaires de Marseille, « Allons-z-enfants » devient La Marseillaise. Sainte Odile : patronne de l'Alsace. Victor Schoelcher : né en 1804, promu aux Colonies après la révolution de 1848, il fait abolir l'esclavage le 18 avril. Il luttera pour l'émancipation des femmes et l'abolition de la peine de mort. Ses cendres sont au Panthéon. Albert Schweitzer : prix Nobel de la paix. Tomi Ungerer : dessinateur colmarien. L’album L'Alsace en torts et de travers, est à lui seul tout un programme. Louise Weiss : travailla après 1918 avec Aristide Briand et milita dans l'entre-deux-guerres pour le vote des femmes. Elle fut élue en 1979 au Parlement européen dont elle devint la doyenne.
Les Alsaciens ont toujours eu un faible pour l'uniforme : Jean-Baptiste Kléber, un des grands de la Révolution ; François-Joseph Lefebvre, gouverneur militaire de Paris en 1799 ; John Joseph Pershing, le général qui, en 1917-1918, commanda les troupes américaines en France.

De notre correspondant Dimitrios-Hervé Uilvinec, sur le front de l'Est, en passant par la Bretagne. (Pour la Lorraine, faire des réclamations...)

Le 12 février 2004,
en ce jour de la fête des Sept Fondateurs des Servites de Marie.

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