Nous ne résistons pas…
Notre ami Bernard prend sa plume et
la trempe dans le jus de sa treille.
Avec lui, c’est tout un peuple qui honore la mémoire de ses
pères.
Il faudrait que la tramontane porte jusqu’à vous sa voix…
Il est de la « race » des Abel Pomarède !
Le « NON» d'un
« viel pople fier et libre… »
Ce sont ces mots de Frédéric
Mistral dans la Coupo Santo qui me paraissent le mieux traduire le «
Non» français. Nous sommes un vieux peuple, fier et libre.
Les Etats du Languedoc avaient dit NON à un traité commercial
avec l'Espagne, pourtant soutenu par Louis XIV lui-même... et Louis
XIV avait cédé devant le peuple.

Le peuple, car il s'agit bien du peuple,
a dit NON à la Constitution Européenne, Constitution soutenue
par la totalité des pouvoirs. Pouvoir politique, de Gouvernement
et d'opposition, pouvoir économique et CNPF, pouvoir des médias,
pouvoir des gens de la scène, pressions étrangères,
des syndicats européens, des spécialistes dits reconnus,
des députés européens, des
chefs d'Etats et des gouvernements d'ailleurs, venus nous « faire
la leçon », bateleurs engraissés comme Cohn Bendit.
Ils ont belle allure nos parlementaires
(élus) qui ont voté à la quasi-unanimité la
modification de notre Constitution pour permettre la ratification de la
Constitution Européenne. Il a belle allure le Président
de la République qui a cru prendre les français pour des
billes, pensant qu'ils voteraient cette constitution et ajouteraient ainsi
à sa propre gloire. Il a belle allure cet ancien président
de la République qui a pondu ce texte et qui, à défaut
de mieux, est devenu « Immortel ». Elles ont belle allure,
ces vedettes de l'écran, de la scène ou de la chanson, auxquelles
on fait croire que leur nom au haut d'une affiche donnait savoir et raison
et qui ont paradé lors d'une réception qui nous a coûté
fort cher. A tous, le peuple français a dit le mot de Cambronne
« MERDE ».
Le peuple français, c'est celui
du « fier sicambre» à qui Saint Rémy demandait
de courber la tête, c'est celui à qui Mistral demandait «aubouroté,
raco latino» (redresse-toi, race latine).
C'est celui qui a dit «nous sommes
ici de par la volonté du peuple et nous ne sortirons que par la
force des baïonnettes», c'est celui qui a su fondre en lui
les héros de Camerone.
Le peuple français, ce n'est
pas celui qui défile comme les nazis ou les bolcheviks, qui balance
en cadence des petits drapeaux comme les chinois, avant d'aller s'abrutir
derrière des machines, ce n'est pas le peuple hystérique
et fanatisé qui crie vengeance en brandissant des corps.
La France, c'est celle de Jeanne d'Arc.
Jeanne a dit « NON » alors que la France était sur
le point de disparaître. La France qui vient de dire « NON
» alors que sa disparition était évidente à
moyen terme.
Jacques Chirac a voulu rejeter les racines
chrétiennes de l'Europe. Il a cru bon de choisir, par opportunité,
la veille de la fête chrétienne de Sainte Jeanne d'Arc pour
date du référendum.
Défi? je ne pense pas. En tout
cas, il s'en souciait peu.
Il a eu la réponse.
Que beaucoup de partisans du « NON » se moquent de Jeanne
d'Arc? c'est vrai... mais beaucoup de capitaines de Jeanne se souciaient
peu de « l'envoyée de Dieu».
Bernard Ricome, le 30 mai 2005
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