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La France a-t-elle encore une politique étrangère ?

Anticiper, prévoir, avoir une longueur d’avance… La politique étrangère de la République tourne le dos aux réalités. Et bon nombre de nos entreprises font de même…

La Méditerranée est une grande part de notre histoire. La « Mare Nostrum » ne devrait pas nous être étrangère. Et pourtant…

Il suffit de lire le dernier rapport d’Anima, réseau euroméditerranéen des agences de promotion des investissements.

Ses données ont été rendues publiques le 8 juin à La Baule. En 2005, 686 projets d’investissements étrangers avaient été annoncés en Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie, ainsi que sur le territoire de l’Autorité palestinienne.

Ces projets s’élevaient à 44 milliards de dollars : deux fois plus qu’en 2004…
Et le ministre égyptien des Investissements, Mahmoud Mohieldin de se féliciter :
« Il y a trois ans, il y avait un certain pessimisme à La Baule en ce qui concerne la région Méditerranée. Aujourd’hui nous avons des raisons d’être optimistes. »

Après avoir été durement touché par la montée en puissance des pays du Peco ( Pays d’Europe centrale et orientale), les pays méditerranéens pourraient redresser la situation. Ils bénéficient aujourd’hui pour 46% de l’ensemble des projets recensés dans ces deux parties du monde, alors qu’en 2002, ils ne représentaient que 28% et que les « Peco » pesaient 72%…

Nous assistons au rapatriement d’une partie non négligeable des investissements anciennement réalisés aux Etats-Unis par les pays du Golfe, dans cette grande région méditerranéenne.

Anglais, Russes, Américains et Chinois s’intéressent au plus haut point à la grande « Mare Nostrum. »

Et Bénédict de Saint-Laurent, l’un des organisateurs des journées de La Baule de déplorer :
« Il n’y a aucune entreprise française parmi les dix plus gros investissements réalisés l’an passé. »

Certes, nous ne sommes pas absents. Les entreprises françaises comptent pour plus de 130 projets ;, mais pour atteindre de chiffre, il nous faut prendre en compte l’ouverture de succursales de la Société Générale en Egypte ou la construction d’un hôtel (Accord) et… la délocalisation au Maroc d’une partie de la production de « La Bonneterie de Champagne »…

Tournant le dos à une grande histoire que nous partageons avec ces pays, les entreprises françaises n’ont d’yeux que pour la Chine ou l’Inde… A qui la faute ?

En l’absence d’une grande politique étrangère, le régime agonisant que se dispute tous nos politiciens, tourne lui aussi le dos à notre histoire.

Si nous ne réagissons pas vite, nous en paierons le prix fort…

(Lecture de la rubrique « Tendances » sous la plume de Claude Fouquet, Les Echos du 9/10 juin 2006)

Portemont, le 5 juillet 2006.

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