samedi 22 novembre 2008

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

L’hirondelle du 17 mars 2006 !

L’Etat se désengage, mais des élus résistent et poursuivent le combat. Notre langue est indispensable pour la défense de notre souveraineté.

Gageons que notre "hirondelle-rustique" ne se contentera pas de survoler notre terre de France...

Comme toujours Anne-Lys est vigilante et nous transmet l’entretien que Jacques Myard a donné à « L’Hebdo-Bourseplus ». Nous la remercions encore une fois.

L’ « Année » de la Francophonie agite l’Hémicycle…

Portemont, le 8 avril 2006.


Le Parlement va prendre de nouvelles mesures en faveur de la francophonie

Jacques Myard, député UMP des Yvelines :
"Les grandes entreprises françaises doivent comprendre qu'il est de leur intérêt économique de s'appuyer sur la langue française."
L'Assemblée nationale vient d'annoncer, mercredi 15 mars, la mise en place d'une mission d'information sur la langue française. C'est Jacques Myard, maire de Maisons-Laffitte et député UMP des Yvelines, qui est à l'origine de cette initiative inopportune. Il répond à nos questions.

L'Hebdo-Bourseplus : Pourquoi une mission d'information parlementaire sur la langue française ?
Jacques Myard : La Commission des Affaires étrangères a décidé, mercredi 15 mars, la création d'une mission d'information sur la langue française et je m'en félicite. Le président Édouard Balladur a appuyé ma démarche et nous allons nous mettre au travail. Il ne s'agit pas simplement de dire qu'il faut défendre la langue française parce que c'est la langue de la culture et des bons esprits. Il faut démontrer, notamment à nos entreprises, que c'est un atout pour nos exportations et pour notre politique d'influence économique. Je vais vous donner quelques exemples. Lorsque vous rencontrez un président de la République ou un ministre étranger comme en Roumanie d'où je reviens, les conseillers qui parlent français ont naturellement tendance à se retourner vers les industriels français dans leurs échanges commerciaux. A travers l'apprentissage de la langue, il se développe des liens qui créent des besoins économiques. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas avoir honte de parler français. Je regrette que certaines de nos entreprises, pour faire bien ou moderne, ânonnent l'anglais, alors que très souvent, elles pourraient s'adresser en français à leurs hôtes et faire des affaires en français. Certes l'anglais est une langue répandue dans le monde, mais il est indispensable de poursuivre cette politique d'influence de la francophonie dans le monde. Il s'agit d'être réaliste, et de bien comprendre que si on abandonne le français, on s'ampute de très nombreux atouts économiques. Il y a aussi toute une industrie qui véhicule l'essentiel : le cinéma, la chanson, la télévision... Il y a un savoir faire français et un art de vivre qu'il est indispensable de défendre. Évidemment, il faut connaître les langues étrangères, mais il faut se vendre en français. C'est le meilleur moyen pour obtenir des résultats et pérenniser la place de la France dans le monde.

Concrètement, que pouvez-vous faire, puisque la loi Toubon existe et semble appliquée ?
Elle n'est pas toujours appliquée, et l'on constate même que de plus en plus, en France, un certain nombre de congrès, avec des Français sont tenus en langue anglaise. C'est complètement aberrant! Je viens d'apprendre que des représentants de la DGA (Direction générale de l'armement), dans le cadre d'affaires avec la Suède, se sont exprimés en anglais. C'est un comble! Il est nécessaire d'avoir une prise de conscience. Sur le plan international, si les Français ânonnent l'anglais dans des relations avec des tiers, ils perdent beaucoup auprès de leurs interlocuteurs qui se disent : "Qu'est ce que c'est que ces Français qui ne parlent même pas leur langue ! Comment voulez-vous que l'on achète ce qu'ils font, puisqu'ils renoncent à être eux-mêmes!". Cependant, il y a des réussites. Par exemple, l'anglais était de mise dans les relations entre Renault et Nissan, et aujourd’hui Renault parle français avec ses ingénieurs japonais qui se sont mis à apprendre le français. Dans un certain nombre de pays, l'anglais n'est pas la langue universelle permettant de pénétrer certains marchés, notamment en Chine et au Japon. C'est un tout. Il faut amener les adversaires anglo-saxons sur notre camp. C'est logique, on est toujours perdant quand on joue dans le camp de l'adversaire.

Sur quels types de propositions votre mission d'information peut-elle aboutir ?
La France doit faire un effort substantiel en termes d'écoles françaises à l'étranger. Il est évident que c'est une politique sur le long terme que nous devons mener. Il est déplorable que les crédits du ministère des Affaires étrangères aient été amputés au cours de ces dernières années sur ce point. Mais il n'y a pas que les moyens matériels. Il y a aussi la politique. Lorsque nous constatons que des télégrammes qui viennent de Bruxelles sont ensuite diffusés à nos postes diplomatiques en langue anglaise, on marche sur la tête. Il faut avoir la volonté politique de réaffirmer l'utilisation du français. Il va y avoir aussi la mise en place du CII (la chaîne d'information), le développement de TV5, et cela permettra à la France d'être plus présente, en français dans le paysage audiovisuel mondial. Il faut que des instructions extrêmement fermes soient données sur ce point à nos fonctionnaires et nos diplomates. Les grandes entreprises françaises doivent comprendre qu'il est de leur intérêt économique de s’appuyer sur la langue française.

Comment cette mission d'information est-elle reçue au sein de l'Assemblée nationale ?
Les députés français sont agacés par l’attitude d'un certain nombre de fonctionnaires et de chefs d'entreprise qui oublient l'utilisation du français. L'incident qui a eu lieu au Conseil de l'Europe avec Jean-Claude Trichet, qui s'est adressé en langue anglaise à des élus, a provoqué un incident majeur. Je ne vous cache pas qu'un certain nombre de mes collègues ont été quasiment traumatisés par ce fait. Je suis intimement convaincu que nous sommes au début d'une reconquête : celle de l'affirmation d'une identité française et non pas d'une identité anglo-saxonne, qui est pour nous étrangère.

Propos recueillis par Yannick Urrien

Transmettre à un ami
Imprimer

Réagir

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.