vendredi 21 novembre 2008

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Vous avez dit bénévoles ?

Le bénévolat a bon dos. Le mois d’août 2005 a permis la publication, en date du 10 d’un décret et d’un arrêté autorisant des personnes « bénévoles » à exercer les fonctions d’aides opératoires et d’aides instrumentistes dans les blocs opératoires.

Nous ne sommes pas dans l’arrière-cour d’un garagiste.
Nous sommes dans les blocs opératoires des cliniques.

Il est vrai que fort souvent, le patient sur « le billard » n’est pas à même de reconnaître sous la blouse blanche la secrétaire du chirurgien ou sa moitié…

Si secret il y avait, c’était un secret de polichinelle : Certains chirurgiens du privé s’entouraient au bloc opératoire qui de sa secrétaire qui de son épouse, sans que ces collaboratrices « bénévoles » aient reçu la moindre formation…
Le règne du « passez- moi une clef de 12 » ou « passez- moi la scie » se déroulait en douceur…

Les textes ne font donc que régulariser une situation connue du milieu médical.
Et l’Etat n’est plus à une injure prêt à l’égard des infirmières ou des infirmiers.
Le président du Syndicat des médecins libéraux, le docteur Dinorino Cabrera enfonce le clou.

Tous ces « bénévoles » certains faisant même des petits travaux de coutures, comme reformer une paroi : « ont acquis, de par leurs longues années de pratique, des connaissances réelles et un savoir-faire indiscutable… Comme dans d’autres professions artisanales ou commerciales, les épouses faisaient l’assistance de leurs maris. »

Ce bon docteur a la nostalgie du temps des barbiers…
Vous devez vous douter que les infirmières et les infirmiers applaudissent de telles mesures des deux mains.

Mais ces mesures ne sont que l’aboutissement de textes adoptés en 1999, qui officialisaient la situation des personnels salariés dans les cabinets. Après tout, faisant preuve de quelques dons, pourquoi la standardiste qui tricotait à ses moments creux ne pourrait-elle pas faire quelques travaux d’aiguilles dans le bloc ? Non, vous ne rêvez pas. Il fallait donc officialiser la situation des épouses…

Pour faire bien, la loi prévoyait un contrôle des connaissances de tous ces « bénévoles »… Les quelques questions qui ont été portées à notre connaissance nous laisse sans voix, du genre : « peut-on réutiliser une seringue… »

Tout est vraiment fait pour remonter le moral des infirmières diplômées d’Etat…
Mais il est vrai que nous avons eu un grand ministre de la santé, médecin de son état et qui a en charge nos affaires étrangères…

Portemont, le 27 septembre 2005.

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