|
Toujours avoir
une longueur d'avance...
La parution du livre de Jacques
Lescourne, " Démocratie, marché, gouvernance"
chez Odile Jacob, a incité Favilla à nous offrir une belle
chronique dans Les Echos en date du mercredi 6 octobre 2004.
En introduction, Favilla nous rappelle les excellents ouvrages parus ces
derniers mois: "Le sacre du présent" de Z. Laïdi,
"L'effacement de l'avenir" de P.A. Taguieff, "L'Empire
de l'éphémère" de G. Lipowetski, "Le Culte
de l'urgence" de N. Aubert. La liste n'est pas close...
Toutes les réflexions qui
s'imposent à nous s'accordent sur le fait que nous vivons "sous
la dictature du court terme". La prospective n'est plus ce qu'elle
était... Dans un passé récent s'affrontaient deux
tendances:
L'optimiste nous rassurait " en ne retenant que les enchaînements
les plus positifs", la pessimiste privilégiait la face noire
d'un futur possible. Souvenons-nous de l'heureux temps où Maëstricht
était la voie obligée pour atteindre l'Eden... Les créations
d'emplois s'amoncelleraient à la pelle!
Aujourd'hui c'est la Turquie qui est dans le collimateur. Les tentatives
de prospective sont subordonnées en fait à des intérêts
électoraux. Le vrai sujet n'est jamais abordé.
Le livre de Jacques Lesourne tente de nous sortir de cette escroquerie
permanente et Favilla résume sobrement la richesse de l'ouvrage:
" Pour ne prendre qu'un
exemple, citons ce scénario de l'"engourdissement"
qui selon lui, est un des plus probables pour des pays de l'Union européenne
comme la France. Cet avenir apparaît d'abord rassurant dans la
mesure où il s'avère pacifique. Nous irions vers une société
respectueuse des droits des individus, soucieuse de reconnaître
les différences, préoccupée d'apporter la protection
au plus grand nombre. Mais les mêmes facteurs conduiraient aussi
à une société sans projet à l'échelle
collective, où les gouvernements multiplieraient les mesures
partielles répondant à des exigences éclatées.
"Le métier de ministre tend à ressembler à
celui de pompier, astreint à éteindre les feux qui, sans
rompre l'apathie générale, naissent constamment".
L'enfer est bien souvent pavé
de bonnes intentions...
L'ancienne démocratie représentative (ou ce qui en tenait
lieu) serait remplacée par "une
démocratie protestataire et aboulique".
Favilla a cerné tout l'intérêt du travail de Jacques
Lesourne:
" Il est d'imaginer
les scénarios que pourrait engendrer notre action présente
et d'en évaluer la vraisemblance et les attraits pour avoir une
chance de ne pas aller vers un avenir que nous n'aurions pas choisi."
C'est un exercice auquel nous
devrions nous livrer tous ensemble. Il nous faut proposer un véritable
projet à l'échelle collective, à l'échelle
de la France, pour tous les peuples de France, sans oublier ceux de la
France lointaine. Nous découvrirons alors que la nécessaire
représentation de toutes les forces vives de notre Nation passe
par d'autres "cadres" que ceux qui nous sont proposés
par les apprentis pyromanes et les pompiers qui nous gouvernent, et qui
sont les mêmes...
Portemont, le samedi 9 octobre,
en ce jour de la Saint-Jean Leonardi, a.d. 2004.
Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir
|

|