vendredi 21 novembre 2008

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Toujours avoir une longueur d'avance...

La parution du livre de Jacques Lescourne, " Démocratie, marché, gouvernance" chez Odile Jacob, a incité Favilla à nous offrir une belle chronique dans Les Echos en date du mercredi 6 octobre 2004.
En introduction, Favilla nous rappelle les excellents ouvrages parus ces derniers mois: "Le sacre du présent" de Z. Laïdi, "L'effacement de l'avenir" de P.A. Taguieff, "L'Empire de l'éphémère" de G. Lipowetski, "Le Culte de l'urgence" de N. Aubert. La liste n'est pas close...

Toutes les réflexions qui s'imposent à nous s'accordent sur le fait que nous vivons "sous la dictature du court terme". La prospective n'est plus ce qu'elle était... Dans un passé récent s'affrontaient deux tendances:
L'optimiste nous rassurait " en ne retenant que les enchaînements les plus positifs", la pessimiste privilégiait la face noire d'un futur possible. Souvenons-nous de l'heureux temps où Maëstricht était la voie obligée pour atteindre l'Eden... Les créations d'emplois s'amoncelleraient à la pelle!
Aujourd'hui c'est la Turquie qui est dans le collimateur. Les tentatives de prospective sont subordonnées en fait à des intérêts électoraux. Le vrai sujet n'est jamais abordé.
Le livre de Jacques Lesourne tente de nous sortir de cette escroquerie permanente et Favilla résume sobrement la richesse de l'ouvrage:

" Pour ne prendre qu'un exemple, citons ce scénario de l'"engourdissement" qui selon lui, est un des plus probables pour des pays de l'Union européenne comme la France. Cet avenir apparaît d'abord rassurant dans la mesure où il s'avère pacifique. Nous irions vers une société respectueuse des droits des individus, soucieuse de reconnaître les différences, préoccupée d'apporter la protection au plus grand nombre. Mais les mêmes facteurs conduiraient aussi à une société sans projet à l'échelle collective, où les gouvernements multiplieraient les mesures partielles répondant à des exigences éclatées. "Le métier de ministre tend à ressembler à celui de pompier, astreint à éteindre les feux qui, sans rompre l'apathie générale, naissent constamment".

L'enfer est bien souvent pavé de bonnes intentions...
L'ancienne démocratie représentative (ou ce qui en tenait lieu) serait remplacée par
"une démocratie protestataire et aboulique".
Favilla a cerné tout l'intérêt du travail de Jacques Lesourne:

" Il est d'imaginer les scénarios que pourrait engendrer notre action présente et d'en évaluer la vraisemblance et les attraits pour avoir une chance de ne pas aller vers un avenir que nous n'aurions pas choisi."

C'est un exercice auquel nous devrions nous livrer tous ensemble. Il nous faut proposer un véritable projet à l'échelle collective, à l'échelle de la France, pour tous les peuples de France, sans oublier ceux de la France lointaine. Nous découvrirons alors que la nécessaire représentation de toutes les forces vives de notre Nation passe par d'autres "cadres" que ceux qui nous sont proposés par les apprentis pyromanes et les pompiers qui nous gouvernent, et qui sont les mêmes...

Portemont, le samedi 9 octobre,
en ce jour de la Saint-Jean Leonardi, a.d. 2004.

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