vendredi 21 novembre 2008

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Quelle mémoire ?

C'est toujours très dur d'entendre certains mots. Prenez le mot supplétif. Le latin "supplere" veut dire remplir.

Entendre dans la cour d'Honneur de l'Hôtel des Invalides, ce matin du samedi 25 septembre 2004, le Ministre de la Défense rendre hommage aux harkis et aux autres membres des formations supplétives, me fait mal.
Le ciel est bleu, l'air est frais, pinçant presque. Nous sommes nombreux. Les amis sont là, pour cette Journée nationale...

Un coin de Méditerranée s'installe sur les pavés. D'abord la joie de se retrouver. Cette joie s'entend, parsemée d'échos de tristesse. La Musique de la Gendarmerie ne fait aucune fausse note. Nous faisons nôtre le premier morceau de musique, pensez donc : "Les dragons de Noailles".
Notre grande et très chère amie Simone d'A ne peut se retenir quand la Musique attaque " Les Africains..."

"Mais il faut chanter!" lance-t-elle trop fort, derrière une palissade de vieux généraux et de colonels. Notre Simone renoue avec ses 18 ans, à Alger, et avec les planques du colonel G. qui échappera à tous les barbouzes et trouvera un peu de paix en Belgique...
Le Ministre est ponctuel. Madame Michèle Alliot-Marie est parfaite. Tout est bien huilé, bien rodé.
Les décorations sont là, en attente sur deux coussins, dignement portées.
Un bel et sobre hommage à des hommes et des femmes représentant un peuple trahi et oublié. Insulté même au sein de l'Assemblée nationale, par un président algérien...

La soif de reconnaissance est telle chez les plus anciens, que l'on oublie tout. Et ils persistent et signent dans leur amour pour la France!
La cérémonie terminée, nous nous élevons jusqu'à la galerie supérieure afin de visiter l'exposition conçue et réalisée par l'Association Jeune Pied-Noir : "Harkis soldats de la France, soldats de l'Armée d'Afrique".
Devoir de mémoire. Qu'en dit-on dans les écoles?
Je pense à mes deux fils qui enfants écoutaient leur grand-père leur parler de son Algérie.

De Cherchell, de la libération de la France, de l’Indo et des commandos Nord-Vietnam, de Salan qui alors n'était que colonel, de son 18 ieme R.C.P dissout, de leur arrière-grand-père et de ses 4 étoiles, du grand-oncle qui avait commandé le 9 ieme Zouave, de toutes ces boîtes remplies de"ruban rouge"... Pour le frère de mon père c'était son Maroc puis son Congo Brazza... Des collections de blessures au coeur et à l'âme à n'en plus finir!

Ce matin, 25 septembre 2004, nos enfants ne sont pas là, les leurs non plus.
Où sont les enfants des écoles ?
Nous n'en finissons pas de cacher nos blessures et nos forfaitures. Nous refusons de les guérir une fois pour toutes. Ainsi a pu venir sur notre sol, sur leur sol, un président algérien qui les a insultés, plein de morgue et plein de sang.
Il faudra bien un jour que réparation soit faite. Pour tous les enfants, qui n'étaient pas là.
Un buffet de grande qualité, sous le regard de Louis XIV…

Portemont, le mardi 28 septembre,
en ce jour de la Saint-Wenceslas, a. d. 2004.

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