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Le grand provocateur,
la sentinelle sur les remparts, le "petit dernier" et l'orphelin...
Le grand provocateur, en la personne
d'Henry de Lesquen, invitait à son émission "le libre
journal des idées politiques": Pierre Pujo directeur de "L'Action
Française 2000, fidèle" sentinelle sur les remparts",
Yves-Marie Adeline, président de " l'Alliance Royale",
"petit dernier" dans le paysage royaliste et Henri Fouquereau
président du "Mouvement démocrate français",
"l'orphelin de la Vème république gaullienne".
Seule Radio-Courtoisie nous offre de ces purs moments de plaisirs et de
malices, ils sont tout à l'honneur de Jean Ferré. Qu'il
soit une fois encore remercié.
Le titre de l'émission du jour était limpide: Faut-il
restaurer la royauté?
Limpide et ambigu...
Le grand provocateur et talentueux maître du jeu annonçait
la couleur: " Je suis démocrate
et donc pas royaliste. La monarchie et la démocratie ne sont pas
conciliables."
On aurait pu s'arrêter là et une heure trente minutes d'émission
n'auraient pas suffi à "la sentinelle sur les remparts"
et au "petit dernier" pour expliquer que démocratie et
représentation sont deux notions bien distinctes...
Par une rafale d'interrogations, Henry de Lesquen avançait dans
l'émission: La royauté est-elle adaptée? Peut-elle
être populaire? Quelques définitions étaient posées:
monarchie, oligarchie, démocratie... Tous convenaient que nous
étions dans l'ère de l'oligarchie resplendissante, et le
fantôme de la démocratie devait battre des ailes en ricanant
dans le studio de l'émission...
Evacuons la querelle des prétendants! Les participants étaient
présents pour s'attacher au principe. La querelle aurait pu être
réglée en peu de mots: La France a une histoire. Les peuples
de France connaissent d'instinct qui incarne le principe en question.
L'histoire de la Maison de France en témoigne.
Les Français ont-ils une dette envers la royauté?
Tous en convenaient et le grand provocateur n'était pas en reste
pour répondre positivement. Il nous était rappelé
que l'aventure capétienne avait été une aventure
faite d'alliance avec les peuples de France, souvent contre les féodalités
et que ces mêmes peuples de France n'avaient jamais fait défaut
contre l'étranger. Les vitraux de Bouvines illuminaient le studio...
Pierre Pujo et Yves-Marie Adeline rappelaient les mensonges de l'histoire
républicaine. Yves-Marie Adeline précisait avec finesse:
" le citoyen français n'est pas
un débiteur insolvable à l'égard de la monarchie".
Il fallut ensuite mettre au clair quelques points d'histoire: De quand
date la France?
Tous convenaient que l'acte de naissance ne pouvait pas être daté
de 1789 ou de 1944...
Nous nous garderons bien de mettre une date, et nous retiendrons le propos
d'Henry de Lesquen:
" Les rois capétiens ont été
l'expression de la France, dans la langue des Français."
Qu'est-ce que la France? Un état? Une nation? Il fut précisé
à juste titre que l'état n'est que la forme juridique du
gouvernement... Nous pûmes mesurer combien il est difficile de définir
ce que nous aimons le plus: La France, et si la langue nous a uni depuis
l'édit de Villers-Cotterêt, Pierre Pujo précisait
à juste titre que par cet édit cette langue que nous abandonnons
chaque jour un peu plus, n'était pas dirigée contre les
langues régionales...
Les auditeurs se manifestaient en rappelant le bon sens de Bouvines, faisant
valoir la nécessité de se réconcilier avec notre
histoire.
Il fallait avancer dans la grande question posée et dénoncer
une fois de plus les raisonnements simplistes. Yves-Marie Adeline le fit
avec un sobre talent précisant la pauvreté des classifications
simplistes: Monarchie, oligarchie et démocratie... Non la monarchie
n'est pas le pouvoir d'un seul. Le roi est l'incarnation de ce pouvoir
et installe la stabilité, par l'autorité en haut et les
libertés en bas. Pierre Pujo acquiessait.
Une monarchie en 2004? "La monarchie
doit s'appuyer sur la tradition capétienne". La sentinelle
veillait et sa réponse ne se fit pas attendre!
La représentation fantasmatique du droit divin fut abordée:
Le roi est-il le roi par le pouvoir sacral?
S'appuyant sur la légitimité historique Pierre Pujo privilégiait
le droit historique et Yves-Marie Adeline mettait en avant le "souverain
bien" et la philosophie politique dont il est nourri.
Yves-Marie Adeline reconnaissait: " le
mérite de Maurras, Bonald et bien d'autres" d'avoir pu faire
valoir "que personne n'était descendu d'un chariot de feu
désigné par le Roi du ciel..."
Le débat était rattrappé par les problèmes
de notre temps: le laïcisme et l'Europe.
Henri Fouquereau pouvait alors témoigner du peu d'estime qu'il
portait à l'Europe qui se dessine mais restait pudique sur les
lois de 1905... Nous n'irons pas jusqu'à dire qu'il s'est voilé
la face, mais...
Tant Pierre Pujo qu'Yves-Marie Adeline rappelaient qu'en monarchie le
pouvoir politique est émancipé du pouvoir religieux. Ces
deux pouvoirs sont distingués et cohabitent. La régression
et les problèmes auxquels nous sommes confrontés viennent
du fait que" le politique politicien" s'immisce dans toutes
les sphères de la société. La laïcité
est devenue laïcisme. Bien que la France soit devenue pluriconfessionnelle,
il conviendrait que l'Eglise catholique soit privilégiée
en tant que ciment de notre civilisation, ce qui ne veut pas dire que
les autres religions seraient brimées.
Pour faire face à tous ces maux la solution ne serait-elle pas:
une France souveraine?
La souveraineté, c'est le caractère suprême et indépendant
à toute autre autorité.
Chacun réaffirme son camp: Henry de Lesquen et Henri Fouquereau
sont souverainistes mais pas royalistes.
Yves-Marie Adeline est royaliste mais pas souverainiste.
Pierre Pujo est nationaliste, donc royaliste, et de fait souverainiste.
Les rappels tombent comme des couperets: "
La souveraineté est indivisible, elle ne peut se partager".
Yves-Marie Adeline, en embuscade, répond:"
souveraineté n'est pas indépendance".
Pour illustrer son propos il nous remémore l'affaire de Suez: La
France, alors bien plus souveraine qu'aujourd'hui, occupe Suez avec la
Grande-Bretagne et la complicité d'Israël. U.S.A et U.R.S.S
mettent à mal notre alliance avec les Britanniques en menaçant
de vendre leurs réserves de livres sterling... Plions bagages!
Lors de la crise irakienne, la France dans son opposition aux U.S.A, n'était
plus attaquable sur le flanc du franc... grâce à l'euro...
Pour Yves-Marie Adeline, le souverain est avant tout l'incarnation...
Les réponses fusent: La souveraineté doit générer
la puissance, ou : on peut être indépendant et faible.
Henri Fouquereau réaffirme: "
la souveraineté est nécessaire". L'ange de la
Nation souveraine et son compère du Peuple souverain, l'un portant
la face de Robspierre et l'autre celle de Saint-Just, secouent leurs ailes
ensanglantées dans le studio...
Esquisse de conclusion: "Pour être
puissant, il faut être souverain, c'est nécessaire mais pas
suffisant."
Allez savoir pourquoi tous les diablotins de Maestricht se réveillent
et tendent l'oreille:
Le peuple souverain a voté Maestricht. Yves-Marie Adeline confirme:
" C'est la logique démocratique,
mais les parlementaires français ont voté à près
de 90% alors que le peuple a voté non à 49%..."
Pierre Pujo nous répète l'appel de Monseigneur le comte
de Paris, en avril 1988: "Français
ne renoncez pas à la France"
Henri de Lesquen rappelle que le traité de Maestricht était
présenté avant ratification, portant la signature des chefs
d'Etat... Il stigmatise le "yo-yo" électoral qui a été
proposé au Danemark, jusqu'à l'obtention du oui...et conclue
que la démocratie est confisquée! Afin d'éviter toute
méprise, il éprouve le besoin de sombrer dans la caricature
et s'interroge:
" Le monarque dans sa tour d'ivoire,
qui vit dans un entourage favorisé, isolé de la société,
peut-il être sensible au peuple?"
Yves-Marie Adeline monte aux créneaux: "
toute démocratie se mue en oligarchie ou aristocratie, le monarque
protège le peuple contre les oligarques."
Pierre Pujo vient en renfort et rappelle l'union du roi et du peuple,
et la vocation essentielle qui est la sienne: défendre le peuple
contre les féodaux afin de veiller au bien commun.
Henry de Lesquen, en orfèvre de la provocation, persiste à
trouver une planche de salut dans l'expression démocratique du
vote et nous propose l'exemple de la Californie qui a appelé le
Grand Terminator Schwarzy afin de nettoyer les écuries californiennes...
Les auditeurs se manifestent: " il faut
tailler dans les dynasties bourgeoises qui manipulent le pouvoir"
Yves-Marie Adeline, peu de temps avant, avait mis en garde à juste
raison: " Le roi n'est pas un dictateur"
Mais le roi ne saurait se contenter d'inauguer les chrysantèmes...
Henri Fouquereau réitère son amour de la Patrie, Pierre
Pujo de lui répondre en écho: "
Tout ce qui est national est nôtre". Yves-Marie Adeline:
" On ne peut pas faire la France sans
les Français"
Et Henri de Lesquen, à l'approche de la fin de l'émission
de poser la dernière question:
" La constitution de la Vème République,
pourrait-elle servir de moule pour restaurer la monarchie?
Piere Pujo: " oui, en tant qu'étape,
à aménager, mais ce n'est pas le plus important."
Yves-Marie Adeline en est d'accord, mais précise que la représentation
nationale représente une oligarchie. Il est nécessaire de
faire des efforts afin que les oubliés soient représentés.
Pour Yves-Marie Adeline il faut concilier la légitimité
historique et la légitimité démocratique...
Il y a du Chénier chez le président de "l'Alliance
Royale". Notre grand poète animé par de purs sentiments
d'humanité et de patriotisme rêvait à un accord pérenne
entre l'Assemblée nationale et le Roi: "entre les représentants
élus de la Nation et son représentant héréditaire".
Nous connaissons la suite.
Henri Fouquereau aime la Vème République, la vrai avec son
septennat... Une république qui n'est plus que l'ombre d'elle même.
Quatre vingt dix minutes, c'est long... Et pourtant elles ne furent jamais
aussi courtes.
Quatre intervenants qui aiment la France, dont deux qui l'aiment et en
appellent au Roi. C'est un beau cadeau que nous a fait Henri de Lesquen.
Qu'il en soit ici chaleureusement remercié.
(Nous avons tenté de rendre compte des propos des acteurs de cette
émission, le plus fidèlement possible. Si des erreurs apparaissaient,
nous en appelons à leur indulgence.)
Portemont, le jeudi
16 septembre,
en ce jour de la Saints Corneille et Cyprien, a.d. 2004.
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