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Le 24 Août
44, GRAND-LOUP y était
Pourquoi bouder notre plaisir, et ne
pas fêter avec les français le 60e anniversaire de la libération
de Paris ? Après tout, c’est à des troupes Françaises,
que nous devons cet événement.
Un acteur de cette épopée, fait partie des amis des manants
du roi, France soir l’a interrogé, mais à nous, il
parle à cœur ouvert.
la presse a déjà évoqué oh combien et avec
force détail, les circonstances de ces journées dominées
par la stature du général Leclerc et de sa fameuse 2eme
DB.
Jacques Dejouy (allias Grand Loup pour ses petits enfants) nous dit dans
cet extrait d’un ouvrage (Les grandes certitudes paru aux éditions
vue de France) quelles sont les origines de cette 2eme DB dont tout le
monde parle. Précisons qu’en 1943, l’armée d’Afrique
après une valse hésitation, participe enfin à la
guerre, ce qui ne va pas sans poser quelques difficultés entre
ceux des Forces Françaises Libre et les ralliés de la dernière
heure, ennemis d’hier :
«
Les troupes de Koening, Larminat, Catroux, celles qui combattirent en
Cyrénaïque et en Tripolitaine dès 1940, les héros
de Bir Hakeim de la 1ère DLFL (Division Légère
Française Libre) tiennent à rester entre Français
Libres. Avec des éléments de la 2ème DLFL, qui
assura leur relève après Bir Hakeim et prit part à
la bataille d’El Alamein, ils vont constituer la 1ère division
Française Libre (1ère DFL).

Quand
à Leclerc qui avait adjoint à ses squelettiques bataillons
d’Afrique Equatoriale, quelques éléments Français
Libres venus du proche Orient, pour former sa force L, il est loin du
compte si il veut aligner les effectifs nécessaires à
la constitution d’une 2ème DFL.
La tâche se complique encore davantage, car il doit se séparer
de ses braves tirailleurs Sénégalais du Tchad (eh oui
! c’est ainsi, qu’ils soient, Congolais, Gabonais, Togolais
ou Tchadiens, ils étaient tous tirailleurs sénégalais.)(…).
Leclerc va donc devoir recruter parmi les troupes de l’Afrique
du nord Française.
Mais ces troupes furent durant trois ans , dans le camp de Vichy. Et
si leurs chefs , sous la pression des événements , se
sont décidés à rompre cette longue fidélité,
ils n’en sont pas moins remplis de suspicion et de mépris
pour ces gaullistes dont on leur a dit tant de mal.
Le camps des anciens Pétainistes d’AOF et d’AFN est
infiniment mieux pourvu en hommes et en équipement que les clochards
épiques de la « Force L ».
Les premières retrouvailles entre
Français n’ayant jamais cessé le combat, et Français
demeurés l’arme au pied, n’ont pas été
des plus idylliques. A tel point que les chefs de l’armée
Giraud réussissent à faire renvoyer les héros de
la force L hors des territoires Français, à Sabratha en
Tripolitaine, de l’autre côté de la frontière
Tunisienne, une frontière pour laquelle ils avaient pourtant payé
très cher le prix du franchissement à Ksar Rhilane tout
particulièrement.
Pour empêcher le retour des Français Libres sur un sol Français,
les divisions intestines des chefs qui se disputent à Alger ont
donc été plus efficaces que les divisions cuirassées
de Rommel.(…).
On comprend que les chefs qui se voudraient propriétaires de l’armée
d’AFN se soient émus du prestige des FFL dans les rangs de
leurs propres troupes car malgré la propagande anti-gaulliste,
par centaines, les hommes finissent par déserter pour rejoindre
les unités arborant la croix de Lorraine. »
(suit un long exposé sur le parcours terrible des évadés
de France, pour, après avoir échappé aux rafles et
avoir survécu aux prisons Espagnoles reçoivent enfin le
droit d’aller se faire tuer pour la France Libre. )
«
Arrivé au Portugal, chaque prisonnier est échangé
contre un nombre déterminé, de sacs de farine ou de pommes
de terre . Accueil chaleureux des portugais et embarquement immédiat
pour le Maroc…
Et là, au Maroc, lis bien ceci, lecteur attentif, ils débouchent
sur un espace où sont alignés plusieurs dizaines de baraques
et de tentes , aménagées en stands publicitaires. Devant
chacun de ces stands une sorte de sergent recruteur vante la gloire
et les avantages multiples de son unité(…. ).
La foire aux engagements ! »
Voilà la récompense de
ces hommes qui ont bravés mille morts pour acquérir ce privilège
suprême : choisir l’unité dans laquelle ils pourront
se faire tuer.
Seul un stand affiche la croix de lorraine, il s’agit des corps
Francs d’Afrique, que le gouvernement d’Alger aurait bien
mis hors la loi, car composé d’anciens de la guerre d’Espagne
, des brigades internationales, de gaullistes isolés et d’aventuriers
qui n’avaient pas pu rejoindre la 1ère DFL. Bref, nos évadés
de France vinrent rapidement gonfler les effectifs de cette troupe hétéroclite.
Ils n’avaient pas accompli ce dangereux périple pour rejoindre
d’autres troupes que celles fidèles à De Gaulle, celles
qui se battaient depuis trois ans, et non pas une armée de l’armistice.
«
Lorsqu’en août 1943, Leclerc pu enfin rentrer avec ses troupes,
de son scandaleux exil Libyen, , et qu’il reçut pour mission
de constituer une division, il lui fallut recruter beaucoup d’hommes.
Aussi tout naturellement, la première troupe à rejoindre
la force L fut les corps Francs dont personne ne voulaient et qui se
couvriront de gloire..
Cependant l’apport des corps francs d’Afrique était
loin de suffire.
De Gaule étant devenu définitivement maître de la
situation à Alger (Giraud se croyait encore en 40), la restructuration
de l’armée Française alla bon train..
Deux régiments d’artillerie, vinrent rejoindre le seul
dont il disposait auparavant, deux régiments de chars, s’ajoutèrent
également à l’unique éxistant, plus un régiment
de chasseurs de chars le fameux RBFM (régiment blindé
de fusiliers marins), équipé de tanks destroyers (TD)
munis d’un canon redoutable et servis par les meilleurs pointeurs.
Exemple des difficiles conditions d’intégration des ex-vichyssois
aux FFL , et pour ne parler que de ces marins, Leclerc qui leur portait
une haute estime pour leur grande valeur technique et leur courage,
les accueillit néanmoins très rudement, tenant à
couper court à tout statu quo, à toute polémique
ultérieure.»
«
Pendant que d’autres se battaient »
leur dit il « vous ne faisiez rien
», puis il ajoute, désignant la fourragère
de la légion d’honneur, gagnée par leurs anciens
à Dixmude : « cette fourragère
rouge , vous ne la porterez que lorsque vous en serez à nouveau
dignes… »
Le RBFM se couvrira aussi de gloire
et retrouvera vite sa fourragère.
Je sais qu’il faut éviter de parler de miracle, mais qui
pourra nier que le rayonnement exceptionnel de Leclerc a réussi
une fusion quasi miraculeuse ?
Il y a dans cette 2ème DB, des gens venus de tous horizons et de
tous bords, des hommes qui étaient monarchistes à commencer
par Leclerc, d’autres qui furent anarchistes, des soldats de métiers
, beaucoup de réservistes, des juifs, des musulmans, des chrétiens.
Certains très jeunes n’ont pas 18 ans , d’autres sous
leur calot laissent apparaître des mèches grises.
Il n’y a plus aujourd’hui que des combattants de l’armée
Leclerc. »
Voilà le formidable outil, forgé par Leclerc, ce gentilhomme
picard.
Ce brillant officier qui apprit les rudiments de la stratégie militaire
avec son père à la chasse dans la forêt de Tailly,
a fabriqué la 2ème DB avec des Français (et quelques
étrangers) unis par la volonté de se battre pour libérer
le pays. Il a misé sur la France qui gagne et non celle qui geint.
Un détachement entrait dans Paris le 24 au soir et prenait position
devant l’hôtel de ville.
Grand Loup y était, il n’avait pas encore 17 ans.
Offrons nous un petit plaisir d’anticipation,
le détachement qui entre dans paris la veille de la libération,
ce sont la manants du roi qui ouvrent la route du trône, derrière,
le reste de la division, ce sont les unités royalistes enfin réconciliées,
et puis derrière encore, il y a toute la France..
Perceval, le 31 août,
en ce jour de la Saint-Raymond Nonnat, a.d. 2004.
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