vendredi 21 novembre 2008

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Le 24 Août 44, GRAND-LOUP y était

Pourquoi bouder notre plaisir, et ne pas fêter avec les français le 60e anniversaire de la libération de Paris ? Après tout, c’est à des troupes Françaises, que nous devons cet événement.
Un acteur de cette épopée, fait partie des amis des manants du roi, France soir l’a interrogé, mais à nous, il parle à cœur ouvert.
la presse a déjà évoqué oh combien et avec force détail, les circonstances de ces journées dominées par la stature du général Leclerc et de sa fameuse 2eme DB.
Jacques Dejouy (allias Grand Loup pour ses petits enfants) nous dit dans cet extrait d’un ouvrage (Les grandes certitudes paru aux éditions vue de France) quelles sont les origines de cette 2eme DB dont tout le monde parle. Précisons qu’en 1943, l’armée d’Afrique après une valse hésitation, participe enfin à la guerre, ce qui ne va pas sans poser quelques difficultés entre ceux des Forces Françaises Libre et les ralliés de la dernière heure, ennemis d’hier :

« Les troupes de Koening, Larminat, Catroux, celles qui combattirent en Cyrénaïque et en Tripolitaine dès 1940, les héros de Bir Hakeim de la 1ère DLFL (Division Légère Française Libre) tiennent à rester entre Français Libres. Avec des éléments de la 2ème DLFL, qui assura leur relève après Bir Hakeim et prit part à la bataille d’El Alamein, ils vont constituer la 1ère division Française Libre (1ère DFL).

 

Quand à Leclerc qui avait adjoint à ses squelettiques bataillons d’Afrique Equatoriale, quelques éléments Français Libres venus du proche Orient, pour former sa force L, il est loin du compte si il veut aligner les effectifs nécessaires à la constitution d’une 2ème DFL.
La tâche se complique encore davantage, car il doit se séparer de ses braves tirailleurs Sénégalais du Tchad (eh oui ! c’est ainsi, qu’ils soient, Congolais, Gabonais, Togolais ou Tchadiens, ils étaient tous tirailleurs sénégalais.)(…).
Leclerc va donc devoir recruter parmi les troupes de l’Afrique du nord Française.
Mais ces troupes furent durant trois ans , dans le camp de Vichy. Et si leurs chefs , sous la pression des événements , se sont décidés à rompre cette longue fidélité, ils n’en sont pas moins remplis de suspicion et de mépris pour ces gaullistes dont on leur a dit tant de mal.
Le camps des anciens Pétainistes d’AOF et d’AFN est infiniment mieux pourvu en hommes et en équipement que les clochards épiques de la « Force L ».

Les premières retrouvailles entre Français n’ayant jamais cessé le combat, et Français demeurés l’arme au pied, n’ont pas été des plus idylliques. A tel point que les chefs de l’armée Giraud réussissent à faire renvoyer les héros de la force L hors des territoires Français, à Sabratha en Tripolitaine, de l’autre côté de la frontière Tunisienne, une frontière pour laquelle ils avaient pourtant payé très cher le prix du franchissement à Ksar Rhilane tout particulièrement.
Pour empêcher le retour des Français Libres sur un sol Français, les divisions intestines des chefs qui se disputent à Alger ont donc été plus efficaces que les divisions cuirassées de Rommel.(…).
On comprend que les chefs qui se voudraient propriétaires de l’armée d’AFN se soient émus du prestige des FFL dans les rangs de leurs propres troupes car malgré la propagande anti-gaulliste, par centaines, les hommes finissent par déserter pour rejoindre les unités arborant la croix de Lorraine. »
(suit un long exposé sur le parcours terrible des évadés de France, pour, après avoir échappé aux rafles et avoir survécu aux prisons Espagnoles reçoivent enfin le droit d’aller se faire tuer pour la France Libre. )

« Arrivé au Portugal, chaque prisonnier est échangé contre un nombre déterminé, de sacs de farine ou de pommes de terre . Accueil chaleureux des portugais et embarquement immédiat pour le Maroc…
Et là, au Maroc, lis bien ceci, lecteur attentif, ils débouchent sur un espace où sont alignés plusieurs dizaines de baraques et de tentes , aménagées en stands publicitaires. Devant chacun de ces stands une sorte de sergent recruteur vante la gloire et les avantages multiples de son unité(…. ).
La foire aux engagements ! »

Voilà la récompense de ces hommes qui ont bravés mille morts pour acquérir ce privilège suprême : choisir l’unité dans laquelle ils pourront se faire tuer.
Seul un stand affiche la croix de lorraine, il s’agit des corps Francs d’Afrique, que le gouvernement d’Alger aurait bien mis hors la loi, car composé d’anciens de la guerre d’Espagne , des brigades internationales, de gaullistes isolés et d’aventuriers qui n’avaient pas pu rejoindre la 1ère DFL. Bref, nos évadés de France vinrent rapidement gonfler les effectifs de cette troupe hétéroclite. Ils n’avaient pas accompli ce dangereux périple pour rejoindre d’autres troupes que celles fidèles à De Gaulle, celles qui se battaient depuis trois ans, et non pas une armée de l’armistice.

« Lorsqu’en août 1943, Leclerc pu enfin rentrer avec ses troupes, de son scandaleux exil Libyen, , et qu’il reçut pour mission de constituer une division, il lui fallut recruter beaucoup d’hommes. Aussi tout naturellement, la première troupe à rejoindre la force L fut les corps Francs dont personne ne voulaient et qui se couvriront de gloire..
Cependant l’apport des corps francs d’Afrique était loin de suffire.
De Gaule étant devenu définitivement maître de la situation à Alger (Giraud se croyait encore en 40), la restructuration de l’armée Française alla bon train..
Deux régiments d’artillerie, vinrent rejoindre le seul dont il disposait auparavant, deux régiments de chars, s’ajoutèrent également à l’unique éxistant, plus un régiment de chasseurs de chars le fameux RBFM (régiment blindé de fusiliers marins), équipé de tanks destroyers (TD) munis d’un canon redoutable et servis par les meilleurs pointeurs.
Exemple des difficiles conditions d’intégration des ex-vichyssois aux FFL , et pour ne parler que de ces marins, Leclerc qui leur portait une haute estime pour leur grande valeur technique et leur courage, les accueillit néanmoins très rudement, tenant à couper court à tout statu quo, à toute polémique ultérieure.»

 

« Pendant que d’autres se battaient » leur dit il « vous ne faisiez rien », puis il ajoute, désignant la fourragère de la légion d’honneur, gagnée par leurs anciens à Dixmude : « cette fourragère rouge , vous ne la porterez que lorsque vous en serez à nouveau dignes… »

Le RBFM se couvrira aussi de gloire et retrouvera vite sa fourragère.
Je sais qu’il faut éviter de parler de miracle, mais qui pourra nier que le rayonnement exceptionnel de Leclerc a réussi une fusion quasi miraculeuse ?
Il y a dans cette 2ème DB, des gens venus de tous horizons et de tous bords, des hommes qui étaient monarchistes à commencer par Leclerc, d’autres qui furent anarchistes, des soldats de métiers , beaucoup de réservistes, des juifs, des musulmans, des chrétiens. Certains très jeunes n’ont pas 18 ans , d’autres sous leur calot laissent apparaître des mèches grises.
Il n’y a plus aujourd’hui que des combattants de l’armée Leclerc. »
Voilà le formidable outil, forgé par Leclerc, ce gentilhomme picard.
Ce brillant officier qui apprit les rudiments de la stratégie militaire avec son père à la chasse dans la forêt de Tailly, a fabriqué la 2ème DB avec des Français (et quelques étrangers) unis par la volonté de se battre pour libérer le pays. Il a misé sur la France qui gagne et non celle qui geint.
Un détachement entrait dans Paris le 24 au soir et prenait position devant l’hôtel de ville.
Grand Loup y était, il n’avait pas encore 17 ans.

Offrons nous un petit plaisir d’anticipation, le détachement qui entre dans paris la veille de la libération, ce sont la manants du roi qui ouvrent la route du trône, derrière, le reste de la division, ce sont les unités royalistes enfin réconciliées, et puis derrière encore, il y a toute la France..

Perceval, le 31 août,
en ce jour de la Saint-Raymond Nonnat, a.d. 2004.

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