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Le chevalier de la Galette !


La fête des Rois résiste. La fève est tirée dans de nombreux bureaux et ateliers dans toute la France, tout comme au sein de nombreuses familles françaises.
Mais cette année encore nous avons tremblé pour le chevalier de la Galette…

Et cette année encore, Pierre Pujo a échappé à l’indigestion !
Pensez donc : Le 6 janvier, Galette des Rois à Paris. Le 7 janvier, Galette des Rois à Lyon.
Le 13 janvier, Galette des Rois à Bordeaux. Le 14 janvier, Pierre Pujo « surfait » sur la Galette des Rois à Biarritz.

Et bien sûr, Pierre Pujo ne se mettait pas vert pour autant.
Le 21 janvier, Messe pour le roi Louis XVI à Nîmes et causerie au déjeuner. Le soir ? Rendez-vous à Perpignan ! Une conférence se tenait à l’invitation de Madame Baux, avec un intervenant de choix : Pierre Hillard sur « l’Europe des régions et des ethnies ». Et Pierre Pujo pouvait au dessert, tracer les grandes lignes du combat actuel de l’Action française.

Il n’y a pas à dire : Le régime « Galette des Rois » est un bon régime ! Ce n’est pas Pierre Pujo qui nous contredira.

Pour vous en convaincre, prenez connaissance de l’intervention de Pierre Pujo, lors de la Galette des Rois du 6 janvier 2006, à Paris, où de nombreux amis se sont retrouvés.

Soirée conviviale comme il se devait !

Portemont, le 5 mars 2006.

 

Discours de Pierre PUJO

Galette des Rois

du 6 janvier 2006


Nous nous réunissons cette année dans un nouveau cadre, plus agréable, pour partager la Galette des Rois de l'Île-de-France. Merci à M. Laurent Poyé de bien vouloir nous accueillir.
Vous apprécierez, je pense, que nous nous réunissions le jour traditionnel de la fête des Rois, un 6 janvier.
On peut se demander s'il y a lieu de fêter les Rois car, dans notre Ve République, les rois, ou du moins, les aspirants-rois, sont très nombreux et nous sommes saturés du tapage qu'ils font. À un an et demi de l'élection présidentielle, on ne dénombre pas moins de 40 candidats au pouvoir suprême, 40 candidats impatients de secouer le cocotier pour prendre la place du vieux chef qui, selon les sondages d'opinion, a cessé de plaire aux Français mais qui ne renonce à rien, tellement il est avide de pouvoir.
En attendant 2007, nous assistons à la rivalité entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin dans le camp de la droite libérale. La Vè République avait déjà inventé la cohabitation entre un président et un premier-ministre appartenant à des camps politiques opposés. Voici maintenant, au sein d'un même gouvernement, deux adversaires appartenant au même camp politique et saisissant toute occasion de se tirer mutuellement dans les jambes. Ce ne sont pas là les meilleures conditions pour assurer un bon gouvernement de la France, pour effectuer les réformes nécessaires et pour lancer des projets à long terme ! Au contraire, nous allons assister dans les prochains mois à la surenchère démagogique des deux protagonistes pour s'attirer les suffrages des électeurs. Ils ne seront pas d'ailleurs les seuls. À gauche, on s'y connaît aussi en matière de surenchère : la démagogie est la loi de l'élection présidentielle où ce sont les suffrages des électeurs les moins réfléchis qui font pencher la balance pour tel ou tel candidat.
Les longs mois qui vont précéder l'élection présidentielle vont mettre en relief les vices profonds de notre système politique qu'on a défini comme une monarchie républicaine, mais qui n'est que la grimace de la monarchie.
Une vraie monarchie aurait l'immense avantage de supprimer la compétition pour le pouvoir suprême. Le successeur du chef de l'État serait désigné par l'hérédité et non par son ambition personnelle ou par la choix de son parti.
Le Roi serait "l'homme de la nation" suivant l'expression chère aux gaullistes, et non l'homme d'un parti ou d'un clan. Il serait en mesure d'incarner la nation tout entière. Les 40 candidats dont je parlais sont chacun l'expression d'une sensibilité politique ou d'un groupe d'intérêts. Ils sont à l'image d'une France très diverse ; une France aux 300 sortes de fromages. Cette diversité a toutes chances d'entraîner en 2007 la dispersion des suffrages, de sorte que le président élu finalement ne représentera qu'une petite fraction des Français. Combien serait dérisoire la légitimité résultant d'un tel sacre démocratique !
Incarnant l'unité de la nation, le Roi exprimerait aussi par sa seule présence la continuité de la nation à travers les générations et fournirait la meilleure garantie contre toutes les aventures politiques.
Il est curieux de constater que la République ne cesse de vouloir imiter la Monarchie capétienne, mais sans y parvenir. La monarchie républicaine n'est qu'une république aggravée par la puissance qu'elle donne à un homme mis en place par l'arithmétique des suffrages.
Nous autres royalistes, nous nous tiendrons à l'écart de la foire présidentielle qui va s'amplifier au fur et à mesure que l'on se rapprochera du scrutin. Nous aurons à rappeler, en revanche, que la vraie solution au problème politique de la France demeure la Monarchie capétienne qui a fait la France, laquelle ne cesse de se défaire sans elle. C'est là le sens de notre fidélité à Mgr le Comte de Paris, duc de France et au Dauphin, Mgr le Duc de Vendôme.
Certains nous diront : c'est bien beau de rêver à la monarchie, mais sa restauration ne paraît pas imminente et, en attendant, la République continue ses méfaits.
Nous leur répondons d'abord que l'avenir est fait d'imprévus et que la République a connu dans l'Histoire bien des crises de régime. La monarchie peut sortir d'une crise de régime quand les Français, dégoûtés des jeux politiciens chercheront un autre système pour les gouverner et veiller aux grands intérêts nationaux.
D'autre part, nous ne somme pas de simples royalistes, mais des royalistes d'Action française. C'est-à-dire qu'en attendant le retour du Roi, nous menons le combat pour défendre l'intérêt national et les valeurs de notre civilisation chrétienne en toutes circonstances. Et nous le faisons d'autant mieux qu'à la différence des partis de droite ou de gauche, nous n'avons pas à défendre des intérêts électoraux.
En 2005, l'Action française s'est engagée aux côtés des souverainistes de tous bords pour faire échec au projet de la Constitution européenne qui abolissait la souveraineté de la France. Ce combat, nous l'avons gagné avec le triomphe du "non" au référendum. Pour une fois dans un scrutin national, nous avons été dans le camp des vainqueurs.
Certes ce "non" a eu diverses origines, mais, fondamentalement, il a exprimé le refus du peuple français de perdre la maîtrise de son destin. Il a signifié aussi un rejet des pouvoirs établis : les partis dits de gouvernement, de droite et de gauche, mais également les principales autorités morales, religieuses, économiques et sociales qui s'étaient rangées dans le camp du "oui".
Nous ne devons pas en rester à cette victoire. Le combat souverainiste doit être continué. Les raisons en sont multiples :
– les politiciens qui ont fait campagne pour la Constitution européenne sont toujours en place et n'ont pas renoncé à leur objectif : intégrer la France dans une Europe supranationale. Ils sont disposés à procéder à de nouveaux abandons de souveraineté au nom de leur idéologie européiste. Il est dans la nature des gouvernements républicains, sauf de rares exceptions, de mettre la France à la remorque des pays étrangers,
– le souverainisme aujourd'hui, c'est lutter contre les abdications de souveraineté mais aussi contre tous les renoncements. Comment ne pas s'inquiéter, ainsi, de la réduction du nombre des centres culturels français dans le monde, pour des raisons d'économies nous dit-on, mais il faudrat se souvenir que ces centres culturels sont de formidables investissements pour nos relations politiques et économiques de l'avenir. Les économies que l'on fait sur leur dos sont des économies ruineuses.
– le souverainisme, c'est dénoncer les délocalisations qui continuent et exiger les mesures nécessaires pour sauvegarder l'emploi des Français,
– le souverainisme, c'est encore refuser toute repentance de notre passé national. Voilà trop longtemps que dans les milieux politico-médiatiques on cherche à donner mauvaise conscience aux Français à propos de leur passé colonial. À propos d'une loi, votée en février dernier, qui exprime le souhait que l'on enseigne dans les écoles "le rôle positif de la présence française outre-mer", la gauche s'est mobilisée pour en réclamer l'abrogation et M. Chirac s'est incliné devant elle. Cette semaine, il déclarait que cette loi devait être réécrite et la formule litigieuse effacée. Elle ne fait pourtant qu'exprimer une vérité que tout historien honnête doit reconnaître...
Cette loi, nous dit-on, indisposerait certains de nos compatriotes. En fait, ce sont les intellectuels de gauche qu'elle indispose ! Les peuples d'outre-mer ont tiré très largement profit de la présence française. Il est vain de vouloir intégrer les jeunes immigrés dans la société française si l'on continue à leur enseigner que la France s'est mal comportée à l'égard de leurs ancêtres. Il faut au contraire leur dire qu'ils ont eu la chance d'être colonisés par les Français, grâce à qui ils peuvent maintenant accéder à la modernité.
Si M. Chirac veut abroger la loi du 23 février 2005, c'est pour donner satisfaction à M. Bouteflika, ancien responsable du FLN et actuellement président de l'Algérie, qui l'an dernier a violemment vilipendé la colonisation française, ce qui ne l'a pas empêché récemment de venir se faire soigner en France au Val-de-Grâce.
Mais la raison de l'attitude de M. Chirac est surtout qu'il fait sa cour à la gauche en vue de mettre en difficulté M. Sarkozy qui, lui, courtise les électeurs du Front National. Tout cela est assez misérable...
D'une façon générale, le combat souverainiste doit viser à restaurer le sens de la nation, c'est-à-dire la fierté de tout ce que représente la France par son passé et son patrimoine, mais aussi la volonté de lui faire jouer en Europe et dans le monde un rôle à la hauteur de son histoire.
Cela ne signifie nullement un repli sur soi ou une quelconque attitude impérialiste à l'égard des autres pays, mais simplement la volonté que la France demeure elle-même et conserve dans le monde toute sa place.
Nous aurons encore cette année à mener des combats avec d'autres patriotes français. Cela dit, nous devons travailler à développer le souverainisme dans toutes ses conséquences. L'A.F. est une école de pensée et possède une doctrine de la nation. Nous avons à promouvoir le nationalisme tel que Maurras l'a défini, c'est-à-dire demander l'application du critère de l'intérêt national à tous les problèmes politiques.
Nous devons d'autre part inciter les souverainistes à poser le problème des institutions. Trop souvent ils s'arrêtent en chemin dans leurs analyses en s'interdisant de mettre en cause la République démocratique. Et ils se contentent de se lamenter sur les problèmes non résolus en feignant de croire que de bonnes élections vont enfin procurer à la France un bon gouvernement.
Comme toujours, la grande tâche de l'AF est de veiller sur le rempart, d'avertir des dangers, de riposter à toutes les attaques dont la France est la cible, et d'enseigner inlassablement les exigences de l'intérêt national et les conditions de salut du pays.
Nos moyens financiers et matériels sont, hélas, limités, même si nous recrutons beaucoup de bénévoles, des jeunes en particulier. Mais nous avons conscience de mener le seul combat politique qui vaille, au service de la France et du Roi.

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