« Le parlement français, pléthorique en comparaison d’autres parlements européens, est devenu une chambre d’enregistrement des projets gouvernementaux eux-mêmes issus pour la plupart de directives européennes. Nos députés, incapables d’une quelconque discipline, ne daignent honorer le palais Bourbon de leur présence que pour aboyer sur leurs voisins, tenter des coups d’éclat devant les caméras, ou accumuler des milliers d’amendements pour neutraliser des projets, le tout en s’octroyant régulièrement des augmentations d’indemnités conséquentes.
La fonction représentative de la noble assemblée a toujours été une chimère, une représentation….au sens théâtral! D’un point de vue partisan, il faut bien reconnaître que des millions de français n’y sont pas représentés, ce qui n’a toujours pas l’air de choquer outre mesure les consciences de nos démocrates invétérés ; d’un point de vue organique (que nous souhaitons voir privilégié) la catégorie socioprofessionnelle des hauts fonctionnaires y est surreprésentée. Il faut dire que ces derniers, lorsqu’ils embrassent une carrière politicienne, ont l’assurance de retrouver un poste à la fin de leurs mandats, alors que dans le même temps, les salariés, ouvriers, commerçants, artisans, entrepreneurs, avocats ou médecins ont l’assurance….de perdre leur poste ou leur clientèle.
Enfin, le fameux cumul des mandats (qu’ils ne supprimeront jamais pour la simple raison qu’on ne se tire pas une balle dans le pied) n’est jamais que le dernier avatar de l’absurde théorie de la souveraineté nationale, véritable abstraction qui confine à la schizophrénie : Mme Joissains Masini, par exemple, cumule les fonctions de maire d’Aix-en-Provence, de président de la communauté d’agglomération du Pays d’Aix et de député de la nation. Comment mener à bien autant de fonctions ? Qui représente-t-elle à l’assemblée : sa circonscription ? Sa ville ? La nation toute entière ?
Au final, nous le savons bien, compte tenu des transferts de compétences au profit des instances européennes, du niveau abyssal de la dette publique, de l’emprise et du pouvoir disproportionné de blocage des « partenaires sociaux », de la soumission à toutes formes de groupes de pression, de tous les calculs politiciens, de toutes les traîtrises et les magouilles afin d’obtenir quelques subsides étatiques, le Parlement -comme l’Elysée- n’a plus aucune marge de manœuvre politique, au sens noble du terme.
Et pourtant, nos chères élites multi-casquettes continuent à briguer sans vergogne nos suffrages. D’un côté, la gauche voudrait que nous votions en vue d’une cohabitation. Mais la cohabitation, qui instaure de facto une diarchie au sommet de l’Etat, est clairement une insulte à l’intelligence humaine. De l’autre côté, on nous exhorte à voter massivement pour assurer une majorité parlementaire confortable au nouveau locataire de l’Elysée, sans laquelle les réformes prévues ne pourront être menées à bien. Mais peut-on nous dire à quoi cette dernière a bien pu servir ces cinq dernières années ? Nous, n’avons pas oublié qu’une telle majorité n’a en rien empêché reculades, pantalonnades et autres pitreries constitutionnelles (cf. l’affaire du CPE), sur fond de lâcheté et d’ambitions politicardes des uns et des autres..
Il est grand temps que cesse la mascarade. Français ne soyez plus dupes de leurs petits spots TV grotesques ; ne soyez plus les dindons de la farce électorale. La France a besoin d’une représentation organique et non pas idéologique de ses communautés naturelles (communes, régions, corps de métiers,…) chargée de faire remonter les doléances du peuple. Mais pour que cette représentation prenne tout sons sens, la France a besoin d’un chef de l’Etat qui soit véritablement un arbitre au-dessus de la mêlée et non le chef d’une faction, ce qui ne peut être assuré que par l’hérédité.
Tant que nous n’aurons pas mené ces deux urgentes réformes, tant que nous n’aurons pas débarrassé les élections de l’emprise des partis, nous n’aurons de cesse de le répéter : « Elections, pièges à cons ! »
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