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« Tous les gens de bataille »
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C’est sous un beau soleil que nous avons traversé
l’Esplanade des Invalides, le matin du 25 septembre 2005.
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Nos Forces Armées étaient pimpantes et s’évertuaient
à faire valoir leurs atours. L’Armée et la
Nation semblaient faire bon ménage. Nous hâtions
le pas pour la Messe de 11 heures… Un bel anniversaire s’annonçait…
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La Messe solennelle pour le deux cent
quatre vingt dix-neuvième anniversaire de la fondation de l’Institution
royale des Invalides se préparait.
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Ce n’est jamais sans une profonde émotion qu’avec
quelques uns de nos amis nous pénétrons dans Saint-Louis
des Invalides. Dans un passé qui nous paraît toujours
récent combien de messes célébrées
à la mémoire de nos plus beaux régiments
sous les couleurs desquels nombre de nos parents et proches ont
combattu ou sont tombés ? La frêle silhouette de
la « Maréchale » est dans nos mémoires…
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Aujourd’hui l’effervescence
est motivée par de toutes autres raisons.
Un prince espagnol du « Sang Bourbon » est attendu.
Avec talent, la venue de Son Excellence Luis de Borbon y Bordiu
et son épouse Maria-Marguerita est annoncée depuis
quelques semaines par l’Institut de la Maison de Bourbon-Jeunes.
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Un beau et bon dossier a été
préparé à l ‘occasion pour les lecteurs de
leurs courriels. L’histoire des « Invalides » est fort
justement présentée. Et nous comprenons avec respect, sans
qu’il soit nécessaire de la partager, l’émotion
des fidèles de Son Excellence, qui ont tant attendu et espéré
sa venue en France, alors qu’il déclarait…
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La messe est célébrée par Monseigneur Patrick
Le Gal, évêque aux armées. Quoi de plus normal
? Nos généraux sont bien représentés,
il ne saurait en être autrement.
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Et pour la suite nous irons de surprise
en surprise, nous réfugiant dans la prière. Jean-Paul Sartre
est présent dans l’homélie grâce aux «
Mouches ». Monseigneur Le Gal semble connaître son sujet.
Pas un mot, pas une évocation, pas un recueillement pour tous ceux
qui ont fait au cours des siècles le sacrifice de leur vie pour
notre Pays. Et faute de mouches, au plafond, nous contemplons dans la
prière les drapeaux qui témoignent encore « sélectivement
» des batailles…
Nous n’appelons pas à quelques
rappels vengeurs, mais simplement, chrétiennement, à un
véritable devoir de mémoire.
Dans ce vide envahi par une mondanité de mauvais aloi, nous passons
en mémoire les visages de tous nos Princes associés à
tous les anonymes qui ont servi notre Patrie.
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Faut-il vous rappeler le Duc d’Aumale qui enlevait la «
smala » d’Abd el-Kader le 16 mai 1843, à la
tête d’un escadron de 500 hommes ?
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Doit-on passer à la trappe Philippe
duc d’Orléans qui, bravant les lois d’exil revint en
France pour la servir auprès des soldats, en 1890, et dans les
geôles de la République clamait « en prison c’est
encore la France ! »
Devrait-on rougir de Jean, duc de Guise, qui servit coûte
que coûte au plus près du front en 1916-1917 ?
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A gauche, le Prince Jean Duc de
Guise, brancardier au front,
sous le pseudonyme de Jean Orliac |
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Passer sous silence aussi, son fils,
Henri, comte de Paris, qui sous le nom d’Orliac fût
légionnaire, toujours pour servir la France. Matricule
10681 !
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Et nous n’oublions pas un autre grand prince, d’une
autre Maison : le légionnaire Blanchard !
Engagé en 1939 au 1er Régiment Etranger, le Prince
Napoléon se cachait sous le matricule 94707.
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Oui, nos pensées se tournaient
vers eux, sans omettre le « Sang Bourbon » de Louis
XIV qui coulait dans les veines des Princes de Bourbon de Parme et aussi
vers les Bourbon-Busset qui reposent en la belle église de Lignières,
chez S.A.R. Sixte-Henri de Bourbon-Parme…
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Monseigneur le Comte de Paris,
en visite à Orange au 1er REC,
en mai 2005. |
Le légionnaire Henri d’Orléans,
comte de Paris, ancien lieutenant du prestigieux 1er Etranger Cavalerie
et aujourd’hui chef de la Maison de France, était présent
par la pensée...
tout comme Ses fils Jean duc de Vendôme, officier de réserve...
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et Eudes, duc d’Angoulême…
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ou Son neveu Charles-Philippe d’Orléans, Grand Maître
de l'Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem
et duc d’Anjou !
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Et si nous avions dû penser à un seul, aurions-
nous pu oublier le prince François, sous-lieutenant tombé
au Champ d’Honneur le 11 octobre 1960, en Grande Kabylie ?
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Le Prince François en 1958
partant pour son service militaire en Algérie. |
Oui, nous pensions à «
Tous les gens de bataille » et à leurs sacrifices…
Il n’est pas déshonorant pour un prince venu d’Espagne
ou d’ailleurs, d’avoir préféré prêter
serment au drapeau espagnol. C’est même fort digne et louable
d’en avoir été fier et de le rester. En son temps,
un de ses fidèles, et non des moindre, homme de qualité
et aimant la France tout comme nous, s’était démené
sans compter sa peine pour que la « Royale » le reçoive
le temps d’un service national. Ce prince venu d’Espagne,
en son temps, en décida autrement.
Ce n’est pas lui faire injure
que de le rappeler, c’est rappeler combien il importe en tout premier
d’aimer son pays ; Et notre pays c’est la France, servi de
tout temps par ses princes français.
Une réception nous attendait,
à l’invitation du Gouverneur des Invalides…
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Peu après, nous nous hâtions en sortie sous le soleil
toujours présent, réconfortés par la vue
des enfants de France qui faisaient connaissance avec leur Armée !
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Ainsi peut encore sourire le temps présent…
Nous patienterons sereinement pour le
300e anniversaire…
Portemont, le 29 octobre 2005.
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