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Cinq pieds et huit pouces !

 

Sans talon rouge, ni perruque, Il dominait son royaume…

Il régnait sur une France « agrégat de peuples désunis » pour reprendre l’expression de Mirabeau.
Pouvions-nous espérer meilleur portraitiste que Jean-Christian Petitfils ?

Grâce à lui, le 25 septembre 2005, dans les salons de la Résidence Maxim’s de Paris, Louis Dieudonné était parmi nous !

 

En virtuose, Jean-Christian Petitfils nous a entraîné dans une chevauchée dont nous nous souviendrons. Vladimir Volkoff, en bon cosaque, cavalcadait très haut, au-dessus de nos têtes et dans nos coeurs.
Avec eux, nous avons résisté à la Fronde, et nous avons suivi le jeune roi dans la misère et l’errance. Nous avons écouté les leçons de Mazarin, sur le terrain…
Les cœurs tendres ont sorti leurs mouchoirs quand le jeune Louis pleurait de se séparer de Marie Mancini… Les mouchoirs n’en pouvaient plus devant le chagrin partagé entre le roi et la Grande Mademoiselle.

Mais le roi ne cédait point sous l'oeil attentif de Son Altesse Royale la Princesse Béatrice de Bourbon-Siciles.

Le roi n’a pas froid et souvent les courtisans grelottent. Ce n’était pas pour nous déplaire.

Tout en mémoire, le roi est un être de bon sens. Une volonté de fer associée à une fermeté de caractère sans pareille, et un courage physique à toutes épreuves. Le roi a appris l’art du paraître tout autant que la maîtrise de soi et masque ses sentiments, protégeant « ses jardins secrets qu’aucun Lenôtre ne saurait défricher ».

Ses idées sont arrêtées : « Ne jamais quitter ses affaires pour son plaisir » et « faire prévaloir le Bien commun »
Tel est celui qui est simple dépositaire de la Couronne et ne rend compte qu’à Dieu, le dieu implacable de l’Ancien Testament…

Tour à tour Maître de ballet ou précepteur, Jean-Christian Petitfils se fait maître d’œuvre et nous conte (tout en comptant) Versailles !

Et le Royaume nous direz-vous ? Notre conférencier insiste sur la démographie : La France est le pays le plus peuplé d’Europe… Certes l’économie est fragile, rurale, confrontée aux problèmes climatiques. De 1692 à 1694, la disette fera 1,3 million de morts. L’hiver 1709 ensevelira 639 000 morts… La mort rôde toujours autour des berceaux et toutes les familles de France la côtoient. C’est le perpétuel temps de la Grande Faucheuse.
La Gloire…

La monarchie est militaire bien plus qu’administrative, accumulant les dettes, jonglant avec un système fiscal extravagant.
Colbert s’affaire, travaille sans relâche mais ne peut renverser le cours du temps. Les révoltes populaires sont appuyées par la noblesse des provinces et l’opposition aristocratique s’installe à Versailles… Une ombre féodale plane sur la société : « On se donne à quelqu’un ». Des armées privées perdurent et le duc de La Rochefoucauld mobilise 1500 « gentilshommes » aux obsèques de son père !

Et la monarchie pour contrer ce pouvoir des Grands, tout autant que pour renflouer ses caisses vend des charges. En 1682, 4800 propriétaires d’offices sont dénombrés. Nous sommes toutefois loin de nos 2,5 millions de fonctionnaires.
Richelieu, Mazarin, le temps des confusions entre patrimoine privé et public…
Le temps des Arts aussi.
Nous aurions pu ainsi écouter notre conférencier des heures et encore des heures…
Que retenir ?

Un sévère bilan de trente-trois ans de guerre, un Etat « moderne » qui se dessine, des Etats-nations en gestation. Des fautes lourdes à ne pas occulter : la révocation de l’Edit de Nantes, un roi trompé sur le nombre des abjurations et le nombre des dragonnades, et lentement, mais sûrement, la Monarchie versaillaise s’installe dans l’autisme…
De belles leçons à tirer pour nos temps ! Et toujours cette volonté inébranlable du roi vieillissant dans sa résignation chrétienne et qui n’a pas usurpé son nom de Louis le Grand.

A l'issue de cette belle soirée, aux côtés de Jean-Christian Petitfils, un "jeune" auteur, Monseigneur Charles-Philippe d'Orléans Duc d'Anjou faisait l'apprentissage des dédicaces à l'occasion de la parution de son premier roman "Aurore de Trénarvan" qui fera l'objet d'une présentation ultérieure.

Et pour nous combler encore, la chevauchée du Royaume reprend :

Lundi 17 octobre 2005

Nous vous donnons tous rendez-vous autour de Jacques-Henri Auclair et de nos Princes,

à 19 heures dans le « Salon Royal » de la Résidence Maxim’s de Paris,
42, Avenue Gabriel. 75008 Paris.

Jean-Christian Petitfils nous présentera « Louis XVI »
Un rendez-vous à ne pas manquer !

Portemont, le 13 octobre 2005.

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