jeudi 09 février 2012

Nous contacter



Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

Au cœur du pays Saint Jeannais… Suite encore !

La fraîcheur matinale s’est envolée. Fabrice a veillé à nous réchauffer les méninges…Sonne le temps de pause et nous nous ruons dans la grande cour. La « dispute » est maintenue par certains alors que d’autres vont faire le plein de café… Et l’ami Vincent se prépare…

 

Les tables sont disposées en U et le grand arbre tel un chêne, est là pour nous aider à prendre la mesure du temps et de la sagesse.

Le sujet s’y prête : « La constitution Historique de la France »

Notre ami Vincent de Schuyteneer a en charge de nous rappeler l’essentiel… Nous allons très vite réaliser que dans l’essentiel, il y a un minimum et un maximum…
Je vous laisse le soin de découvrir quelle option a retenue l’ami Vincent…

Et comme s’il devait affronter un Grand Jury, il nous présente son plan. Nous frémissons, craignant que deux jours ne soient pas suffisants…

L’introduction donne le ton :
« Selon l’histoire officielle, la France a deux dates fondatrices :
-52 : Alésia
1789 : Prise de la Bastille et la Révolution  française qui s’en suit…. Certains diraient « 2 défaites »...
Entre les deux, c’est le néant, ou presque ! Les ténèbres... Il  faut dénoncer et démonter ce mensonge. »

Nous voilà rassurés : Il va falloir combler un sacré trou…La tache ne nous fait pas peur et Vincent d’ouvrir la voie :
« Ce qui constitue un pays, c’est souvent : une race, une religion, une nature ou une culture, mais aucun de ces critères « traditionnels » ne fonctionne pour la France »

Nous sommes fiers de notre « exception » et la tâche à accomplir nous paraît encore plus belle.

Et le conférencier de poursuivre : « La France, c’est un peuplement, une civilisation, une langue, une culture et des institutions politiques ! Sans oublier la géographie… »

Et ne refusant rien de ce qui est bon, Vincent n’hésite pas à citer Napoléon : « l’histoire d’un peuple est tout entière contenue dans sa géographie ». Et c’est vrai. Paul-Marie Couteaux qui sera abondamment cité ne dirait pas le contraire ! (Ah ! Paul-Marie Couteaux qui devait se joindre à nous… et… méprise entre la ville de Vienne qui n’est pas loin de nous et la Vienne qui est proche de lui…).
La géographie nous montre combien nous sommes d’un bel équilibre…

Nous faisons aussi un peu d’ « antiquité »…Brennus lève son bouclier. Jules le César nous rend visite…

Souvenirs, souvenirs, Ah ! « la Guerre des Gaules ». Bainville nous met tous d’accord : nous devons beaucoup à la conquête romaine. Qu’il est doux parfois d’être colonisé… Nous gagnons du temps…

Et Clovis…Clovis qui sera le défenseur de la catholicité contre l’arianisme…

Rappel et leçon politique :
« - la Légitimité : il n' y a pas de politique sans héritage
- l’Etat : il n’y a pas de justice sans autorité de l’Etat contre les féodalités
- la Nation : la Nation se forme contre l’Empire (voir Michel Michel)
- la Civilisation : la religion Royale et la Res Publica se distinguent de la religion chrétienne tout en s'y rattachant. »

Mais tout y passe… Mérovingiens, Carolingiens…
« Les Carolingiens sont une originalité dans l'Histoire de France... Ils sont les fondateurs d’un Empire ! Qui plus est Européen ! Napoléon sera le seul à renouveler l’expérience... L’Union Européenne actuelle fait souvent référence à Charlemagne, Hitler prenait aussi cet exemple comme référence... Ils ont tout de même un apport intéressant du point de vue de la France ».

Le traité de Verdun ne sera pas oublié :
« Une dernière remarque : le traité de Verdun est le premier texte connu écrit en français ».

Nous attendons sans trop le montrer le temps des Capétiens…

"Alors, les Capétiens, ça vient ?"

Hugues Capet et les Capétiens

« La constitution historique et politique de la France est très étroitement liée à la dynastie capétienne. Cette dynastie  est un cas unique  dans le monde : une dynastie qui va régner 800 ans sans interruption. En 987, Hugues Capet monte sur le trône de France après 2 tentatives infructueuses de ses ancêtres Robertiens. Ici encore, il est question de légitimité, et il lui est nécessaire de démontrer son ascendance mérovingienne et carolingienne.
Le point important à souligner est que les grands du Royaume refusent d’être les vassaux d’un Roi qui serait lui-même le vassal de l'Empereur. C'est la première fois qu’une forme de nationalisme s’attache à la couronne de France ».

Autant vous le dire, une fois n’est pas coutume, nous allons boire du petit-lait… Huit siècles capétiens…

Les grands combats menés avec obstination :
« - Formation du pré carré
- Lutte contre les grands féodaux pour la défense du peuple »

Et le conférencier d’esquisser quelques belles « figures » :
« Louis VI le Gros : « le père des communes » car il les a favorisées aux dépends des grands féodaux, et même dans son domaine, et a mis en place les privilèges qui leurs étaient attachés.
Louis VII : choix  de la fleur de lys dans les  « armes » des Rois des France, alors que les autres Rois d'Occident choisissent des lions, des aigles ou des ours...
Philippe II Auguste : lutte contre la coalition anglo-germanique, lors de la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, on a pu parler de la naissance du sentiment  français, grâce à l’apport décisif des milices communales dans la bataille.

La Bataille de Bouvines.

Saint Louis et les débuts de l’administration et de la « centralisation » capétienne, extension de la puissance judiciaire.
Philippe IV le Bel : Roi légiste et Roi marin, fondateur des Etats Généraux. « Le Roi de France est Empereur en son Royaume », soit le Roi de France ne doit l’hommage à personne et il ne désire pas se porter hors des limites du Royaume, il n’est pas un Empereur Germanique.
Les derniers Capétiens directs continuent de préciser la règle de dévolution de la couronne, et renforcent bien le principe national de la couronne de France : aucun prince étranger ne peut ceindre la couronne des lys.
Charles V : fixe à 3 le nombre de fleurs de lys sur les armes de France en référence à la Trinité, Symbole de l’abandon à la volonté de Dieu.
Charles VI : malgré sa folie, il reste Roi (partout ailleurs, il eût été déposé), ainsi le Roi de France est une clef de voûte, ce qu’il représente, son rôle, est plus important que  ce qu’il est lui-même.
Charles VII : la légitimité retrouvée, et l’affirmation de la mission divine de la France.
Louis XI : diplomate par excellence, il fait entrer la France dans une ère moderne par son organisation et le rôle de l’Etat.
François ler : au soir de Pavie, il envoie sa bague à la Sublime Porte, c'est l’alliance avec les Turcs, l’alliance avec « l’Oultre-Mer », la France n’est pas un pays d’Occident ! Il sera par ailleurs le défenseur des arts, une mission qui s’est aussi affirmée en France comme régalienne.

François Ier à la bataille de Pavie

Les derniers Valois affirment la politique du juste milieu, laïque, même si le Roi demeure catholique. Ils affirment aussi le refus du gouvernement des partis, laquelle sera reprise par Henri IV.
Henri III : confirmation du vice de pérégrination, il ne part pas en Pologne pour faire souche, il reviendra  en France à la mort de son frère, il fait enregistrer ses intentions par lettres patentes du Parlement.
Henri IV : approfondissement des Lois fondamentales à travers la catholicité impérative.
Louis XIII : inséparable  de Richelieu, il a permis à la France de rentrer réellement dans l’époque moderne, il tenta même de modifier les règles de l’impôt, mais il en fut empêché par les Parlements qui prétendaient incarner (déjà) la volonté générale.
Louis XIV : grandeur et rayonnement de la France, abaissement définitif des féodaux, continuation de la politique des « petits », ceux qui ne sont pas nécessairement nobles, par leur valorisation : « On est toujours  assez  noble  quand  on est distingué  par moi » (Louis XIV).
Louis XVI : compréhension  de l’importance  et de l’irruption des questions sociales au coeur de la politique intérieure ».

Et l’histoire se poursuit… Une  constante ?

« Ce sont toujours les riches bourgeois ou les grands féodaux qui sont à l’origine des tentatives de renversement du trône, le peuple, lui, ne demande que son arbitrage.
Par ailleurs, dans tous les cas, c’est toujours l’étranger qui finance les tentatives, et dans le cas de 1789, la réussite de la révolution »

Des 5 filles de la Révolution…

« La Révolution a engendré 5 républiques, toutes sont nées dans le sang et sont mortes dans le chaos
- 1ère république : 1792 à 1804, elle commence en pleine période révolutionnaire et s’achève avec la proclamation du Ier Empire qui se terminera à Waterloo avec l’invasion de la France par les puissances européennes coalisées.
- 2e république : 1848 à 1851, elle commence avec la révolution de 1848 et s’achève par la proclamation du Second Empire qui se terminera à Sedan avec l’invasion de la France par l’Allemagne.
- 3e république : 1871 à 1940, elle commence dans la défaite de Sedan et l’écrasement de la Commune dans le bain de sang que l’on sait et se termine par la déroute de 1940 et l’invasion de la France par l’Allemagne.
4e république : 1946 à 1958, elle commence  dans le bain de sang des épurations et la prise en main de la France par les communistes et se termine avec le bourbier algérien.
5e république : depuis 1958...
La république va introduire le principe « constitutionnel » hérité de l’Angleterre, mais écrit. Ainsi, depuis 1791 (1"e constitution), la France a connu 13 constitutions, Selon Joseph de Maistre : « Qu'est-ce qu'une constitution ? N’est-ce pas la solution du problème suivant ? Etant donné la population, les moeurs, la religion, la situation géographique, les relations politiques, les richesses, les bonnes et les mauvaises qualités d’une certaine nation, trouver les lois qui lui conviennent. » Selon Hippolyte Taine « un peuple peut dire à la rigueur quelle constitution lui plaît, mais non pas celle qui lui convient. »

Vincent de Schuyteneer est intarissable :
« S’il est un élément fondamental de la constitution historique de la France, c’est le christianisme et en particulier l’Eglise Catholique ».

Nous revoilà avec Clovis… Nous saluons Louis XIII… Et ne pas oublier :
« La France est une collection de saints : Saint Irénée, Saint Remi, Sainte Clotilde, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc, Sainte Jeanne de France, Saint Vincent de Paul, Saint Jean-Marie Vianney, Sainte Catherine Labouré, les Bienheureux martyrs de septembre, Saint Denis, Sainte Thérèse de Lisieux, Saint Martin... et bien d’autres.
La France s’est bâtie autour de ses paroisses. Quel village de France ne possède pas son église, quel hameau ne possède pas sa chapelle, quelle route ne possède pas son calvaire ?
En fait toute l’histoire de France, depuis Clovis, s’est faite autour de l’Eglise, mais depuis Philippe IV le Bel, c’est une France officiellement laïque, même si Philippe IV n’a fait qu’entériner une situation de  fait. Il y a séparation  en France du Temporel  et du Spirituel depuis  au moins  le XIIIe siècle ».

La conclusion s’amorce :
« Nous  avons vu que la France n’est  pas apparue un beau jour de juillet 1789, mais qu’elle est le produit d’une lente maturation. Cela démontre, qu’un pays n’est pas un assemblage officiel décidé par voie contractuelle  mais une oeuvre qui se construit ou se détruit chaque jour. Ainsi, les « pays » artificiels sont tous voués à la dislocation : l’Union Soviétique, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie... Nous nous devons aussi de connaître notre histoire pour nous rendre compte du fossé qui peut exister entre l’Islam et la civilisation Française. Aujourd’hui, la France n’est plus considérée comme Dar-el-Jihad, mais comme un Dar-el-Islam en devenir, un Dar-el-Arb, autrement dit, un pays qui, si les choses ne changent pas, basculera tôt ou tard dans l’Islam. Plus nous serons fiers de notre pays, et plus nous serons en mesure de convertir ceux que nous « accueillons » à la civilisation française. Dans le cas contraire, il nous faudra en faire le deuil ! »

Marteler et rappeler la France. Notre ami Vincent n’en dévie pas :
« La France reste un cas particulier dans l ‘Histoire, car c’est une Nation, et non un Empire. On peut même dire qu'elle s'est constituée contre l’Empire (voir Michel Michel), ce qui signifie que nous ne comprenons les autres qu’à travers ce prisme qui restreint la réalité. Seule la Perse (l’Iran) offre un exemple analogue mais pas identique...
Il est donc de notre devoir de rappeler ces éléments de notre histoire, ces piliers qui permettent de comprendre le monde actuel et d’envisager le monde futur. Le président de la république sortant et son gouvernement ont été élus sur un programme de conseil général : réduire les morts sur les routes, faire avancer la recherche contre le cancer, et faciliter l'intégration des personnes handicapées. D’aucuns diraient : « ils ont réussi » ! Mais quoi ? Où est le projet pour la France ? Dans les lignes du programme socialiste : « oui au mariage gay » ? Dans les déclarations du président de l'UMP ? Dans les élucubrations diverses de partis politiques pastèques, vert à l’extérieur, rouge à l'intérieur ? Dans le baroud d’honneur d’un chef prétendument chouan qui donne chaque jour un peu plus de gages de citoyenneté  à la république ? »

Et au cas improbable où nous nous serions assoupis :
« Non, décidément  non ! Il est temps de proposer un véritable projet à la France, incarné par la Famille de France, mais où il est essentiel de ne pas se laisser corrompre par le jeu électoral qui dit élection dit compromis, qui dit compromis dit compromission ! »

Et d’en appeler à un républicain de bonne pointure :
« Malgré mes convictions républicaines, je suis forcé de reconnaître que la France doit son héritage admirable, sa structure  religieuse, artistique, morale et civile, tout ce qu’elle possède  de bon et d’heureux, ni à la république, ni à Napoléon, mais bien à ses Rois. Ils peuvent avoir commis des erreurs, mais ils ont fait les grandeurs  de la France ». Edouard Herriot, de sinistre mémoire.

Tout avait été dit pour que la pause apéritive soit animée…

Nous n’avons pas voulu vous distraire pendant la lecture des  grandes lignes de cette conférence ; maintenant nous pouvons tout vous dire : Deux évènements importants se sont produits lors de son déroulement.

Notre bon Docteur, Anne-Dominique du Sable, était très attendue.

Pour sa personne, tout d’abord, mais aussi en raison du trésor qu’elle transportait.

Je passe sur le bon vin de « son » Languedoc qui nous ravit toujours les gosiers…

Il y avait bien plus encore : La bannière !

Et quelle bannière… Elle voyait le jour à Paris sous les doigts de fée de Dame Ghislaine. Il y avait bien eu quelques cogitations préalables… Mais à notre bannière, il fallait une hampe !

Il fut donc fait appel à l’Oncle Jean, et notre bannière s’invitait en Provence. Tout fut fait afin qu’elle nous revienne gaillarde, prête à claquer au vent. Nous pouvons donc vous l’avouer, la conférence s’est trouvée quelque peu perturbée…

Et il nous manquait quelqu’un : Pierre Pujo ! Discrètement, Portemont et Vartot s’éclipsaient pour se rendre en expédition à Vienne, Vienne capitale voisine et non pas la Vienne chère à Paul-Marie Couteaux… Attente sur le quai de gare et toujours un pincement… La halte du train est de courte durée. Pierre Pujo ne s’est-il pas plongé dans une lecture de Maurras de derrière les fagots ? Un soupir de soulagement à l’unisson et nous sommes rassurés : Pierre descend, cartable et sac de voyage en main !

Embrassades et nous voilà sur le chemin du retour. A la Tour de Buis, discrètement, nous reprenons nos places.

Pas besoin de donner le thème de la conférence à Pierre Pujo…

Bannière flamboyante et Pierre Pujo présent, la conférence reprenait de plus belle !

Portemont, le 6 janvier 2007

Téléchargez le texte intégral de la conférence de Vincent de Schuyteneer
(cliquez sur le lien) :
« La constitution Historique de la France »

Et... retrouvez le diaporama

Et... Retrouvez les articles précédents :
- Au cœur du pays Saint Jeannais… (1)
- Au cœur du pays Saint Jeannais… (2)

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

 
 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.