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Au cœur du pays Saint Jeannais… (2)
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Une soirée dense après laquelle certains sont encore à peine remis, est derrière nous. Ce samedi 29 juillet 2006 une dure journée nous attend. Le programme doit reprendre à 09h00.
Le Groupe de Liaison Royaliste et les Manants du Roi, pour l’instant, se rallient autour de qui un bol de café, qui un bol de thé… Fabrice Hadjadj, bientôt, sera dans ses œuvres…
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Nous avons encore dans nos têtes les rappels de Michel Michel… A voir la tête de certains de nos amis, les discussions se sont poursuivies tôt matin. Les vieux briscards, eux, ruminent : « Ah ! le complot … »
Fabrice est prêt à mettre le fer au feu.
Notre ami Fabrice Hadjadj est égal à lui-même. Avec le temps, une constante se dégage. Fabrice, lors de ses conférences, pose près de lui un ou deux bouts de papiers. Quelques notes, quelques références… guère plus. Et à chaque fois, ce « dénuement » nous annonce un feu d’artifice d’une rare densité !
« République ou Res Publica » ?
Les enjeux sont posés et Fabrice nous prévient : « Propos improvisés ». Nous pouvons donc être rassurés…
« La république au sens moderne ou révolutionnaire conduit à la destruction du bien commun »
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De rappeler toutefois, que la république française naît dans la pente oratoire des tribuns romains. Souvenons nous, la République, le Consulat puis l’Empire…
Mais la République est sans tête. Fabrice de préciser la nouveauté par rapport à la république romaine : « Le contrat social, le pacte social » nous remémorant que chez Hobbes, il pouvait y avoir une monarchie absolue « contractuelle ».
La République comme régime ? Un regard vers Athènes et la « Politeia », Clisthène L’Alcméonide, Hérodote… Entendre Les Suppliantes d’Eschyle…
La « Politeia », le gouvernement du plus grand du nombre.
Mais quel choix avons-nous ? Un gouvernement par qui et pour quoi ?
« La Royauté, le gouvernement d’un seul, l’Aristocratie, le gouvernement de quelques-uns, la République, le gouvernement du plus grand nombre. Au plan théorique, tous ces systèmes se corrompent. La corruption de la Royauté c’est la tyrannie, la corruption de l’Aristocratie c’est l’oligarchie, la corruption de la République c’est la démocratie. »
Relire Thomas d’Aquin : « De regno », véritable petite Somme politique… Rome a renoncé à la royauté par crainte de la tyrannie ! Mais Thomas d’Aquin fait son choix : Le gouvernement d'un seul est meilleur que le gouvernement collectif quand il est juste et s'exerce en vue du bien commun mais qu'il peut être pire quand il est injuste...
Que le gouvernement collectif versant plus souvent (presque toujours) dans la tyrannie et l'injustice que le gouvernement d'un seul il faut toutefois préférer ce dernier.
Que, de surcroît, le roi est par nature plus intéressé au bien commun qu'un gouvernement collectif.
La République, la Démocratie ? Fabrice Hadjadj nous rappelle la remarque de Maritain : « La distinction entre République et Démocratie ne s’entend plus comme par le passé » et de lancer une flèche acérée contre le discours actuel : « Plus de Démocratie ? Il faut en fait plus de République, plus de « Res publica » ».
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Jacques Maritain |
Découvrir un grand penseur : Yves Floucat
« Pour une restauration du politique. Maritain l’intransigeant de la contre-révolution à la démocratie », d’Yves Floucat, Téqui, 1999, 246 pages.
Le regard de Fabrice pétille alors de mille feux et déborde de gourmandise. Ce livre est à découvrir. Sans se départir d’un vrai sens critique, il rend hommage à un grand penseur politique. Maritain le Mal Compris, Maritain le Mal Aimé.
Vous mettre en appétit et lire le compte-rendu qu’en faisait en son temps Christophe Geffroy in La Nef n°103.
« Sur le Maritain politique, ce livre d’Yves Floucat est excellent. Il donne de façon fort intelligente et très claire les grands thèmes de sa réflexion politique. Remarquable connaisseur de Maritain dont il est un disciple, Yves Floucat sait aussi prendre ses distances avec son maître et critiquer telle ou telle de ses analyses. Cela lui confère une loyauté et une indépendance rares sur un tel sujet où la passion est souvent de mise.
Dans une première partie, il présente la vision politique de Maritain, en s’arrêtant d’abord sur l’affaire de la condamnation de l’Action française en 1926. Puis, il scrute son œuvre en s’appuyant principalement sur l’Humanisme intégral, le compagnon de route de l’Action française étant devenu un fervent défenseur de la démocratie. La phrase suivante de Maritain résume sa conviction : « Notre civilisation ne reprendra sa marche en avant normale que si l’inspiration chrétienne et l’inspiration démocratique se reconnaissent et se réconcilient » (cité p. 98).
On aurait tort, cependant, de voir en Maritain un simple « démocrate-chrétien ». Floucat a raison de citer la formule d’Etienne Borne qui décrivait Maritain comme un « philosophe chrétien de la démocratie » plutôt que comme un philosophe de la démocratie chrétienne (cf. p. 140). En lisant Floucat, on comprend qu’il ne s’agit pas que d’une affaire de mots, tant la réalisation concrète de la « démocratie chrétienne » en Occident fût loin de l’idéal maritanien.
Dans la seconde partie du livre où nous a conduit cette controverse, Yves Floucat aborde un thème essentiel : la continuité de la pensée politique de Maritain. Il est courant d’entendre qu’il y a deux Maritain : le monarchiste ami de l’AF d’avant 1926 et le démocrate adversaire de l’AF de la période suivante. Le grand mérite de Floucat est de briser cette vision attrayante au premier abord mais par trop superficielle. Certes, il est indéniable que Maritain a bel et bien changé certaines de ses positions. Il n’empêche que ces changements sont bien plus superficiels que les fondements de sa pensée qui marquent une remarquable continuité tout au long de son œuvre, y compris dans le domaine politique.
Sans doute, sa fidélité au thomisme et à une vision fondamentalement chrétienne de la cité politique explique cette fidélité, « fidélité à la prééminence du spirituel et à la dignité du politique » pour reprendre le titre de la seconde partie du livre. C’est au demeurant l’un des grands mérites de Maritain que d’avoir contribué (parmi d’autres) à remettre à l’ordre du jour une approche thomiste en philosophie politique.
Dans cette optique, l’adhésion de Maritain au royalisme de l’AF reposerait sur une ambiguïté. Voici comment Floucat explique l’« engagement spéculativement réfléchi » de Maritain auprès de l’AF : « L’ambiguïté provient essentiellement, me semble-t-il, du fait qu’un certain nombre de vérités communes ne sont en fin de compte reconnues par Maritain et Maurras que dans la mesure où, au moins partiellement, on consent à les prendre matériellement. Cela suffit, assurément, pour qu’un certain accord spéculativo-pratique puisse se réaliser – et c’est bien ce qui s’est produit jusqu’à la condamnation du mouvement maurrassien –, mais n’implique pas nécessairement qu’une mise en ordre spéculative générale et commune puisse accompagner ou même émerger de cet accord et lui assurer la solidité et la durée » (p. 119).
La démonstration de Floucat de « l’homogénéité foncière » (p. 132) de l’évolution de la pensée politique de Maritain est convaincante. S’appuyant sur Henri Bars, il écrit que les idées politiques de Maritain « se sont développées par assimilation vitale et progrès immanent ou par autogenèse, non par substitution » (p. 135).
Enfin, dans une troisième partie très intéressante, l’auteur réalise un travail salutaire en critiquant certains aspects des idées politiques de Maritain. Et notamment sa conception de la souveraineté qui l’a conduit à prôner dans L’Homme et l’Etat une « Autorité mondiale » supranationale. Mais le plus surprenant dans ce livre sympathique est de voir un disciple de Maritain défendre le principe de la monarchie royale comme le plus apte à mettre en œuvre les principaux aspects de la pensée politique maritanienne. Un paradoxe qui ne surprendra que les amateurs d’idées toutes faites.
On peut certes ne pas apprécier Maritain, ce livre n’en demeure pas moins un outil indispensable à quiconque cherche une bonne introduction à la pensée politique de celui qui demeure l’un des grands philosophes catholiques du XXe siècle. » |
Merci à « Fabrice le Dénicheur » !
Ne pas négliger les réflexions plus conventionnelles : Relire Maurice Duverger et « La monarchie républicaine – Ou comment les démocraties se donnent des rois »…
Relire aussi Anna Arendt…
« Accepter d’opposer Royauté et République, c’est accepter la donne révolutionnaire »
« Fabrice le Canonnier » tonne, toujours tout sourire !
« Il faut remonter plus en avant. La république : non pas la forme de gouvernement mais le bien commun. Le bien commun s’oppose au bien individuel. Toujours rappeler que le bien commun est premier. La théorie du contrat inverse le rapport »
Aristote frappe à la porte. Le bien commun dans la famille est un héritage, il est transgénérationnel. Le traditionalisme s’oppose au progressisme… Fabrice taille dans le vif et frappe de taille et d’estoc : « Toute tradition tend vers un avenir. L’héritage n’est pas l’hérédité. La tradition n’est que vivante et doit porter un projet fidèle. Le bien commun est supérieur au bien individuel. »
Saint Thomas n’était pas loin : « La main se lève instinctivement pour protéger la face »
L’estoc frappe le cœur : « Le bien commun temporel est inférieur au bien éternel d’un seul. La sécurité, la prospérité au sein d’un Etat… Finalité ? Le Salut ! » « Fabrice Le Catholique philosophe » nous sourit.
De l’équilibre précaire entre le bien commun, le bien commun temporel et le bien individuel. Le totalitarisme, l’individualisme…
« L’homme moderne, c’est l’émeutier. Nous sommes dans une ère post- idéologique. L’idéologie a fait produire à l’homme des moyens qui le dépassent – Armes, fonctionnement du marché… Il en devient l’esclave ».
Nous sommes frappés par la « Honte prométhéenne » : « Nous regrettons de ne pas être produit par des machines : l’entreprise biogénétique ».
« Fabrice le Forgeron » : « Le bien commun contient un héritage et il est porteur d’un avenir. Nous sommes dans la disparition républicaine de la res publica. Nous perdons l’héritage par surdétermination ! Notre rapport au monde n’est plus que scientiste. Le pouvoir ? La primauté de l’économie découle de ce choix… Nous sommes dans la mathématisation des sciences et dans la « scientification » du Politique. Auto destruction de l’idéologie, échec de la civilisation européenne »
Un exemple ?
« Le mouvement Dada : Qu’est-ce que cet art qui n’a pas empêché les massacres. 1914-1918… Et alors l’art devient obsédé par la morale : Hiroshima… Le bikini. Les Iles Bikini ! Le lieu du premier essai nucléaire devient le plus petit maillot de bain du monde… Débauche publicitaire pour minimiser le danger. Exorciser l’explosion nucléaire ? Nous parlons de bombe sexuelle. »
Et de nous jeter Darwin à la face afin que nous tentions de la protéger avec la main :
« L’Homme : un intermezzo dans l’histoire de l’univers. Possibilité réelle de la destruction radicale. La possibilité de notre fin ».
De la finitude de l’espèce :
« Nous ne croyons plus dans une postérité. Pas de postérité ? L’immédiat est un pur spiritualisme, éthéré. Il n’y a plus de consommation : il y a le marché. L’achat par un seul clic. Il n’y a donc plus d’espace pour un bien commun en expansion. Nous sommes au cœur des violences, du terrorisme ».
L’interrogation se fait pressante : « Comment transmettre à des élèves nihilistes ? Tout est en place – individualisme, radicalisme – pour la plus grande des tyrannies ! »
Notre temps ? « Un seul but : la consommation ! C’est le temps de la destruction des Humanités. Un seul déploiement : le divertissement ! Une finalité ? L’homme sera sauvé par les nanotechnologies et la biotechnologie… Un bien commun ? Il sera planétaire ! Nous sommes entrés dans la parodie de la transcendance jouée par les medias ».
Relire Guy Debord : La société du spectacle.
« Tout devient exploitable par l’image. Je veux vivre au-delà de mon corps. C’est l’ère de l’adorateur du « Très Haut Débit ». C’est le temps des ermites de masse !
Les choses m’arrivent sans m’arriver. La parodie du détachement, parodie ultime de ce qui est la fin suprême de l’homme. La contemplation. »
Relire : Anna Arendt et Gunther Anders de son vrai nom Gunther Stern, le fils des psychologues William et Clara Stern, qui ne voulait pas être qualifié de philosophe…
Lectures indispensables :
De « La pensée de la technique »
« Dans la perspective de Anders, les révolutions industrielles reposent sur un déplacement systématique du sujet ou, plus généralement, de l’homme. Dans ce sens, la technique n'est pas un phénomène de notre histoire, mais tout à fait à l’inverse : l’histoire est suspendue à la technique. C’est la technique qui détermine, par là même, notre être-là.
La première vraie révolution industrielle est réalisée quand le principe de la machine est itéré. C’est-à-dire, quand la reproduction des machines est assurée par d’autres machines. Le principe d’itération s'accompagne d’une accélération et d’une métamorphose de la production qui refoule l'être humain à la marge de la production. Toutefois, ce déplacement reste limité au temps du travail. C’est seulement durant le travail que l’être humain perd son privilège de sujet.
La deuxième révolution industrielle réintègre l’homme dans la production, mais comme ressort supplémentaire de la machine. C’est le moment où la production des marchandises est secondée par la production des besoins (la publicité, entre autres), c'est-à-dire par la production d’êtres soumis au devoir de satisfaire la « faim des marchandises ». L’industrie de la culture accomplit cette inversion du sujet au sein même de son être-au-monde quotidien.
La troisième révolution industrielle n’est pas de nature technique ou économique ; elle est métaphysique. La bombe atomique représente un tournant historique indépassable. À ce propos, Anders écrit : « L’époque des changements d'époque est passée depuis 1945. Depuis lors, nous vivons un moment de l’histoire qui ne constitue plus une époque avant d'autres époques, mais un « délai » Frist durant lequel notre être ne cesse d'être qu'un « être-tout-juste-encore ». […] Cette troisième révolution est donc la dernière.» (Antiquiertheit des Menschen 2, p. 20) La troisième révolution ne signifie pas pour autant la fin de l’histoire ; elle signifie la possibilité de la fin de l'histoire.
Anders conçoit ces révolutions industrielles comme une subversion radicale aussi bien de la conception hégélienne de l’histoire, que des espoirs marxiens et de l’analyse existentiale de l’être-là (Dasein) heideggerien .
La philosophie de la technique de Anders se présente comme une « ontologie négative » (Antiquiertheit des Menschen 2, p. 46). Non seulement l’être des choses tend vers une liquéfaction/liquidation progressive en raison de l’accélération du cycle production-distribution-consommation, mais l’être-là, l’être humain lui-même, se dissout dans la « schizotopie » des images et la « purée temporelle » (Zeitbrei) d’une existence dépourvue de sens.
Ce changement de perspective implique une critique assez radicale de Heidegger. La « pseudo-concrétion » de la philosophie heideggerienne , l’abstraction de son monde et l’ignorance du corps - conditions de l’arrachement au monde requises pour la réalisation de l’authenticité -, n’interdisent pas seulement la compréhension du monde réel à Heidegger, mais rendent sa pensée disponible aux orientations politiques les plus problématiques.
Le retard congénital de l’être humain en tant que travailleur, en tant que soldat et en tant que consommateur face à la technique donne lieu à ce que Anders appelle la pente prométhéenne (prometheisches Gefälle). La pente prométhéenne, à son tour, donne lieu à un sentiment historiquement nouveau : la honte prométhéenne (prometheische Scham). La honte prométhéenne est ce sentiment qui nous fait pâlir devant la perfection de nos machines et devant la pitoyable défectuosité de notre propre corps. D’où vient le péché industriel de l’homme sur terre ? »
Le monde télévisé
« Les réflexions de Anders sur la télévision peuvent être résumées par les 8 thèses suivantes (Antiquiertheit des Menschen 2, p. 252-256) :
1. La télévision nous dérobe la possibilité même de l’expérience. En ingurgitant des expériences toutes faites, notre faculté de perception, notre faculté de jugement se mettent au diapason des images déversées. La seule expérience sensible qui reste est celle du mur d’images, livré à domicile à l’état liquide, imperceptible comme jugement et inaccessible à la critique.
2. De ce fait, il nous devient impossible de distinguer réalité et représentation. En devenant réalité, la représentation n’usurpe pas la place de la réalité, elle absorbe la réalité dans la représentation. La seule réalité est celle qui, susceptible de se mettre en scène, apparaît comme image.
3. Dès lors que le fantôme du monde devient matrice du monde, il conditionne une « imitation inversée ». Chaque image (Bild) tend à prendre la forme d’un idéal (Vorbild). Le monde avant ou après l’image n’a plus le droit d’exister qu’à titre de décalque du décalque.
4. La livraison liquéfiée et liquéfiante nous transforme en consommateurs permanents et nous fige dans la position de la passivité du nourrisson. De même que nous voyons des images d’un monde auquel nous ne participons pas, nous entendons des discours auxquels nous ne pouvons répondre. Voir devient ainsi du voyeurisme, écouter (hören) une variante de l’obéissance (Hörigkeit). Comme les images qui présentifient un monde absent, nous sommes, en tant que spectateurs, présents et absents tout à la fois.
5. La passivation équivaut à une perte de liberté. Mais à une perte de liberté qui ne se manifeste pas comme telle. Devant la télévision, nous ne faisons pas l’expérience de la passivité. Au contraire, nous nous retrouvons dans la position d’une toute-puissance et d’une omniscience virtuelles, vécues comme jouissives. Le monde est à la portée de la main qui tient la télécommande.
6. Du fait d’être gavé d’images, nous sommes gorgés d’idéologie. Les images isolées, séparées, décontextualisées interdisent toute représentation cohérente d’un ensemble, d’une situation, d’un fait, concrets. Cette parcellisation de l’image conditionne une sorte de cécité causale face à l’ici et au ceci.
7. L’infantilisation machinale nous fige dans la phase « orale industrielle ». L’assimilation de nourriture en vient à constituer le seul modèle de l’expérience.
8. Afin d’être le plus largement comestible, l’image doit être désamorcée. Dans le flot sursaturant des images, les différences s’estompent pour laisser place au nivellement harmonieux. De même qu’un grand nombre d’enseignes lumineuses se neutralisent et donnent lieu à une lueur uniforme (Antiquiertheit des Menschen 2, p. 336), de même les images télévisées nous précipitent dans une indifférence générale où rien ne compte plus parce que tout y est unique et extraordinaire. L’ouverture intégrale au monde est la contrepartie de la cécité complète du spectateur. »
Découvrez Gunther Anders et allez de l’avant :
http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%BCnther_Anders
Le sourire de Fabrice se fait grave :
« Le cercle familial, le rond de la table est rompu par la télévision. Tous en ligne ! La privation du monde, réduit à l’état de bibelot. Nous regardons la ville bombardée en mangeant nos « chips ». La chose n’est réelle qu’en devenant fantôme. La guerre du Golfe n’a pas eu lieu (Baudrillart) ».
Gérard Leclerc et Fabrice Hadjadj, d’une même voix : « La Politique se dérobe. Nous sommes en face d’une révolution anthropologique. Le combat que les catholiques mènent pour la défense de la famille leur fait perdre de vue le champ proprement politique : la Cité ! »
Le plafond bas de la salle dans laquelle nous nous serrons semble s’élever. Il prend des allures de dôme et les paroles de Fabrice rebondissent pour mieux retomber sur nos têtes :
« Je suis royaliste. Le royalisme ne doit pas être une marchandise, un divertissement, une marchandise pour « snob ». Etre fils de ses pères et non pas de son temps !...
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... Le royalisme ? Un lieu de résistance au règne de la marchandise et du spectacle. Prendre conscience de la dimension symbolique du pouvoir. Retrouver la postérité. Aller du ciel vers la terre. Retrouver Parole pour retrouver la terre (Descartes).
Bernanos plus que tous les autres a compris l’essentiel : le désespoir…
L’espérance théologale devient un enjeu politique. Retrouvons la création pour pouvoir s’arracher aux utopies de transformation de l’homme…
Le nouveau Noé doit construire une Arche. »
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Le silence n’est pas de plomb. Tous les crânes bouillonnent. Cent questions se bousculent.
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Et Fabrice de mettre les points sur les « i » :
« Je voudrais dire que je ne suis pas conservateur »
Relire aussi les grands textes anthropologiques de Charles Maurras. Gérard Leclerc jubile : « Le Play est plus important que Comte pour Maurras… »
Relire Pierre Boutang : « Reprendre le pouvoir ». Lire « L’imminence de la destruction » : le conservatisme impossible d’Yves Floucat.
Un temps de pause est nécessaire. Nous avons été étrillés par une pensée d’airain.
A suivre…
Portemont, le 26 décembre 2006
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