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Au cœur du pays Saint Jeannais…
Les cœurs battent toujours un peu plus fort à l’approche du lieu de rendez-vous. La carte sur les genoux, l’œil aux aguets nous sommes en approche. Nous ? Une voiture en provenance de Paris. Les enjeux de notre expédition sont visibles. Portemont au volant, Alienor tente de jouer le navigateur. A l’arrière, Pia, Patrick et Maelis. Il serait difficile de glisser un lys dans la voiture : ordinateurs, scanner, imprimante et tout notre paquetage s’empilent tant bien que mal… Et une affichette apposée à un carrefour de campagne déclanche un cri de joie ! Nous sommes dans les derniers cent mètres. Nous attaquons la côte, légers… La Tour de Buis est là. Nos regards se portent sur l’aire de garage et nous reconnaissons des voitures amies. Et le rutilant bolide à deux roues de l’Ami André Clert brille sous le soleil.
Le temps des embrassades vite écoulé, prendre possession de sa carrée ! Et faire le tour du propriétaire… Le lieu est propice au travail. Un air de colonie de vacances pour grands étudiants. Refaire le tour des amis.
La troupe augmente en nombre : David a fait la route avec Gérard, le « clan » Michel est bien représenté. Fabrice et sa famille qui s’est agrandie est parmi nous. Les Bretons seront absents… imprévus de dernières heures. Mais les Niçois sont, on ne peut mieux représentés ! Et Stéphane Blanchonnet représente le Lyonnais.
Bertrand Lambert, les Thirion… Les amis ont fait le voyage. Ce n’est pas encore la grande réunion des quatre-vingt chasseurs, mais nous nous rapprochons d’année en année du nombre… Chasseurs d’espérance ! Et l’espérance se déclare par la présence d’amis toujours plus jeunes. Pierre nous rejoindra demain, ainsi que Anne-Dominique. Henri a fait la route avec son épouse. Nous avons de belles surprises et nous ne sommes pas au bout du compte… L’heure du repas s’annonce et nous ne nous faisons pas trop prier… Vite se mettre dans le bain.
« Le Royalisme : Passer du témoignage à l’action » Michel n’a pas le crâne rasé, mais il nous lance : « Le Désert des Tartares… les barbares se font attendre » Ne faisons pas injures aux Tartares…
Quels sont les critères qui pourraient fédérer l’Action ?. Nous ne sommes pas au mieux, mais comme disait Maurras « La touffe reverdit ». Ça repart toujours…mais cette touffe ne monte pas en blé et ne pèse pas sur l’avenir de notre pays. La réalité française produit et produira toujours un royalisme de conviction et de mémoire. Le royalisme est maintenu au-dessus du néant… mais… » Le ton est donné. Nous sommes embarqués dans un mouvement brownien, dans tous les sens ! Et certains s’en délectent… « Il y a un royalisme, pareil à un iceberg. On ne sait pas où s’arrête le fond. C’est un mouvement d’amateurs. Le royalisme est spéculatif, mais les royalistes se reconnaissent (Parfois pour mieux s’étriper : note de Portemont), ils ne disparaissent pas. Amateur ? Dans le sens positif. Ils aiment, fonctionnant dans le principe de plaisir. Les groupements royalistes ? Principalement des bénévoles… »
Michel, (avec le temps nous le précédons en pensée) renoue avec ses vieux démons. Démons nécessaires et que nous devrions apprivoiser… Un peu les mains couvertes de sang, Lénine semble traverser la cour en ricanant : « nécessité d’organiser des révolutionnaires professionnels… » Michel discrètement l’a salué : Pour un peu nous nous lèverions en lançant : « Allons boire un coup à la santé du Roi et rentrons chez nous ! »
Le Royalisme ? Il se maintient aussi par « une tradition d’impertinence, un savoir-faire qui vient d’une école qui n’est pas que doctrinale. » « Les royalistes de témoignages sont adeptes de l’ordre métapolitique. Ils s’attachent au Principe…et la question du Prétendant en devient secondaire. » Est-ce leur faire injure de dire qu’ils s’arrêtent à la sortie de la messe ? On ne complote pas pour un principe : on complote pour un Prince ! (Portemont) « Comment faire pour développer ce qui manque le plus ? » Les royalistes « comploteurs »… « Les scissions ne coûtent pas cher. Plaisir à développer les discussions oiseuses… Mousquetaires du Roi ou Mousquetaire du Cardinal ? Royaliste avec une sensibilité de droite ou une sensibilité de gauche ? Et puis rien ne vaut mon royalisme à moi et mon roi à moi ! » Le couperet tombe. Maladie infantile, adolescente, du royalisme… Michel « Tarass Boulba » de poursuivre : Avoir un terrain d’action : Quels ont été nos combats ? Michel méritait bien là que nous tirassions une salve ! Mais les consignes devaient être respectées : Les escopettes étaient interdites… « Le royalisme ? Il n’échappe pas aux discours inutiles qui justifient l’inaction…On n’est pas démocrates, on ne vote pas, le roi est au-dessus des partis… » Se rapprocher des dures réalités. Notre tache ? Comment changer de régime ? Machiavel traverse la cour en sautillant, envoyant des pétales de lys à Michel… Le coup d’état ? Mais pour le faire ? Les bonnes circonstances ? Lénine et Machiavel retraversent la cour en dansant la gigue… Nous regrettions d’avoir à respecter les consignes ne rêvant plus qu’à nos escopettes. D’un seul mot de notre Colonel… Michel de poursuivre avec délectation : Besoin d’une cohésion globale et avoir une grande capacité d’adaptation tactique… Michel, tel Michel « Strogoff » n’avait pas le temps de souffler. L’auditoire n’en pouvait plus. Les questions fusaient pareilles à des sarcelles qui s’élevaient d’un étang paisible…
Patrick de Villenoisy , représentant l’Alliance Royale :
... Nous avons changé d’air. Nous sommes dans un monde « démocratique occidental » apaisé… (Maritain se risquait à traverser la cour) Il n’y a pas d’avenir révolutionnaire. Notre époque n’est plus léniniste ! Elle est « tocquevillienne » ! Peut-être contient-elle le ferment de sa propre mort, mais nous sommes en démocratie ! (Maritain bombait le torse se sentant moins seul…) Et notre ami Gérard d’enfourcher le cheval de bataille « défense de la Ve République », en attendant le retour du Roi, je vous rassure ! Une Ve République, même anémiée, devenue maigrichonne, mais qui à ses yeux, a opéré une réintroduction de la monarchie dans les institutions…Moribonde ? La défendre malgré tout… On tentait de faire une petite place à l’opinion publique… Michel de tonner : Ah ! nos escopettes ! Fabrice Hadjadj renouait avec la révolution anthropologique, insistant sur la perte des repaires collectifs. Et pour en finir, Michel lançait : Nous avions tous besoin d’une pause. Et quelle pause… A cet instant, certains doutaient de pouvoir tenir jusqu’au bout ! Et à trois reprises, Portemont avait cassé sa mine, mais tenant bon sa pipe. A suivre… Portemont, le 25 décembre 2006 Retrouvez les articles suivants : |
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