samedi 04 juillet 2009

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Les temps changent… Et ce sont nos temps !

La Cité des Baux- de- Provence représente beaucoup pour nombre d’entre nous. Ce lieu magique résonne pour les plus anciens, du cri de « Montmajour ! ». C’était un peu notre « Montjoie saint- Denis ! ».

Le « Val d’enfer » fut très vite notre terre promise. Sur les rochers tourmentés ricochent encore les mots d’amour de Gustave Thibon et d’Abel Pomarède. C’est dans ces lieux que deux générations et peut-être trois sont venus témoigner de leur amour pour la France. Ces rassemblements nous les devons à la perspicacité et l’obstination de nos amis provençaux. De grandes figures nous ont quitté, d’autres ont pris la relève. Et cette année encore, après une pause de deux ans, nous avons fait des Baux notre capitale.

Toujours aller de l’avant.

Samedi 2 juillet 2005

Cette année, rendez-vous était donné dès le 2 juillet à 14 heures 30, et une ancienne carrière avait pris des allures de caverne platonicienne.

 

En effet, nous étions convié à une série de conférences, bien au frais. Tel un cerbère souriant, Michel Franceschetti tenait la table d’accueil.

 

Vite, prendre place sans prendre le temps de saluer les amis…L’horaire étant l’horaire, Antoine de Crémiers, fort de ses talents d’animateur du « Café politique » d’Aix-en-Provence, finissait de présenter les premiers intervenants.


Nous étions au cœur du sujet.

Et une fois n’étant pas coutume, la réflexion institutionnelle était abordée …
Patrick Barrau brisait avec sourire les tabous.

Avec le contre jour, Patrick Barrau était le maître de la Caverne…


Sans occulter l’apport spirituel ou la dimension esthétique du royalisme, s’appuyant sur son parcours personnel, il nous invitait à porter notre travail sur la réflexion institutionnelle. La constitution de la Vème République était à prendre à bras le corps. Complexe et subtile, elle ne pouvait survivre que couronnée… Et c’est pour cela qu’elle dépérissait, sans cesse amoindrie et toujours affaiblie. Les points forts de cette constitution étaient rappelés, ses points faibles aussi. Son évolution vers un régime présidentiel éloignant l’horizon monarchique n’était pas oublié ainsi que les tentations jamais disparues d’orienter le régime vers un régime parlementaire. Le constat était dressé sans complaisance : les chefs successifs de l’Etat étaient délégitimés. La principale raison de cette évolution était mise à jour : La constitution de la Vème ne pouvait fonctionner que dans deux cas. Soit autour d’un homme présentant un lien « historique » fort avec le pays soit avec un homme au-dessus des partis…
Et donc la réflexion royaliste s’imposait plus que jamais.

Avec le calme qui le caractérise Jean-Baptiste Donnier poursuivait la réflexion, se présentant comme un constitutionnaliste « amateur ».


Nous savons tous combien il convient de se méfier des « amateurs ». L’ « amour » de leur sujet les rend bien souvent plus pertinents que les
« professionnels » ou que certains « spécialistes »…
Pour Jean-Baptiste Donnier, la réflexion royaliste était opportune dans la situation de crise institutionnelle de l’après-referendum. Il y avait un réel consensus pour admettre que ces institutions de la Ve étaient en crise. Royalistes, nous pouvions esquisser des solutions.
Jean-Baptiste Donnier rappelait avec finesse que ces institutions étaient viciées par la nature même des institutions… et que depuis la Révolution et la déclaration des Droits de l’Homme nous avions vécu une véritable religion de la Loi. Ce n’est qu’en 1958, que furent posées des limitations à l’omnipotence de la Loi. Limitation par le haut par le Conseil constitutionnel qui vérifiait que la Loi était bien conforme à une vérité supérieure à la Loi… Et plus récemment décentralisation de la République !
La crise trouvait son fondement dans la nature républicaine des institutions. Le pouvoir suprême étant toujours à prendre, la République ne pouvait pas véritablement réformer. La crise était le prix à payer pour l’absence du Prince, et, pour cette raison, les partis politiques constituaient l’ossature du régime.
« Ce régime est constitué (constitution), mais jamais institué. Il s’oppose donc toujours à quelqu’un ou à une idéologie ».
Tous les pouvoirs découlant de l’élection, le gouvernement est nécessairement issu de la représentation… Et la structure partisane ne peut que vicier cette constitution !
Le professeur Donnier n’était pas en reste en abordant la décentralisation. Les collectivités territoriales sont définies comme ayant vocation à s’administrer elles-même librement, mais que strictement dans le cadre défini par la Loi. Nous touchions du doigt la contradiction entre la reconnaissance d’une vocation naturelle à s’administrer et les limitations imposées par la Loi… Et toujours la nécessité pour les partis de dominer tous les stades de la vie politique pour la conquête du pouvoir.

En conclusion, nos deux intervenants faisaient valoir que seule la « réinstauration » d’un pouvoir souverain pouvait éviter les confusions, entre le domaine de la loi et du règlement, mais aussi entre le domaine de la décision – le pouvoir – et le domaine de la délibération du consentement ou du discernement (Potestas, libertas). Jean Baptiste Donnier ne se privait pas de rappeler que dans l’action politique il y a des domaines qui ne relève pas de la volonté mais qui doivent être analysé à partir de la connaissance « L’autoritas »…

Pour un peu les cigales devenaient muettes !

Il y eut bien sûr quelques questions et Antoine de Crémiers ne manqua pas de poser La Question : « Faut-il une constitution ? »
Nous étions tous d’accord avec lui pour condamner l’hypertrophie de la loi qui n’hésite plus à entrer dans l’intimité même des familles et de constater tous ensemble que la démocratie était un lieu vide.
Jean-Baptiste Donnier convenait sans réserve que nous étions dans le règne « du tout et n’importe quoi » mais nous invitait à « repenser ce qu’est une constitution ». Sortir de la représentation partisane, repenser la représentation à l’échelon décentralisé et ne pas perdre de vue, pour avancer, que la constitution de la Vème portait en elle la survivance de germes régaliens…

Patrick Barrau insistait sur l’inflation législative, trop de lois infantilisant le citoyen, attirant notre attention sur l’effet médiatique, vecteur de cette inflation. Il mettait à nu la face thaumaturge de la Loi, censée soigner et régler le problème par son existence même…

La pause était bien venue ! Et les conversations ou les retrouvailles se poursuivirent autour du point d’eau…

« sainte Brigitte »,
gardienne du point d’eau !

 

L’ami Olivier grand vigneron devant l’Eternel n’en revient pas…


Très vite, la carrière prit des allures de cathédrale du savoir.
Nous reprenions nos places pour entendre Jacques Saint- Pierre nous entretenir de « La Place de la France dans l’Europe »

Cette Europe, J. Saint-Pierre nous en présenta les limites à coups de questions, « roulantes » comme des coups de canon : Quelles limites à l’Europe ? Quelles racines ? Quelles orientations ?

J. Saint Pierre et Hilaire de Crémiers

Les problèmes et les tensions de l’Europe de l’après-referendum étaient à l’ordre du jour…
Face au géant américain, quelle Europe ? Quelles réponses face à la montée en puissance des périls ? Et de quels périls parle-t-on ? La Chine ? L’Islamisme ? l’Iran ?

Une réponse : Le 29 mai 2005,les Français ont répondu NON.
NON au traité « mais à bien d’autres choses » et « les craintes peuvent être considérées comme justifiées… ».
Jacques Saint-Pierre nous brossait un rappel de l’aventure européenne. A l’origine, l’Europe avait été le rêve d’une catholicité « conservatrice », avant d’entrer dans « l’Ubis » : l’Europe de la démesure… qui ne pouvait que provoquer des peurs. Il y a une réalité européenne et il y a ce qui pourrait être un idéal. L’Europe n’est pas une construction idéologique. C’est une civilisation, qui a connu certes des crises, mais qui fut aussi une forteresse au sein de laquelle s’est développé et a rayonné le christianisme. Une Europe issue de la civilisation médiévale avec pour acteurs l’intellectuel et le marchand. Une Europe du XVII e siècle « sous influence française »… qui a vu l’affirmation des Etats nations et la disparition des empires ! J. Saint-Pierre nous rappelait fort justement que la France fut un modèle. Les perversions et les dangers pointaient dès 1950 et l’Action Française mena d’emblée la lutte contre une Europe qui refusait de reconnaître ses racines…

Jacques Saint-Pierre régnait sur la caverne.


Si l’Europe économique, l’Europe « communauté d’intérêts » était concevable à 6, elle perdait tout sens à 25 en raison des disparités économiques et des mentalités. L’Europe qui s’est dessinée, à marche forcée, n’est que la poursuite de « l’esprit d’Aristide Briand ». Et les Etats-Unis jouent de tout cela.
Cette Europe est contraire à la réalité du monde, contraire à la réalité de l’Europe et des Etats. « Il n’y a pas de possibilité d’Europe politique ». Et la Russie dans tout cela ?
Plus que jamais les peuples doivent conserver leur souveraineté afin de conserver leur identité. Et la France dans ses rapports avec la Francophonie, avec son domaine maritime et dans ses rapports avec l’Islam doit demeurer souveraine.
Jacques Saint-Pierre pouvait marteler en conclusion :
« En Europe comme en France, les peuples imposeront le retour au réel ! »
Le « Val d’enfer » résonnait du rire rocailleux de Gustave Thibon.

Hilaire de Crémiers, directeur de « Politique magazine » et Délégué général de la Restauration Nationale, prenait la suite en s’attachant à dénoncer le glissement de « la France puissance » vers « l’Europe puissance ».
En effet des années 1950 jusqu’aux années 1970, on parlait dans les milieux politiques de la France comme une puissance. Aujourd’hui la France s’est vidée de sa substance « puissance », c’est la notion d’ « Europe puissance » qui prédomine… Toute la classe politique a mis ses atouts dans cette nouvelle notion. Il était juste de rappeler que François Mitterrand fut le dernier chef d’Etat à pouvoir se réclamer d’une « puissance » souveraine, au moins en politique étrangère…

Mais la classe politique entretient une confusion qu’Hilaire de Crémiers se faisait fort de dénoncer.

Hilaire de Crémiers


Les institutions européennes n’ont qu’un caractère technicien, et une autorité technicienne ne saurait être une autorité politique Nous sommes en présence d’une Europe inachevée : « Il n’y a que des appareils techniques qui ont obtenu des accords. »
Dans cette aventure, la France a perdu ses cartes internationales. « L’Europe telle qu’ils l’ont « monté » passera sous influence anglo-saxonne ».
La coupure entre la classe politique française et le pays réel n’est plus à démontrer.
« La technique n’est pas la politique. Si on laisse faire la technique, elle aboutit à la technocratie la plus inhumaine. »
Pour sortir de ces impasses, Hilaire de Crémiers trace des voies : « Reprendre la Politique extérieure de Louis XVI, mettre la France comme modèle des nations modérées. »
C’est tout le concert des nations qui est à réécrire…
Une nouvelle pause n’était pas de trop. Il fallait affronter la chaleur et quitter notre « Caverne ».

Un trio gagnant, et je ne vous parle pas de pétanque… : 
Gérard Pol , Jean Gugliotta et Jean-François Hueber.

L’attention de l’auditoire ne faiblissait pas et c’est sans « perte » que nous nous nous sommes retrouvés dans un silence « religieux » pour entendre Gérard Leclerc, directeur de « France catholique » et chroniqueur à « Royaliste », auteur de nombreux ouvrages, nous parler des « Rapports entre le Politique et le Religieux ».

Notre ami Gérard pointait du doigt « le paradoxe qui fait que dans un monde laïcisé, le monde entier s’est prosterné devant Jean-Paul II. Avec les obsèques de Jean-Paul II, le monde a eu le sentiment d’enterrer le dernier géant de l’Histoire. »


Gérard Leclerc nous remémorait le parcours de ce Pape qui venait du cœur de l’histoire et du cœur névralgique de l ‘Europe, de cette Pologne qui fut autrichienne… Le « miracle » de la Vistule fut bien sûr évoqué, préservant l’indépendance de la toute jeune Pologne.
Notre ami ne manqua pas de nous resituer dans son contexte le célèbre « N’ayez pas peur ! »
En 1978, l’Europe était figée, et les mots du saint-Père eurent une force émancipatrice. Les peuples reconnurent très vite la stature exceptionnelle du Pape. Mais peut-être que Jean-Paul II surestimait-il les capacités et les résidus de l’Europe occidentale…
Tout comme il a peut-être surestimé la France… Gérard nous rappelait alors le baptême de la France et le coup d’éclat du Bourget…Mais il n’en demeure pas moins vrai que Jean-Paul II a réveillé les énergies spirituelles des peuples, visitant sans relâche tous les sanctuaires « nationaux » !

Benedictus ne pouvait être caché sous le boisseau. Benoît XVI était invité…
En toute franchise, Gérard Leclerc nous avoua ne pas y avoir cru…
« Je n’y croyais pas… » Pour poursuivre aussitôt par : « Et toutes mes objections ont été balayées. C’était lui et pas un autre. L’homme qui avait les préhensions les plus aigus du monde contemporain, qui a lu tous les philosophes contemporains. »

Avec des mots simples, Gérard nous résumait les échanges entre Habermas et le futur pape. « Convergence vers les formes anthropologiques entre l’héritier des Lumières Habermas et l’héritier de la grande chrétienté Benoît XVI. »
Nous fûmes emportés par un feu d’artifice : La gravité des questions morales, la collaboration sans faille pendant 25 ans, entre Jean-Paul II le Moraliste et le Dogmaticien Ratzinger.
Rédemption et Révélation, Foi et raison… Oui, la carrière qui était devenue « caverne » se révélait cathédrale ! Sans se démonter, Gérard Leclerc insista sur la qualité des dialogues entretenu par Jean-Paul II ou Benoît XVI avec certains penseurs modernes. « Vouloir dialoguer, ce n’est pas se compromettre. » Il était nécessaire de rappeler que la phénoménologie et Max Weber n’étaient pas autant éloignés du thomisme que certains voudraient nous le faire croire…

Antoine de Crémiers plantait ses banderilles annonçant : « Nous sommes à la veille d’un divorce avec la modernité ». Et Gérard Leclerc de préciser : « La modernité c’est le monde du XIXe siècle réalisé au XXe. C’est un monde qui part en miettes. Nous sommes dans la déconstruction, la dissolution. Un certain nombre de clercs se croient encore dans la modernité et comme elle est en crise, ils voudraient la sauver… »

Pour tout l’or du monde, je n’aurais pas cédé ma place !
Tout se mettait en place, crescendo, pour la dernière conférence.

Le Professeur de philosophie, Jean-François Mattei, nous faisait franchir :
« Le passage de la modernité à la post-modernité ». Un passage semé d’espoir ou d’inquiétudes…
Les métastases post-modernes se répandent « mezzo voce », la rupture se fait sans bruit. Sauf peut-être le bruit de quelques rires ?
« Il n’y a plus de démocrates qui puissent se regarder sans rire. »
Mais qu’est ce donc que cette post-modernité ? Et que nous reste-t-il ?

Jean-François Mattei faisait un salutaire rappel de la « Modernité ». La paternité du mot peut être attribué à Baudelaire, dans une perspective artistique, bien que Balzac dans « le Père Goriot » l’apprivoisât. Constantin Guy en fut le peintre, le peintre de la vie moderne…
Il était bon de nous rafraîchir la mémoire et de préciser que la modernité c’était : « la mise en cause de la tradition qui remonte au platonisme, conception du monde dans lequel les réalités ne sont que le reflet de réalités intelligibles et rationnelles. »

La modernité conduisit nos existences du XVI au XXe siècle. Elle fut l’avènement d’un équilibre entre la dimension rationnelle d’Athènes et la dimension de Jérusalem…pour s’essouffler et se fissurer au début du XXe.
Aujourd’hui la modernité est morte. La post-modernité est en place, sans la raison, sans échappatoire, sans espérance. Il ne nous reste que l’émancipation, l’autonomie et la tentation de l’illusion finaliste. Le monde a épuisé les réserves de la Tradition.

Antoine de Crémiers, qui avec Danielle et Michel Masson ainsi que quelques amis cernent le sujet depuis de longs mois dans la revue « L’escritoire », posait « la Question » :
« Sommes-nous encore en société ? »

Pour lui, la réponse est claire : « Il y a incapacité à dire ce que nous avons en commun. Nous sommes à la fin de l’optimisme. La démocratie, c’est l’optimisme. Les étais qui soutenaient la société se sont effondrés. Les liens souterrains entre la démocratie et les nouvelles barbaries apparaissent… »

Antoine de Crémiers maniant tout autant le fleuret que le sabre, résuma sans complaisance et avec précision notre monde moribond :
« En bourse, les entreprises qui n’ont pas d’actif sont souvent plus valorisées que les autres. Nous sommes dans un monde de production destruction. Produire sans arrêt de nouveaux besoins et titiller le désir pour créer ces nouveaux besoins. La passion pour l’économique s’est transformée en passion pour le gain. » Qu’on se le dise : « La modernité est morte ! »

Le Professeur Mattei n’était pas en reste :
« Nous vivons le temps de l’insensé, c’est le temps de celui qui en plein jour cherche non plus un homme comme Diogène, mais Dieu… Ne trouvant Dieu, c’est que Dieu est mort »
Et de nous inviter à relire Nietzsche, Novalis…
La fin étant proche vous pourriez croire que nous étions abattus par le désespoir. Folie !
« Plus le danger est grand, plus le salut est à notre portée. » Jean-François Mattei et Antoine de Crémiers sont trop lucides pour en rester là.
« Les sociétés démocratiques aiment le mouvement pour le mouvement, sans se poser la question de l’intérêt ou de la finalité de ce mouvement. » ( J.F. M)
« C’est à nous de nous poser les bonnes questions. Notre prétention sera de redéfinir le Bien ! » ( A. de C)
Pas moins que ça !
On ne comptait plus les K.O assis…


Vite, il fallait fêter toutes ces bonnes nouvelles et dans la clémence du soir, pédibus, nous mettions le cap à un jet de pierre, sur l’aire de nos anciennes réunions, où tout était dressé et fin prêt pour retrouver nos amis un verre à la main.

Et nous nous désespérions de ne pouvoir « tirer » une bonne photographie du professeur Mattei !

Saluons tout le travail des Aixois et des jeunes Niçois grâce auxquels la soirée fut une réussite.

Les nourritures terrestres


Mais ce n’était pas fini…
Rendez-vous fut pris pour le dimanche, jour du Banquet. Ce n’était que justice après le temps de la caverne…

Dimanche 3 juillet 2005.

Nous avions convenu de nous retrouver à Maussane pour la Messe de substitution. En effet, en raison d’un cas de force majeure, le curé qui devait célébrer la Messe en Provençal aux Baux ne pouvait tenir son engagement. Mais le rendez-vous pour l’apéritif était maintenu devant le parvis de la belle église romane Saint-Vincent des Baux.
Et le sort s’acharnait sur nous ! L’apéritif s’était transporté sur notre bonne vieille aire du Val d’enfer !

Que le sort en soit remercié : primo, nous pûmes encore une fois admirer la belle église...

 

et ses vitraux offerts par le marquis des Baux qui en son temps était :

 

….et le point de vue des anciens remparts.


S ecundo, la pinède nous protégea des ardeurs du soleil !
La bonne humeur ne fut en rien altérée, que nos amis provençaux se rassurent.
Certaines conversations reprirent là où elles avaient été abandonnées : un verre à la main !

L’ami Henri, le « marsouin » Volkoff et l’ami Gérard Leclerc
Toujours au poste, nos jeunes amis niçois et Brigitte d’Aix se « décarcassaient » pour notre plaisir…

 

Nicole Maurras partageait notre Fidélité avec la discrétion qui la caractérise. Qu’elle soit ici chaleureusement remerciée.

 

Maître Jacques Trémolet de Villers était parmi nous, rattrapé par la post- modernité.


Les absents manquaient, c’est le propre des absents.
Tous s’avançaient vers les tables du Banquet. Devoir d’état, il fallait rejoindre Paris ! Pour la suite, nous attendons les nouvelles de « la Tortue »…
Les Baux opèrent toujours dans nos cœurs et dans nos esprits, mais les Temps changent. Nous pouvions espérer la présence d’un plus grand nombre d’amis. Les sujets abordés étaient d’importance, mais disons le sereinement, ils pouvaient justifier la présence d’autres voix du royalisme, en toute fraternité. Ils le devaient. Nous ne gagnerons pas seuls, enfermés dans nos certitudes. Des échanges se doivent d’être engagés quand nous nous interrogeons sur l’identité de la France ou l’identité de l’Europe, sur le souverainisme, et bien d’autres sujets encore. Gérard Leclerc nous l’a bien dit : le dialogue n’est pas céder à la compromission. Jean-François Mattei nous a montré les perversions du logocentrisme. Il nous appartient d’en tirer les leçons et de nous mobiliser pour que puisse perdurer l’esprit des Baux. C’est un beau défi, nous devons tous en faire notre défi et épauler nos amis provençaux. Qu’ils soient toutes et tous remerciés. Nous n’oublions pas que depuis 1969, Gérard Pol et son compère Jean-Louis Hueber sont toujours présents. Nos pensées ont été pour les grands anciens disparus, les « Lavo » et tout dernièrement le fidèle Brissac.

Haut les cœurs. Les Baux perdureront !

Le Chef de la Maison de France, Monseigneur le Comte de Paris, nous avait précédé dans ce haut lieu de mémoire le 19 mai 2005 et avait pu s’entretenir chaleureusement avec une délégation dynamique de la Fédération Royaliste Provençale, autour de Michel Franceschetti. Aussi le Prince avait-il tenu à féliciter et encourager tous nos amis en leur adressant le message que nous avons l’honneur de mettre en ligne.

A Monsieur Franceschetti,


Cher Ami,

J’ai eu le plaisir de vous rencontrer aux Baux de Provence lorsque j’y étais accompagné de la Comtesse de Paris en Mai dernier. Il était alors question de refuser un engagement qui aurait fait perdre leur âme à la France et aux Français, je veux parler du référendum.

Vous vous réunissez à nouveau aux Baux pour y tracer des perspectives pour l’avenir. Je suis heureux de saluer tous ceux qui y sont présents car vous formez en dépit, ou à cause de votre diversité un mouvement vivant et sain.

On a trop tendance en effet de confondre l’uniformité qui égalise, qui rabote vers le bas vers l’unité qui est une construction qui tend vers les hauteurs de l’Esprit. C’est ainsi que l’on construit les Cathédrales mais il leur faudra toujours une clé de voûte pérenne pour être vraies et vivantes.

Très chaleureusement,

Pollença, le 29 juin 2005.

 

 

Portemont, le 14 juillet 2005.

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