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Les temps changent… Et ce sont nos
temps !
La Cité des Baux- de- Provence
représente beaucoup pour nombre d’entre nous. Ce lieu magique
résonne pour les plus anciens, du cri de « Montmajour ! ».
C’était un peu notre « Montjoie saint- Denis ! ».
Le « Val d’enfer »
fut très vite notre terre promise. Sur les rochers tourmentés
ricochent encore les mots d’amour de Gustave Thibon et d’Abel
Pomarède. C’est dans ces lieux que deux générations
et peut-être trois sont venus témoigner de leur amour pour
la France. Ces rassemblements nous les devons à la perspicacité
et l’obstination de nos amis provençaux. De grandes figures
nous ont quitté, d’autres ont pris la relève. Et cette
année encore, après une pause de deux ans, nous avons fait
des Baux notre capitale.
Toujours aller de l’avant.
Samedi 2 juillet 2005
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Cette année, rendez-vous était donné dès
le 2 juillet à 14 heures 30, et une ancienne carrière
avait pris des allures de caverne platonicienne.
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En effet, nous étions convié à une série
de conférences, bien au frais. Tel un cerbère souriant,
Michel Franceschetti tenait la table d’accueil.
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Vite, prendre place sans prendre le temps de saluer les amis…L’horaire
étant l’horaire, Antoine de Crémiers, fort
de ses talents d’animateur du « Café politique
» d’Aix-en-Provence, finissait de présenter
les premiers intervenants.
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Nous étions au cœur du sujet.
Et une fois n’étant pas coutume, la réflexion
institutionnelle était abordée …
Patrick Barrau brisait avec sourire les tabous.
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| Avec
le contre jour, Patrick Barrau était le maître de la
Caverne… |
Sans occulter l’apport spirituel ou la dimension esthétique
du royalisme, s’appuyant sur son parcours personnel, il nous invitait
à porter notre travail sur la réflexion institutionnelle.
La constitution de la Vème République était à
prendre à bras le corps. Complexe et subtile, elle ne pouvait survivre
que couronnée… Et c’est pour cela qu’elle dépérissait,
sans cesse amoindrie et toujours affaiblie. Les points forts de cette
constitution étaient rappelés, ses points faibles aussi.
Son évolution vers un régime présidentiel éloignant
l’horizon monarchique n’était pas oublié ainsi
que les tentations jamais disparues d’orienter le régime
vers un régime parlementaire. Le constat était dressé
sans complaisance : les chefs successifs de l’Etat étaient
délégitimés. La principale raison de cette évolution
était mise à jour : La constitution de la Vème ne
pouvait fonctionner que dans deux cas. Soit autour d’un homme présentant
un lien « historique » fort avec le pays soit avec un homme
au-dessus des partis…
Et donc la réflexion royaliste s’imposait plus que jamais.
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Avec le calme qui le caractérise Jean-Baptiste Donnier
poursuivait la réflexion, se présentant comme un
constitutionnaliste « amateur ».
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Nous savons tous combien il convient de se méfier des « amateurs ».
L’ « amour » de leur sujet les rend bien souvent
plus pertinents que les
« professionnels » ou que certains « spécialistes »…
Pour Jean-Baptiste Donnier, la réflexion royaliste était
opportune dans la situation de crise institutionnelle de l’après-referendum.
Il y avait un réel consensus pour admettre que ces institutions
de la Ve étaient en crise. Royalistes, nous pouvions esquisser
des solutions.
Jean-Baptiste Donnier rappelait avec finesse que ces institutions étaient
viciées par la nature même des institutions… et que
depuis la Révolution et la déclaration des Droits de l’Homme
nous avions vécu une véritable religion de la Loi. Ce n’est
qu’en 1958, que furent posées des limitations à l’omnipotence
de la Loi. Limitation par le haut par le Conseil constitutionnel qui vérifiait
que la Loi était bien conforme à une vérité
supérieure à la Loi… Et plus récemment décentralisation
de la République !
La crise trouvait son fondement dans la nature républicaine des
institutions. Le pouvoir suprême étant toujours à
prendre, la République ne pouvait pas véritablement réformer.
La crise était le prix à payer pour l’absence du Prince,
et, pour cette raison, les partis politiques constituaient l’ossature
du régime.
« Ce régime est constitué
(constitution), mais jamais institué. Il s’oppose donc toujours
à quelqu’un ou à une idéologie ».
Tous les pouvoirs découlant de l’élection, le gouvernement
est nécessairement issu de la représentation… Et la
structure partisane ne peut que vicier cette constitution !
Le professeur Donnier n’était pas en reste en abordant la
décentralisation. Les collectivités territoriales sont définies
comme ayant vocation à s’administrer elles-même librement,
mais que strictement dans le cadre défini par la Loi. Nous touchions
du doigt la contradiction entre la reconnaissance d’une vocation
naturelle à s’administrer et les limitations imposées
par la Loi… Et toujours la nécessité pour les partis
de dominer tous les stades de la vie politique pour la conquête
du pouvoir.
En conclusion, nos deux intervenants
faisaient valoir que seule la « réinstauration »
d’un pouvoir souverain pouvait éviter les confusions, entre
le domaine de la loi et du règlement, mais aussi entre le domaine
de la décision – le pouvoir – et le domaine de la délibération
du consentement ou du discernement (Potestas, libertas). Jean Baptiste
Donnier ne se privait pas de rappeler que dans l’action politique
il y a des domaines qui ne relève pas de la volonté mais
qui doivent être analysé à partir de la connaissance
« L’autoritas »…
Pour un peu les cigales devenaient muettes !
Il y eut bien sûr quelques questions
et Antoine de Crémiers ne manqua pas de poser La Question : « Faut-il
une constitution ? »…
Nous étions tous d’accord avec lui pour condamner l’hypertrophie
de la loi qui n’hésite plus à entrer dans l’intimité
même des familles et de constater tous ensemble que la démocratie
était un lieu vide.
Jean-Baptiste Donnier convenait sans réserve que nous étions
dans le règne « du tout et n’importe quoi »
mais nous invitait à « repenser ce qu’est une
constitution ». Sortir de la représentation partisane,
repenser la représentation à l’échelon décentralisé
et ne pas perdre de vue, pour avancer, que la constitution de la Vème
portait en elle la survivance de germes régaliens…
Patrick Barrau insistait sur l’inflation
législative, trop de lois infantilisant le citoyen, attirant notre
attention sur l’effet médiatique, vecteur de cette inflation.
Il mettait à nu la face thaumaturge de la Loi, censée soigner
et régler le problème par son existence même…
La pause était bien venue ! Et les conversations
ou les retrouvailles se poursuivirent autour du point d’eau…
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« sainte Brigitte »,
gardienne du point d’eau ! |
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L’ami Olivier grand
vigneron devant l’Eternel n’en revient pas…
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Très vite, la carrière prit des allures de cathédrale
du savoir.
Nous reprenions nos places pour entendre Jacques Saint- Pierre nous entretenir
de « La Place de la France dans l’Europe »
Cette Europe, J. Saint-Pierre nous en présenta les limites
à coups de questions, « roulantes »
comme des coups de canon : Quelles limites à
l’Europe ? Quelles racines ? Quelles orientations ?
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J. Saint Pierre et Hilaire de Crémiers |
Les problèmes et les tensions
de l’Europe de l’après-referendum étaient à
l’ordre du jour…
Face au géant américain, quelle Europe ? Quelles réponses
face à la montée en puissance des périls ? Et
de quels périls parle-t-on ? La Chine ? L’Islamisme ?
l’Iran ?
Une réponse : Le 29 mai 2005,les
Français ont répondu NON.
NON au traité « mais à
bien d’autres choses » et « les
craintes peuvent être considérées comme justifiées… ».
Jacques Saint-Pierre nous brossait un rappel de l’aventure européenne.
A l’origine, l’Europe avait été le rêve
d’une catholicité « conservatrice »,
avant d’entrer dans « l’Ubis » : l’Europe
de la démesure… qui ne pouvait que provoquer des peurs. Il
y a une réalité européenne et il y a ce qui pourrait
être un idéal. L’Europe n’est pas une construction
idéologique. C’est une civilisation, qui a connu certes des
crises, mais qui fut aussi une forteresse au sein de laquelle s’est
développé et a rayonné le christianisme. Une Europe
issue de la civilisation médiévale avec pour acteurs l’intellectuel
et le marchand. Une Europe du XVII e siècle « sous influence
française »… qui a vu l’affirmation des
Etats nations et la disparition des empires ! J. Saint-Pierre nous
rappelait fort justement que la France fut un modèle. Les perversions
et les dangers pointaient dès 1950 et l’Action Française
mena d’emblée la lutte contre une Europe qui refusait de
reconnaître ses racines…
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Jacques Saint-Pierre régnait
sur la caverne.
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Si l’Europe économique, l’Europe « communauté
d’intérêts » était concevable à
6, elle perdait tout sens à 25 en raison des disparités
économiques et des mentalités. L’Europe qui s’est
dessinée, à marche forcée, n’est que la poursuite
de « l’esprit d’Aristide Briand ». Et
les Etats-Unis jouent de tout cela.
Cette Europe est contraire à la réalité du monde,
contraire à la réalité de l’Europe et des Etats.
« Il n’y a pas de possibilité d’Europe politique ».
Et la Russie dans tout cela ?
Plus que jamais les peuples doivent conserver leur souveraineté
afin de conserver leur identité. Et la France dans ses rapports
avec la Francophonie, avec son domaine maritime et dans ses rapports avec
l’Islam doit demeurer souveraine.
Jacques Saint-Pierre pouvait marteler en conclusion :
« En Europe comme en France, les
peuples imposeront le retour au réel ! »
Le « Val d’enfer » résonnait du rire rocailleux
de Gustave Thibon.
Hilaire de Crémiers, directeur
de « Politique magazine » et Délégué
général de la Restauration Nationale, prenait la suite en
s’attachant à dénoncer le glissement de « la
France puissance » vers « l’Europe puissance ».
En effet des années 1950 jusqu’aux années 1970, on
parlait dans les milieux politiques de la France comme une puissance.
Aujourd’hui la France s’est vidée de sa substance « puissance »,
c’est la notion d’ « Europe puissance »
qui prédomine… Toute la classe politique a mis ses atouts
dans cette nouvelle notion. Il était juste de rappeler que François
Mitterrand fut le dernier chef d’Etat à pouvoir se réclamer
d’une « puissance » souveraine, au moins en
politique étrangère…
Mais la classe politique entretient une confusion qu’Hilaire
de Crémiers se faisait fort de dénoncer.
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Hilaire de Crémiers |
Les institutions européennes n’ont qu’un caractère
technicien, et une autorité technicienne ne saurait être
une autorité politique Nous sommes en présence d’une
Europe inachevée : « Il
n’y a que des appareils techniques qui ont obtenu des accords. »
Dans cette aventure, la France a perdu ses cartes internationales. « L’Europe
telle qu’ils l’ont « monté » passera sous
influence anglo-saxonne ».
La coupure entre la classe politique française et le pays réel
n’est plus à démontrer.
« La technique n’est pas
la politique. Si on laisse faire la technique, elle aboutit à la
technocratie la plus inhumaine. »
Pour sortir de ces impasses, Hilaire de Crémiers trace des voies
: « Reprendre la Politique extérieure
de Louis XVI, mettre la France comme modèle des nations modérées. »
C’est tout le concert des nations qui est à réécrire…
Une nouvelle pause n’était pas de trop. Il fallait affronter
la chaleur et quitter notre « Caverne ».
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Un trio gagnant, et je
ne vous parle pas de pétanque… :
Gérard Pol , Jean Gugliotta et Jean-François Hueber. |
L’attention de l’auditoire
ne faiblissait pas et c’est sans « perte »
que nous nous nous sommes retrouvés dans un silence « religieux »
pour entendre Gérard Leclerc, directeur de « France
catholique » et chroniqueur à « Royaliste »,
auteur de nombreux ouvrages, nous parler des « Rapports
entre le Politique et le Religieux ».
Notre ami Gérard pointait du doigt « le
paradoxe qui fait que dans un monde laïcisé, le monde
entier s’est prosterné devant Jean-Paul II. Avec
les obsèques de Jean-Paul II, le monde a eu le sentiment
d’enterrer le dernier géant de l’Histoire. »
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Gérard Leclerc nous remémorait le parcours de ce Pape qui
venait du cœur de l’histoire et du cœur névralgique
de l ‘Europe, de cette Pologne qui fut autrichienne… Le « miracle »
de la Vistule fut bien sûr évoqué, préservant
l’indépendance de la toute jeune Pologne.
Notre ami ne manqua pas de nous resituer dans son contexte le célèbre
« N’ayez pas peur ! »
En 1978, l’Europe était figée, et les mots du saint-Père
eurent une force émancipatrice. Les peuples reconnurent très
vite la stature exceptionnelle du Pape. Mais peut-être que Jean-Paul
II surestimait-il les capacités et les résidus de l’Europe
occidentale…
Tout comme il a peut-être surestimé la France… Gérard
nous rappelait alors le baptême de la France et le coup d’éclat
du Bourget…Mais il n’en demeure pas moins vrai que Jean-Paul
II a réveillé les énergies spirituelles des peuples,
visitant sans relâche tous les sanctuaires « nationaux » !
Benedictus ne pouvait être caché
sous le boisseau. Benoît XVI était invité…
En toute franchise, Gérard Leclerc nous avoua ne pas y avoir cru…
« Je n’y croyais pas… »
Pour poursuivre aussitôt par : « Et
toutes mes objections ont été balayées. C’était
lui et pas un autre. L’homme qui avait les préhensions les
plus aigus du monde contemporain, qui a lu tous les philosophes contemporains. »
Avec des mots simples, Gérard
nous résumait les échanges entre Habermas et le futur pape.
« Convergence vers les formes
anthropologiques entre l’héritier des Lumières Habermas
et l’héritier de la grande chrétienté Benoît
XVI. »
Nous fûmes emportés par un feu d’artifice : La
gravité des questions morales, la collaboration sans faille pendant
25 ans, entre Jean-Paul II le Moraliste et le Dogmaticien Ratzinger.
Rédemption et Révélation, Foi et raison… Oui,
la carrière qui était devenue « caverne »
se révélait cathédrale ! Sans se démonter,
Gérard Leclerc insista sur la qualité des dialogues entretenu
par Jean-Paul II ou Benoît XVI avec certains penseurs modernes.
« Vouloir dialoguer, ce n’est pas se compromettre. »
Il était nécessaire de rappeler que la phénoménologie
et Max Weber n’étaient pas autant éloignés
du thomisme que certains voudraient nous le faire croire…
Antoine de Crémiers plantait
ses banderilles annonçant : « Nous
sommes à la veille d’un divorce avec la modernité ».
Et Gérard Leclerc de préciser : « La
modernité c’est le monde du XIXe siècle réalisé
au XXe. C’est un monde qui part en miettes. Nous sommes dans la
déconstruction, la dissolution. Un certain nombre de clercs se
croient encore dans la modernité et comme elle est en crise, ils
voudraient la sauver… »
Pour tout l’or du monde, je n’aurais
pas cédé ma place !
Tout se mettait en place, crescendo, pour la dernière conférence.
Le Professeur de philosophie, Jean-François
Mattei, nous faisait franchir :
« Le passage de la modernité à la post-modernité
». Un passage semé d’espoir ou d’inquiétudes…
Les métastases post-modernes se répandent « mezzo
voce », la rupture se fait sans bruit. Sauf peut-être
le bruit de quelques rires ?
« Il n’y a plus de démocrates
qui puissent se regarder sans rire. »
Mais qu’est ce donc que cette post-modernité ? Et que nous
reste-t-il ?
Jean-François Mattei faisait
un salutaire rappel de la « Modernité ».
La paternité du mot peut être attribué à Baudelaire,
dans une perspective artistique, bien que Balzac dans « le
Père Goriot » l’apprivoisât. Constantin
Guy en fut le peintre, le peintre de la vie moderne…
Il était bon de nous rafraîchir la mémoire et de préciser
que la modernité c’était : « la
mise en cause de la tradition qui remonte au platonisme, conception du
monde dans lequel les réalités ne sont que le reflet de
réalités intelligibles et rationnelles. »
La modernité conduisit nos existences
du XVI au XXe siècle. Elle fut l’avènement d’un
équilibre entre la dimension rationnelle d’Athènes
et la dimension de Jérusalem…pour s’essouffler et se
fissurer au début du XXe.
Aujourd’hui la modernité est morte. La post-modernité
est en place, sans la raison, sans échappatoire, sans espérance.
Il ne nous reste que l’émancipation, l’autonomie et
la tentation de l’illusion finaliste. Le monde a épuisé
les réserves de la Tradition.
Antoine de Crémiers, qui avec
Danielle et Michel Masson ainsi que quelques amis cernent le sujet depuis
de longs mois dans la revue « L’escritoire »,
posait « la Question » :
« Sommes-nous encore en société
? »
Pour lui, la réponse est claire : « Il
y a incapacité à dire ce que nous avons en commun. Nous
sommes à la fin de l’optimisme. La démocratie, c’est
l’optimisme. Les étais qui soutenaient la société
se sont effondrés. Les liens souterrains entre la démocratie
et les nouvelles barbaries apparaissent… »
Antoine de Crémiers maniant tout
autant le fleuret que le sabre, résuma sans complaisance et avec
précision notre monde moribond :
« En bourse, les entreprises qui
n’ont pas d’actif sont souvent plus valorisées que
les autres. Nous sommes dans un monde de production destruction. Produire
sans arrêt de nouveaux besoins et titiller le désir pour
créer ces nouveaux besoins. La passion pour l’économique
s’est transformée en passion pour le gain. »
Qu’on se le dise : « La modernité
est morte ! »
Le Professeur Mattei n’était
pas en reste :
« Nous vivons le temps de l’insensé,
c’est le temps de celui qui en plein jour cherche non plus un homme
comme Diogène, mais Dieu… Ne trouvant Dieu, c’est que
Dieu est mort »
Et de nous inviter à relire Nietzsche, Novalis…
La fin étant proche vous pourriez croire que nous étions
abattus par le désespoir. Folie !
« Plus le danger est grand, plus
le salut est à notre portée. » Jean-François
Mattei et Antoine de Crémiers sont trop lucides pour en rester
là.
« Les sociétés démocratiques
aiment le mouvement pour le mouvement, sans se poser la question de l’intérêt
ou de la finalité de ce mouvement. » ( J.F. M)
« C’est à nous de
nous poser les bonnes questions. Notre prétention sera de redéfinir
le Bien ! » ( A. de C)
Pas moins que ça !
On ne comptait plus les K.O assis…
Vite, il fallait fêter toutes
ces bonnes nouvelles et dans la clémence du soir, pédibus,
nous mettions le cap à un jet de pierre, sur l’aire de nos
anciennes réunions, où tout était dressé et
fin prêt pour retrouver nos amis un verre à la main.
Et nous nous désespérions
de ne pouvoir « tirer » une bonne photographie du professeur
Mattei !
Saluons tout le travail des Aixois et
des jeunes Niçois grâce auxquels la soirée fut une
réussite.
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Les nourritures terrestres |
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Mais ce n’était pas fini…
Rendez-vous fut pris pour le dimanche, jour du Banquet. Ce n’était
que justice après le temps de la caverne…
Dimanche 3 juillet 2005.
Nous avions convenu de nous retrouver
à Maussane pour la Messe de substitution. En effet, en raison d’un
cas de force majeure, le curé qui devait célébrer
la Messe en Provençal aux Baux ne pouvait tenir son engagement.
Mais le rendez-vous pour l’apéritif était maintenu
devant le parvis de la belle église romane Saint-Vincent des Baux.
Et le sort s’acharnait sur nous ! L’apéritif s’était
transporté sur notre bonne vieille aire du Val d’enfer !
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Que le sort en soit remercié : primo, nous pûmes
encore une fois admirer la belle église...
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et ses vitraux offerts par le marquis des Baux qui en son temps
était :
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….et le point de vue des anciens remparts.
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S ecundo, la pinède nous protégea des ardeurs du soleil
!
La bonne humeur ne fut en rien altérée, que nos amis provençaux
se rassurent.
Certaines conversations reprirent là où elles avaient été
abandonnées : un verre à la main !
L’ami Henri, le « marsouin » Volkoff
et l’ami Gérard Leclerc
Toujours au poste, nos jeunes amis niçois et Brigitte d’Aix
se « décarcassaient » pour notre
plaisir…
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Nicole Maurras partageait notre Fidélité
avec la discrétion qui la caractérise. Qu’elle
soit ici chaleureusement remerciée.
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Maître Jacques Trémolet de Villers était
parmi nous, rattrapé par la post- modernité.
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Les absents manquaient, c’est le propre des absents.
Tous s’avançaient vers les tables du Banquet. Devoir d’état,
il fallait rejoindre Paris ! Pour la suite, nous attendons les nouvelles
de « la Tortue »…
Les Baux opèrent toujours dans nos cœurs et dans nos esprits,
mais les Temps changent. Nous pouvions espérer la présence
d’un plus grand nombre d’amis. Les sujets abordés étaient
d’importance, mais disons le sereinement, ils pouvaient justifier
la présence d’autres voix du royalisme, en toute fraternité.
Ils le devaient. Nous ne gagnerons pas seuls, enfermés dans nos
certitudes. Des échanges se doivent d’être engagés
quand nous nous interrogeons sur l’identité de la France
ou l’identité de l’Europe, sur le souverainisme, et
bien d’autres sujets encore. Gérard Leclerc nous l’a
bien dit : le dialogue n’est pas céder à
la compromission. Jean-François Mattei nous a montré les
perversions du logocentrisme. Il nous appartient d’en tirer les
leçons et de nous mobiliser pour que puisse perdurer l’esprit
des Baux. C’est un beau défi, nous devons tous en faire notre
défi et épauler nos amis provençaux. Qu’ils
soient toutes et tous remerciés. Nous n’oublions pas que
depuis 1969, Gérard Pol et son compère Jean-Louis Hueber
sont toujours présents. Nos pensées ont été
pour les grands anciens disparus, les « Lavo » et
tout dernièrement le fidèle Brissac.
Haut les cœurs. Les Baux perdureront
!
Le Chef de la Maison de France, Monseigneur
le Comte de Paris, nous avait précédé dans ce haut
lieu de mémoire le 19 mai 2005 et avait pu s’entretenir chaleureusement
avec une délégation dynamique de la Fédération
Royaliste Provençale, autour de Michel Franceschetti. Aussi le
Prince avait-il tenu à féliciter et encourager tous nos
amis en leur adressant le message que nous avons l’honneur de mettre
en ligne.
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A Monsieur Franceschetti,
Cher Ami,
J’ai eu le plaisir de
vous rencontrer aux Baux de Provence lorsque j’y étais
accompagné de la Comtesse de Paris en Mai dernier. Il était
alors question de refuser un engagement qui aurait fait perdre leur
âme à la France et aux Français, je veux parler
du référendum.
Vous vous réunissez à
nouveau aux Baux pour y tracer des perspectives pour l’avenir.
Je suis heureux de saluer tous ceux qui y sont présents car
vous formez en dépit, ou à cause de votre diversité
un mouvement vivant et sain.
On a trop tendance en effet
de confondre l’uniformité qui égalise, qui rabote
vers le bas vers l’unité qui est une construction qui
tend vers les hauteurs de l’Esprit. C’est ainsi que
l’on construit les Cathédrales mais il leur faudra
toujours une clé de voûte pérenne pour être
vraies et vivantes.
Très chaleureusement,

Pollença, le 29 juin
2005.
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Portemont, le 14 juillet 2005.
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