samedi 22 novembre 2008

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Cap à droite ?

Alors que la France tentait de se reposer et d’oublier les chaleurs « molotoviennes » de l’hiver et les frilosités « cépéistes » du printemps, qui à la plage, qui à la montagne, qui dans d’exotiques paradis… « Le Choc du mois », numéro 3 de juillet-août, avait les yeux rivés sur la boussole…

« Le Choc du mois » Numéro 3 Juillet-Août 2006

Difficile d’imaginer Bruno Larebière en petit costume de marin. Toutefois, dans l’introduction du dossier « Comment la France met le cap à droite », il tente de lire dans l’obscur marc de café politicien. Et il s’en sort haut la main, quoique !…

Salutaire rappel : « …les Français ont entrepris de reprendre en main leur destin, confisqué depuis trois décennies au moins par la dictature intellectuelle et médiatique de la gauche issue de Mai 68 à laquelle la droite avait fait allégeance. » Trois décennies ? Un peu court…

Mais Giscard est bien ciblé. Histoire d’amour entre une « certaine » droite et l’accordéon… Le bellâtre danseur de tango, qui n’était pas argentin, s’appelait en ce temps-là Jacques Chirac…Et la « Gôôôôche », la pure et dure, celle des travailleurs, jouait du bulldozer contre un foyer de travailleurs maliens…
Oui, salutaire de rappeler ces belles années…

Et donc, les Français auraient entrepris de « reconquérir la place qui leur revient dans la société… » Bruno Larebière entreverrait les signes précurseurs d’une « révolution blanche » !
« … faite de demandes concomitantes de sécurité et de libertés, de besoin de valeurs et de quête d’identité… »

Une certitude : La lutte pour le pouvoir ne s’effectue plus à coup de programme. Pour gagner, il faut incarner des « valeurs ». A ce jour, deux bateleurs tiennent le haut de l’affiche : Marie-Ségolène et Nike Sarko…

Entrons plus avant dans ce dossier.

« Empirisme contre utopie ». Pierre-Jean Rivière nous fait là un beau cadeau.
Le « pays réel » ne veut pas mourir.
La réalité tient dans une question-réponse : « La France elle-même, après tout, n’est-elle pas le produit d’un empirisme politique ? » Et Marie-Ségolène ne sentirait-elle pas cette réalité d’instinct ? En bonne élève de Mitterand…

Mais ce « pays réel », qui est-il ?

Dominique Jamet nous fait partager son regard sur ce pays de contradiction dans un entretien de haut vol : « La force de la réalité l’a emporté »
Depuis des lustres, il fait fi des étiquettes.

Autorité, souveraineté, protection des faibles et des humbles… sont au cœur du problème.

Les rapports entre les peuples de France et l’Etat sont d’une nature toute particulière. Avec finesse, Dominique Jamet nous la rappelle. Le poids et les richesses de notre histoire capétienne pointent encore inconsciemment dans la mémoire française… L’absence d’une authentique « main de justice » se fait cruellement sentir !

Entretien à lire absolument !

Dresser le bilan, faire l’inventaire : « Pour en finir avec Mai 68 ». Pierre Villedary se plait à cet exercice…
Inventaire facile ? Laurent Baumel lui prête main-forte bien malgré lui et Jean-Pierre Le Goff vient en renfort ! Quelques excès bien sûr, mettre dans le même sac Michel Foucault, Gilles Deleuze, Félix Guattari et les « sous-penseurs » de la gauche…

Mais les fantômes de Mai 68 hantent encore les « petits bourgeois ». Pierre Villedary attend « le mandataire liquidateur de mai 68 au tribunal de l’histoire »

Bruno Wieseneck s’en donne à cœur joie ! Lisez « La tête à Toto va se venger du mammouth »
Délire au cœur de l’Education nationale. Et ne pas se priver de rappeler, comme Lénine, que « la botte souveraine de la réalité », a rattrapé l’angélisme français…

Nous pourrions en rire s’il ne s’agissait pas de trois générations, voire quatre générations d’enfants sacrifiés sur l’autel de Scylla. Des enfants de France, nos enfants !

Mais la résistance marque des points…

Bruno Wieseneck ne succombe pas pour autant à l’optimisme et tire juste :
« L’Histoire établira sans doute que l’abandon culturel des jeunes générations aux mains d’apprentis sorciers constitua la matrice du marasme français, bien avant le chômage, l’immigration incontrôlée ou la dilution européiste. » A lire et relire !

Si Saint-Germain se désespère… Arnaud Guyot-Jeannin ne sort pas son mouchoir. La plume joyeusement carnassière, il nous annonce que « Même les intellos désertent la gauche »
Et d’égrener la longue liste : De Régis Debray, Jean Clair, Marcel Gauchet, Alain Finkielkraut, Pierre Taguieff, Max Gallo en passant par Houellebecq à Soral et Muray, la « gauche » emprunterait des idées de « droite »…


Conclusion ?
« Que droite et gauche de rupture partagent quelques fois des réflexions, souvent des réactions identiques susceptibles d’enrichir le débat et de nous faire sortir de la crise de civilisation que nous traversons. »
En attendant mieux encore, nous n’allons pas nous en plaindre !
Un article à lire comme du « petit-lait »…

Bruno Wieseneck reprend du service. Face à l’Education nationale, il menait une charge en « Chevau- Légers ». Avec efficacité, il avait trempé sa plume dans une encre au subtile goût de massacre… Dressé au-devant des néo-réacs, il endosse la tenue des fiers cuirassiers et leur lance : « Un peu facile, camarades. Néo-réacs, on n’a pas besoin de vous ! »

Ce n’est plus la fête chez les anciens prêtres du sens de l’Histoire. Et les « Danton de sous-préfecture » en prennent pour leur grade. La charge est sans pitié. Tous des imposteurs ?

Ne touchez pas à Péguy, Joseph de Maistre ou Bernanos ! N’approchez pas Bloy ! Vous ne méritez pas Destouches ! Et à la fin de l’envoi Bruno Wieseneck fait mouche : « Préposés autoproclamés au couvercle des poubelles de l’Histoire, nos pénitents feraient bien de le refermer sur eux, en nous épargnant leurs jérémiades. L’avenir de ce pays, de droite ou de gauche, s’écrit désormais sans eux. »

Des noms ? Vous les découvrirez… J’en sauverais bien quelques-uns, ne serait-ce que par charité chrétienne, après une joyeuse correction fraternelle… mais je vous laisse Adler et BHL !


Un grand moment de lecture…

Du col Mao au Rotary… Lucien Valdès fait tout pour nous mettre de bonne humeur :
« Ils croyaient en Marx, ils adulent Bush – ces types-là sont vraiment à l’Ouest ! »
Peintre au couteau, Lucien Valdès fait le portrait des néo-cons. Nos néo-cons bien de chez nous font figures de débutantes. Imaginons les sur la piste du Grand Bal : Romain Goupil valsant dans les bras d’Irving Kristol, Alexandre Adler glissant dans un langoureux tango avec Paul Wolfowitz et André Glucksmann dans un Tcha-Tcha effréné avec Richard Perle…

Et au pupitre pour diriger tout ce beau monde, Georges W. Bush tenant sa baguette à deux mains. C’est Yves Roucaute, laquais d’honneur qui tourne les pages : Les Etas-Unis sont le « navire amiral des Républiques justes ».
Jean Bodin se retourne dans sa tombe !


Le désamour est total, qu’on se le dise ! « Ils n’ont jamais été aussi à droite – Comment les juifs ont basculé »
Entretien avec Sylvain Attal, collaborateur de Public Sénat, RTL et « proche.orient.info »

Quelques extraits : « l’ensemble du corps social est en demande de sécurité… » Et peut-être la « communauté » plus que toute partie de notre corps social ?
« … il y a un sentiment d’injustice, de déséquilibre dans la politique « arabe » de la France, et surtout l’impression qu’elle est inefficiente. »

Et donc, « Certains juifs de droite ont ou vont voter pour Le Pen, ce qui eût été inimaginable il y a encore quelques années »
Quoi de plus normal, en conséquence, de chasser le vote « juif » à cor et à cris ? Sarkozy, Villiers, et bien d’autres se bousculent… Tous amis d’Israël ! Et n’en doutons pas nous allons assister à de belles danses du ventre…
Droite ? Gauche ? De quel côté va tomber la France ? Bascule-t-elle à droite ?
La question est posée « Trois hommes de droite circonspects » tentent de répondre.

Notre ami Pierre Pujo recadre les enjeux : « La France retrouve des bases de réalisme politique. Si elle semble synonyme d’ordre, la droite est-elle, pour autant synonyme de nation ?… L’objectif ne doit pas être de rassembler toutes les droites mais de défendre des idées vraies et l’intérêt national. » Salutaire rappel du directeur de « l’Action française 2000 » qui défend depuis toujours la nation, bien au delà des idées de droite ou de gauche : sans roi, la nation se défait !

Fabrice Robert lui succède. Entrons dans le vif du sujet…
« Il est important de ne pas se bercer d’illusions et de ne pas confondre le besoin de davantage de sécurité avec une aspiration à voir les idées de droite au pouvoir. » « Ce qui paraît plus certain est que la France s’enfonce dans le ras-le-bol et que nos concitoyens n’aspirent guère plus qu’à sauver ce qui relève de leur sphère privée… »

Frédéric Pichon, président de « Europae gentes », ferme la marche : « L’idéologie dominante est fondamentalement de gauche »
« Le vrai problème est celui du décalage entre le peuple et ses élites… La situation quotidienne des Français est telle qu’on ne peut plus leur cacher la vérité. »

En une seule page, des idées et des vérités fortes à méditer…

Un demi-siècle de vie politique…Quatre pages qui permettent à Jean-Marie Le Pen de s’exprimer :
« Seul le national-populisme a encore un avenir en France ». Cinquante années de combats politiques et politiciens pour en arriver à cette conclusion ? La France mérite mieux !

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain… Toujours des bonnes idées, parfois des intuitions percutantes. Mais… L’avenir est aux esprits libres.
Bel exercice d’équilibre. Bruno Maigret talonne le vieux lutteur avec deux pages : « La gauche arrive à la fin de son histoire politique »
Et ne pas sombrer dans l’auto satisfaction : « Plus fondamentalement, je pense que nous sommes entrain de vivre la fin d’un cycle et que la gauche, telle qu’on l’ a connue, arrive à la fin de son histoire politique… On voit bien que sur le plan idéologique, la gauche n’a plus aucun ressort. » Bien vu !
« Il faut en effet que la droite, maintenant qu’elle a le vent en poupe, réinvestisse les thèmes qui étaient effectivement les siens comme l’écologie ou les identités régionales, l’enracinement et la décentralisation… »

Et in fine, ce dossier se devait de nous rappeler que depuis la nuit des temps, le vrai rire, le rire franc est réac !
« Les zygomatiques aussi virent réacs ! »
D’après Luc Voy, c’est Laurent Gerra qui tiendrait le haut de l’affiche ! Soit.


Il était annoncé, avec discrétion, sans tambour. Il est là : « Le honteux manuel franco-allemand »
Jean-Marie Molitor nous en livre quelques extraits. Au rayon « bourrage de crânes », il mérite d’être en bonne place… petit manuel de « militantisme européen ».

Ce manuel est destiné aux élèves de terminale français et allemands, optionnel certes, mais il faut un début à tout. Il traite de « L’Europe et le monde depuis 1945 ». Bainville nous a quitté bien trop tôt. Il est urgent que ses « héritiers » se mettent au travail !

Quand l’Ukraine sème le bazard…
« La Licra s’est bâtie sur un mythe ». Gabriel Giauque nous relate les incidents provoqués par un hommage rendu à Simon Petlioura « père de la nation ukrainienne ». Du mythe à l’imposture, il n’y aurait pas loin… J’aurais au moins appris qui était Simon Pitlioura !
Merci Gabriel Giauque. Pour ce qui est de Patrick Gaubert, mon opinion est faîte depuis longtemps…

Michaël Rabier ne s’est pas fait enlever par un condor. Il est toujours dans les Andes et nous donne des nouvelles de la Colombie : « La lutte à mort d’Uribe contre la guérilla »
Le jeune président colombien (54 ans) a été réélu avec 62%. Et il entend poursuivre sa mission première qui est d’en finir avec la guérilla.
Il a de la Coca sur la planche !


Vous avez dit Islam ? Jürgen Elsässer a mis sa plume dans le plat. Un livre : « Comment le Djihad est arrivé en Europe », et un entretien. En musique de fond : « Si les ricains n’étaient pas là… » A lire, et relire.

Daniel Hamiche a vu tout rouge. Un film va sortir très bientôt sur les grands écrans : « Color of the Cross ». Bonne nouvelle ? Jésus était et est , de toute éternité noir ! La couleur de Dieu le Père n’est pas dite. Mais nous savons qu’il est tout puissant… pas de quoi fouetter un chat noir, si possible le soir. Depuis belle lurette dans les crèches de par le monde, Notre Bonne Mère et le Très Bon Joseph sont de toutes les couleurs. Et depuis bien longtemps le ridicule ne tue plus ! « Jésus ? Un gosse de Harlem ? » C’était la rubrique faisons nous peur.

Après Religion-fiction, Politique-fiction !
Géraldine Chabrier me régale encore une fois en nous présentant :
« Attention nazi à la Maison Blanche » Tout sur le roman de Philip Roth « Le complot contre l’Amérique ». Manquerait plus que Daniel Hamiche broie du noir…
Tous les plaisirs de l’uchronie . A découvrir, vite !

Et toujours des bons papiers à vous désespérer : Où mettre tous les livres que nous aimerions acheter ? Coûte que coûte trouver de la place pour le « Corneille » de Brasillach, serrer encore pour « Mes petits papiers » d’Antoine Blondin. Voilà un livre qui vous incitera à faire de la place dans votre cave… à vin, évidemment !
Sur le chevet de votre lit, « Esclaves chrétiens, maîtres musulmans… » de Robert C. Davis sera bien venu. Et « La Route des Steppes » de Falk van Gaver…
Et les mangas de Yoshinori Kobayashi ? « Jeanne », revue par Yoshikazu Yasuhiko !
Les « frileux » se rabattront sur « Hugo Pratt… » de Jean-Claude Guilbert.

Toujours penser aux plus petits que soit. Ils grandiront. Francis Bergeron nous offre l’occasion de penser à eux. Ce sont les aventures des Bordesoule : « La réaction en culottes courtes » est-il besoin de vous dire que Noël approche ?

Et donc de trois ! Un numéro qui tient la distance, peut-être mon « préféré ».

Portemont, le 25 septembre 2006

Le numéro 6.50 €

Abonnement (un an) : 65 €.
Abonnement de soutien : 93 €.

A adresser à SACEMM, 51 boulevard Garibaldi, 75015 Paris ou téléchargez le bulletin d'abonnement :
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