dimanche 14 mars 2010

Nous contacter

Retrouvez le numéro 14

Retrouvez le numéro 13

Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

 

 

 

 

Les Epées

 

Trimestriel.
Tarif abonnement : 18 euros (un an , 4 numéros).
Règlement par chèque bancaire ou postal à l'ordre de A.D.P.R
Les Epées, 4 square de la Côte Saint - Thibault.
92270 Bois-Colombes.
Courrier électronique: lesepees@lesepees.com
Abonnement: hubert@lesepees.com

Site internet : www.lesepees.com

Au numéro 15 (mars 2005)

Autant vous le dire tout de suite : il s’agit d’un numéro d’exception. Nous l’avons lu et le relisons avec à la fois une grande joie et beaucoup de gravité. Nous tenons à vous faire partager l’excellence de cette réussite. Nous vous présenterons donc ce numéro en deux parties.

- I -

En couverture, Pieter Bruegel l’Ancien est appelé en renfort. L’illustration qui nous est offerte a pour fondation un Non jamais démenti. L’Europe qui nous est proposée n’a pas meilleure mine que la Tour de Babel.
A lire l’Edito, vous acquiescerez : La « République » n’est guère plus vaillante…
Au royaume de l’imposture, les jours se suivent et se ressemblent. Un Michel Onfray remplace un BHL.
Et l’avenir s’annonce déjà comme le creuset de mille renoncements. Nos collèges, eux aussi, rivaliseront avec la Tour de Babel, et ce grâce au fameux « bloc » des connaissances.
L’histoire devient une matière optionnelle.
« La haine du passé (surtout national) est en revanche obligatoire… En France, on ne doit pas dire que la République est née dans la Terreur et la persécution des catholiques… ».

Le constat est à retenir : Aujourd’hui, la « République » n’est d’ailleurs plus rien du tout : une ombre historique, un résidu de principe, un procès perpétuel à la vie nationale, un rouage de l’intégration étatique. Elle n’a rien pour attirer la confiance, encore moins pour susciter l’amour…
Et comme le notait Gustave Thibon, le conformisme a changé de camp, « il est passé du côté de la négation des valeurs spirituelles et morales qui ont fait notre civilisation. »

Pas besoin de vous faire un dessin… Nous aimons beaucoup !

Nous avons oublié de vous avertir que « Les Epées » ont pris du poids. Ce numéro est lourd en main. Ce n’est pas dû à une surcharge de plomb – bien que le nombre de ceux qui ont besoin de plomb dans la tête ne cesse d’augmenter -, mais 75 pages vous attendent !

« La construction communautaire : un coup d’Etat permanent »
Tout commence décidemment bien grâce à Patrick Longuet.
Nous avons droit à la version condensée d’une communication présentée au colloque : « Le coup d’Etat, recours à la force ou dernier mot du politique » qui se tenait à l’Université de Caen-Basse-Normandie en décembre 2004.
Entamant par quelques brefs rappels historiques, l’auteur nous conduit à une évidence : l’Europe se construit par une succession de coups d’Etat au profit de quelques-uns. En effet pour faire un coup d’Etat nul besoin de violence. Patrick Longuet nous aide à comprendre que la véritable cible de ce coup d’Etat permanent, n’est ni plus ni moins que le politique. Et de conclure : « Si, dans un Etat comme la France, le oui devait l’emporter, le politique serait effectivement sur le point de rendre son dernier souffle ; en revanche, si le non devait être majoritaire au soir du referendum, on pourrait alors parler à juste titre d’un spectaculaire retour du politique dans la construction européenne, voire d’un coup d’Etat démocratique. »

Que demande le peuple ? Vous lirez et relirez ce condensé. Les Actes de ce colloque seront publiés prochainement chez François-Xavier de Guibert. Avis aux amateurs !

« Le double effet du NON »
Jean- Baptiste Barthélémy voit double, magistralement ! Il définit sobrement ce que serait une Europe digne de ce nom : « …une Europe constituant une communauté organique des nations, une Europe dont les membres, parce qu’ils ont en commun la géographie et l’histoire, parce qu’ils partagent des éléments d’une homogénéité substantielle, peuvent envisager de coopérer durablement et, surtout, souverainement, c’est-à-dire sans avoir besoin de recourir à la contrainte fédérale. Et dans cette Europe-là, la Turquie n’a pas sa place. »

L’Europe fédéraliste, elle, est épinglée : « Construite sans les peuples, contre les nations mais par et pour des élites mondialisées, cette Europe artificielle ne repose sur rien de concret ou de tangible, si ce n’est les intérêts partagés de minorités agissantes. »

Jacques Chirac le Fossoyeur n’est pas oublié, rassurez-vous ! Mais le « Non » à la Constitution européenne sera aussi un Non à l’entrée de la Turquie.
Parfois les victoires sont plus difficiles à gérer que les débats. Si Jean-Baptiste Barthélémy nous rappelle qu’ « un referendum n’est pas une consultation électorale à vocation gouvernementale », il entrevoit que la question du renouvellement du personnel gouvernemental sera clairement posée, majorité et opposition confondue. Et de conclure, histoire de nous motiver tous : « En cas de victoire du Non, on ne fera évidemment pas l’économie d’une profonde remise en cause de notre vie politique. Le troisième effet du Non en quelque sorte… » Jean-Baptiste Barthélémy voit triple ! Pour notre plus grand plaisir…

« Plaidoyer en forme de paradoxe »
Frédéric Rouvillois se tient à la barre et nous offre une plaidoirie capétienne du meilleur tonneau. Il n’est pas dupe de la volonté des François Bayrou et de toute leur smala de bâtir une Europe démocrate-chrétienne… Dans cette Europe, la Turquie qui empêcherait la naissance d’un peuple européen, n’aurait aucune place. Et si Frédéric Rouvillois comprend les motifs électoraux des souverainistes qui les font refuser « parfois très violemment, une telle adhésion », il conclut en s’appuyant sur une déclaration de Kissinger « L’entrée de la Turquie, si j’étais européen, je serais contre. Mais je suis Américain, alors je suis pour. » Etant Français, avant d’être Européen, je suis pour également.
Son plaidoyer allie talent, clairvoyance et grand sens politique. Rouvillois le Capétien , c’est autre chose que Chirac le Fossoyeur !

Et Chypre dans tout cela ? Notre ami Elie Hatem était tout désigné pour nous rappeler :
« La question Chypriote : un obstacle européen à la Turquie ? »
La bergerie est byzantine à souhait. Il y a certes un loup tout désigné, mais les coyotes ne manquent pas… La situation géographique de la troisième île de la Méditerranée – par la taille – lui cause bien des soucis et cela ne date pas d’hier ! Il y a deux façons de regarder Chypre : par le petit bout de la lorgnette et par le grand bout… Elie Hatem, lui, nous fait regarder Chypre dans toutes les largeurs… sans Elie Hatem vous n’y comprendrez rien, et nous avec ! Un vrai cours de géopolitique.

« La charité ou la mort »
Tout le monde n’a pas Sharon Stone sous la main…
Laurent Dandrieu s’en donne à cœur joie. Tous se bousculent devant l’objectif pour que leur charité soit gravée dans nos mémoires. Etre « People » impose d’être généreux et rien ne vous empêche de dénoncer les pingres. Et nous alors ? Nous qui avons appris que la charité vraie devait respecter le principe évangélique : « lorsque la main droite donne, la main gauche elle-même doit l’ignorer. » Nous sommes menacés de camp de rééducation. Et en prime nous ne pourrons même pas afficher dans notre cellule un poster de l’héroïne de « Basic Instinct ». En deux mots l’Enfer !

« Ere du vide ère de la transparence »
ou « Liberté, légèreté, transparence »
Article décapant de Serge Degrim. Décloisonner ! Tel est le mot d’ordre.
« L’habitat moderne se doit d’être aussi ouvert, modelé dans des matières aussi transparentes que son habitant. L’habitat béant et l’habitant béat, le même courant d’air doit pouvoir les traverser. » extraits pour la mise en bouche ! Après lecture prière de se retirer sous sa tente…

« Laïcité »
Le « Sévillia » nouveau est arrivé, il y a quelque temps, et nous révélait « Quand les catholiques étaient hors la loi »… Mais nos amis se devaient de s’en faire l’écho. Ils ont donc séquestré Jean Sévillia le temps d’un entretien.
Tournons nous vers l’avenir : « Je ne crois pas aux théories de Marcel Gauchet sur le désenchantement inéluctable du monde. Dieu est maître de son Eglise. Il n’y a pas de fatalité à la disparition du christianisme en France… quand j’avais 18 ans on n’aurait pas trouvé 100 000 jeunes Français pour se rassembler avec le Pape. C’est un signe d’espoir, une chrétienté qui se reconstruit. » Rien n’est inéluctable…

« Les conséquences économiques du Tsunami »
Un lourd bilan humain, mais un impact économique globalement limité.
Robert Grégoire nous trace les grandes lignes de ce bilan sous l’angle de l’économiste. Rien à redire.

« Parenté incertaine, parents douteux… »
Alain Raison tente de cerner les contours incertains de la parenté.
Pour être bref et vous donner envie de lire ce sujet fort bien traité « C’est le désir qui unit et sépare les couples, c’est le désir qui rend une grossesse « normale » ou « accidentelle », distingue l’enfant souhaité de l’embryon indésirable. »
Alain Raison ne néglige aucun aspect de ce sujet qui est un véritable enjeu de société. Il passe au crible « Métamorphoses de la parenté » de Maurice Godelier (Fayard). Nous ne le savions pas : Nous sommes enfin libérés et la famille n’est pas le fondement de la société : « Nous avons été si naïfs de croire en un ordre naturel : mea culpa ».
Aussi nous ne pouvons que nous ranger à la conclusion d’Alain Raison « Le lien social risque d’être érodé par un pluralisme aussi radical quant aux principes fondamentaux de la nature humaine. Il va falloir que les défenseurs de la famille en prennent acte. La question des mœurs est étroitement liée a la question des institutions. La défense de la famille appelle une refondation politique, une autre forme d’Etat… » Si vous n’avez pas compris…

Et cerise sur le cadeau, c’est Michel Rouche, professeur d’histoire à la Sorbonne, directeur de la revue Alliance ainsi que de l’Institut de la famille du diocèse de Paris qui vient à la rescousse :
« L’altérité dans le couple est un progrès récent à défendre »
Vous comprendrez que : « Si l’amour n’est pas choisi librement, s’il n’est pas acceptation de l’autre dans sa différence alors il n’est qu’une illusion égotique. L’hypertrophie du sentiment amoureux masque une régression de l’amour : on est tellement persuadé que le sentiment amoureux doit être toujours présent qu’à force de le magnifier, dès que survient une petite « panne », une crise dans le couple, on considère qu’on ne s’aime plus et qu’il faut se quitter. »
« La survalorisation du désir individuel et du sentiment amoureux fait de nous des analphabètes du cœur : on préfère être porté par la passion plutôt qu’aimer librement c’est-à-dire aimer l’autre en vérité, pour ce qu’il est dans sa différence et non pour les satisfactions sentimentales éprouvées à sa vue. » Toujours rappeler nos fondamentaux… Bravo pour cet entretien !

Sans transition : « Images terroristes » par Marie-Gabrielle Petit.
Les images sont une arme de guerre et il convient de les utiliser avec mesure, quitte à les cacher. Et quand la guerre est « terroriste » ? Ce sujet est abordé avec sensibilité, non sans raison garder.

« La justice et la colère : du bon usage de l’indignation »
Dans ce numéro, les surprises ne manquent pas. Jean-François Mattéi est reçu par Stéphane Giocanti. Membre de l’Institut universitaire de France et philosophe enseignant à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis, le professeur Mattéi nous surprend encore avec son dernier essai « De l’indignation » (La Table Ronde – Collection Contretemps)
Tout tourne autour de la dignité, de cette soif, jamais assouvie, de justice. Mais les dérives actuelles nous éloignent du cœur du sujet :
« …je tente d’établir que l’indignation est le sentiment premier, à ce titre irréductible à tout autre affect, qui révèle l’existence de la justice. »
« L’indignation ne peut révéler la dignité d’un être, soumis à une injustice, que lorsqu’elle se dresse immédiatement, sans calcul, devant l’indignité infligée à un homme singulier. Il ne peut y avoir d’indignations collectives sinon celles du ressentiment, comme l’a montré Nietzsche. La seule indignation qui donne un sens à l’exigence de justice est cette indignation naturelle qui, selon le mot de Bernanos dans « Les enfants humiliés », est le cri spontané d’une conscience outragée par le scandale. »
Un grand merci professeur et merci Stéphane.

Baptême d’une nouvelle rubrique au nom évocateur de « Place Royale »…
« Le discours réactionnaire a-t-il un avenir ? »
David Foubert et Antoine Clapas ouvrent le feu. A tout seigneur tout honneur…
Tous les pièges sont démasqués, les borgnes sont pris pour ce qu’ils sont : des borgnes. Les paresseux n’échappent pas à l’inventaire et les faux jeunes « réacs » drapés dans les chiffons des mythes ne sont pas épargnés. Enfin une pensée claire et joyeuse ! Rarement les mots ont sonné aussi juste : « … il vaut mieux prendre le risque, trouver la bonté d’un engagement qui est la liberté même, et s’inscrire dans le paysage… » « A contrario, nous ne haïssons personne ; sans tomber dans l’angélisme, nous sommes enclins à reconnaître chaque Français comme un frère et à considérer chaque homme comme image de dieu à qui l’on peut s’adresser. Noter œuvre est d’amour : La France que nous voulons défendre n’est pas le rempart de notre résidence secondaire. Nous ne sommes pas des réactionnaires ; nous nous efforçons, tout au plus, d’être des politiques, et des serviteurs loyaux. »

Le chant final de nos amis ne faiblit pas :
« Dans quelles affres de tourments l’on risque de plonger la jeunesse qui s’interroge, si du réel nous ne lui faisons connaître que le désastre et le dégoût ! Que deviennent les mots patrie, honneur, loyauté, légitimité, ces antiques vertus devenues chrétiennes et qui nourrissent séculairement la morale commune de la France, si nous ne les accordons pas aux conditions de ce temps ? Il n’y a pas de tâche plus urgente, ni plus belle. »

Nous vous laissons le temps de « digérer » toutes ces premières pages.
Nous vous présenterons la suite sous huitaine…
Bravo à toute l’équipe des Epées !

Portemont, le 7 mai 2005.

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.