|
Retrouvez
le numéro 14
Retrouvez
le numéro 13
|
Les
Epées
 |
|
Trimestriel.
Tarif abonnement : 18 euros (un an , 4 numéros).
Règlement par chèque bancaire ou postal à
l'ordre de A.D.P.R
Les Epées, 4 square de la Côte Saint - Thibault.
92270 Bois-Colombes.
Courrier électronique: lesepees@lesepees.com
Abonnement: hubert@lesepees.com
Site internet : www.lesepees.com
|
Au numéro 15
(mars 2005)
Autant vous le dire tout de suite :
il s’agit d’un numéro d’exception. Nous l’avons
lu et le relisons avec à la fois une grande joie et beaucoup de
gravité. Nous tenons à vous faire partager l’excellence
de cette réussite. Nous vous présenterons donc ce numéro
en deux parties.
- I -
En couverture, Pieter Bruegel l’Ancien
est appelé en renfort. L’illustration qui nous est offerte
a pour fondation un Non jamais démenti. L’Europe qui nous
est proposée n’a pas meilleure mine que la Tour de Babel.
A lire l’Edito, vous acquiescerez : La « République »
n’est guère plus vaillante…
Au royaume de l’imposture, les jours se suivent et se ressemblent.
Un Michel Onfray remplace un BHL.
Et l’avenir s’annonce déjà comme le creuset
de mille renoncements. Nos collèges, eux aussi, rivaliseront avec
la Tour de Babel, et ce grâce au fameux « bloc »
des connaissances.
L’histoire devient une matière optionnelle.
« La haine du passé (surtout
national) est en revanche obligatoire… En France, on ne doit pas
dire que la République est née dans la Terreur et la persécution
des catholiques… ».
Le constat est à retenir : Aujourd’hui,
la « République » n’est d’ailleurs
plus rien du tout : une ombre historique, un résidu de
principe, un procès perpétuel à la vie nationale,
un rouage de l’intégration étatique. Elle n’a
rien pour attirer la confiance, encore moins pour susciter l’amour…
Et comme le notait Gustave Thibon, le conformisme a changé de camp,
« il est passé du côté
de la négation des valeurs spirituelles et morales qui ont fait
notre civilisation. »
Pas besoin de vous faire un dessin…
Nous aimons beaucoup !
Nous avons oublié de vous avertir
que « Les Epées » ont pris du poids. Ce numéro
est lourd en main. Ce n’est pas dû à une surcharge
de plomb – bien que le nombre de ceux qui ont besoin de plomb dans
la tête ne cesse d’augmenter -, mais 75 pages vous attendent !
« La construction communautaire
: un coup d’Etat permanent »
Tout commence décidemment bien grâce à Patrick Longuet.
Nous avons droit à la version condensée d’une communication
présentée au colloque : « Le
coup d’Etat, recours à la force ou dernier mot du politique »
qui se tenait à l’Université de Caen-Basse-Normandie
en décembre 2004.
Entamant par quelques brefs rappels historiques, l’auteur nous conduit
à une évidence : l’Europe se construit par
une succession de coups d’Etat au profit de quelques-uns. En effet
pour faire un coup d’Etat nul besoin de violence. Patrick Longuet
nous aide à comprendre que la véritable cible de ce coup
d’Etat permanent, n’est ni plus ni moins que le politique.
Et de conclure : « Si,
dans un Etat comme la France, le oui devait l’emporter, le politique
serait effectivement sur le point de rendre son dernier souffle ; en
revanche, si le non devait être majoritaire au soir du referendum,
on pourrait alors parler à juste titre d’un spectaculaire
retour du politique dans la construction européenne, voire d’un
coup d’Etat démocratique. »
Que demande le peuple ? Vous
lirez et relirez ce condensé. Les Actes de ce colloque seront publiés
prochainement chez François-Xavier de Guibert. Avis aux amateurs !
« Le double effet du NON
»
Jean- Baptiste Barthélémy voit double, magistralement !
Il définit sobrement ce que serait une Europe digne de ce nom :
« …une Europe constituant
une communauté organique des nations, une Europe dont les membres,
parce qu’ils ont en commun la géographie et l’histoire,
parce qu’ils partagent des éléments d’une homogénéité
substantielle, peuvent envisager de coopérer durablement et, surtout,
souverainement, c’est-à-dire sans avoir besoin de recourir
à la contrainte fédérale. Et dans cette Europe-là,
la Turquie n’a pas sa place. »
L’Europe fédéraliste,
elle, est épinglée : « Construite
sans les peuples, contre les nations mais par et pour des élites
mondialisées, cette Europe artificielle ne repose sur rien de concret
ou de tangible, si ce n’est les intérêts partagés
de minorités agissantes. »
Jacques Chirac le Fossoyeur n’est
pas oublié, rassurez-vous ! Mais le « Non »
à la Constitution européenne sera aussi un Non à
l’entrée de la Turquie.
Parfois les victoires sont plus difficiles à gérer que les
débats. Si Jean-Baptiste Barthélémy nous rappelle
qu’ « un referendum n’est pas une consultation
électorale à vocation gouvernementale », il entrevoit
que la question du renouvellement du personnel gouvernemental sera clairement
posée, majorité et opposition confondue. Et de conclure,
histoire de nous motiver tous : « En
cas de victoire du Non, on ne fera évidemment pas l’économie
d’une profonde remise en cause de notre vie politique. Le troisième
effet du Non en quelque sorte… » Jean-Baptiste
Barthélémy voit triple ! Pour notre plus grand plaisir…
« Plaidoyer en forme de
paradoxe »
Frédéric Rouvillois se tient à la barre et nous offre
une plaidoirie capétienne du meilleur tonneau. Il n’est pas
dupe de la volonté des François Bayrou et de toute leur
smala de bâtir une Europe démocrate-chrétienne…
Dans cette Europe, la Turquie qui empêcherait la naissance d’un
peuple européen, n’aurait aucune place. Et si Frédéric
Rouvillois comprend les motifs électoraux des souverainistes qui
les font refuser « parfois très
violemment, une telle adhésion », il conclut
en s’appuyant sur une déclaration de Kissinger « L’entrée
de la Turquie, si j’étais européen, je serais contre.
Mais je suis Américain, alors je suis pour. »
Etant Français, avant d’être Européen, je suis
pour également.
Son plaidoyer allie talent, clairvoyance et grand sens politique. Rouvillois
le Capétien , c’est autre chose que Chirac le Fossoyeur !
Et Chypre dans tout cela ? Notre
ami Elie Hatem était tout désigné pour nous rappeler :
« La question Chypriote : un obstacle européen
à la Turquie ? »
La bergerie est byzantine à souhait. Il y a certes un loup tout
désigné, mais les coyotes ne manquent pas… La situation
géographique de la troisième île de la Méditerranée
– par la taille – lui cause bien des soucis et cela
ne date pas d’hier ! Il y a deux façons de regarder
Chypre : par le petit bout de la lorgnette et par le grand bout…
Elie Hatem, lui, nous fait regarder Chypre dans toutes les largeurs…
sans Elie Hatem vous n’y comprendrez rien, et nous avec ! Un
vrai cours de géopolitique.
« La charité ou
la mort »
Tout le monde n’a pas Sharon Stone sous la main…
Laurent Dandrieu s’en donne à cœur joie. Tous se bousculent
devant l’objectif pour que leur charité soit gravée
dans nos mémoires. Etre « People » impose
d’être généreux et rien ne vous empêche
de dénoncer les pingres. Et nous alors ? Nous qui avons appris
que la charité vraie devait respecter le principe évangélique : « lorsque
la main droite donne, la main gauche elle-même doit l’ignorer. »
Nous sommes menacés de camp de rééducation. Et en
prime nous ne pourrons même pas afficher dans notre cellule un poster
de l’héroïne de « Basic Instinct ».
En deux mots l’Enfer !
« Ere du vide ère
de la transparence »
ou « Liberté, légèreté, transparence
»
Article décapant de Serge Degrim. Décloisonner ! Tel
est le mot d’ordre.
« L’habitat moderne se doit d’être
aussi ouvert, modelé dans des matières aussi transparentes
que son habitant. L’habitat béant et l’habitant béat,
le même courant d’air doit pouvoir les traverser. »
extraits pour la mise en bouche ! Après lecture prière
de se retirer sous sa tente…
« Laïcité
»
Le « Sévillia » nouveau est arrivé, il y a quelque
temps, et nous révélait « Quand les catholiques
étaient hors la loi »… Mais nos amis se devaient
de s’en faire l’écho. Ils ont donc séquestré
Jean Sévillia le temps d’un entretien.
Tournons nous vers l’avenir : « Je
ne crois pas aux théories de Marcel Gauchet sur le désenchantement
inéluctable du monde. Dieu est maître de son Eglise. Il n’y
a pas de fatalité à la disparition du christianisme en France…
quand j’avais 18 ans on n’aurait pas trouvé 100 000
jeunes Français pour se rassembler avec le Pape. C’est un
signe d’espoir, une chrétienté qui se reconstruit. »
Rien n’est inéluctable…
« Les conséquences
économiques du Tsunami »
Un lourd bilan humain, mais un impact économique globalement limité.
Robert Grégoire nous trace les grandes lignes de ce bilan sous
l’angle de l’économiste. Rien à redire.
« Parenté incertaine,
parents douteux… »
Alain Raison tente de cerner les contours incertains de la parenté.
Pour être bref et vous donner envie de lire ce sujet fort bien traité
« C’est le désir qui
unit et sépare les couples, c’est le désir qui rend
une grossesse « normale » ou « accidentelle »,
distingue l’enfant souhaité de l’embryon indésirable. »
Alain Raison ne néglige aucun aspect de ce sujet qui est un véritable
enjeu de société. Il passe au crible « Métamorphoses
de la parenté » de Maurice Godelier (Fayard). Nous ne
le savions pas : Nous sommes enfin libérés et
la famille n’est pas le fondement de la société :
« Nous avons été
si naïfs de croire en un ordre naturel : mea culpa ».
Aussi nous ne pouvons que nous ranger à la conclusion d’Alain
Raison « Le lien social risque
d’être érodé par un pluralisme aussi radical
quant aux principes fondamentaux de la nature humaine. Il va falloir que
les défenseurs de la famille en prennent acte. La question des
mœurs est étroitement liée a la question des institutions.
La défense de la famille appelle une refondation politique, une
autre forme d’Etat… » Si vous n’avez
pas compris…
Et cerise sur le cadeau, c’est
Michel Rouche, professeur d’histoire à la Sorbonne, directeur
de la revue Alliance ainsi que de l’Institut de la famille du diocèse
de Paris qui vient à la rescousse :
« L’altérité dans le couple est un progrès
récent à défendre »
Vous comprendrez que : « Si l’amour
n’est pas choisi librement, s’il n’est pas acceptation
de l’autre dans sa différence alors il n’est qu’une
illusion égotique. L’hypertrophie du sentiment amoureux masque
une régression de l’amour : on est tellement persuadé
que le sentiment amoureux doit être toujours présent qu’à
force de le magnifier, dès que survient une petite « panne »,
une crise dans le couple, on considère qu’on ne s’aime
plus et qu’il faut se quitter. »
« La survalorisation du désir
individuel et du sentiment amoureux fait de nous des analphabètes
du cœur : on préfère être porté
par la passion plutôt qu’aimer librement c’est-à-dire
aimer l’autre en vérité, pour ce qu’il est dans
sa différence et non pour les satisfactions sentimentales éprouvées
à sa vue. » Toujours rappeler nos fondamentaux…
Bravo pour cet entretien !
Sans transition : « Images
terroristes » par Marie-Gabrielle Petit.
Les images sont une arme de guerre et il convient de les utiliser avec
mesure, quitte à les cacher. Et quand la guerre est « terroriste » ?
Ce sujet est abordé avec sensibilité, non sans raison garder.
« La justice et la colère
: du bon usage de l’indignation »
Dans ce numéro, les surprises ne manquent pas. Jean-François
Mattéi est reçu par Stéphane Giocanti. Membre de
l’Institut universitaire de France et philosophe enseignant à
l’Université de Nice-Sophia-Antipolis, le professeur Mattéi
nous surprend encore avec son dernier essai « De l’indignation »
(La Table Ronde – Collection Contretemps)
Tout tourne autour de la dignité, de cette soif, jamais assouvie,
de justice. Mais les dérives actuelles nous éloignent du
cœur du sujet :
« …je tente d’établir
que l’indignation est le sentiment premier, à ce titre irréductible
à tout autre affect, qui révèle l’existence
de la justice. »
« L’indignation ne peut révéler
la dignité d’un être, soumis à une injustice,
que lorsqu’elle se dresse immédiatement, sans calcul, devant
l’indignité infligée à un homme singulier.
Il ne peut y avoir d’indignations collectives sinon celles du ressentiment,
comme l’a montré Nietzsche. La seule indignation qui donne
un sens à l’exigence de justice est cette indignation naturelle
qui, selon le mot de Bernanos dans « Les enfants humiliés »,
est le cri spontané d’une conscience outragée par
le scandale. »
Un grand merci professeur et merci Stéphane.
Baptême d’une nouvelle rubrique
au nom évocateur de « Place Royale »…
« Le discours réactionnaire a-t-il un avenir ? »
David Foubert et Antoine Clapas ouvrent le feu. A tout seigneur tout honneur…
Tous les pièges sont démasqués, les borgnes sont
pris pour ce qu’ils sont : des borgnes. Les paresseux
n’échappent pas à l’inventaire et les faux jeunes
« réacs » drapés dans les chiffons
des mythes ne sont pas épargnés. Enfin une pensée
claire et joyeuse ! Rarement les mots ont sonné aussi juste :
« … il vaut mieux prendre
le risque, trouver la bonté d’un engagement qui est la liberté
même, et s’inscrire dans le paysage… » «
A contrario, nous ne haïssons personne ; sans tomber dans l’angélisme,
nous sommes enclins à reconnaître chaque Français
comme un frère et à considérer chaque homme comme
image de dieu à qui l’on peut s’adresser. Noter œuvre
est d’amour : La France que nous voulons défendre n’est
pas le rempart de notre résidence secondaire. Nous ne sommes pas
des réactionnaires ; nous nous efforçons, tout au plus,
d’être des politiques, et des serviteurs loyaux. »
Le chant final de nos amis ne faiblit
pas :
« Dans quelles affres de tourments
l’on risque de plonger la jeunesse qui s’interroge, si du
réel nous ne lui faisons connaître que le désastre
et le dégoût ! Que deviennent les mots patrie, honneur,
loyauté, légitimité, ces antiques vertus devenues
chrétiennes et qui nourrissent séculairement la morale commune
de la France, si nous ne les accordons pas aux conditions de ce temps
? Il n’y a pas de tâche plus urgente, ni plus belle. »
Nous vous laissons le temps de «
digérer » toutes ces premières pages.
Nous vous présenterons la suite sous huitaine…
Bravo à toute l’équipe des Epées !
Portemont, le 7 mai 2005.
Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir
|

|