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Les Epées

 

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Les Epées, 4 square de la Côte Saint - Thibault.
92270 Bois-Colombes.
Courrier électronique: lesepees@lesepees.com
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Site internet : www.lesepees.com

Au numéro 13 (Août – septembre - octobre 2004) :

Haut les lames! Les décors sont plantés. Des bouleaux argentés et des isbas peintes, aux rames de Métro temple d'humanité, en passant par le Foyer juif de quartier d'une cité phocéenne. Tout est théâtre, masquant les plus terribles tragédies. Les temps changent. La mise en scène n'est plus l'oeuvre des puissants. Léonie se veut Marie, et veut exister. Rafaël n'est pas Archange et rappelle la Bête... Nos amis épinglent à partir de la Sainte Russie d'Epinal ordonnée par Potemkine, les misérables affaires de l'été: Fausse agression d'une jeune mère "perdue" dans le Métro, fausse agression "homophobe" dans une cité mal insonorisée, vrai incendie d'un centre social juif mais simple vengeance d'un ancien employé éconduit. Le manque " d'amour" fait des ravages. La peur de ne pas être en "phase" avec l'indignation de la "bien-pensance" fait des ravages au sommet. C'est normal, le char de l'Etat est tiré par des boeufs fatigués.
Nous sommes au centre
"... de notre théâtrocratie contemporaine, où l'apparence gouverne tout, et où l'on gouverne à partir de faux-semblants, même lorsqu'il est démontré qu'ils n'ont aucune réalité."
Belle rentrée pour nos amis, tout cousu d'or!
C'est comme les trains: "Une consultation peut en cacher une autre". Jean-Baptiste Barthélémy annonce "le Référendum"... Ah, si tous les ... voulaient bien se donner la main !
"Que le compromis nationaliste se réalise, que les abstentionnistes cette fois-ci se mobilisent, et la Constitution européenne aura vécu. La balle est dans le camp des nationaux." Soit. Il va falloir acheter des gants.
C. Equilbecq fait le bulletin météorologique en page 6:
"Comment l'air de l'opinion empoisonne l'air politique" ou "Le temps de l'Etat et le temps des médias".
Léonie -Marie ou Marie-Léonies est à l'honneur. Compassion. Le temps est si triste.
"Ce que montre crûment cette histoire, c'est un monde politique à la remarque des médias et finalement aussi obsédé par l'idée de " passer au JT" que la jeune femme qui lacéra ses vêtements. Quand le temps des politiques devient le temps des médias, la politique ne peut plus en être une."
Charles-Henri Hubert pleure Intervilles: "Fiat Lux"... Il annonce ludiquement Robert Grégoire en page 8 qui nous éclaire: " E.D.F: simple ouverture ou privatisation rampante?"
Et l'indépendance dans tout ça?
"Le cas d'EDF montre comment l'Etat peut perdre un peu plus de son indépendance politique dans les secteurs relevant de l'économie stratégique.... EDF était aussi le principal acteur d'une politique énergétique nationale principalement basée sur le nucléaire..." Les bonnes questions sont posées.
En page 9, il y a une petite place pour un homme éclairé. Il est si éclairé qu'il tient ses lunettes à la main, et il nous sourit. C'est Marcel!
"Otages de Bush et Ben Laden", ce sont "Les Chrétiens d'Irak". Dense entretien avec Jean-François Colosimo.
"A vue humaine, nous assistons, impuissants, à une catastrophe de civilisation qui incline au pessimisme le plus radical. Mais l'on ne saurait oublier que, dans le christianisme, la croix est signe d'espérance."
Ce n'est que Vérité. Mais Elle est bien lourde pour nos frères d'Orient.
Appel à l'imagination! B.J le lance en page 13: "Le patrimoine en conflit"
Il faut de l'imagination, certes, et des sous, des sous, encore des sous...
Ibn P. Assidim nous accueille avec un clin d'oeil:
"L'avenir de l’inintelligence"...
Le "Livre" nous tient à coeur, mais les lecteurs, en nombre sans cesse grandissant, sont béatement formatés par le " best-seller".
"Mais plus le best-seller a de lecteurs, plus il va imposer aussi un certain type de références, de goûts, de valeurs, eux-mêmes exactement calibrés, à l'aune du politiquement et de l'intellectuellement corrects."
Retenir la belle phrase du directeur des éditions José Corti, Bertrand Fillaudeau:
"Pour nous, un véritable créateur est toujours en décalage par rapport à son époque. A cet égard, il semble qu'au XXe siècle, on se soit mépris sur la démocratisation de la culture."
Parole de spécialiste !
Clapas et Odier recueillent les "confidences" de celui qui nous dit :
"A mon sens, mes livres s'inscrivent vraiment dans la lignée d'un Dumas." C'est l’"Entretien avec Paul-Loup Sulitzer"
Paul-Loup nous donne la recette:
"Pour faire un best-seller, c'est simple: il suffit de ne pas emmerder le public."
En page 20, Arnaud Odier maugrée à pleine plume:
"... mais dans ces conditions, n'est-on pas en droit de se demander où de la bonne et véritable politique peut encore se trouver (en dehors, bien sûr, des Epées)? Cette absence est d'autant plus regrettable que l'antique science du gouvernement des hommes a très certainement bien des choses à nous apprendre quant aux moyens de faire cohabiter harmonieusement nos contemporains."
Ma grand-mère avait pour habitude de me dire:
"On trouve toujours une pomme de terre dans un tas d'épluchures..." Soyons optimistes!
Bien se caler dans un bon fauteuil ou préférer l'ascèse d'une chaise à bras espagnole du XVIIe siècle...
Et lire après avoir bu un verre d'eau: "Exploration de la part du diable". Très bel entretien entre Alain Raison et Michel Maffesoli, l'auteur acide de " Le temps des tribus"...
Nous connaissons "la part du pauvre", que nous oublions, hélas, souvent. Michel Maffesoli nous raccroche à la part du diable:
"... il me parait de sagesse humaine de montrer qu'il faut accorder sa part au diable, c'est-à-dire se rendre compte qu'il y a en nous quelque chose qui est de l'ordre de l'animalité, de l'instinctuel, du désir et finalement du mal... et à vouloir trop aseptiser un individu ou une société, on a un retour non-contrôlable du refoulé."
De plus en plus vite, nous accédons aux premières loges!
Dans la foulée, Alain Raison nous initie à la lecture du dernier ouvrage de Maffesoli: " Notes sur la postmodernité"... Du bon travail. Je vous donne un conseil, choisissez le bon fauteuil, la chaise espagnole est dangereuse pour nos fondements...
Antoine Clapas nous fait un beau cadeau. Il nous délivre un passeport pour la vie bonne: "La maturité ou bien le bégaiement"
Pour nous guérir nous pouvons emplir notre bouche de petits cailloux et regarder la mer... Mais nous pouvons aussi accepter sereinement ce que les témoignages de Platon et de Xénophon: " ...montrent clairement que l'apprentissage de la mort est le dernier don que le maître fait au disciple."
Grand merci à Clapas de ses lignes.
Au vitriol ! ou "Vous n'avez rien contre les faux jeunes?" de Laurent Dandrieu.
Le coeur n'est plus assez jeune...
" Maladie sénile d'une société vieillissante qui essaye désespérément d'oublier ses cheveux blancs, le jeunisme s'accompagne bien du mépris des vrais jeunes..." La lame de Dandrieu n’a pas une ride!
Valérie Lefort-Zelminska en serait presque à lancer un appel : "Besoin d'adultes"
Elle est en grande compagnie: Tony Anatrella, Michel Fize. La génération "68" a perdu les clefs du réel :
" Ne reste que l'illusion, l'impuissance, le ressentiment et bien sûr la fête. Les soixante-huitards condamnent leurs enfants à suivre leur propre régression."
Eviter aussi le danger de la fausse autorité, les faux sages et bientôt les faux vieux...
Tout en finesse et gentillesse, Christian Combaz nous dessine une carte du Tendre... à venir : "La géographie du temps"
Les titulaires de la carte "vermeil" font grise mine. Combaz nous guide dans ce monde où la conscience rend vieux. Impératif: à lire et à faire lire !
" Horresco referens..." ou "Pourquoi lire La Trinité de saint Augustin ?"
Sophie Dupuy-Trudelle prend pour avocate Hannah Arendt. Nous rendons volontiers les armes. Tout dire au lieu de dire de tout... Merci pour ce rappel.
Et Milou alors? Milou est toujours oublié. Un jour, j'écrirai les mémoires de Milou. Tous mes amis le savent: les "terriers" et moi c'est une véritable histoire d'amour. Je parle "terrier", c'est même une des langues que je maîtrise le mieux. Il n'y en a que pour Tintin, et maintenant pour : "Haddock, tartarin mais pas célinien"
C'est du Fluide glacial, pardon, c'est du Albert Algoud... Il nous réchauffe les boyaux comme le bon malt réchauffe notre capitaine Haddock! Après lecture de cette brillante démonstration, je suis pris d'une furieuse envie d'étriper E.Brami, avec le vieux sabre du capitaine. Par mille sabords!
Succulent article à lire en compagnie d'un verre de vingt ans d'âge... au moins !
In fine, l'acier des lames de nos amis se durcit, et le fil s'aiguise à merveille.
Je vais vous épargner leur programme de lecture. C'est une affaire de goût, du bon, du très bon et du : "ce n'est pas ma tasse de thé"...
Aussi je vous conseille de vous procurer ce numéro revigorant !

Portemont, le samedi 16 octobre,
en ce jour de la Sainte-Hedwige, a.d. 2004.

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