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Au numéro 864, numéro spécial été

Les vacances sont nécessaires… Mais faut-il savoir ce qui nous attendra au retour.

Et dans ce dessein, la première de couverture de Royaliste annonce la couleur en nous interpellant :
« Pour préparer l’avenir »
Pas de trêve pour la « Cible ». Et pour cause, Monsieur Blair trône à la présidence de l’Union européenne. Les optimistes nous diront que ce n’est que pour six mois… mais six mois, c’est long et l’on peut craindre les pires dégâts… Donc un mot d’ordre : « No Blair ! »

Est-il vrai que le tort tue ? je n’apporterai pas de réponse, mais en page 2, Sylvie Fernoy nous assure : « Quand le tabou tue… »
Il aura fallu le 29 mai 2005 pour qu’un voile se lève. L’euro ne bénéficie plus du consensus de façade dans lequel il était enveloppé.
« Pendant trois ans, nul n’osa dire publiquement que l’euro plus ou moins érigé ne procurait pas la jouissance souhaitée. » L’euro serait-il nu ?

Il n’y a pas de fatalité. Nicolas Palumbo en est convaincu. Dans « Résignation ou innovation », il trace la véritable alternative au tout libéral… et dénonce « le raisonnement fataliste qui consiste à reconnaître la victoire du néo-libéralisme. » Sa recette ? Il la trouve dans l’alternative qui a été définie, il y a 60 ans par le programme du Conseil national de la résistance. Le programme n’aurait pas pris une ride. Soit. De belles momies, parfois aussi, sont sans ride. Tout va très vite, et si des vérités demeurent, il faut imaginer pour demain…

En page 4, Luc de Goustine dresse un sourcil gourmand vers la gauche : « L’avenir incertain des socialistes ». Le pouvoir, toujours le pouvoir… Le pouvoir est à prendre au sein du P.S., étape obligée pour pouvoir prétendre au pouvoir suprême. Attendre le congrès. Et peut-être que la surprise viendra du côté de Fabius ?

La page 5 est réservée à Axel Tisserand. Axel Tisserand m’a tenu compagnie une partie de l’été avec les « lettres des Jeux olympiques » de Charles Maurras. Un plaisir précieux avec en fond le chant des cigales… Dans « L’urgence de la question institutionnelle », Axel Tisserand voit loin : « … le non du 29 mai, qu’il ait été royaliste, gaulliste, social(iste), communiste, national(iste), souverainiste,voire altermondialiste, exprimait cependant une volonté commune : celle de voir se poursuivre la possibilité de libres choix politiques. Cela n’impliquait pas le refus de la seule partie III du traité… mais bien le rejet de TOUT le traité, lequel instaurait cette mise en coupe réglée de toute citoyenneté active. »
Qui dit mieux ? Merci.

Annette Delranck est une élève studieuse. Elle apprend l’alphabet en page 6. « Et voici le plan C » Soit, il y a encore de la marge avant d’arriver au Z, comme Zorro ! L’Europe, toujours l’Europe…Avec des si, il est toujours possible de mettre l’Europe en bouteille. Mais je rappelle à Annette qu’il en est de l’Europe comme de la viticulture. C’est la crise…
Ah ! Grouchy… Yves La Marck, tel un général lorgnant le champ de bataille, a pesé « La diplomatie des cent jours ». Le général a lu Bainville, et bien lu…
Villepin trace-t-il des plans pour l’après Waterloo ? Le Waterloo de son gouvernement… Lisez la page 7.
Un des grands livres de l’été : « Louis XVI ». Jean-Christian Petitfils nous a offert ce beau cadeau à lire et relire. Il est reçu par Royaliste et son livre fait l’objet de l’enquête en pages centrales. « Le pouvoir royal meurt non d’un excès de centralisme mais de faiblesse extrême, étouffé par la coalition égoïste des corps et des ordres. A partir de la Régence, on assiste en effet à une gigantesque réaction aristocratique qui, sous couvert des Lumières, aspire au retour à un système d’inspiration féodale. » Tout est dit.

Bertrand Renouvin dresse un beau et juste portrait de Karim Aga Khan en page 10 : « Un Prince musulman ». La recette de l’union sans faille qui lie le Prince et les Ismaéliens ? Une des clés de la réussite du remarquable projet de développement économique et social mené par l’Aga Khan ?
« Le lien mystique qui unit cette communauté de croyance est sans nul doute le facteur principal de la réussite incontestée et inimitable, de cette politique »
Ce lien est plus fort que toutes les constitutions écrites…

Gérard Leclerc nous revient d’un petit voyage. Il était pendant quelques jours sur un petit nuage, à Rome, où il a entendu « le docteur subtil » Giuliano Amato. Et bien d’autres têtes bien faites. Notre ambassadeur auprès du Saint-Siège, Pierre Morel, avait organisé un colloque. Emile Poulat et Jean-Luc Marion étaient présents. Tous les présents, diplomates, universitaires et religieux avaient encore dans les oreilles le « non » français et néerlandais…
Mais « on était loin des médiocres querelles sur la concurrence des familles se disputant l’héritage, avec les exclusives portées contre les uns ou les autres. » Et tous réfléchissaient sur la formule : « la liberté religieuse, c’est la religion de l’Europe ». Vous lirez attentivement « En crise, et donc en jugement » Merci Gérard !

Et encore une double page ! Il fallait bien les pages 12 et 13 pour les tintinophiles…
Penser « Tintin » et parler d’ « Hergé, l’énigmatique » sans Albert Algoud, c’eût été impensable… A.A. pour Tintin, c’est comme A.A.A.A.A. pour les andouillettes !
Authenticité garantie avec en prime la présence de Luc Beyer de Ryke, une fois !
Pas de langue de bois. Un regard juste et plein d’affection.

Maria da Silva met les points sur les « i » en page 14. « Des vérités sur Genet ». Elle fait remonter à la surface « … de vieilles histoires, celle d’une gauche littéraire aux mains sales ».
Des histoires anciennes, mais qu’il convient de rappeler. Maria da Silva a lu pour nous « Les vérités inavouables de Jean Genet » d’Ivan Jablonka. Les sombres années de Sartre. Toutes les cours sont aveugles…

A lire, sans retenue, « La folle équipée de la duchesse de Berry » de Thérèse Rouchette. Je suis sûr que Pascal Beaucher vous convaincra avec « Une petite grande femme ».
Et pour finir, l’édito de Bertrand Renouvin ! Avec en prime, enfin, une photographie des temps présents. Bravo Yvan.
Restons sérieux. Ce numéro devait vous tenir compagnie pour l’été. Soit. Mais pour la rentrée : « Qu’avons-nous à faire ? »
« Il faut se préparer à donner congé aux oligarques qui alternent au gouvernement, aux hiérarques chiraquiens et hollandistes, aux patrons de médias, aux gestionnaires incapables, … ». Voilà pour le moins un programme sur lequel nous devrions être nombreux à nous attendre. Pour la suite ? L’amour de la France et de ses libertés devrait nous conduire sur des voies raisonnables…

Bonne rentrée !

Portemont, le 30 août 2005.

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