Royaliste
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Au numéro 850,
du 27 décembre 2004 au 9 janvier 2005
Ce numéro ferme la porte à
une année et l’entrouvre à l’an qui vient !
Que toute l’équipe de ce journal libre reçoive nos
meilleurs vœux.
En première de couverture, le
titre nous rappelle à tous que la presse est sans cesse contrainte
et que nous entrons dans l’ère des muselières : Pour
une presse libre
La cible n’enchantera pas la reinette qui voudrait bien gravir l’échelle
pour nous dire que le ciel se découvre et que nous allons joyeusement
vers le beau temps.
Nous sommes environnés de grisaille.
Mais il y a pourtant un coin de ciel toujours bleu pour l’aristocratie
du CAC 40 : « Ces messieurs –
l’aristocratie du CAC 40 – ont le ton allègre et la
mine réjouie. En 2003, le total de leurs rémunérations
( salaires plus stock-options) n’a-t-il pas augmenté de plus
de 10% ? Soit, en moyenne, 6 millions d’euros dans l’année
! »
En page 2, Sylvie Fernoy lève
le voile sur : « L’Etat à visage ethnique »
Un rapport, qui a failli être un rapport de police des années
sombres, a été adressé au ministre de l’Intérieur.
Il prône la discrimination positive…
« C’est sur ce tissu d’ignorances
que M. Begag brode son discours sur l’égalité des
chances, parés des fleurs d’une rhétorique républicaine.
La malhonnêteté intellectuelle est ici flagrante : elle permet
d’adoucir les premiers éléments d’un programme
racialisant qui séduit une fraction croissante de l’oligarchie.
»
En effet M. Begag sort des chemins de l’intégration en proposant
: « la promotion sociale des Français
issus de l’immigration visible ».
Nous ne sommes pas sortie de l’auberge ! Entre le visible et l’invisible,
il y a le pas très clair… Ayant cherché ce matin,
pendant un quart d’heure mes lunettes, je peux vous assurer que
nous ne sommes pas tous égaux pour ce qui est de la vision !
Sylvie Fernoy a bien raison de dénoncer
un tel rapport : « Le rapport de M.
Begag est dangereux : sa mise en œuvre susciterait les revendications
de multiples groupes ethniques et engendrerait la haine raciale. »
Nicolas Palumbo, en page 3, revient
d’un enterrement. Celui des 35 heures :
« L’enterrement sans couronne »
« Le véritable problème
n’est pas tant qu’on revienne sur les 35 heures. Leur mise
en place a souvent contribué à une dégradation des
conditions de travail dans les entreprises. Là où le bât
blesse, ce sont les modalités de mise en œuvre de la réforme… ».
Jacques Blangy est content ! Les annonces
du ministre de l’Intérieur le soulagent : les imams vont
aller à l’école ! «
Des stages d’apprentissage du français seront mis en place
dès janvier prochain dans les régions. A partir de la rentrée
2005, les imams recevront à l’université des cours
de droit public et d’éducation civique. » Soit.
Et des cours d’Histoire de France ? Et des cours de civilisation
française ?… Se satisfaire de l’annonce de la
création d’une fondation qui participera à la gestion
des fonds destinés à la construction des mosquées,
et ce dans un souci de transparence. Soit. Mais que dire d’un Etat,
de toute une classe politique et de ceux qui ont en charge la transmission
des savoirs, qui renient et maquillent toujours plus les valeurs qui ont
fortement contribué à la fondation de ce que nous sommes
? Vous avez dit « Fondation » ?
En page 4, Adrien Rivière prend
le train, à un train d’enfer ! C’est un
« Grotesque prototype » Le TGV du futur…
Annette Delranck égrène les cibles du tireur Sarkozy. Ne
dites surtout pas que Sarkozy est un chasseur ! De grâce. Ils visent
les catholiques, les juifs, les antiturcs, les paysans, les homosexuels.
Annette doit bien oublier des gibiers électoraux… C’est
dans : « Cœurs de cibles »
Dans ce numéro, l’Africain
c’est Yves La Marck. Il explore ce continent agité à
la recherche de la « Pax africana ».
« La solution n’est pas militaire ou sécuritaire.
Elle est politique » ;
Sa réflexion s’étend bien au-delà d’Abidjan…
En pages centrales, nous découvrons
la « Genèse de l’Etat moderne »
Une autre voie. Bertrand Renouvin a lu le dernier ouvrage de Bernard Bourdin,
Docteur en histoire des religions et en théologie : « La
genèse théologico-politique de l’Etat moderne »
au PUF.
Cette autre voie, c’est la voie que prit l’Angleterre pour
s’affirmer comme nation indépendante et état souverain.
Elle diffère des chemins qu’empruntèrent nos Capétiens.
Jacques 1er d’Angleterre, fin penseur, se heurte à Rome.
La lecture de ces deux pages nous donne diablement envie de lire l’ouvrage
cité…
En page 8, vous retrouverez Maria Da
Silva : « Le règne de la discorde »
Maria Da Silva nous initie au salafisme et au jihadistes. L’islam
primitif est idéalisé. C’est le règne des «
purs »…
« Les purs en sont classiquement venus
à constituer une communauté à part, qui s’estime
moralement supérieure… »
Ce phénomène n’est pas une exclusivité islamiste
! A chacun les siens… tous aussi détestables.
Quarante ans, ça se fête ! C’est « L’anniversaire
du Nouvel Obs »
Seul Gérard Leclerc pouvait nous annoncer avec autant de joie cet
anniversaire. Il fallait un esprit libre. Comment, avec Gérard,
ne pas penser à Maurice Clavel ? Et l’ombre de Camus défile
avec le temps qui passe…
J’aime cette élégance du cœur et cette saine
curiosité de l’esprit qui peuvent faire dire à Gérard
: « J’en demande bien pardon aux
autres hebdos, mais aucun n’a requis de ma part une telle fidélité.»
Tout est dit dans cette belle page, avec gentillesse et lucidité.
Patrick Pierran a lu un livre de John
Stauber et Sheldon Rampton : « L’industrie du mensonge, lobbying,
communication et médias ». Cette lecture lui permet de déclarer
: « Profession menteur »
Tout y passe : la communication moderne, l’image, la communication
de crise…
« L’information doit précéder
la décision, mais comment apprécier la qualité de
l’information si, à tous niveaux, une communication intéressée
peut l’avoir contaminée ? »
La conclusion de Pierran est toute de
confiance : « Il faut parier sur la vigilance et l’opiniâtreté
des citoyens »
Et nous sommes arrivés au port, en attendant le prochain départ.
Bertrand Renouvin est fidèle
au rendez-vous. Il fait écho au titre de la première de
couverture : « Liberté pour la presse »
« …l’absolue liberté
d’un journal d’opinion est vécue avec une pauvreté
de moyens qui menace à tout moment son existence »
Bertrand dresse un constat qui ne nous engage pas à l’optimisme.
La saine insolence est en danger. Le vote, le 8 décembre 2004,
de la loi réprimant les propos homophobes en est un exemple.
Mais Bertrand de conclure : «
Le milieu dirigeant sera la première victime de l’asservissement
de la presse, qu’il organise ou laisse faire. Aveuglé par
les sondages, flatté par les coquins et les copains de médias,
il ignore les mouvements profonds de l’opinion publique. C’est
une faiblesse grave. Elle pourrait lui être fatale… »
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