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Un
regard qui vient de loin, un regard qui nous porte loin…
Autant que pouvait se faire, nous avons
essayé de retranscrire au mieux les propos de Son Altesse Royale
le Prince Jean de France. La richesse et la densité de Ses réflexions
ne nous ont pas facilité la tâche…Nous nous sommes
attaché à cerner le fond du message qu’Il nous exprimait.
Souhaitons que le texte de cette conférence, qui fera date, soit
prochainement disponible…
Ce mercredi 30 mars 2004, dans le cadre
des conférences de l’I.P.C, Son Altesse Royale Jean de France,
nous a entretenu de Son regard sur la France, en présence et sous
le regard de Madame, Son Altesse Royale Duchesse de Montpensier.
Pas de lambris, salle au décor modeste, mais une salle pleine et
chaleureuse dans son silence. Tout décor aurait été
vain et vanité.
C’est dans ses mêmes lieux que Son Altesse Royale Jean d’Orléans,
Prince de France, Duc de Vendôme, a fortifié son goût
pour la philosophie. Il nous l’a dit et à cette occasion
a chaleureusement remercié ses maîtres.
« Bien penser pour mieux agir »
Le ton était donné : «
C’est ce qui fait le plus défaut à notre époque
»
Redécouvrir le sens vrai des mots, leurs enchaînements logiques.
Les amateurs de causeries de salon auraient été déçus.
Par des mots simples, Son Altesse Royale nous a entraîné
dans un « crescendo » d’une belle densité.
Les règles du « bien penser » une fois posées,
le Prince nous a livré son regard sur la France.
« Je pense en prince chrétien,
j’agis en prince français »
Le regard porté, est porté sur la France d’aujourd’hui,
et pour la France de demain. La France des temps passés est conservée
en mémoire, non par passéisme, mais pour ne pas en perdre
les richesses et les enseignements.
Aujourd’hui la France va mal. Monseigneur nous dit :
« Les temps sont difficiles, les temps c’est nous »
« Le gémissement, ce n’est pas une action, ni même
une pensée »
« Réfléchir sur nos temps,
c’est réfléchir sur nous »
Nul pessimisme dans tous ces propos posés et pesés. Le Prince
de nous dire : «Il n’y a pas de
vie sans amour… »
Nulle résignation ou fatalisme. Il faut réagir, sur soi-même
d’abord.
Le Prince ne regarde pas la France d’en haut. Il ne la regarde pas
au travers de jumelles dorées. Il regarde toute la France. Il ne
la regarde pas en restant assis au coin du feu, feuilletant un livre d’images.
Il la rencontre au cours de ses multiples voyages, sans cesse plus nombreux
depuis six ans. Voyages de travail et d’écoute avec des acteurs
sociaux, des entrepreneurs, des élus, les hommes de la terre, qu’ils
soient vignerons, éleveurs ou céréaliers, gardant
toujours un temps pour les plus faibles et les plus vulnérables
: les enfants handicapés. Se réunissent autour du Prince
les adversaires de hier et de demain. Tous savent que le Prince est libre,
et que s’Il écoute, Il peut être sollicité pour
un avis. Les propos sont toujours sages, simples et fermes : «
Aujourd’hui je conseille, un jour je ferai mieux »
Monseigneur a pu ainsi présenter l’association « Gens
de France », dont il conduit les réflexions.
Toute pensée, toute réflexion doit conduire à l’action.
Il faut agir. Pas n’importe comment…
Son Altesse Royale nous y invite et nous précise « Son regard
» :
« Pourquoi il convient d’agir
» et « Comment il convient
d’agir »
Il convient d’agir parce que : «
La France actuelle ne se définit plus »
La France politicienne ou officielle se conduit comme si elle n’avait
plus de passé. Si, il y a quelques années on pouvait penser,
en écoutant les hommes qui la courtisent sans cesse, que la France
était en 1789, aujourd’hui, Le Prince nous confie avec un
humour grave que selon la « Commission Stasi » : « La
France serait née en 1905 ! »
La plus vieille nation d’Occident ne saurait se satisfaire d’un
tel acte de naissance.
« La France ne se définit plus
comme un être historique et concret »
A quoi sert d’être un pays avec un passé si riche alors
que nous nions l’héritage et faisons la leçon au monde
entier avec une idéologie dépassée, et sommes infidèles
à notre propre mémoire ?
Son Altesse Royale, en développant ses propos nous rappelait la
réflexion similaire que son père, le Chef de la Maison de
la Maison de France, Monseigneur le comte de Paris, avait récemment
livré au Figaro.
La France « officielle » ne se reconnaît plus de passé.
Dans son discours, elle n’a plus d’avenir.
La « res publica » n’a plus de projet spécifique
et distend tous les liens avec le pays réel.
Le Prince de s’interroger : «
Qu’elle est l’utilité de l’Etat Français,
d’être une simple interface avec l’Europe et les régions
? » « Que devient le Politique ? »
Aujourd’hui l’action politique est principalement tournée
vers la conquête et la prise du pouvoir. Le pouvoir pris, le principal
souci des gouvernants est de le conserver ;
« Où est le projet national ?
Où est l’espérance française ? Il y a mille
projets, mais pas de projet d’ensemble » Et il n’y
a pas de coordinateur.
Pour toutes ses raisons, il convient d’agir, et pour Jean d’Orléans
: « L’heure est venue. Il ne s’agit
pas d’attendre que les choses se fassent » Bon sang
ne saurait mentir. Son Altesse Royale nous rappelle cette présence
toujours active, bien particulière, des princes issus de Sa Maison.
Toujours au service de la France et jamais effrayés par la modernité.
Aujourd’hui encore, la modernité ne doit pas nous faire peur.
Toujours la France a fait face. Elle a su faire face aux plus terribles
déchirements et trouver le chemin des retrouvailles. Pourquoi en
ces temps ne le ferait-elle pas ?
« La France est œuvre remarquable,
unique en son genre » « Oui, je suis stupéfait des
hommes de qualité que possède la France » Et
Monseigneur de regarder avec passion les merveilles de savoir-faire dont
dispose la France, du génie français présent dans
tous les domaines…
« L’heure est venue de prendre
des risques… »
Il y a tant à défendre pour le bien commun. La langue française,
cette langue qui exprime des mœurs, Son Altesse Royale en mesure
l’éclat au cours de ses voyages à l’étranger.
Notre langue est réclamée de par le monde. Notre langue
est l’expression du génie français, simple et claire.
Tout comme l’Art français, elle permet : «
d’être sans avoir l’air »
Notre langue doit rayonner, sachons la développer : «
Le génie français doit s’exprimer dans sa langue ».
tels sont les conseils du Prince ;
Il faut donc agir. Prince chrétien et Prince français, le
Prince Jean de France nous pose les règles intransgressibles :
« Il n’y a pas d’action
politique véritable, sans charité vraie »
« Il n’arrive de bien que ce que
l’on veut de bien »
Et si nous n’avions pas tout compris, Monseigneur nous rappelle
le « Splendor Veritatis », du Saint-Père…Les
Droits de l’Homme n’ont de sens qu’en lien avec ses
références chrétiennes.
Nous retrouverons alors la beauté du mot liberté, capacité
spécifiquement humaine de choisir le « Bien », et le
« Bien » français…A nous d’en être
dignes.
Dans une époque de changement, commencer une action si petite soit-elle,
est d’importance. Un jour à terme, elle peut devenir déterminante
: « L’avenir dure longtemps »
« La France ne s’aime plus ne
se connaissant plus… Nous dressons des réquisitoires. La
France est constamment déchirée, chacun revendique et fait
valoir ses droits ». Sans coordination, c’est la surenchère
démagogique…
Il faut donc faire aimer la France. «
La France doit redevenir aimable, alors tout sera possible »
C’est la voie obligée pour que nous puissions redécouvrir
des raisons d’espérer et ouvrir des perspectives. C’est
le chemin qui conduit à la réconciliation, et qui peut permettre
de changer les individualismes forcenés et les violences qui envahissent
notre société. C’est aussi la condition première
pour retisser le lien social.
Mais « Rien ne peut se faire sans amour
et sans la durée »
En Prince chrétien et Prince français, Jean d’Orléans
nous prend à témoin :
« Les Français valent la peine
qu’on se donne de la peine pour eux ! »
« Je mettrai tout en œuvre pour aider les Français à
réaliser leur vocation »
Pouvait-on espérer de propos plus « royaux » ?
Monseigneur nous fait toucher du doigt l’essence même de la
Royauté qui repose sur le lien social, politique et familial. Le
principe monarchique, sans la Royauté, ne serait qu’un principe
et un appareil d’Etat froid et mécanique.
Oui, comme nous le disait Monseigneur au cours de cette soirée,
faisant référence à la belle homélie qui nous
avait été offerte et offerte à la France, lors de
la Messe à Bouvines :
« Non, la France n’est pas née
sous X »
Ce soir, aucun de nous ne pouvait en douter.
Merci Monseigneur.
Portemont, le mercredi 31 mars,
en ce jour de la Saint-Amos et Saint-Benjamin, a.d. 2004.
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