samedi 22 novembre 2008

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

 

 

C’est Bercheny qui a dû être content !

Le Prince Jean de France duc de Vendôme au château de Pau et son ancêtre le "bon" roi Henri IV, et la statue équestre de saint Etienne à Buda.

Le vendredi 12 janvier 2007, en soirée, les ors du Cercle Républicain brillaient d’un éclat tout particulier…Son Altesse Royale le Prince Jean de France, duc de Vendôme, était l’invité d’honneur à l’occasion d’un dîner conférence organisé par « Alcyon – Club des Hongrois à l’étranger »  , le « Carrefour des Acteurs Sociaux » et l’association « Gens de France ».
Le thème ? « Un regard français sur les relations Franco-Hongroises »

Gravissant les escaliers, nous avions l’âme d’un hussard du 1er régiment… Heureusement, les grandes marches calmaient nos ardeurs.

De nombreux invités devisaient déjà autour d’un verre, faisaient connaissance et ne manquaient pas d'embrasser notre hôtesse : Madame Lilla Fourrier.

L’actualité récente allait permettre une introduction de circonstance pour introduire le thème de la conférence.

Nous prenions tous place autour de nos tables...


... et c’est dans une ambiance chaleureuse que Madame Lilla Fourrier, Présidente d’Alcyon, présentait l’invité d’honneur...


... et le déroulement de la soirée, remerciant les invités de leur présence, tout particulièrement Son Excellence l’Ambassadeur de Hongrie, Monsieur Làszlo Nikicser, qui avait tenu à se déplacer à titre privé.


La parole était donnée ensuite à Joël Broquet, Président du « Carrefour des Acteurs Sociaux » et Secrétaire général de « La Fédération » Mouvement Fédéraliste Français, qui nous livrait ses réflexions sur la récente adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne.

Les yeux rivés sur l’horizon électoraliste « franco-français », notre classe politique ne s’est pas attardée sur cet événement. Certes, s’il ne modifiait pas grandement les apparences, il était riche en symboles… Et Joël Broquet ne manquait pas d’attirer notre attention :
« Il y a 12 jours un cinquième élargissement a vu entrer dans l’Union Européenne la Bulgarie et la Roumanie.
L’Europe des blocs était morte avec la disparition de l’URSS.
Elle est maintenant enterrée avec l’entrée dans l’Union Européenne des deux derniers états appelés à l’époque « états  satellites » de l’Union soviétique. Seule manque aujourd’hui à l’appel des anciens satellites la Moldavie, mais les négociations sont en cours. De même qu’elles le sont avec les « états successeurs » de l’ex-Yougoslavie et notamment la Croatie et la Serbie »

Le titre donné à la communication du Président du « Carrefour des Acteurs Sociaux » prenait alors tout son sens : « Rendront-elles l’Europe plus forte » - « Nouvelle donne pour l’Europe ? ». Deux interrogations à ne pas négliger par delà l’état de santé d’une Bulgarie pauvre et peu préparée, soumise encore à une corruption ancrée dans toutes les sphères de la société, ou d’une Roumanie qui s’enorgueillit d’une croissance de 8% en 2005…

Joël Broquet cernait la nouvelle frontière :
« Toujours est-il que, sans préjuger de l’avenir de l’édifice,  cet élargissement fait entrer quelques paramètres nouveaux dans l’équation européenne :

D’abord l’ Union Européenne a désormais une façade sur la Mer Noire.


Dans un article donné à la revue EUROMAG, Siméon de Bulgarie, dès 1999, avait montré que l’entrée de son pays dans l’Europe était dans la nature des choses mais que cette même nature des choses ferait entrer dans l’Europe les problématiques de la mer Noire consubstantielle à la réalité politique bulgare. Dans une beaucoup moindre mesure, il en va de même pour la Roumanie ».

Siméon de Bulgarie

Problématiques de la mer Noire ? Belles paroles d’un grand Prince…

La carte se dessinait avec plus de précision : En filigrane, la Turquie…
« …cette entrée de la Bulgarie donne-t-elle à l’Europe une frontière turque significative en même temps qu’une minorité turque importante ? Et se pose insidieusement la question : cet élargissement est-il le signe prémonitoire d’une adhésion de la Turquie ? »

Les boules de cristal vont bon train entrant en concurrence avec les spécialistes de la lecture dans le marc de café…Turc ! Comme il se doit…

Et Joël Broquet de poursuivre :
« Certains répondent oui, mais d’autres, à mon sens plus réalistes, et sans doute de plus en plus nombreux, pensent que d’élargissements chaotiques en élargissements chaotiques, il est temps de faire une pause. »

Et me revenait alors les propos de Napoléon…
« L’histoire d’un peuple est tout entière contenue dans sa géographie ».

L’Europe n’est pas un peuple, mais… Joël Broquet poursuivait :
« Enfin le concept de Mittelleuropa que l’adhésion de la Pologne tirait vers le Nord revient vers ses origines danubiennes. Plus que jamais la Mitteleuropa est au milieu de l’Europe politique et de l’Europe géographique. A tel point d’ailleurs que la Hongrie est aujourd’hui quasiment incluse dans l’UE. »

Mais venait le temps de parler d’un sujet qui nous tient à cœur…

« Dernière incidence encore, de l’élargissement du 1er janvier 2007, celle qui touche à la francophonie.
Cet élargissement européen fait entrer dans le concert de l’Union Européenne les deux seuls pays des ex PECOS  à être membres de plein droit de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
La Bulgarie du président Jelev est entrée dans l’espace francophone à l’occasion du sommet francophone de l’île Maurice avec l’idée bien arrêtée d’adhérer à un réseau d’influence lui permettant d’en équilibrer l’influence allemande.
1% des Bulgares parlent français et l’adhésion procédait de la part des présidents Jelev et Mitterrand d’une démarche très politique.
Le cas est différent pour la Roumanie dont l’enracinement dans la francophonie est plus manifeste et plus ancien, mais où, malgré tout le français perd du terrain.
Mais il est clair que la diplomatie française  pourra trouver des points d’appuis supplémentaires dans ces deux pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
A titre d’exemple, encore les manifestations culturelles à l’étude pour commémorer sur les rives de la mer Noire, le 400ème anniversaire de la fondation de Québec.
Il faudra y associer les Français de ces pays, les entreprises françaises présentes dans ces pays,  car quel plus beau symbole de la « vieille Europe » fustigée par Georges Bush que cette ville française en terre d’Amérique ? »

Faute de Tokay, nous buvions du petit-lait…

Yves-Henri Allard, le Maître des "histoires de l'Histoire" du mensuel Politique Magazine
et Madame Maria Bartha.

Et tout ce bel espace est aussi l’affaire des peuples…

« Cette Europe qui bouge est aussi affaires des organisations privées ».

Le pays réel…

Certains invités tendaient l’oreille avec acuité :
« Je me bornerai, puisque nombreux sont ses membres ici présents, à évoquer l’Union Paneuropéenne Internationale présidée par un Français, Alain Terrenoire, qui a succédé à l’Archiduc Otto de Habsbourg.

L’Union Paneuropéenne Internationale permet des rencontres entre des représentants de tous les pays de l’Europe et dispose de sections actives dans la plupart des pays des ex PECO, notamment en Hongrie autour du Stephan Bethlen et de Georg de Habsbourg mais aussi en Bulgarie autour de Mme Gergana Grantcharova, ancien ministre des Affaires Etrangères.
En Roumanie beaucoup reste à faire pour constituer une section digne de ce nom et… bien évidemment francophile ».

Toujours avoir une longueur d’avance…et rester en éveil !
« Et si demain les Nations devaient retrouver une marge de liberté accrue, nul doute que ces organisations soient, dès aujourd’hui, les laboratoires où s’élaborent les politiques futures. A cette élaboration doivent être associés les opérateurs économiques français présents dans ces pays, qu’il s’agisse des entreprises ou des organisations consulaires. Les sections nationales de ces associations internationales constituent des enjeux et, par manque d’information souvent, les entreprises françaises, à la différence de celles d’autres pays, s’en désintéressent en toute irresponsabilité ».
La mémoire des peuples travaille sur un temps long…

« Et l’on est d’ailleurs frappé de constater à quel point les délégations des différents pays adoptent, spontanément, des attitudes ou même des positions en phase avec les traditions de leurs pays. La confrontation, même amicale, renvoie à sa propre tradition. On a pu le constater à l’occasion de plusieurs scrutins à propos de la Serbie au sein de l’UPI et au cours desquels notre délégation s’est trouvée en opposition directe avec le point de vue du Président Otto de Habsbourg.
Toujours cette différence d’approche entre le Royaume et l’Empire »

Mobilisation générale ! Et dresser le constat, si peu glorieux soit-il…
« Trop rares sont les organisations françaises qui font un effort de réflexion prospective pour investir, amicalement, ces pays et dans ces pays d’Europe Centrale et Orientale. Les travaux du Conseil Economique et Social dus à Bertrand Renouvin, sur la place de la France dans l’économie des PECO remontent maintenant à une dizaine d’années ».

Du travail sur la planche…
« Ce sont ces travaux qu’il faut actualiser, mais aussi les investisseurs qu’il faut mobiliser, ou encore les organismes consulaires paritaires qu’il faut renforcer pour en fin de compte permettre à la France de jouer pleinement sa partie dans l’évolution européenne ».

Demain ?
« Quel que soit le mérite des militants associatifs, quel que soit l’engagement des acteurs économiques, on ne peut tout leur demander et le rôle de l’Etat français doit être nécessairement redéfini ».

Constat pertinent. Et nous aurions pu rajouter : A la France, pour avoir un véritable Etat, il faut un … !

Pour bien faire connaissance avec ses voisins de table, le temps était venu de nous frotter à quelques nourritures terrestres.

Elles étaient fort judicieusement arrosées d’un « Cheverny », qui permettait aux plus perspicaces d’entendre – en sourdine – le capitaine Haddock tempêter : Ah ! L’Europe… Ah !

Tout était fait pour mettre en valeur les liens anciens existants entre la Hongrie et la France… Un « magret » de canard…

Tout venait à point : Son Altesse Royale le Prince Jean de France prenait possession du pupitre !

« Un regard français sur les relations Franco-Hongroises »
Un regard qui vient de loin…

Et Monseigneur de donner le « La » : « Un regard n’est pas un jugement ».

« Par tradition, par éducation, j’ai toujours porté un intérêt favorable à la Hongrie… J’ai compris, autant que j’ai pu, ce pays, et l’aimer ».

Un vin frais d’Anjou coulait dans nos veines…

La Hongrie et la France ? « Nous sommes frères, il y a en effet un élément historique. Je touche là une corde sensible. Dès votre première dynastie, les liens se sont forgés… culturels et matrimoniaux… L’histoire commande plus qu’on ne le croit. »

Nous pouvions faire alors défiler en secret toute notre histoire commune et saluer « Votre roi Etienne et Robert le Pieux, des figures éponymes… »

La Hongrie cistercienne, les Prémontrés, le Style Français…Le rayonnement Hongrois.
« Nos rois ont toujours su qu’il existait un royaume de Hongrie ! »

Et « comment ne pas saluer les Hongrois émigrés…Le comte de Bercheny… »

Les chevaux hennissaient de joie !

« Rien n’est plus européen qu’un Prince de France »

Les eurocrates de Bruxelles rasaient les murs…

L’histoire… Elle nous permet à tous de relativiser les idéologies qui s’achèvent en discriminations et en asservissement…

Et le Prince d’égrener ces liens forts, ces liens de toujours qui conduisaient en septembre 1991 au Traité d’Amitié Franco-Hongroise. Des liens, certes… mais « Insuffisance des actes ».

Tout pourtant devrait nous motiver : « … nos patrimoines… » Et « le génie propre du peuple hongrois ! »

Un objectif commun ? « La défense commune de la civilisation »

Le réel :
« Nous vivons tous des temps difficiles… la Hongrie connaît une difficile transition… L’économie… »

Mais « La Hongrie est un axe dynamique de développement dans l’industrie pharmaceutique, informatique… »

Et le prince de terminer son propos par des souvenirs. Un Prince de son temps, prenant à bras le corps – bras le cœur- les défis de la modernité … Mission en Hongrie lors de la privatisation de la plus grande société hongroise : « Mol-Pétrole de Hongrie ».

Mais toujours la culture pointe le bout de son nez : « J’ai été impressionné par vos ascenseurs "pater noster" »

Et ce goût des Hongrois pour la liberté : « La liberté est ce liant qui peut pour les années à venir lier nos deux pays »

En conclusion, une mission ? « Développer plus fortement cette relation ! »

Le duc de Vendôme prenait à peine le temps de souffler…

A chaque table, des questions se bousculaient…Toutes présentaient un intérêt certain et permettaient à Monseigneur de préciser ses liens avec son grand-père le comte de Paris, avec Madame, sa grand-mère. De préciser aussi la relation privilégiée qui existait entre l’Etat et la Fondation Saint Louis, de rappeler que le plus grand fonds d’archives privées confiées à la France était le fonds de sa Maison…

Un Prince détendu qui nous faisait part de ses projets, qui répondait comme à un cercle d’amis, aux questions relatives à son éducation, et nommait de leurs noms les grands arbres de « sa » Forêt : « François », « Henri »…

Docile ? Soumis ? Un Prince conscient du poids de l’histoire, qui a choisi avec ténacité sa voie, nourri de l’expérience de son grand-père.

Un Prince capétien issu de la grande tradition capétienne : « …associer les jeunes générations au travail qui a été accompli ! » Un Prince dans le monde…Un Prince chrétien, un Prince Français !

Son regard sur l’Europe ?
« On va vers des entités régionales fortes. Nous, européens, nous devons trouver une place. Créer une cohésion. Porter les principes de base sur lesquels nous devons être d’accord…Avoir un sens de l’ouverture. Et nous devons nous poser la question : Comment ? »

Un regard sur l’Europe ? Mais aussi un œil perçant sur la « Mare Nostrum »…

Un Prince qui est devenu son maître, qui n’ a pas hésité à se lancer dans un projet de mécénat, créant sa propre « société » ! Son but ?
« Promouvoir le patrimoine français, rechercher des fonds pour aider… Boulle sera à l’honneur à Dresde… »

« Promouvoir le génie français » et « Aider les entreprises familiales »

 

La Hongrie ? « Nous pouvons travailler… »

Un Prince qui depuis 10 ans sillonne la France et rend visite à des pays amis : Liban, Maroc, Tunisie, et des terres chères à notre histoire : La Louisiane… Un Prince qui va visiter sous peu, les « vieux » pays de la « vieille » Europe…

Touchions-nous à la fin ?

La dernière question tombait :

« Si la monarchie constitutionnelle était rétablie en France, quelle serait votre première décision ? »

Le Général Jacques Favin Lévèque

Pas de flottement, pas d’hésitation ! Un Prince qui cadre le sujet : 
« Avant de mettre l’institution, la philosophie ! La royauté avant la monarchie ! La monarchie peut être autre que constitutionnelle. Tout mettre en oeuvre pour un authentique gouvernement de réconciliation nationale. Toutes les composantes de la société seraient représentées. »

Loin des schémas classiques, Son Altesse Royale nous donnait encore une fois le « La »…

Le Prince qui vient ? Une moisson de promesses pour l’avenir, offerte à la France, un Prince tendu vers un but : « Servir les Français, tous les Français ».

Et pour  la Hongrie ? « Un sentiment d’admiration »

Pas de Tokay ? Le petit-lait coulait à flots et, oui, Monsieur de Bercheny était aux anges !

Merci à tous les Hongrois de Paris, à Madame Lilla Fourrier, et  tous nos vœux pour la Hongrie qui ce soir était représentée chaleureusement par Leurs Excellences les Ambassadeurs …

Merci Monseigneur.

Portemont, 18 janvier 2007

Retrouvez le diaporama...

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.