vendredi 12 mars 2010

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Le « Champollion de l’Age du bronze » et le « Prince qui vient »…
Nouvelles aventures !

Du jeudi 20 juillet au soir jusqu’au dimanche 23 juillet en fin de journée, Son Altesse Royale le prince Jean de France, duc de Vendôme, sillonnait Provence et Pays Niçois. Tout cela, au pas de charge, grâce à un guide infatigable : le Professeur Henry de Lumley !

Arrivé à la gare Saint-Charles, le prince Jean n’avait que le temps d’apercevoir de loin la Bonne Mère qui du haut de son rocher veille sur la ville de Marseille. Le « Gentil Dauphin de France » était l’invité de Monsieur Jean-Claude Gaudin, Sénateur Maire de la capitale phocéenne et la Villa Pastré, Maison d’Hôte de la ville était en effervescence…

Soirée conviviale au cours de laquelle le duc de Vendôme pouvait s’entretenir avec diverses personnalités. Autant dire que la réputation d’accueil chaleureux de la ville de Marseille n’était pas prise en défaut !

Et le prince de passer une nuit de repos dans ce haut lieu de l’histoire marseillaise.

Les cigales pouvaient chanter tôt matin : Son Altesse Royale le prince Jean de France était attendu vendredi matin à 9h30, au Centre de Cadarache à l’invitation de Monsieur Bernard Bigot, Haut Commissaire de l’Energie Atomique et de Madame Pascale Amenc Antoni, Directeur du centre de Cadarache.
Le prince visitait les laboratoires et le programme ITER lui était présenté.

La France qui gagne…

Les enjeux sont de taille et le duc de Vendôme ne cache pas sa passion pour le patrimoine du futur. ITER : un pari fou, un projet insensé ? Ou une des clefs d’avenir dans le domaine des énergies renouvelables et peu polluantes ?

« L'objectif du projet ITER est de démontrer la possibilité scientifique et technologique de la production d'énergie par la fusion des atomes.

La fusion contrôlée représente un défi scientifique et technologique majeur qui pourrait répondre au problème crucial de disposer, à plus ou moins long terme, de nouvelles ressources énergétiques. A côté de l'énergie de fission, l'énergie de fusion représente l'espoir d'avoir une source d'énergie propre et abondante au cours du XXIe siècle. À l’heure où la raréfaction des énergies fossiles est prévue d'ici 50 ans, il est d'une importance vitale d'explorer le potentiel de toutes les autres sources d'énergie.
Avec 300 litres d'eau de mer, on pourrait fournir 1 gramme de deutérium*. C'est-à-dire que l'eau des océans permettrait, à elle seule, de subvenir aux besoins mondiaux de l'humanité pendant, environ, un milliard d'années.

*L'un des noyaux utilisés dans la réaction de fusion

Qu'est-ce que la fusion ?

La fusion est la source d'énergie du soleil et des autres étoiles. Une étoile commence à briller quand la matière en son coeur atteint, sous l'effet des forces de gravitation, des densités et des températures suffisantes pour déclencher des réactions thermonucléaires libérant de l'énergie. La tendance du plasma à se disperser, donc à se refroidir, est contrebalancée par la force gravitationnelle.

Sur terre, le confinement gravitationnel est impossible. Deux voies sont étudiées pour reproduire ces réactions:
- porter à très haute pression et à haute température un petit volume de matière pendant un temps extrêmement court. On cherche ainsi à obtenir le plus grand nombre possible de réactions de fusion avant que le plasma ne se disperse. On parle alors de confinement inertiel.
- piéger et maintenir à très haute température un plasma. Ce plasma est confiné dans une boîte immatérielle de forme torique créée par des champs magnétiques. On parle alors de confinement magnétique.


Les réactions de fusion

Pour obtenir une réaction de fusion, il faut rapprocher suffisamment deux noyaux qui, puisqu'ils sont tous deux chargés positivement, se repoussent. Une certaine énergie est donc indispensable pour franchir cette barrière et arriver dans la zone, très proche du noyau, où se manifestent les forces nucléaires capables de l'emporter sur la répulsion électrostatique.
La réaction de fusion la plus accessible est la réaction impliquant le deutérium et le tritium (isotopes de l'hydrogène). C'est sur cette réaction que se concentrent les recherches concernant la fusion contrôlée.

ITER pour démontrer la faisabilité scientifique et technique de l'énergie produite par la fusion des atomes

ITER vise à démontrer la faisabilité scientifique et technique de l'énergie de fusion*. C'est-à-dire qu'au sein d'un réacteur de type tokamak, un mélange de deutérium et de tritium (isotopes de l'hydrogène) peut être porté à une température de l'ordre de 200 millions de degrés, suffisante pour que la réaction de fusion s'auto-entretienne et qu'elle soit contrôlée**.

Le tokamak est une chambre de confinement magnétique destinée à contrôler un plasma nécessaire à la production d'énergie par fusion nucléaire. Ce terme vient du russe « toroidalnaja kamera magnetnaja katuska » (en français : chambre toroïdale à confinement magnétique).

On peut raisonnablement estimer que les premiers kW électriques produits par un prototype de réacteur à fusion thermonucléaire puissent voir le jour à l'horizon 2050.

* Non seulement au niveau de la physique mais aussi au niveau de la majeure partie des grands composants d'un réacteur (bobines magnétiques supraconductrices de grande taille par exemple).
**Le JET (Joint European Torus), tokamak européen le plus performant du monde installé en Angleterre à Culham a atteint en 1997 les 16 MW pendant une demi-seconde environ.


Et ensuite ?

L'étape suivante consistera à construire un réacteur industriel générant de l'électricité. Ainsi se réalisera, à plus long terme, l'un des rêves des physiciens : la domestication sur Terre de l'énergie telle qu'elle est produite au sein des étoiles comme le soleil.


Comment ça marche ?

Le mélange combustible deutérium-tritium est injecté dans une chambre où, grâce à un système de confinement, il passe à l'état de plasma et brûle. Ce faisant, le réacteur produit des cendres (les atomes d'hélium) et de l'énergie sous forme de particules rapides ou de rayonnement. L'énergie produite sous forme de particules et de rayonnement s'absorbe dans un composant particulier, la "première paroi", qui, comme son nom l'indique, est le premier élément matériel rencontré au-delà du plasma. L'énergie qui apparaît sous forme d'énergie cinétique des neutrons est, quant à elle, convertie en chaleur dans la couverture tritigène, élément au-delà de la première paroi, mais néanmoins à l'intérieur de la chambre à vide. La chambre à vide est le composant qui clôt l'espace où a lieu la réaction de fusion.

Première paroi, couverture et chambre à vide sont bien évidemment refroidies par un système d'extraction de la chaleur. La chaleur est utilisée pour produire de la vapeur et alimenter un ensemble classique turbine et alternateur producteur d'électricité. »

Le réacteur Iter

Autant dire que suite aux exposés présentés au prince Jean et à sa suite, dansaient trente-six étoiles dans les yeux de l’auditoire…

Il fallait bien se restaurer et prendre quelques « énergies »… c’était chose faîte au château de Cadarache à l’invitation de Monsieur Bigot et de Madame Amenc Antoni.

Il fallait aussitôt après reprendre la route. Dans la grotte du Lazaret, à Nice, il y avait une certaine agitation…Le prince « paléontologue » était attendu !

La grotte du Lazaret est une véritable mine d’or pour les chercheurs et le laboratoire départemental de préhistoire du Lazaret est une véritable ruche où chercheurs et étudiants s’affairent.

Pas moins de treize chercheurs et techniciens permanents travaillent sur le site et sont rejoints chaque mois d’été par 40 étudiants provenant des quatre coins du monde…

Et bien sûr, le Professeur Henry de Lumley est de la partie, et ce depuis 1967, assisté de Marie-Antoinette de Lumley.

Nous attendions sous une chaleur caniculaire et la grotte devenait un havre de fraîcheur. L’eau glacée qui nous était offerte valait tous les nectars de la création !

Nous attendions en compagnie du Docteur Frère, vice-président du Conseil Général.

 

Enfin le prince Jean arrivait.

 

Accueilli par le vice-président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, nous pouvions entamer la visite de la grotte.Et le duc de Vendôme de dire deux mots à la journaliste de Nice-Matin…

Nous remontions le temps : 230 000 ans à 125 000 ans avant notre ère…

De la passerelle, nous contemplions en contrebas les étudiants et les chercheurs traquant les vestiges de la vie de nos lointains « cousins » : les Anténéandertaliens !

Et comme toujours, le Professeur de Lumley nous éclairait, nous faisant partager sa passion pour les chasseurs acheuléens, assisté de Samir Khatib et Annie Echassoux. Bouquetins et cerfs défilaient devant nos yeux et nous participions en rêve, silex en main, au dépouillement des gibiers…

La grotte du Lazaret ? Un haut lieu de la préhistoire mondiale d’une générosité sans pareille : Près de 300 000 « vestiges » mis à jour…

Et pour parfaire cette quête toujours d’actualité, le prince Jean apportait sa contribution : Il mettait à jour un biface !


L’an passé, sur le site de la Caune à Tautavel, n’avait-il pas découvert une dent ?

Retrouvez le comte-rendu du déplacement de S.A.R. le prince Jean à Tautavel en cliquant sur le lien :
http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article1130.php

Nous regagnions les abords de la grotte et pour nous remettre de nos émotions un buffet avait été dressé, délicate attention du Conseil Général !

Le Docteur Frère se félicitait de cette « rencontre » et souhaitait la bienvenue au duc de Vendôme, faisant valoir tout l’intérêt de ces travaux tant en regard de la science que de la vie de la région.

 

Et Le Professeur de Lumley en prenait pour son grade : « Le Champollion de l’âge du Bronze, génie de la découverte et de l’aménagement du territoire… ! »

Les « paléo-niçois » n’avaient plus de secret pour lui.

Le prince Jean de remercier et de faire valoir tout l’intérêt qu’il porte à de tels travaux :
« Merci de m’avoir amené sur votre terrain. Vous m’avez passionné… Connaître nos origines… connaître la condition humaine… »

Et le vice-président du Conseil Général, non sans malice, offrait au duc de Vendôme, en souvenir de cette visite, un livre présentant les richesses du pays niçois et… la cravate du Conseil Général des Alpes-Maritimes. Est-ce un signe ?

Le Docteur Frère ne manquait pas de préciser que le « logo » du Conseil Général, dans un écu quadrilobé, s’ornait d’une fleur de lys…

 

Aussi, derechef, le prince Jean la nouait-il autour de son cou… Une fleur de lys ? C’est un bon début !

 

Une fleur de lys ! Une pour commencer…

Et dans la bonne humeur nous faisions honneur au buffet, lequel s’il ne présentait pas quelques filets d’auroch, nous permettait de goûter à la pissaladière…

Venait le temps pour Son Altesse Royale de prendre quelque repos en prévision de la soirée et pour certaines et certains de piquer une tête dans la belle bleue, qui à deux pas nous tendait les bras !

Alors que le soir tombait, faisant face à la baie des Anges, la Maison du Séminaire s’affairait en prévision du dîner organisé en l’honneur de la visite princière.

L’apéritif en terrasse nous permettait d’apprécier le point de vue.

Vue dela mer depuis la Maison du Séminaire

Tous les amis du pays niçois étaient là et certains de bien plus loin…

Les affinités dictaient des plans de table improvisés et le Professeur Henry de Lumley « accueillait » S.A.R le prince Jean, tirant les leçons de cette première journée déjà bien remplie, toute tournée vers la passion de l’homme.

 

« …l’homme fabricant d’outils… à l’origine de la technologie, maîtrisant la stratégie du débitage de la pierre… »

La passion de ces hommes qui « ont domestiqué le feu, véritable moteur de recherche ! L’homme maîtrise l’énergie, améliore la cuisson de la viande… »

Et de rappeler l’enchaînement des progrès et des découvertes, durcir le bois par le feu, fumer la viande et pouvoir la conserver, améliorer l’habitat, développer des traditions culturelles.

« Ils deviennent agriculteurs, potiers… et métallurgistes. Faire fondre le cuivre… »

Porter la température naturelle du feu de 700° à 1200°, allier l’étain au cuivre et faire « naître » le bronze.

« L’évolution culturelle a rattrapé l’évolution morphologique… L’homme sait relever un nouveau défi avec le programme ITER. »

Après avoir maîtrisé le feu il y a 400 000 ans, l’homme s’est adapté. Il s’attaque à la fusion nucléaire. Pari fou ?

Et le Professeur de Lumley de nous mettre l’eau à la bouche en esquissant le programme du lendemain : la Montagne Sacrée, le Mont Bégo et les peuples métallurgistes…

Mais de conclure :
« Vous montrez que vous vous intéressez à l’histoire de la France, mais encore à son devenir…Gentil Dauphin de France, nous espérons en vous et en la France ! »

Nous ne pouvons pas vous rendre compte de l’applaudimètre…

Le prince Jean ne feignait pas son émotion.

« Nous voici réuni à la Maison du Séminaire de Nice. A chaque fois que je viens dans le Midi, quel que soit le Midi, je suis frappé par ces réunions d’amitié. Je retrouve des visages et découvre des visages nouveaux…
Nous sommes faits pour nous retrouver. Vous voulez me connaître, mieux me connaître et c’est normal et moi aussi je veux vous connaître, mieux vous connaître. »

Et faisant écho au professeur de Lumley, le prince Jean précisait :
« Il est indispensable que je m’intéresse à toutes les grandes questions qui touchent notre société… questions patrimoniales et culturelles… Il est en effet du plus grand intérêt de connaître nos origines. L’Homme est à part. Il est capable de réfléchir, de construire… de défendre… mais il est fragile. »

Le souci du prince Jean se précisait plus encore : « Soutenir cette recherche scientifique… Je ne puis que vous renouveler tous mes encouragements. Toujours regarder nos origines. Toutes les générations sont confondues dans ce travail de recherche… »

Et nous pouvions dire avec le prince Jean : « Notre pays peut être fier de ses savants, ses ingénieurs, ses techniciens. »

Le patrimoine de ces hommes d’un autre temps semblait se confondre avec « ITER, le patrimoine de demain. » « L’Homme sait aller de bond en bond culturel. »

La Méditerranée s’invitait à la table princière. Le site était propice :
« Le pourtour méditerranée est un lieu privilégié. La Méditerranée devrait être une mer pacifique. Il est possible, sur les questions de fond, de trouver des accords véritables. »

Et Son Altesse Royale de rappeler la qualité des échanges qu’il avait eu tant au Maroc qu’en Tunisie.
« Partout dans le monde, on attend des signes forts de la France. »

Le profil du Prince chrétien et du Prince français se dessinait plus fermement.
Le prince Jean n’avait-il pas insisté pour réaffirmer : « Il n’est de véritable légitimité que dans le service. » « Que vaudrait le principe que je représente ?… »

Faisant un bref rappel des activités de son association « Gens de France », le duc de Vendôme entendait faire partager le dernier point qui lui tient à cœur. « …les personnes frappées d’un handicap », et de préciser que son action dans ce domaine « … relève aussi de mon statut de prince capétien ».

Dans toutes ces actions, le prince Jean pouvait affirmer, serein : « Je suis loin d’être seul ! »

La soirée n’était pas finie. Il fallait bien s’occuper de nos assiettes, demander ou donner des nouvelles des uns et des autres. Les conversations allaient bon train.

Comme à son habitude, le duc de Vendôme tenait à se rendre à chaque table. Toujours connaître…

La chaleur n’entamait pas l’enthousiasme des convives, aussi le prince Jean devait-il penser au lendemain : « …demain, les sommets nous appellent ! »

Déjà se profilait la majesté du Mont Bégo et les esprits se tournaient vers la Vallée des Merveilles. Le prince Jean nous quittait pour prendre un peu de repos alors que les « vieux amis » avaient du mal à se séparer…

Mais il fallait se résoudre.

Le samedi matin, le duc de Vendôme et quelques vaillants étaient à pied d’œuvre à Tende. Vite regagner les hauteurs en « 4X4 » et découvrir cet autre site magique, cette vallée si bien nommée : La Vallée des Merveilles. Le haut terroir des peuples métallurgistes et ses 30 000 gravures rupestres, dans le parc du Mercantour…

« Le Prince qui vient » allait découvrir sous la conduite du « Champollion de l’âge du bronze » les schistes, les grès et les granits ornés, par piquetage, de mystérieuses représentations « corniformes ». Mystérieuses ?

Tel un grand livre ouvert, le Professeur de Lumley initiaient nos « explorateurs » à la lecture de cet ensemble unique au monde.

Mais entrer dans le secret de ces « ancêtres », impose quelques sacrifices… Pas loin de 5 heures de marche ! Et pour rappeler que le Mont Bégo était une montagne sacrée, le ciel livrait une belle moisson de grêlons…

Aussi, le Musée de la Vallée des Merveilles qui fêtait à Tende son dixième anniversaire, était-il pour tous une halte finale appréciée.

Monsieur José Balarello, sénateur des Alpes-Maritimes et vice-président du Conseil Général, le Docteur Frère, vice-président du Conseil Général et Monsieur Jean-Pierre Vassalo, maire de Tende, attendaient le visiteur princier.

L’infatigable Professeur de Lumley attaquait la visite du musée. Les pierres livraient leurs secrets.

Le « Dieu taureau » se découvrait à nous. Tout prenait un sens : couteaux, hallebardes, bêtes à cornes affrontées, petits personnages…

Les champs attendaient la pluie, cette pluie bienfaisante qui vient après l’orage…
Nous allions d’étonnement en étonnement, tenus en haleine par le « Champollion de l’âge du bronze »…

Il fallait bien que cette visite- que vous ne sauriez manquer si d’aventure , vous passez par Tende- prenne fin.

Le sénateur José Balarello ne manquait pas alors de nous rappeler l’histoire de Tende, depuis toujours française de cœur, mais souvent ballottée par les aléas de l’histoire. Tende et La Brigue, définitivement françaises par référendum en 1947… Et s’adressant au prince Jean :

« C’est pour moi un honneur devant une telle assistance que vous présidez d’avoir pu vous présenter notre histoire. »

Le sénateur saluait la perspicacité de tous ces chercheurs, enquêteurs du temps, qui mettaient ainsi en valeur un patrimoine de l’Humanité, et de rappeler :
« Suivre mon ami Henry de Lumley, ce n’est pas une mince affaire, il est un savant et il est infatigable »… Cela, nous avions pu nous apercevoir !

Le prince Jean ne manquait pas alors de répondre au sénateur José Balarello :


« Vous venez de rappeler en quelques mots l’histoire de votre commune, de votre région. Je dirais peut-être pour vous que c’est heureux.  »


« J’ai été très impressionné, vraiment émerveillé… 30 000 gravures rupestres, le témoignage de quelques générations de l’âge du bronze…
Faire des inventaires… Aristote le conseillait déjà ! Il faut soutenir cette entreprise patrimoniale. »

Et le duc de Vendôme de nous faire partager son étonnement, « source de méditation ».
« Le Prince qui vient » s’interrogeait :
« Un souhait ? Que l’Homme continue de s’émerveiller, s’étonner… Et Tende est un lieu propice… »

Il fallait se séparer, se préparer à de nouvelles aventures, sans manquer de féliciter le maire de Tende et l’équipe du musée qui accueille chaque année 25.000 visiteurs.


Et penser au lendemain…

Rendez-vous était donné à Cannes, à l’embarcadère du vieux port, pour se rendre à Saint-Honorat… Tout le monde était à l’heure et à 9H00 le bateau mettait le cap sur les Iles de Lérins !

Majestueux, le « Queen Elisabeth 2 », sous pavillon de la « Cunard », semblait saluer le duc de Vendôme.

 

Vite se rendre à l’abbaye pour la Messe.

Nous étions aussi rattrapés par nos temps si difficiles : Prier pour le Liban.
Après la Messe, retrouver un soleil de plomb et découvrir l’histoire de cette abbaye célèbre, fleuron de l’ordre cistercien.

Dans ce dessein, le Révérendissime Père Abbé Don Vladimir Gaudrat se muait en guide. Il ne pouvait y en avoir de meilleur.

Erudition et humour étaient de la visite.

Tout c’est décidé entre l’an de grâce 400 et 410…

Honorat prend pied sur l’île avec quelques compagnons. Merveilleuse destinée d’un homme jeune paré de toutes les qualités et comblé de richesses. L’appel de la vocation. Et sur cette île ingrate, les moines, comme toujours, se font bâtisseurs. Ils affrontent les vicissitudes de leur temps, temps difficile… Le Sarrazin a bon dos, il pille, certes… Mais le Génois ne vaut pas mieux et, au cours du temps, l’Espagnol se fera aussi conquérant…

La Provence prend corps et le rayonnement des moines l’éclaire de mille feux.
Se protéger, une nécessité impérieuse. Se fortifier…

Et à la fin du XVIIIe siècle, une commission royale conclue à la fermeture de l’abbaye entraînant le départ des quatre moines qui y demeuraient. 1788…

Mais le Père Abbé n’en a aucune rancune et il sourit au « Gentil Dauphin de France ».

S’en suit une longue traversée du désert… Et la Renaissance en 1869, dix ans après le rachat de l’Ile par Monseigneur Jordany Evêque de Fréjus…Sénanque a donné de ses fils à Saint-Honorat.

Ainsi se continue la grande aventure de ces moines agriculteurs au milieu de la mer, cultivant la vigne et l’olivier : « ora et laborat ».

Et alors que les vacanciers profitent des plages et du soleil, les moines prient, veillant au fragile équilibre de cette « île qui nourrit les saints » (Ennode de Pavie. VIe siècle).

Un grand merci au révérendissime Père Abbé Don Vladimir Gaudrat pour son accueil et toutes nos pensées et prières pour la communauté dont il a la charge.

Le soleil accélérait sa course dans le bleu du ciel.


Il fallait penser à reprendre le bateau, en avant garde, et quitter nos amis et « Le Prince qui vient »…

Et contemplant l’écume qui fleurissait nous entendions la voix du prince Jean :
« Il n’est de véritable légitimité que dans le service. » « Que vaudrait le principe que je représente ? ...»

Merci, Monseigneur, pour l’exemple que vous avez une fois de plus donné lors de ces trois jours.

Et nous faisons tous, nôtre, la belle phrase de l’infatigable Henry de Lumley :
« Gentil Dauphin de France, nous espérons en vous et en la France ! »

Portemont et Anne-Dominique du Sable, le 25 juillet 2006.

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