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Le « Champollion de l’Age
du bronze » et le « Prince qui vient »…
Du jeudi 20 juillet au soir jusqu’au dimanche 23 juillet en fin de journée, Son Altesse Royale le prince Jean de France, duc de Vendôme, sillonnait Provence et Pays Niçois. Tout cela, au pas de charge, grâce à un guide infatigable : le Professeur Henry de Lumley ! Arrivé à la gare Saint-Charles, le prince Jean n’avait que le temps d’apercevoir de loin la Bonne Mère qui du haut de son rocher veille sur la ville de Marseille. Le « Gentil Dauphin de France » était l’invité de Monsieur Jean-Claude Gaudin, Sénateur Maire de la capitale phocéenne et la Villa Pastré, Maison d’Hôte de la ville était en effervescence… Soirée conviviale au cours de laquelle le duc de Vendôme pouvait s’entretenir avec diverses personnalités. Autant dire que la réputation d’accueil chaleureux de la ville de Marseille n’était pas prise en défaut ! Et le prince de passer une nuit de repos dans ce haut lieu de l’histoire marseillaise. Les cigales pouvaient chanter tôt
matin : Son Altesse Royale le prince Jean de France était
attendu vendredi matin à 9h30, au Centre de Cadarache à
l’invitation de Monsieur Bernard Bigot, Haut Commissaire de l’Energie
Atomique et de Madame Pascale Amenc Antoni, Directeur du centre de Cadarache. La France qui gagne… Les enjeux sont de taille et le duc
de Vendôme ne cache pas sa passion pour le patrimoine du futur.
ITER : un pari fou, un projet insensé ? Ou une des clefs d’avenir
dans le domaine des énergies renouvelables et peu polluantes ? La fusion contrôlée représente
un défi scientifique et technologique majeur qui pourrait répondre
au problème crucial de disposer, à plus ou moins long terme,
de nouvelles ressources énergétiques. A côté
de l'énergie de fission, l'énergie de fusion représente
l'espoir d'avoir une source d'énergie propre et abondante au cours
du XXIe siècle. À l’heure où la raréfaction
des énergies fossiles est prévue d'ici 50 ans, il est d'une
importance vitale d'explorer le potentiel de toutes les autres sources
d'énergie. *L'un des noyaux utilisés dans la réaction de fusion Qu'est-ce que la fusion ? La fusion est la source d'énergie du soleil et des autres étoiles. Une étoile commence à briller quand la matière en son coeur atteint, sous l'effet des forces de gravitation, des densités et des températures suffisantes pour déclencher des réactions thermonucléaires libérant de l'énergie. La tendance du plasma à se disperser, donc à se refroidir, est contrebalancée par la force gravitationnelle. Sur terre, le confinement gravitationnel
est impossible. Deux voies sont étudiées pour reproduire
ces réactions:
Pour obtenir une réaction de
fusion, il faut rapprocher suffisamment deux noyaux qui, puisqu'ils sont
tous deux chargés positivement, se repoussent. Une certaine énergie
est donc indispensable pour franchir cette barrière et arriver
dans la zone, très proche du noyau, où se manifestent les
forces nucléaires capables de l'emporter sur la répulsion
électrostatique. ITER pour démontrer la faisabilité scientifique et technique de l'énergie produite par la fusion des atomes ITER vise à démontrer la faisabilité scientifique et technique de l'énergie de fusion*. C'est-à-dire qu'au sein d'un réacteur de type tokamak, un mélange de deutérium et de tritium (isotopes de l'hydrogène) peut être porté à une température de l'ordre de 200 millions de degrés, suffisante pour que la réaction de fusion s'auto-entretienne et qu'elle soit contrôlée**.
On peut raisonnablement estimer que les premiers kW électriques produits par un prototype de réacteur à fusion thermonucléaire puissent voir le jour à l'horizon 2050. * Non seulement au niveau de la physique mais
aussi au niveau de la majeure partie des grands composants d'un réacteur
(bobines magnétiques supraconductrices de grande taille par exemple).
L'étape suivante consistera à construire un réacteur industriel générant de l'électricité. Ainsi se réalisera, à plus long terme, l'un des rêves des physiciens : la domestication sur Terre de l'énergie telle qu'elle est produite au sein des étoiles comme le soleil.
Le mélange combustible deutérium-tritium est injecté dans une chambre où, grâce à un système de confinement, il passe à l'état de plasma et brûle. Ce faisant, le réacteur produit des cendres (les atomes d'hélium) et de l'énergie sous forme de particules rapides ou de rayonnement. L'énergie produite sous forme de particules et de rayonnement s'absorbe dans un composant particulier, la "première paroi", qui, comme son nom l'indique, est le premier élément matériel rencontré au-delà du plasma. L'énergie qui apparaît sous forme d'énergie cinétique des neutrons est, quant à elle, convertie en chaleur dans la couverture tritigène, élément au-delà de la première paroi, mais néanmoins à l'intérieur de la chambre à vide. La chambre à vide est le composant qui clôt l'espace où a lieu la réaction de fusion. Première
paroi, couverture et chambre à vide sont bien évidemment
refroidies par un système d'extraction de la chaleur. La chaleur
est utilisée pour produire de la vapeur et alimenter un ensemble
classique turbine et alternateur producteur d'électricité.
»
Autant dire que suite aux exposés présentés au prince Jean et à sa suite, dansaient trente-six étoiles dans les yeux de l’auditoire… Il fallait bien se restaurer et prendre quelques « énergies »… c’était chose faîte au château de Cadarache à l’invitation de Monsieur Bigot et de Madame Amenc Antoni. Il fallait aussitôt après reprendre la route. Dans la grotte du Lazaret, à Nice, il y avait une certaine agitation…Le prince « paléontologue » était attendu ! La grotte du Lazaret est une véritable mine d’or pour les chercheurs et le laboratoire départemental de préhistoire du Lazaret est une véritable ruche où chercheurs et étudiants s’affairent. Pas moins de treize chercheurs et techniciens permanents travaillent sur le site et sont rejoints chaque mois d’été par 40 étudiants provenant des quatre coins du monde… Et bien sûr, le Professeur Henry de Lumley est de la partie, et ce depuis 1967, assisté de Marie-Antoinette de Lumley. Nous attendions sous une chaleur caniculaire et la grotte devenait un havre de fraîcheur. L’eau glacée qui nous était offerte valait tous les nectars de la création !
Nous remontions le temps : 230 000 ans à 125 000 ans avant notre ère…
Et comme toujours, le Professeur de Lumley nous éclairait, nous faisant partager sa passion pour les chasseurs acheuléens, assisté de Samir Khatib et Annie Echassoux. Bouquetins et cerfs défilaient devant nos yeux et nous participions en rêve, silex en main, au dépouillement des gibiers… La grotte du Lazaret ? Un haut lieu de la préhistoire mondiale d’une générosité sans pareille : Près de 300 000 « vestiges » mis à jour…
Nous regagnions les abords de la grotte et pour nous remettre de nos émotions un buffet avait été dressé, délicate attention du Conseil Général !
Les « paléo-niçois » n’avaient plus de secret pour lui. Le prince Jean de remercier et de faire
valoir tout l’intérêt qu’il porte à de
tels travaux : Et le vice-président du Conseil Général, non sans malice, offrait au duc de Vendôme, en souvenir de cette visite, un livre présentant les richesses du pays niçois et… la cravate du Conseil Général des Alpes-Maritimes. Est-ce un signe ?
Et dans la bonne humeur nous faisions honneur au buffet, lequel s’il ne présentait pas quelques filets d’auroch, nous permettait de goûter à la pissaladière… Venait le temps pour Son Altesse Royale
de prendre quelque repos en prévision de la soirée et pour
certaines et certains de piquer une tête dans la belle bleue, qui
à deux pas nous tendait les bras !
Tous les amis du pays niçois étaient là et certains de bien plus loin…
La passion de ces hommes qui « ont domestiqué le feu, véritable moteur de recherche ! L’homme maîtrise l’énergie, améliore la cuisson de la viande… » Et de rappeler l’enchaînement des progrès et des découvertes, durcir le bois par le feu, fumer la viande et pouvoir la conserver, améliorer l’habitat, développer des traditions culturelles. « Ils deviennent agriculteurs, potiers… et métallurgistes. Faire fondre le cuivre… » Porter la température naturelle du feu de 700° à 1200°, allier l’étain au cuivre et faire « naître » le bronze. « L’évolution culturelle a rattrapé l’évolution morphologique… L’homme sait relever un nouveau défi avec le programme ITER. » Après avoir maîtrisé le feu il y a 400 000 ans, l’homme s’est adapté. Il s’attaque à la fusion nucléaire. Pari fou ? Et le Professeur de Lumley de nous mettre l’eau à la bouche en esquissant le programme du lendemain : la Montagne Sacrée, le Mont Bégo et les peuples métallurgistes… Mais de conclure : Nous ne pouvons pas vous rendre compte de l’applaudimètre…
«
Nous voici réuni à la Maison du Séminaire de Nice.
A chaque fois que je viens dans le Midi, quel que soit le Midi, je suis
frappé par ces réunions d’amitié. Je retrouve
des visages et découvre des visages nouveaux… Et faisant écho au professeur
de Lumley, le prince Jean précisait : Le souci du prince Jean se précisait plus encore : « Soutenir cette recherche scientifique… Je ne puis que vous renouveler tous mes encouragements. Toujours regarder nos origines. Toutes les générations sont confondues dans ce travail de recherche… » Et nous pouvions dire avec le prince Jean : « Notre pays peut être fier de ses savants, ses ingénieurs, ses techniciens. » Le patrimoine de ces hommes d’un autre temps semblait se confondre avec « ITER, le patrimoine de demain. » « L’Homme sait aller de bond en bond culturel. » La Méditerranée s’invitait
à la table princière. Le site était propice : Et Son Altesse Royale de rappeler la
qualité des échanges qu’il avait eu tant au Maroc
qu’en Tunisie. Le profil du Prince chrétien
et du Prince français se dessinait plus fermement. Faisant un bref rappel des activités de son association « Gens de France », le duc de Vendôme entendait faire partager le dernier point qui lui tient à cœur. « …les personnes frappées d’un handicap », et de préciser que son action dans ce domaine « … relève aussi de mon statut de prince capétien ». Dans toutes ces actions, le prince Jean pouvait affirmer, serein : « Je suis loin d’être seul ! » La soirée n’était pas finie. Il fallait bien s’occuper de nos assiettes, demander ou donner des nouvelles des uns et des autres. Les conversations allaient bon train.
La chaleur n’entamait pas l’enthousiasme des convives, aussi le prince Jean devait-il penser au lendemain : « …demain, les sommets nous appellent ! » Déjà se profilait la majesté du Mont Bégo et les esprits se tournaient vers la Vallée des Merveilles. Le prince Jean nous quittait pour prendre un peu de repos alors que les « vieux amis » avaient du mal à se séparer… Mais il fallait se résoudre. Le samedi matin, le duc de Vendôme et quelques vaillants étaient à pied d’œuvre à Tende. Vite regagner les hauteurs en « 4X4 » et découvrir cet autre site magique, cette vallée si bien nommée : La Vallée des Merveilles. Le haut terroir des peuples métallurgistes et ses 30 000 gravures rupestres, dans le parc du Mercantour… « Le Prince qui vient » allait découvrir sous la conduite du « Champollion de l’âge du bronze » les schistes, les grès et les granits ornés, par piquetage, de mystérieuses représentations « corniformes ». Mystérieuses ? Tel un grand livre ouvert, le Professeur de Lumley initiaient nos « explorateurs » à la lecture de cet ensemble unique au monde. Mais entrer dans le secret de ces « ancêtres », impose quelques sacrifices… Pas loin de 5 heures de marche ! Et pour rappeler que le Mont Bégo était une montagne sacrée, le ciel livrait une belle moisson de grêlons… Aussi, le Musée de la Vallée des Merveilles qui fêtait à Tende son dixième anniversaire, était-il pour tous une halte finale appréciée. Monsieur José Balarello, sénateur des Alpes-Maritimes et vice-président du Conseil Général, le Docteur Frère, vice-président du Conseil Général et Monsieur Jean-Pierre Vassalo, maire de Tende, attendaient le visiteur princier. L’infatigable Professeur de Lumley attaquait la visite du musée. Les pierres livraient leurs secrets.
Les champs attendaient la pluie, cette
pluie bienfaisante qui vient après l’orage… Il fallait bien que cette visite- que vous ne sauriez manquer si d’aventure , vous passez par Tende- prenne fin. Le sénateur José Balarello ne manquait pas alors de nous rappeler l’histoire de Tende, depuis toujours française de cœur, mais souvent ballottée par les aléas de l’histoire. Tende et La Brigue, définitivement françaises par référendum en 1947… Et s’adressant au prince Jean :
Le sénateur saluait la perspicacité
de tous ces chercheurs, enquêteurs du temps, qui mettaient ainsi
en valeur un patrimoine de l’Humanité, et de rappeler : Le prince Jean ne manquait pas alors de répondre au sénateur José Balarello :
Et le duc de Vendôme de nous faire
partager son étonnement, « source
de méditation ». Il fallait se séparer, se préparer à de nouvelles aventures, sans manquer de féliciter le maire de Tende et l’équipe du musée qui accueille chaque année 25.000 visiteurs.
Rendez-vous était donné à Cannes, à l’embarcadère du vieux port, pour se rendre à Saint-Honorat… Tout le monde était à l’heure et à 9H00 le bateau mettait le cap sur les Iles de Lérins !
Nous étions aussi rattrapés
par nos temps si difficiles : Prier pour le Liban. Dans ce dessein, le Révérendissime Père Abbé Don Vladimir Gaudrat se muait en guide. Il ne pouvait y en avoir de meilleur.
Tout c’est décidé entre l’an de grâce 400 et 410… Honorat prend pied sur l’île avec quelques compagnons. Merveilleuse destinée d’un homme jeune paré de toutes les qualités et comblé de richesses. L’appel de la vocation. Et sur cette île ingrate, les moines, comme toujours, se font bâtisseurs. Ils affrontent les vicissitudes de leur temps, temps difficile… Le Sarrazin a bon dos, il pille, certes… Mais le Génois ne vaut pas mieux et, au cours du temps, l’Espagnol se fera aussi conquérant… La Provence prend corps et le rayonnement
des moines l’éclaire de mille feux. Et à la fin du XVIIIe siècle, une commission royale conclue à la fermeture de l’abbaye entraînant le départ des quatre moines qui y demeuraient. 1788…
S’en suit une longue traversée du désert… Et la Renaissance en 1869, dix ans après le rachat de l’Ile par Monseigneur Jordany Evêque de Fréjus…Sénanque a donné de ses fils à Saint-Honorat. Ainsi se continue la grande aventure de ces moines agriculteurs au milieu de la mer, cultivant la vigne et l’olivier : « ora et laborat ». Et alors que les vacanciers profitent des plages et du soleil, les moines prient, veillant au fragile équilibre de cette « île qui nourrit les saints » (Ennode de Pavie. VIe siècle). Un grand merci au révérendissime Père Abbé Don Vladimir Gaudrat pour son accueil et toutes nos pensées et prières pour la communauté dont il a la charge. Le soleil accélérait sa course dans le bleu du ciel.
Merci, Monseigneur, pour l’exemple que vous avez une fois de plus donné lors de ces trois jours. Et nous faisons tous, nôtre, la
belle phrase de l’infatigable Henry de Lumley : Portemont et Anne-Dominique du Sable, le 25 juillet 2006. |
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