vendredi 21 novembre 2008

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« Dieppe en joie ! »

Vous le savez, les Princes ne se dérobent jamais à l’appel de nos provinces. Le samedi 22 octobre 2005, le cap était mis sur Dieppe à l’invitation de la Confrérie des Chevaliers du Hareng et de la Coquille Saint-Jacques et de son « Grand Maistre » Michel Mouny !

Et comme une confrérie peut en cacher une autre, tout le pays de Bray était au rendez-vous…

La place de la Mairie se paraît très vite, sous un beau soleil normand, des couleurs de nos amis de la Confrérie des Compagnons des fromages Neufchâtel, de la Confrérie du Hareng côtier de Berck, de la Confrérie Saint-Fiacre de Rouen, de la Confrérie des Goustiers du Pressoir de la Vallée de l’Yères et de la Confrérie de Saint-Antoine…

Tout le ban et l’arrière-ban du bon goût et du savoir faire s’étaient donné rendez-vous à Dieppe et la cité de Duquesne allait le savoir !

 

Au son des cornemuses de nos amis « Picards », Ecossais de cœur du clan Mac Pherson et de leur « jeunot » de compagnon, tout ce beau monde entamait une joyeuse « virée » vers le port, en bon ordre, cela s’entend et entourant les Princes.

Le célèbre port normand garde la mémoire de ses rois au fond de son cœur. En1532, l'accueil grandiose par la Ville de la Reine Eléonore de Habsbourg, seconde femme de François 1er, et du dauphin François, alors âgé de 14 ans, suscitait l’admiration… En 1617, Louis XIII était accueilli par les échevins avec faste… Si le déplacement était plus modeste, le fond des cœurs était présent.
Chemin faisant, nous écoutions la passion de ces femmes et de ces hommes pour leur terroir et leurs métiers sans que soit occultée la dureté du temps présent.

Si Dieppe souriait ce jour-là, personne n’oubliait les « folies » bruxelloises, les aberrations des réglementations coupées de la réalité, la Manche qui se réchauffe et les harengs qui fraient plus au Nord… sans oublier les « grandes surfaces » et le port qui souffre alors que planait la menace d’un licenciement de plus de trente employés… Le sentiment d’être oublié était fort chez certains de nos amis, gens de la mer. Des lois ? Certes ! Mais proches des gens, et nous devisions chemin faisant des anciens textes : Fallait-il rappeler que le Grand Traité des Pêches de 1414 citait « une lettre patente » de 1170 de Louis le Jeune, relative au hareng salé ? Dans le souci de veiller à la pérennité de cette pêche, oh combien nourricière, une ordonnance de Louis XIV d’août 1681, fixait les mailles des filets ( rets) pour la pêche au hareng, à un pouce carré, et les bateaux de pêche devaient avoir deux lumières. Sinon, gare ! Cinquante livres d’amende… Notre histoire est riche d’enseignement. Et nous lui tournons le dos…

Dans la Grande Rue, un barrage avait été dressé. Rassurez-vous, un barrage pour les gourmands et le chevalier Bayard qui en défendait l’accès n’était autre que Monsieur Chéron, Maître « es Etoile de mer » et « Roi » du feuilleté garni des exquises poires sauvages de Fisée.

 

La Princesse Michaela pouvait être enfin rassurée ! La dégustation des étoiles de mer ne serait pas un supplice… Et pour faire descendre le tout, le cidre bouché, brut et non pasteurisé du Domaine du Quesnay était frais à souhait.

Nous poursuivions vers le port, accompagné par le « bouche-à-oreille » : « Oui, c’est vrai, le Comte de Paris est venu ! »

Et encore un barrage de circonstance à l’entrée du Quai Henri IV ! Tout autant pacifique que le précédent… Monsieur Varin, représentant la Jurade de Chimay, tenait à nous rafraîchir en son café de la Paix avant que de reprendre le chemin de la Mairie.

 

Et nous avions une pensée pour le prince Jean qui dans le même temps était à Pau. Par delà la distance, « Nouste Henric » nous unissait !

 

Infatigables, nos trois « Ecossais » s’en donnait à cœur joie. Avant l’heure tant attendue, nous prenions le temps de visiter l’exposition des peintures de Nicolas Canu qui ornaient le grand hall de la Mairie.

A 17 heures tout le monde gravissait les escaliers pour se serrer dans la grande salle… Le temps des intronisations commençait ! Et toujours en musique…

 

Monsieur le Député Maire, Edouard Leveau, saluait chaleureusement tous les présents

 

et sans tarder cédait place et parole au « Grand Maistre » Michel Mouny qui ouvrait le XXIIe Chapitre de la Confrérie.

 

Le Grand Chancellier prenait l’affaire en main et appelait les futurs chevaliers, les présentant avec un savoir faire hors pair.

Tout le Pays réel était là ! Le Maire de Forges les Eaux, le Maire de Saint-Martin-en-Campagne, Jean-Etienne de « France Bleue »,Jean-Baptiste Maître Charcutier de Samay et son compère Jean-Marie de Bapaume. Ceux qui veillent sur les pommiers à cidre étaient aussi à l’honneur : Jacques et Marc, des « Goustiers du Pressoir ». L’intronisation de Jean-Pierre et Jean-Luc honorait Saint Fiacre alors que Claudine et Mauricette rayonnaient pour Chimay !

Nous n’oublierons pas Pierre-Yves, directeur du service des Pêches, Michèle fille de conserveur, Sophie mère de cinq enfants et qui par amour du « bien cuisiner » vient de passer un CAP de cuisine…

Les Princes furent de la partie et grossirent comme il se devait les rangs des Chevaliers du hareng après avoir passé l’épreuve du goût ! La liste ne saurait être close - et nous oublions des prénoms…- sans un mot pour Monsieur le Sous-Préfet Henri.

Tout en sourire et simplicité, apprécié de tous, gageons que Basque de Ciboure, le nouveau Chevalier du hareng ne trahira pas l’anchois de son port natal ! Il fallait bien mettre un terme à ce grand Chapitre…

A l’invitation de Monsieur le Maire,tous les récipiendaires pouvaient enfin se remettre de leurs émotions autour de la grande table de coquetel entourés de leurs amis.

Une bien maigre petite heure de repos nous était accordée… Le dernier rendez-vous était donné à 20 heures 30 à la salle des Fêtes de la commune de Saint-Martin en Campagne, dont le Maire n’est autre que le nouveau « Chevalier » Bernard.

Dans ce dessein, nous prenions la route d’Eu… En Normandie, est-il besoin de le rappeler, toutes les routes mènent à Eu et au souvenir de Madame. Monsieur Pierre-Marie Duhamel premier magistrat d’Aumale, qui était des notre, ne nous contredira pas…

Sous une belle charpente moderne rappelant le travail des charpentiers de marine, toutes les Confréries se retrouvaient avec leurs membres et amis pour déguster les délices de la Confrérie …

agapes orchestrées par le traiteur Gonet et mises en musique par « Pacary animation ».

Une grande soirée française, d’une France bien réelle, plus porteuse d’avenir que de nostalgie, réconciliant traditions du passé et temps présents en point d’orgue d’une journée que nous n’oublierons pas de sitôt. Au large, les sirènes chantaient dans les flots : « Ne jamais désespérer ! »

Un grand merci à Monsieur le Maire, au « Grand Maistre » à toutes les Confréries, tous les Normands et leurs amis picards !

Retrouvez la suite du diaporama...

Portemont, le 27 novembre 2005.

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