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« Lo Biarn » en fête ! Les gaves et les baïses n’en
sont pas revenus. « Nouste Johan » était au pays !
Nombreux étaient ceux qui se souvenaient du petit « Johanicot » qui accompagnait son grand-père, Feu Monseigneur le comte de Paris, en septembre 1987, à l’occasion du millénaire capétien. Le jeudi 20 octobre 2005, en soirée, Son Altesse Royale le duc de Vendôme prenait pied sur le tarmac de l’aéroport de Pau, et sans tarder allait prendre ses quartiers chez une maison amie de Sévignacq-Meyracq, patrie des « limaquès » sur la rive droite du gave d’Ossau. Comme le dit si bien Jean-Luc Duplat, conseiller technique du Prince : « C’est beaucoup plus sympa de loger chez l’habitant ». Mais le prince Jean ne faisait pas halte dans cette antique petite citée pour aller taquiner la truite… Il fallait tôt matin se rendre à Pau et plus précisément se rendre au Domaine de Sers, qui, avec Chantilly et Maisons Laffitte, est un de nos illustres centres d’entraînement de galop. Créé dans les années 1890, avec le temps et tout particulièrement depuis que la Société des courses de Pau a pris en charge l’entretien des pistes et des installations, le Domaine de Sers est devenu un acteur économique majeur de la région grâce à une quinzaine d’entraîneurs avec près de 600 chevaux à l’année et accueillant le Concours Complet International de Pau-Pyrénées. Le prince Jean était attendu par Charles-Henri Gourdain et son épouse Florence, lesquels, avec l’aide de huit employés entraînent une trentaine de chevaux. Nous rappellerons aux passionnés des courses que le Domaine de Sers abrite des entraîneurs tels que MM. Ortet, Rouget et Totain avec leurs écuries de courses de plus de 100 chevaux chacun et qu’un des meilleurs de nos jockeys, Christophe Pieux - plusieurs fois "cravache d'or" - réside à Pau !
Après ce « galop » matinal, le duc de Vendôme et ses conseillers prenaient le chemin vers Lacq… L’ancien site de la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine, ex- Elf-Erap et aujourd’hui Total attendait le prince Jean.
Visite des plus instructives de ce haut lieu gazier qui fut un des fleurons de l’économie française. Si l’avenir présente quelques zones d’ombre pour la région quelques nouvelles pistes seront exploitées : Le bassin de Lacq a été retenu par le gouvernement français pour accueillir la première production de bioéthanol à base de maïs du Sud de la France. Le bassin de Lacq va pouvoir ainsi développer une nouvelle chimie, la chimie verte. Cent emplois directs seraient créés. Une chance pour les maïsiculteurs qui trouveraient là des débouchés assurés pour leurs productions ? Visite aussi du Centre de recherche de « Total », et déjeuner pris sur le site avec le personnel de l’usine autour de Pierre Nerguararian, directeur général. La journée était consacrée aux acteurs économiques, aussi le duc de Vendôme se rendait dans l’après-midi à Bordes chez Turboméca, à la pointe de la fabrication des turbines à gaz pour hélicoptères.
A pied, à cheval ou en hélicoptère, Son Altesse Royale le prince Jean est attentif à tout ce qui fait la richesse de notre pays. Apprendre, connaître et comprendre : c’est tout le souci d’un Prince de la Maison de France, du Prince qui vient, toujours au service de son pays. Et le Prince de le confier sans emphase : « Nous vivons en République, mais il est bon que la Maison de France ait une présence active dans le pays… Tout les mois, ou tous les deux mois, je fais ainsi une visite dans une région. J’écoute les Français, je discute avec eux : il est important d’être accessible. Je peux servir de relais, faire avancer des projets. »
Pas question pour le prince Jean de souffler… La Chambre de commerce et d’industrie était sur le pied de guerre. Pas d’intention belliqueuse, nous vous rassurons ! Les acteurs économiques et sociaux de la région avaient à cœur de présenter au prince Jean, leurs actions, leurs projets et aussi leurs espérances. Le Béarn, historiquement tourné vers l’Espagne, a besoin de moyens de communication rapides et efficaces avec l’autre versant pyrénéen… Et si le duc de Vendôme voulait
bien en glisser un mot à Sa Majesté le roi Juan-Carlos ?… Pour clore cette journée, un dîner avec les chefs d’entreprise était organisé par Patrick de Stampa dans sa belle « Villa Navarre ». Elu local UMP d'opposition, patron du Medef Aquitaine et du Medef Béarn et Soule, Patrick de Stampa n’est pas un des moindres acteurs économiques de la capitale béarnaise…. Et la belle mise en valeur de l'une des plus belles villas de la période anglaise du XIXème siècle , peut témoigner de ses succès. Paul Jean Toulet et Jean Cocteau n’en seraient pas fâchés… Il fallait bien ensuite prendre quelque
repos en prévision de la journée du samedi… Le château de Pau était sur son trente et un…
Au cours de cette visite de « famille », le duc de Vendôme pouvait apprécier et « … saluer les actions menées par le conservateur, Paul Mironneau, en direction des publics éloignés, notamment des personnes immigrées ayant un problème avec la langue et que la culture contribue à intégrer. »
Sitôt la visite de famille achevée, le Premier magistrat de la cité entrait en scène. Monsieur le Maire avait eu la délicatesse d’attendre… Est-il besoin de présenter André Labarrère ? Palois de naissance et d’excellence, l’homme politique, vu de Paris, fait souvent de l’ombre à l’érudit (Agrégation d’Histoire et Géographie obtenue à la Sorbonne) passionné d’art, à l’écrivain (Docteur es-lettres), au graphologue réputé et à l’homme de cœur qui a voué la plus grande partie de sa vie à sa ville. Monsieur le Maire pouvait apprécier le chemin parcouru par le Dauphin de France, alors qu’il le recevait dans son hôtel de ville, toujours sous le regard malicieux de « Nouste Henric » !. Ne l’avait-il pas déjà reçu le 12 septembre 1987… ? Au dire du prince Jean, la belle bouteille de Jurançon attend toujours dans sa cave… Gageons que le Dauphin de France l’ouvrira pour une grande occasion !
Et tout se termina avec un déjeuner
de circonstance à la villa Saint Basil’s, acquise par la
ville en 1982 et dont la salle à manger est décorée
de peintures de René-Marie Castaing, célèbre peintre
béarnais des années 30. Monsieur le Maire était à
son affaire : les princes se suivent et lui, est toujours là !
L’après-midi, le prince Jean visitait le « Nid Béarnais », centre pour enfants et adolescents handicapés, bien connu des Béarnais. Je ne vous retracerai pas l’histoire de ce célèbre « Nid », mais rappellerai que pendant la seconde guerre mondiale, il abritait Yvette Juptzer, alors que son frère, le sous-lieutenant Salomon - dit Sénia- prisonnier d’un « stalag » à Altengrabow, en Allemagne participait activement au réseau de résistance « Charrette », dirigé par Michel Cailliau… Aujourd’hui, le Nid Béarnais, qui relève de la Croix-Rouge, est une maison d’enfants à caractère sanitaire spécialisée, qui accueille des enfants polyhandicapés âgés de deux à dix-huit ans. Anciennement préventorium, avec le temps, l’institution s’est orientée dans la prise en charge des handicapés de plus en plus lourds et de ce fait devrait quitter son beau site de Jurançon pour rejoindre le pôle hospitalier de Pau, non sans un grand « pincement au cœur ». Le duc de Vendôme ne pouvait être qu’admiratif et touché par la qualité du travail effectué et la non moins grande qualité des équipes qui interviennent dans les soins mais aussi dans l’enseignement, l’hygiène, le soutien psychologique des jeunes patients et de leur entourage. Après ce temps, « au cœur d’un travail de cœur » auquel le Dauphin de France ne manque jamais lors de ces déplacements, un repos mérité s’imposait, mais de courte durée. Le soir, il y avait le « match » ! Les amateurs l’avaient deviné. Les temps ont bien changé, même en terres béarnaises ! Et je n’ai pas oublié mes rencontres de rugby… aussi je ne vous parlerai pas du match, d’autant que peu de jours avant, Pau-Orthez s’était fait étriller par l’ « Ulker » d’Istanbul…
Combien de rencontres, de temps d’écoutes et de découvertes en si peu de temps ? Un prince de France ne saurait être un prince, sans la passion de la France et des Français. Le prince Jean témoignait encore de cette passion, le dimanche matin, en se rendant à Lons pour entendre la Messe chez Monsieur l’abbé Bisch, dans sa belle église aux façades toutes blanches, non loin du chemin des « cagots », peuple humilié dont on cherche encore l’origine. Madame Marie Castéran, adjointe
au maire de la cité la plus jeune de l’Aquitaine, honorait
le duc de Vendôme de sa présence et tout se termina par un
« pique-nique » qui réunit près de
cinquante personnes. Quelques palombes retardataires, qui pour la circonstance avaient fait halte, regagnaient les cols et les vallées résonnaient du beau chant « Aqueres mountanhes » en maudissant le nouveau pôle de compétitivité économique, qui de Bordeaux à Toulouse s’appelle : « Aerospace Valley »… Jamais les « Anglais » amoureux de Pau n’auraient osé nous faire une telle injure !
Retrouvez la suite du diaporama... Argagnon, le 27 novembre 2005. |
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