vendredi 12 mars 2010

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« Lo Biarn » en fête !

Les gaves et les baïses n’en sont pas revenus. « Nouste Johan » était au pays !

Son Altesse Royale le prince Jean de France arrivait à Pau, sous le « Béth cèu de Pau »…

Nombreux étaient ceux qui se souvenaient du petit « Johanicot » qui accompagnait son grand-père, Feu Monseigneur le comte de Paris, en septembre 1987, à l’occasion du millénaire capétien.

Le jeudi 20 octobre 2005, en soirée, Son Altesse Royale le duc de Vendôme prenait pied sur le tarmac de l’aéroport de Pau, et sans tarder allait prendre ses quartiers chez une maison amie de Sévignacq-Meyracq, patrie des « limaquès » sur la rive droite du gave d’Ossau.

Comme le dit si bien Jean-Luc Duplat, conseiller technique du Prince : « C’est beaucoup plus sympa de loger chez l’habitant ». Mais le prince Jean ne faisait pas halte dans cette antique petite citée pour aller taquiner la truite… Il fallait tôt matin se rendre à Pau et plus précisément se rendre au Domaine de Sers, qui, avec Chantilly et Maisons Laffitte, est un de nos illustres centres d’entraînement de galop. Créé dans les années 1890, avec le temps et tout particulièrement depuis que la Société des courses de Pau a pris en charge l’entretien des pistes et des installations, le Domaine de Sers est devenu un acteur économique majeur de la région grâce à une quinzaine d’entraîneurs avec près de 600 chevaux à l’année et accueillant le Concours Complet International de Pau-Pyrénées. Le prince Jean était attendu par Charles-Henri Gourdain et son épouse Florence, lesquels, avec l’aide de huit employés entraînent une trentaine de chevaux. Nous rappellerons aux passionnés des courses que le Domaine de Sers abrite des entraîneurs tels que MM. Ortet, Rouget et Totain avec leurs écuries de courses de plus de 100 chevaux chacun et qu’un des meilleurs de nos jockeys, Christophe Pieux - plusieurs fois "cravache d'or" - réside à Pau !

Cette visite était une bonne mise en jambes pour la suite de la journée…

La plus belle conquête de l’Homme et du prince !

Après ce « galop » matinal, le duc de Vendôme et ses conseillers prenaient le chemin vers Lacq…

L’ancien site de la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine, ex- Elf-Erap et aujourd’hui Total attendait le prince Jean.

Respectueux de la classification Seveso « seuil haut », le duc de Vendôme ne s’est pas muni d’un heaume princier mais du masque de rigueur !

Visite des plus instructives de ce haut lieu gazier qui fut un des fleurons de l’économie française.

Si l’avenir présente quelques zones d’ombre pour la région quelques nouvelles pistes seront exploitées : Le bassin de Lacq a été retenu par le gouvernement français pour accueillir la première production de bioéthanol à base de maïs du Sud de la France.

Le bassin de Lacq va pouvoir ainsi développer une nouvelle chimie, la chimie verte. Cent emplois directs seraient créés. Une chance pour les maïsiculteurs qui trouveraient là des débouchés assurés pour leurs productions ? Visite aussi du Centre de recherche de « Total », et déjeuner pris sur le site avec le personnel de l’usine autour de Pierre Nerguararian, directeur général.

La journée était consacrée aux acteurs économiques, aussi le duc de Vendôme se rendait dans l’après-midi à Bordes chez Turboméca, à la pointe de la fabrication des turbines à gaz pour hélicoptères.

Emeric d’Arcimoles, président-directeur général de Turboméca avait tenu à accueillir lui-même le visiteur princier.

Présentation des activités, à la pointe du progrès…

A pied, à cheval ou en hélicoptère, Son Altesse Royale le prince Jean est attentif à tout ce qui fait la richesse de notre pays. Apprendre, connaître et comprendre : c’est tout le souci d’un Prince de la Maison de France, du Prince qui vient, toujours au service de son pays. Et le Prince de le confier sans emphase : « Nous vivons en République, mais il est bon que la Maison de France ait une présence active dans le pays… Tout les mois, ou tous les deux mois, je fais ainsi une visite dans une région. J’écoute les Français, je discute avec eux : il est important d’être accessible. Je peux servir de relais, faire avancer des projets. »

Sur le terrain, faire avancer les objectifs de l’association du duc de Vendôme
« Gens de France » qui est : « …de contribuer à l’amélioration des relations entre les personnes, au bien de la France, et à son rayonnement à l’étranger. »
Le prince « turbo »…

Pas question pour le prince Jean de souffler… La Chambre de commerce et d’industrie était sur le pied de guerre. Pas d’intention belliqueuse, nous vous rassurons ! Les acteurs économiques et sociaux de la région avaient à cœur de présenter au prince Jean, leurs actions, leurs projets et aussi leurs espérances. Le Béarn, historiquement tourné vers l’Espagne, a besoin de moyens de communication rapides et efficaces avec l’autre versant pyrénéen…

Et si le duc de Vendôme voulait bien en glisser un mot à Sa Majesté le roi Juan-Carlos ?…
Ambiance détendue mais sérieuse et pas de langue de bois !

Pour clore cette journée, un dîner avec les chefs d’entreprise était organisé par Patrick de Stampa dans sa belle « Villa Navarre ».

Elu local UMP d'opposition, patron du Medef Aquitaine et du Medef Béarn et Soule, Patrick de Stampa n’est pas un des moindres acteurs économiques de la capitale béarnaise…. Et la belle mise en valeur de l'une des plus belles villas de la période anglaise du XIXème siècle , peut témoigner de ses succès. Paul Jean Toulet et Jean Cocteau n’en seraient pas fâchés…

Il fallait bien ensuite prendre quelque repos en prévision de la journée du samedi…
Et quelle journée !

Le château de Pau était sur son trente et un…

L’aïeul attendait son héritier… Et Paul Mironneau, l’érudit Conservateur en chef, avait veillé au bon ordre de la Maison , en compagnie de Madame Verdenal, présidente de la « Société des Amis du château ».

Accueil du prince Jean

Au cours de cette visite de « famille », le duc de Vendôme pouvait apprécier et « … saluer les actions menées par le conservateur, Paul Mironneau, en direction des publics éloignés, notamment des personnes immigrées ayant un problème avec la langue et que la culture contribue à intégrer. »

Et de rajouter : « Nous allons voir comment l’association Gens de France peut aider cette initiative paloise. »

Nos racines, dans une carapace de tortue… ?

Sitôt la visite de famille achevée, le Premier magistrat de la cité entrait en scène. Monsieur le Maire avait eu la délicatesse d’attendre… Est-il besoin de présenter André Labarrère ?

Palois de naissance et d’excellence, l’homme politique, vu de Paris, fait souvent de l’ombre à l’érudit (Agrégation d’Histoire et Géographie obtenue à la Sorbonne) passionné d’art, à l’écrivain (Docteur es-lettres), au graphologue réputé et à l’homme de cœur qui a voué la plus grande partie de sa vie à sa ville.

Monsieur le Maire pouvait apprécier le chemin parcouru par le Dauphin de France, alors qu’il le recevait dans son hôtel de ville, toujours sous le regard malicieux de « Nouste Henric » !. Ne l’avait-il pas déjà reçu le 12 septembre 1987… ? Au dire du prince Jean, la belle bouteille de Jurançon attend toujours dans sa cave… Gageons que le Dauphin de France l’ouvrira pour une grande occasion !

Sans calcul, bien sûr, il y eut des discours, de beaux échanges. Mais quand les cœurs parlent, portés par la raison, notre grisaille s’éclaire d’un scintillement d’espérances.

La rencontre complice de deux « Béarnais » sous le regard complice du plus grand d’entre eux …

 

 

Monsieur le Sénateur-Maire,

Pour un Prince de France, c’est toujours un honneur et un bonheur de venir à Pau. C’est pour ainsi dire, revenir à ses fonts baptismaux.
C’est la ville de « votre Henri », celui que vous appelez justement « notre Henri » qui, comme chacun sait, naquit d’un « coup de cuillère à Pau ».
Ce matin donc, je suis allé me recueillir, comme il se doit, en visitant le château, sous la conduite de Monsieur Paul Mironneau, son conservateur et de Madame Verdal, la présidente de la Société des Amis du Château.
Comme le montre suffisamment le château et son musée, Louis-Philippe et sa famille – maintenant ses descendants- n’ont cessé de rendre témoignage à cette origine paloise, source profonde de légitimité, source qui se définit comme béarnaise et donc comme française.
Eh oui, Monsieur le Sénateur-Maire, Mesdames, Messieurs, chers amis, moi aussi je suis d’abord béarnais… et donc Français. Prince français. Et cela me fait un rude plaisir d’être à Pau pour le dire.
L’exquise délicatesse de votre accueil manifestait ce sens des choses quand vous aviez reçu mon grand-père, le comte de paris, lors du millénaire capétien. C’était le 12 septembre 1987.Il y avait eu aussi une superbe célébration au château de Pau grâce à Monsieur Jacques Perrot qui en était alors conservateur. Peut-être vous en souvenez-vous ? J’accompagnais alors mon grand-père ; j’étais jeune ; je venais d’être titré duc de Vendôme, le titre d’Henri IV ! J’étais très ému. C’était mon baptême du feu national et ce baptême se passait à Pau.
Ce fut pour moi des signes forts : ils ont déterminé ma vie, mes choix de vie.
Le Président de la République de l’époque, Monsieur François Mitterrand, était votre ami, Monsieur le Sénateur-Maire, et votre ami disait, paraît-il, quand il y avait quelques questions délicates à régler : « Parlez-en à Labarrère, c’est le plus fin des politiques ». Comment oublier que le Président de la république lui même avait tenu à inaugurer officiellement avec mon grand-père l’année du millénaire capétien ? peut-être vous a-t-il demandé votre avis ? peut-être… Mais il savait l’histoire comme vous qui en êtes un spécialiste, et il savait que cette célébration capétienne ne pouvait être que profonndément française. Entre Français, on se retrouve toujours, sous le signe d’Henri IV.
L’histoire n’a de véritable intérêt que si elle enrichit notre présent et garantit notre avenir. C’est Pau d’aujourd’hui que je suis venu voir, la ville qu’avec tous les Palois vous avez contribué à façonner.
En bon Béarnais, à mon arrivée hier, je n’ai point omis d’aller d’abord rendre mes devoirs aux chevaux. Ensuite, je suis allé visiter les industries qui font la force et la vitalité de votre pays : le site d’exploitation et le centre de recherche de Total, le site de production de Turbomeca du groupe Safran pour la fabrication des pièces de haute technologie. Cette entreprise fait partie du pôle de compétitivité où industrie, recherche, enseignement sont mis en connexion. Dans le cadre de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pau-Béarn et de l’Association Béarn-Adour-Pyrénées qui vise au développement des grandes infrastructures pour ouvrir le Béarn au monde, j’ai pu rencontrer des acteurs du monde socio-économique et j’ai eu des entretiens très instructifs et très amicaux avec des chefs d’entreprise grâce à Monsieur Patrick de Stampa que je remercie ici publiquement.
Et puis mes amis le savent – je tiens toujours, au cours de mes déplacements, à rendre visite à un centre social et caritatif ; cet après-midi, je me rendrai au « Nid Béarnais », établissement qui sous tutelle de la Croix-Rouge, reçoit des enfants et des adolescents handicapés.
Le social et le caritatif, le Patrimoine, le développement de l’économie française, comme le rayonnement de la France, en particulier par la francophonie, font partie des buts que s’est fixé « l’Association Gens de France » que j’ai fondé récemment. C’est dire que tout cela m’intéresse au plus haut point.
Enfin, me trouvant au pays des agiles Béarnais et des Basques bondissants, je ne pouvais pas manquer le match de basket qui oppose Pau à Roanne ce soir au Palais des Sports. De quelle équipe serai-je le supporter ? Grave cas de conscience ! Les Roannais sont Bourbonnais… comment voulez-vous que je sois autre chose qu’arbitre ?
Ne craigniez rien : je n’oublie pas que je suis à Pau et, à vrai dire, sous le charme de Pau. Votre ville est magnifique : magnifiquement historique, et magnifiquement située ! Nul ne peut imaginer dans notre Europe paysage plus grandiose. Pau est bien, comme disait Lamartine, « la plus belle vue de terre »…
Et puis, elle est dynamique ! Comme toute la Communauté d’Agglomération Pau-Pyrénées dont vous êtes le président, Monsieur le Sénateur-Maire. Bien sûr, il faut savoir respecter et accepter tous les points de vue et toutes les diversités d’opinions et de jugements : nous sommes en France et il y en a beaucoup !
Mais voilà des années que vous avez su, en bon et subtil béarnais que vous êtes, assurer une sorte d’unité de décision dans la continuité de l’œuvre entreprise, avec le souci constant de ce qui s’appelle fort justement le développement durable. Permettez au descendant des Capétiens que je suis, et au descendant du Béarnais par excellence, d’apprécier à sa juste valeur cette œuvre et cette politique. Je sais tous les projets qui sont en cours : entre autres, pour ne citer que les principaux, la médiathèque intercommunale à dimension régionale et le stade d’Eaux-Vives.
Mais je ne voudrais point finir mon propos sans relever que le politique et l’historien d’art que vous êtes, n’ignore pas les exigences de la beauté. Ni son rôle social et culturel. ‘La musique adoucit les mœurs », dit l’adage avec vérité. Pau a des mœurs douces et agréables tout en étant vigoureuses. L’orchestre de Pau Pays de Béarn que vous avez voulu, ne pourra que les entretenir. Je ne pouvais pas achever mon morceau par une note plus juste.

Jean de France
Duc de Vendôme

Et tout se termina avec un déjeuner de circonstance à la villa Saint Basil’s, acquise par la ville en 1982 et dont la salle à manger est décorée de peintures de René-Marie Castaing, célèbre peintre béarnais des années 30. Monsieur le Maire était à son affaire : les princes se suivent et lui, est toujours là !

L’état de la France… ?
Et l’avenir de la France… ?


Le prince Jean qui était dans les mers du Nord, il y a peu de temps, pouvait rencontrer ensuite le Docteur Verdal, président de la Société des Amis de Lapérouse. Mais l’histoire ne nous dit pas si le prince navigateur a posé la question : « A-t-on des nouvelles de Monsieur de L… ? »

L’après-midi, le prince Jean visitait le « Nid Béarnais », centre pour enfants et adolescents handicapés, bien connu des Béarnais. Je ne vous retracerai pas l’histoire de ce célèbre « Nid », mais rappellerai que pendant la seconde guerre mondiale, il abritait Yvette Juptzer, alors que son frère, le sous-lieutenant Salomon - dit Sénia- prisonnier d’un « stalag » à Altengrabow, en Allemagne participait activement au réseau de résistance « Charrette », dirigé par Michel Cailliau…

Aujourd’hui, le Nid Béarnais, qui relève de la Croix-Rouge, est une maison d’enfants à caractère sanitaire spécialisée, qui accueille des enfants polyhandicapés âgés de deux à dix-huit ans. Anciennement préventorium, avec le temps, l’institution s’est orientée dans la prise en charge des handicapés de plus en plus lourds et de ce fait devrait quitter son beau site de Jurançon pour rejoindre le pôle hospitalier de Pau, non sans un grand « pincement au cœur ».

Le duc de Vendôme ne pouvait être qu’admiratif et touché par la qualité du travail effectué et la non moins grande qualité des équipes qui interviennent dans les soins mais aussi dans l’enseignement, l’hygiène, le soutien psychologique des jeunes patients et de leur entourage.

Après ce temps, « au cœur d’un travail de cœur » auquel le Dauphin de France ne manque jamais lors de ces déplacements, un repos mérité s’imposait, mais de courte durée.

Le soir, il y avait le « match » !
L’Elan Béarnais recevait Roanne, c’est tout dire… Le Palais des Sports était surchauffé.
Et notre malicieux Monsieur le Maire,ne manquait pas de faire applaudir notre prince par les huit mille spectateurs ! J’oubliais de vous préciser qu’il s’agissait d’un match de basket…

Les amateurs l’avaient deviné. Les temps ont bien changé, même en terres béarnaises ! Et je n’ai pas oublié mes rencontres de rugby… aussi je ne vous parlerai pas du match, d’autant que peu de jours avant, Pau-Orthez s’était fait étriller par l’ « Ulker » d’Istanbul…

Mais dans les vestiaires, la bonne humeur est de circonstances, et notre grand prince se fait tout petit… A Pau le plus grand, c’est André !

Combien de rencontres, de temps d’écoutes et de découvertes en si peu de temps ?

Un prince de France ne saurait être un prince, sans la passion de la France et des Français.

Le prince Jean témoignait encore de cette passion, le dimanche matin, en se rendant à Lons pour entendre la Messe chez Monsieur l’abbé Bisch, dans sa belle église aux façades toutes blanches, non loin du chemin des « cagots », peuple humilié dont on cherche encore l’origine.

Madame Marie Castéran, adjointe au maire de la cité la plus jeune de l’Aquitaine, honorait le duc de Vendôme de sa présence et tout se termina par un « pique-nique » qui réunit près de cinquante personnes.
Le temps de reprendre l’avion n’était pas loin…

Quelques palombes retardataires, qui pour la circonstance avaient fait halte, regagnaient les cols et les vallées résonnaient du beau chant « Aqueres mountanhes » en maudissant le nouveau pôle de compétitivité économique, qui de Bordeaux à Toulouse s’appelle : « Aerospace Valley »… Jamais les « Anglais » amoureux de Pau n’auraient osé nous faire une telle injure !

Nous pouvions dans ces instants remercier notre histoire d’avoir permis le rattachement de la France au Béarn !

 

 

Pour sûr, le prince qui vient reviendra.

Adichats Monseigneur !

 

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Argagnon, le 27 novembre 2005.

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