Dunkerque en
fête
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Les vieux loups de mer n’en
sont pas revenus. Le capitaine Jean Bart a failli casser sa pipe.
LL.AA.RR le Comte et la Comtesse
de Paris témoignaient de leur affection à la bonne
ville de Dunkerque. De Mairie en Sous-Préfecture, Monseigneur
écoutait. La Garde d’Honneur et la Musique étaient
de la revue. Nous vous avions prévenu de cette visite. Ce
fut une réussite.
Le samedi 16 octobre 2004, Monseigneur,
invité par les Rotariens Dunkerquois s’exprima comme
seul le Chef de La Maison de France pouvait le faire. Il n’est
pas lié par des enjeux électoraux. A ses yeux, un
seul enjeu : La France.
Au référendum qui se dessine, une seule réponse
: Non
De Dunkerque – et Marseille ne sera pas jalouse… –
Monseigneur nous dit pourquoi, sans artifice et sans détour
:
Quelle Europe demain ?
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"Un ami m'a fait parvenir
une carte géographique semblable à celle que les élèves
des lycées de notre temps étudiaient avec plaisir.
Cette carte représentait l'Europe tel un patch-work multicolore.
Je pensais qu'il s'agissait d'une
reproduction des divisions datant du 10e siècle, la France
étant réduite à son expression d'antan, comprise
entre la Loire et le Rhin, encore que l'Alsace, la Lorraine et la
Bretagne fussent d'une autre couleur.
En lisant plus attentivement je me suis rendu
compte que cette carte était récente. Elle a été
éditée par des Allemands et les bureaux de Bruxelles.
Elle peut se calquer sur les frontières du Saint Empire Romain
germanique du 10e siècle ou encore sur celles prévues
par Bismarck et même par le 3e Reich. |

Coupé d'or au lion passant de
sable, et d'argent au dauphin d'azur armé de nageoires de
gueules.
Dans les Armes de Dunkerque,
l'avenir est l'espérance… |
Un vieux proverbe, bien connu des Français
dit qu'il faut diviser pour régner.
Alors en regardant cette nouvelle donne géographique de l'Europe,
on est en droit de se poser des questions. Qui veut dominer et sur quelle
Europe? Qui a intérêt à morceler la vieille Europe?
Et dans le même temps quel est notre véritable projet pour
l'Europe de demain ?
Quelques rappels historiques ne sont
pas inutiles.
En 1783 fut signé à Versailles le traité donnant
vie aux Etats-Unis d'Amérique. Le Roi Louis XVI et de nombreux
membres de la noblesse furent les artisans de cette naissance.
Peu de temps plus tard Benjamin Franklin,
esprit brillant, grand ami de Robespierre, de Danton et de Mirabeau distille
les idées nouvelles pesées et pensées aux sources
des loges de Philadelphie.
Ainsi la liberté tout comme la
démocratie se construiront, mutilant la France, clef de voûte
de l'Europe, la laissant exsangue - je ne saurais trop vous recommander
la lecture ou la relecture d'un livre publié aux éditions
Perrin : Le coût de la révolution Française par René
Sédillot. Cet énarque dont on ne peut remettre en cause
ses convictions républicaines, constate néanmoins que la
France continue de payer le coût économique et social de
la révolution - Notre "ami" Benjamin Franklin déclanchait
ainsi le tonnerre et l'éclair sur la vieille Europe.
Pour parachever la déstabilisation
de ce continent qui semblait lui faire de l'ombre économiquement
plus que politiquement les Etats-Unis d'Amérique se devaient de
faire disparaître un autre géant, future grande puissance,
la Sainte Russie. En obligeant le Tsar à se doter d'une banque
centrale puis en le contraignant de s'engager dans la guerre du Japon
suivie de près par la première guerre mondiale, les U.S.A
ont précipité la Russie vers l'abîme et la famille
impériale vers le martyre.
L'Europe pourtant continue de se construire
et de se structurer. Ne pouvant s'opposer frontalement à ces avancées
modernes ou tentée par des moyens plus subtils de miner sa puissance.
Ainsi lorsque le plan Marshall est mis en oeuvre au lendemain de la libération,
on s'attaque, pour ce qui concerne la France, à son agriculture
sous le prétexte de la moderniser. On arase les plaines, on supprime
les haies et les chemins creux et parfois même les ruisseaux…
Puis on glisse dans le texte cette "vision" dite moderne un
paragraphe concernant l'obligation pour notre pays comme pour d'autres
d'ailleurs de consommer de la "culture" américaine et
de renoncer à la sienne propre.
Pourtant l'Europe poursuit contre vents
et marées et nous nous battons pour conserver ce que l'on appelle
l'exception Française, nous luttons pour que la francophonie ne
se réduise pas à une peau de chagrin.
Il existe une très ancienne méthode
pour casser un bloc de marbre sans pour autant l'émietter. Sans
effort. On pratique une petite brèche dans le bloc, on y introduit
un coin en bois puis on mouille le bois. Ce dernier gonfle et sépare
le bloc selon la faille qui avait été étudiée.
Pour notre Europe, la petite brèche
fut le Kosovo. Or depuis le 7 octobre 1571 c'est-à-dire depuis
la victoire de Lépante contre les Turcs, nous avons, nous européens,
repoussé l'Islam au sud des Dardanelles.
C'est pourquoi les Américains
ont réintroduit cette épine dans notre flanc et en plus
ils veulent y enfoncer le coin de bois représenté par la
Turquie.Cela risque de faire exploser l'Europe d'ici à vingt-cinq
ans.
La Turquie, puissance islamique n'aura
jamais un régime démocratique tel que nous pouvons le pratiquer
car pour tout musulman la religion et la politique sont étroitement
imbriquées.
Regardez l'Algérie 40 ans après son indépendance…
Par ailleurs tout bon musulman se doit de "posséder"
quatre femmes. Le taux de croissance de la population est donc exponentiel
tandis que nos démocraties monogames s'essoufflent sur ce rapport…
Mathématiquement, dans 25 ans,
c'est pour ainsi dire demain, la Turquie en Europe sera le pays le plus
peuplé. Elle détiendra les leviers de commande politique,
puisqu'elle sera considérée comme une démocratie
et elle commandera à la plus forte armée. Et vous mesdames
dans vingt-cinq ans vous devrez porter le voile dans la rue.
C'est pourquoi je pense qu'il serait
nécessaire d'envisager d’ores et déjà, de préparer
des accords préférentiels, à durée limitée
mais reconductibles, avec les Turcs de même qu'avec les pays d'Afrique
du nord, sans chercher à les intégrer dans notre continent.
Alors qu'elle Europe désirons-nous
construire ?
L'Europe doit devenir une réalité mais pas à n'importe
quel prix ni n'importe comment.
Jusqu'à présent, pour
beaucoup, l'Europe est un terrain de jeu économique dans lequel
on nous annonce que demain il n'y aura pas de chômage et que chacun
sera heureux, oui, demain on rase gratis...
Cet angélisme économique,
social et politiquement correct ne se heurte-t-il pas déjà
à la réalité ?
Arrêtons de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes
et essayons de construire l'Europe celle des êtres humains que nous
sommes, forgés par notre culture plus que millénaire.
Certes le monde actuel doit faire face
à un risque global, vache folle, dioxine, sida, OGM, AZF, 11 septembre,
sang contaminé, nucléaire, Atocha… Comment réorganiser
notre société ? Peut-on avoir en même temps le beurre
et l'argent du beurre et le sourire de la crémière ? Nos
sociétés sont devenues des manufactures du risque et nous
sommes déjà entrés dans une société
post-industrielle au-delà de laquelle il faudra établir
de nouveaux rapports, de nouveaux contrats sociaux, entre la science et
la société, entre les médias et la société,
et une place libre pour une justice éprise d'éthique.
La globalité du risque ajouté
au terrorisme n'ont-ils pas mis fin au néolibéralisme ?
Si l'on conçoit la nécessité du retour à un
Etat fort, il faut en contrepartie des contrepouvoirs également
forts, pour éviter toute dictature fut-elle celle du prolétariat,
celle des petits juges ou celle du parti unique.
Jean Jaurès avait écrit
: "La vérité est que partout où il y a des patries,
c'est-à-dire des groupes historiques ayant conscience de leur continuité
et de leur unité, toute atteinte à la liberté et
à l'intégrité de ces patries est un attentat contre
la civilisation, une rechute en barbarie".
Quelqu'un me disait récemment : "nous sommes dans un retour
à la barbarie mais cette fois dépourvu de l'antique innocence."
L'Europe des commissions bruxelloises,
l'Europe bureaucratique oublie totalement l'Europe de l'humain. Les agriculteurs,
les marins-pêcheurs, les routiers, les commerçants, les artistes
et artisans, les ouvriers ont besoin de respirer la liberté, celle
de travailler et de gagner pour eux et pour leurs familles, et nous les
consommateurs nous avons besoin d'eux.
Où se trouve donc cette Liberté
actuellement ?
Nous sommes dans le règne du permis-défendu. Un jour on
exigera que l'homme porte la barbe comme le prophète… et
on boira plus de vin !
Non ce n'est pas cela dont les Français,
les Italiens ou les Portugais ont besoin mais de pouvoir décider
de leur vie présente, de leur mode de vie et de leur avenir.
Le jour où je lirai que le référendum
d'initiative populaire est inscrit dans la Constitution, alors je serai
rassuré sur le degré de liberté accordé à
notre démocratie.
Sinon nous vivrons dans le royaume de
la manipulation et ce qui me paraît plus grave, cela se fait tellement
en douceur que l'on ne s'en rend même pas compte. Car à notre
époque les gens ne perçoivent pas le monde de la réalité,
ils vivent dans un monde virtuel avec de l'argent électronique,
et le monde virtuel ne peut exprimer en rien le monde réel. Lorsque
l'on sait que ce monde virtuel est manipulé comme un théâtre
d'ombres chinoises, alors nous devons craindre que le totalitarisme de
l'ordre mondial ne s'infiltre partout.
C'est ainsi que la France risque de
subir l'Histoire pour ne pas vouloir la faire.

Paris, le 15 octobre 2004,
Henri, Comte de Paris, Duc de France
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